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mercredi 1 juillet 2020

Les damnés : des ouvriers en abattoir.

Le 30 juin, France 2 diffusait des témoignages d'ouvriers et d'ouvrières d'abattoirs dans le documentaire qui donne le titre de mon article. Une femme, 30 ans de "carrière" dans un abattoir de poulets entiers (sans découpe) et, d'après mon décompte, 7 hommes, dont un anonyme encapuché. Parmi les hommes, Joseph Ponthus qui a quitté l'abattoir de bovins où il travaillait pour une carrière d'écrivain, et Mauricio Garcia Pereira, lanceur d'alerte de l'abattoir de Limoges qui a écrit ses mémoires chroniquées sur mon blog (lien ci-dessous), diagnostiqué souffrant à vie d'un grave PTSD, syndrome de stress post-traumatique, qui fait que les images de veaux à terme mourant en gigotant dans la matrice de leurs mères abattues continuent à le hanter. Veaux immédiatement jetés à la poubelle : il faut entendre ses sanglots quand il dit, en agitant son mobile, qu'il a tout effacé de son témoignage, mais que les images sont toujours dans sa tête, et qu'il sait par d'ex-collègues que jusqu'à 20 veaux non nés continuent à mourir à l'abattoir de Limoges chaque jour, que la pratique qu'il a dénoncée a toujours cours parce qu'aucune loi n'interdit l'abattage de vaches gestantes.

" Le mot qui définirait bien l'abattoir, c'est la folie : blouses blanches, murs blancs, néons blafards ".

" Vous m'avez physiquement, mais mentalement, vous ne m'avez pas ", témoigne la seule femme qui raconte ainsi la dissociation mentale qu'elle est obligée de s'imposer pour "tenir" toute la journée malgré la souffrance psychique et physique. Cela rappelle le témoignage des prostituées et des victimes de viol qui se dissocient en attendant que cela passe, ou en attente de mourir.

L'abattoir, dinosaure de l'industrie de masse, appliquant un taylorisme effréné : travail en miettes, cadences infernales. 

Parmi les témoins, un ex salarié de la DSV, Direction des Services Vétérinaires des préfectures, devenue depuis DDPP avec des attributions plus larges : Direction départementale de la Protection des Populations, sous le mandat présidentiel Sarkozy ; notez le glissement sémantique, on passe des services vétérinaires à la protection des populations. Les animaux ont disparu ! Aucune importance de toutes façons, d'après le témoin qui a quitté la fonction, car ses rapports sur l'état désastreux d'animaux arrivant à l'abattoir, vaches avec un œil crevé entre autres, déplaisaient en haut lieu. Il décrit les pratiques dérogatoires des abattages halal et casher auxquelles il a assisté, où les bovins sont piégés, attachés, dans une machine qui les immobilise puis les retourne sur le dos, une sangle venant parfois tendre le cou, puis l'ouvrier qui enfonce son coutelas dedans, les 12 litres de sang artériel giclant à 6, 7 mètres de haut, l'animal agonisant durant parfois 15 minutes, jusqu'à la noyade.

" Les vaches, je les vois pleurer dans le piège ".

Le matador, pistolet à tige perforante qui leur transperce le crâne (étourdissement avant saignée, rendu obligatoire par la loi Gilardoni de 1964) " rouge pour les bœufs, vert pour les vaches, bleu pour les veaux" qui les fait immédiatement s'effondrer dans le box " un outil qui n'a jamais été amélioré depuis le début " et " dont aucune étude ne prouve que l'animal ne sent rien des opérations suivantes ", à savoir découpe des sabots, le dépouillement du cuir / peau puis la découpe des membres, le tout effectué à la scie en quelques minutes, cadence infernale oblige. Rien ne prouve donc que la bête soit morte.
Le fonctionnaire témoigne de l'inefficacité des DDPP préfectures, des signalements impossibles, de la complicité des autorités sanitaires avec l'industrie.

Aucun salarié d'abattoir ne rentre dans cet endroit par vocation. Mauricio Garcia Pereira dormait dans sa voiture avant d'être embauché pour un premier court contrat d'intérim, car c'est l'entrée obligatoire dans la "carrière", " 8 intérimaires sur 10 ne reprennent pas leur poste après la pause de 10 H ou ne reviennent pas le lendemain ".

Classisme :

" On les fait rentrer en les persuadant qu'ils sont des idiots ". " c'est plus facile de se dire que les gens qui font ça sont des brutes épaisses, des sans cerveaux ".
" L'abattoir écrase les gens, s'ils sortent, c'est sans qualification, les promotions sont impossibles, il n'y a pas de porte de sortie ", témoigne toujours le vétérinaire fonctionnaire préfectoral. De fait, tous disent qu'ils y sont entrés au SMIC en intérim pour quelques semaines, et que 15 ans, 19 ans ou 30 ans après, ils y sont toujours et... au SMIC !

" L'abattoir, c'est la guerre. On sait que ça existe, mais on préfère fermer les yeux ".

La banalité du mal - Hannah Arendt 

" La segmentation, la compartimentation des tâches permet à l'ouvrier de s'insérer dans un système d'extermination ".

Filmés dans un sous-bois, cadre bucolique, avec deux fois des hurlements d'animaux en train de mourir, les témoignages sont proprement insoutenables, tous relatent une expérience inhumaine. Je ne garantis pas au mot près les citations prises à la volée, mais j'aurai du mal à le regarder une deuxième fois. Je suis allée me coucher en état de dépression et de stress moi aussi, et ça dure. Je ne vais sûrement pas me plaindre, ces ouvriers sans choix ni perspectives sont plus en droit de le faire que moi. En prenant ces notes, je pensais en faire un fil sur Twitter : finalement, j'y renonce au profit de mon blog. Sur Twitter sévissent toutes sortes de relativistes culturel-les pratiquant un racisme mou, qu'illes pensent être une générosité "inclusive", une compréhension des "cultures différentes des nôtres" prétendant là à un relativisme historique. Nous ne serions pas tous au même stade de l'histoire, et serions des citoyens différents devant la loi. Tant que ce sont des bêtes ou des femmes qui en font les frais, what the fuck ?

Deux des témoins se plaignent de la virilité de l'abattoir : tu subis, tu morfles, mais tu tiens debout, t'es un homme, pas un pédé, pas une mauviette. C'est le refrain que la hiérarchie leur assène au début, puis qui continue en perpétuel bruit de fond. Je ne fais pas partie des féministes qui considèrent que les luttes féministes sont secondaires à celles des ouvriers, je laisse ça à celles qui ont le cœur large et qui se considèrent éternelles secondes, club dont je ne fais pas partie. Je ne défends pas non plus la virilité, cette vache sacrée tellement prisée, même des femmes. Mais j'ai bien entendu les sanglots de Mauricio Garcia Pereira, et je me dis que les mecs paient cher, très cher, le maintien de leur position fantasmée de guerriers valeureux, dominant le monde et tout ce qui y vit.

Que les viandards qui trouvent "naturel" et indiscutable leur droit de manger de la viande aillent tous passer une semaine à tous les postes d'un abattoir. Un de ces jours, tôt ou tard, le sang de ces 80 milliards d'animaux massacrés par année pour que 5 à 6 milliards d'humains sur 8 y trouvent un plaisir de table égoïste, devenu un droit que ne justifie aucune nécessité, nous retombera dessus. Le coronavirus, originaire d'un marché aux animaux sauvages pour la consommation et le caprice de nouveaux riches n'était qu'un préambule.

Liens :
Le replay d'Infrarouge sur le site de France 2, lien disponible jusqu'au 30 août 2020, date après laquelle il se corrompra.
Le site de production du documentaire.
L'article du Monde sur les damnés des abattoirs : quand le travail rend fou.
Ma vie toute crue : mon billet sur le livre souvenirs de Mauricio Garcia Pereira
Steak Machine de Geoffrey Le Guilcher, journaliste infiltré à l'abattoir Kermené de Collinée.

samedi 19 décembre 2015

Noyel

Noël est la fête de la famille hétéro-patriarcale, célébrant la naissance d'un garçon (s'il s'agissait de la naissance d'une fille, la fête n'existerait même pas) et qui offre l'occasion d'un dressage social de grande ampleur.


Ce dessin parodique, codes couleurs genrés inclus, montre que le désordre est semé par les garçons dont le coût social est élevé, pendant que les filles et les femmes nettement moins "turbulentes" (disons-le comme ça :(( elles, paient souvent l'addition, au minimum par les impôts. Exemple : mercredi, je sors de chez moi et bute dans une allée sur un sapin couché en travers, portant encore ses guirlandes et décorations, des paquets-cadeaux enveloppés de papier brillant de toutes les couleurs. En me demandant d'où il peut bien provenir, je jette un œil aux balcons en me disant qu'il est peut-être tombé d'une fenêtre, hypothèse idiote, car je me rappelle soudain que la mairie a "décoré" une placette à quelques mètres de là d'un sapin de 3 mètres avec les mêmes décorations. Je m'y rends et bingo, le sapin est tronçonné à mi-hauteur, il lui manque la tête. Revenant dans l'allée, je vois deux mecs en train de photographier la tête du pauvre sapin. Puis, là je me dis, comme il est plus de 9H, que la sous-succursale de la Mairie sise juste à côté doit être ouverte, c'est le moment d'aller rappeler que je suis la contestaire du quartier. J'ai une réputation à tenir quand même ! Je tombe sur une secrétaire d'une zénitude surprenante derrière un ordinateur, qui me répond qu'elle est au courant, qu'on "s'en occupe" !?! Histoire de rendre service, je lui dis que c'est un coup des mauvais garçons du quartier qui n'ont rien d'autre à fiche que d'emmerder le monde. Et là, rien : bœuf sur la langue, omertà, mer d'huile. Aucune conscience de classe ! On va pas de fâcher avec les mecs, on en a à la maison, tout de même. Comme si c'était antinomique. Fin de l'histoire : ils ont remis ce qui reste du sapin à la même place, il n'est plus que l'ombre de lui-même, il ne mesure plus qu'un mètre cinquante, et les gars du quartier peuvent continuer à vaquer à leurs occupations délétères dans le silence de plomb de la société !

Femme = viande, l'équation gagnante des bouchers-charcutiers

Le syncrétisme de Noël fait qu'il est quasi universellement célébré, et qu'il est devenue une occasion de consumérisme effréné : certains commerçants y font l'essentiel de leur chiffre d'affaires. En plus d'être obligatoire, comme toutes les fêtes religieuses, il se célèbre dans le sang des animaux. Dans les semaines qui le précèdent, les industries de la mort tournent à plein rendement. Rajoutez-y, cet automne, les dizaines de milliers d'oiseaux gazés (canards et oies à foie gras) dans les élevages du Sud-Ouest, car ils ont été détectés porteurs d'anticorps du virus H5N1, déclarés "foyers d'infection" par la grippe aviaire. En pleine COP21, on envoie à la benne des milliers d'animaux sains, dans l'indifférence générale, là aussi. Et puisque pour vendre de la viande, rien ne vaut une femme, voire une femme à poil, on trouve ça sur les sucettes en ville


Et ça aussi : appréciez le jeu de mot "plan crus" qui évoque "plan cul" !


Femmes et viande toujours associées. Animaux fractionnés et consommés en morceaux, femmes assimilées à de la viande -"elle est bonne"-, fragmentées et consommées en morceaux dans les industries de la prostitution et de la pornographie.
Il n'y a pas que Noël, les américains ont à peine digéré et dessoûlé de Thanksgiving, il y a tout de même persistence rétinienne dans le Washington Times (un journal conservateur fondé par Moon, le patron de la secte du même nom) qui attaque la campagne de Hillary Clinton, 25 ans à la Maison Blanche : animalisation d'une femme. Femme dinde, quelle créativité. Ou n'importe quel autre oiseau éteint, puisque l'article évoque la disparition de l'aile démocrate quasi d'extrême gauche (!) de Bill Clinton. Sexisme et spécisme se renforçant pour vilipender une femme politique et la renvoyer à l'altérité et au néant.

Pour contrer ces métaphores et traditions patriarcales, vous pouvez vous inspirer des recettes de ces 5 blogs proposant de la cuisine végane pour vos plats de fêtes. Bon solstice d'hiver, si vous le fêtez !
100 % végétal 
La tarterie de Béné
Antigone XXI
France végétalienne
Merci Vegan

jeudi 24 mai 2012

La Belle (à la cuisine) et les brutes

Billet spécial week-end de Pentecôte, fête religieuse patriarcale obscurantiste, qui doit être célébrée comme les autres dans la violence aux animaux. A Noël, ce sont les dindes, oies, canards et saumons qui dérouillent ; à Pâques les agneaux trinquent pour fêter la Résurrection de l'Agneau de Dieu, curieux télescopage ! Bizarrement la Pentecôte "période traditionnellement calme" (anormalement calme ?) était libre, le lobby de la viande a tranché, c'est désormais établi, les veaux morfleront à la Pentecôte !

Du coup, ils se sont offert ce petit film publicitaire sur vos écrans en ce moment : une ménagère (cible traditionnelle de la pub) dans sa cuisine que des brutes pratiquant le foot américain  et sortant de nulle part envahissent ! Je ne sais si mes billets sur la politique sexuelle/sexiste de la viande influencent les marketeurs (j'ai le droit de rêver), mais ce n'est plus aussi explicite que les femmes doivent cuisiner de la viande pour les mecs assis à table, fourchette en l'air, attendant que ça leur tombe tout cuit dans l'assiette ! La virilité se manifeste d'autre manière, en saccageant le cabat de la ménagère. Elle sauve trois tomates cerises et un brin d'herbes aromatiques : le veau, c'est bon avec trois fois rien ! Les tenants de "5 fruits et légumes par jour" soutenus par le Ministère de la Santé apprécieront.

Comme elle se déclenche automatiquement, j'ai du enlever la vidéo qu'on peut voir ICI sur les site Bravo le veau.

Un festival de stéréotypes lourdement assaisonnés à la testostérone.
Bravo les mecs !

vendredi 16 mars 2012

Carnophallogocentrés

Le carnisme est une croyance non étayée scientifiquement, qui agite la peur de l'enfer (si vous ne mangez pas de viande, vous allez être carencées et en mauvaise santé !), une idéologie avec ses dogmes, ses archevêques, (Stéphane Le Fol et la FNSEA, gardiens de la Vraie Foi), ses missionnaires prosélytes (Le Bourdonnec, le boucher des stars, qui aime les animaux, les docteurs Jean-Michel Cohen et Dukan) et ses servants de messes (Jean-Luc Petitrenaud), ses excommuniés aussi (Nicolino), ses rituels et communions barbares dont les autres vivants font les frais au motif qu'ils seraient inférieurs, sans langage, et à nos festins destinés, ses séminaristes (les apprentis de TopChef), sans oublier ses objurgations et obligations faites aux femmes, comme dans toutes les systèmes religieux, de servir aux hommes de la maison, même si elles peuvent toujours s'en passer elles-même, sa nécessaire côte de bœuf ! C'est aussi un lobby économique puissant (et couillu) qui fait sa propagande dans les écoles, devant lequel les politiques qui veulent se faire élire ou réélire doivent faire allégeance et aller en pèlerinage, comme en témoignent les images aperçues lors de toutes les éditions de l'inévitable Salon International de l'Agriculture.

Pornographie de la viande : nouveau film publicitaire hollandais :


Dogme : J'en ai assez d'entendre associer la pauvreté à la privation de viande ; on peut ne pas manger de chair animale en étant pauvre, mais aussi en étant végétarien, ou en étant les deux. Sans être malingre et mal portante, en étant pacifiste et non soumise aux diktats carnistes masculins et à la politique sexuelle de la viande. Penser que manger de la viande est une nécessité vitale, c'est une croyance (délétère) sans fondement scientifique, comme c'est le cas pour toutes les autres.

Assez d'entendre également des journalistes ayant fait des études (Science Po, comme David Pujadas) se poser la question de savoir si les animaux peuvent souffrir, d'un air docte et parfaitement hypocrite, mais en se gardant bien quand même de montrer des images d'abattoirs : pas question de montrer des vaches pendues par une patte, se vidant de leur sang en se débattant dans les affres de l'agonie ! Cela troublerait la digestion des spectateurs, même (surtout ?) si on leur a dit qu'il est douteux que les animaux souffrent quand on  les met à mort !
Ils prennent leurs auditeurs pour des truffes, et ils manquent à l'évidence d'empathie, ou alors ils font exprès, ce qui est pire.

Pèlerinage : Pénible de voir des politiques hystériques se presser au Salon de l'Agriculture devant des forêts de micros et caméras pour complaire à 1 million de personnes à tout casser, les éleveurs agriculteurs en totalité, et faire mine de ne pas savoir que la vitrine proposée ne correspond à aucune réalité, ou en tous cas à une réalité minimale, quelques pastoraux du sud de la France, des Pyrénées ou des Alpes, pastoraux qui veulent des animaux domestiques non surveillés dans la nature sauvage, et les animaux sauvages derrière des clôtures. Dans ma région, ce sont les plus implacables applications de l'élevage industriel hors-sol qui sont omniprésentes, et des abattoirs où on fait passer de vie à trépas jusqu'à 300 000 animaux par semaine !

Le carnisme est aussi un obscurantisme, et en tant que tel, il est hostile et contraire à tout progrès humain, comme toutes les bigoteries, comme toutes les idéologies religieuses. 

Et j'en ai assez de voir des morceaux de femmes associés à de la viande. C'est la politique sexuelle de la viande, et c'est du carnophollogocentrisme, comme disait Jacques Derrida :
Carnis, phallus, logos.

Pour celleux qui veulent aller plus loin, plusieurs liens : 
Si les abattoirs avaient des murs de verre...
Le très sérieux dossier de L214 sur une enquête menée à l'abattoir Charal de Metz (le film fait prendre conscience de la réalité occultée des abattoirs, mais les images sont insoutenables).
Plus court, le résumé que France 3  Lorraine en avait fait en septembre 2009.
Et si vous lisez l'anglais, le billet de Carol J Adams sur les films sexistes PETA dont j'ai parlé le 15 février,dans mon billet "Pornographie de la viande".

Important - L'endoctrinement catéchistique doit commencer tôt pour produire un effet durable :


mercredi 15 février 2012

Pornographie de la viande... et des concombres ?

Une moisson de publicités aperçues ici ou là sur le Réseau :
La saucisse de Morteau, produit du terroir français, symbole phallique apparemment (quoique 20 centimètres c'est tout de même très exagéré !) fait sa pub : gaudriole et vantardise.

























Un fou de hamburger "Jack in the box" (film en anglais, donc je traduis) annonce à sa mère qu'il va se marier, Maman excitée demande qui est la fille, il répond que ce n'est pas une fille mais du bacon ; voix off  "Si vous aimez le bacon, officialisez ! " Le curé après avoir marié l'homme et son sandwich au bacon (je n'y peux rien, c'est affligeant mais c'est le texte) dit "Vous pouvez maintenant manger la mariée - You may now eat the bride !". Bref, rien que de la consommation consensuelle dans une société de consommation, consommation sexuelle de femmes-objet, et cannibale de femmes-viande. Certains vont encore me dire que c'est marrant, et qu'y voir malice c'est vraiment avoir l'esprit mal tourné et surtout manquer de sens de l'humour ! Je l'admets, voir assimiler femme avec jambon, morceau de cadavre, viande froide et morte, ça m'énerve.



Dans le même ordre d'idée, voici la publicité d'un restaurant québécois pour la Saint-Valentin : Avez-vous déjà choisi votre viande ? (SIC). Avec femme à poil devant une côte de bœuf !
Critique d'un publicitaire et consultant en marketing ICI.


Des féministes espagnoles Ciudad de Mujeres ont lancé une pétition contre le restaurant La Campana qui propose en attraction des femmes pratiquant la lutte dans la boue et le nu intégral pour faire venir les clients.
Pour celleux qui lisent l'espagnol suivre le lien : Denuncia la práctica sexista del restaurante "La Campana" para captar clientes. (Dénoncez les pratiques sexistes du restaurant "La Campana" pour attirer les clients).
L'auteure y dénonce la chosification des femmes, induisant une apologie directe de la violence contre les femmes.

L'industrie publicitaire se renouvelle nettement et sa propagande sexiste se diffuse partout ! L'assommoir culturel et la péjoration des femmes continuent leurs ravages.

Actualisation :  Hélas, les carnistes n'ont pas le monopole du sexisme. Ce billet aussitôt posté, un lien arrive sur mon compte Twitter, lien renvoyant vers l'un des sites de PETA (People for Ethical Treatment of Animals) dont les provocations permanentes sont sensées sensibiliser le public aux souffrances réelles générées par l'exploitation animale et au véganisme ; le film de 36" montrant l'état dans lequel se retrouve une femme après des galipettes sexuelles avec son fiancé devenu vegan est irresponsable de sexisme et contre-productif. Le reste du site est à l'avenant. La cause animale est suffisamment noble pour qu'on change de paradigme ; ce n'est certainement pas en montrant une supposée puissance ou des pulsion sexuelles irrépressibles des hommes décuplée par une alimentation prenant en compte l'exploitation des animaux référents absents dans la viande, en abimant l'image des femmes réceptacle à pulsions, qu'on sert la cause de ceux qui n'ont pas de voix parce qu'ils n'ont pas accès à notre langage ! Je veux croire que le mouvement végétarien et les défenseurs des animaux sont avant tout compatissants, non violents, refusant toute forme d'oppression et d'exploitation au motif de la différence. Illes pensent que le spécisme, le racisme et le sexisme sont de la même essence, car ils stigmatisent la différence. C'est la raison pour laquelle la campagne PETA est irrecevable, choquante et contre-productive. A preuve, cette image qui n'a rien à envier aux précédentes dans l'inacceptable (et la vulgarité).

vendredi 11 novembre 2011

11 novembre









Photo : Poppy / Coquelicot que les anglais portent à la boutonnière lors des commémorations des morts de guerre le 11 novembre.
 
Chair à canon : ce sont ces jeunes hommes âgés de 18 à 36 ans qui tombent fauchés par la guerre. La Première guerre mondiale a envoyé à la mort une génération entière de jeunes paysans européens -en 1914, la France et l'Europe sont à 80 % rurales. C'est à ce moment-là, selon Fabrice Nicolino (Bidoche), sur cette tabula rasa, que la "rationalisation" de l'agriculture a commencé : mécanisation du travail de la terre, concentration des animaux dans les élevages. Le terrible et meurtrier XXème siècle nait après le Traité de Versailles en 1920, dans le sang et la douleur. Aujourd'hui encore, même si les conflits sont régionaux, cet article du Monde rappelle que la guerre, loin de ressembler à un jeu vidéo irréel, est une boucherie.

Chair à viol : Les viols en temps de guerre ont toujours été traités comme des "dommages collatéraux" inévitables et inhérents à la guerre, mais il n'en est rien. Un ouvrage collectif  "Viols en temps de guerre" présente une série d'études sur les stratégies militaires du viol à travers le monde : ces stratégies du viol sont au service d'un ordre politique et social, ils visent les vaincu-e-s et sont de l'ordre d'une domination ethnique ou nationale. Vous pouvez retrouver ici un article de Georges Vigarello paru dans Marianne 2, article qui commente le livre. Information trouvée grâce à Fédération GAMS.

Chair à viande : Animaux dans l'industrie déshumanisée, productiviste et mécanisée de l'élevage : traités comme des machines à produire rapidement de la viande, ils finissent leur courte vie de maltraitance dans des abattoirs industriels toujours plus énormes, plus nombreux et plus productivistes : via l'élevage industriel, nous consommons toujours plus de chair d'animaux tués toujours plus jeunes, entre 39 jours pour les volailles et 3 ans pour les bovins alors que leur espérance de vie va jusqu'à 15 ans pour les premiers, et 35 ans pour les seconds.

Guerre de tous contre tous : guerres des hommes entre eux, guerre des hommes contre les femmes, et guerre des espèces : les humains contre tous les autres et la nature.

"Nos sociétés sont nihilistes et empestent la mort".
Elizabeth de Fontenay.
"Tant qu'il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille".
Léon Tolstoï

lundi 5 septembre 2011

L'enfer réussit son OPA sur le paradis

En enfer, on mange de la viande et au paradis, on est végé ?
Ce n'est pas moi qui le dis, mais la dernière campagne de publicité d'INTERBEV, l'interprofessionnelle de la viande, sur tous vos écrans télé en ce moment ! "Le boeuf, le goût d'être ensemble" est la nouvelle campagne des professionnels de la filière de viande bovine, pour tenter de contrer la chute inexorable (eux disent "repositionner"), partout, de la consommation de viande rouge : je vous rassure, la consommation de viande (porc, poulet) continue sa progression sur la planète, (l'obésité aussi), avec l'arrivée des classes moyennes en Chine et dans les pays en développement. Heureusement que l'Inde où les classes moyennes progressent aussi, est peuplée d'une majorité de lacto-végétariens (à tel point que Lactalis y construit des usines clé en main, je le tiens de leur siège à Laval), grâce à cela, la consommation par habitant y est de 4 kg par an, alors que partout ailleurs, elle est de plus de 100 kg par an et par habitant.

Je suis désolée d'infliger cela à mes lectrices/teurs végéta*iennes, qui comme moi voient la bête dans n'importe quel "bout de viande".
Attention, ça saigne :



Campagne fédératrice : fini maman debout dans la cuisine servant les garçons (pas assez paritaire, beurk !), fini les loups carnivores ridiculisant le mouton herbivore (trop clivant, Coco !), bref, fini le virilisme et le bitocentrisme l'androcentrisme des précédentes campagnes de l'abattoir industriel Charal : désormais on réconcilie l'eau et le feu, les saints et les pécheurs, le diable et le bon dieu, les anges et les démons, l'enfer et le paradis. Peace and love autour de la côte de boeuf, en mode ternaire : 100 % des gagnants ont tenté leur chance ! Plus fédérateur, tu meurs. Mais avec un trident quand même !
Le sulfureux enfer devait bien un jour tenter le paradis et lui promettre la chute ! C'est fait.

Je rajoute un lien intéressant au plan documentaire sur l'évolution de la consommation de lait depuis 40 ans, chez Eco89 : Rencontre avec une brique de lait.

Une autre stratégie de communication et un autre plan médias sont en train d'être mitonnés, aux mots pesés, à la virgule près, je sens que la semaine qui vient va être pénible. Désireux qu'ils sont de nous faire avaler tout et n'importe quoi !

Pour se nettoyer les yeux on peut aller voir :
Veggie Poulette
Anicée
Insolente Veggie
Lundi, c'est végé

mercredi 1 juin 2011

Pique-nique chez les Cro-Magnon



En l'occurrence Cro-Magnon était situé 10 Downing Street à Londres, sur la pelouse de la résidence de David et Samantha Cameron, respectivement Premier Ministre Britannique et son épouse !


Obama flips burgers for troops par itnnews
Lien avec photos : Les first ladies servent les salades pendant que Dave et Barrack s'occupent des grillades.
" Deux des plus puissants leaders du Monde -Barack Obama et David Cameron- ont cuit un repas roboratif de saucisses, côtes d'agneau et hamburgers lors d'une garden-party à destination de 150 vétérans anglais et américains des guerres d'Irak et Afghanistan, selon un communiqué de presse.
Le menu reflétait les forts liens transatlantiques entre les deux pays, selon le Daily express. Il y avait des saucisses anglaises, des côtes d'agneau du Kent et des pommes de terre Royales de Jersey avec des hamburgers américains fait avec des tranches de pain. Au dessert, fruits d'été et glaces.

Obama et Cameron ont tout pris en charge comme des maris ordinaires lors de n'importe quel pique-nique d'été. Ils ont monopolisé les barbecues pendant que leurs épouses servaient les salades. Les first ladies durant le pique nique souriaient et bavardaient au soleil, tout en servant des salades de choux rémoulade, tomates mozzarella et laitue romaine" selon le rapporteur de presse.

Aux hommes la viande (à l'extérieur, et en soufflant sur les braises uniquement, la cuisine restant le lieu immémorial des femmes) et aux femmes les salades, les sourires et les bavardages.

J'ai entendu la semaine dernière, un biologiste faire la promotion dans quelques émissions de télévision d'un livre sur les pratiques sexuelles de différentes espèces animales : il parlait notamment d'une variété de tortues dont la caractéristique est que Monsieur est un véritable obsédé sexuel, pendant que Madame ne veut même pas entendre parler de la chose. Mon biologiste appelait cela une "co-évolution antagoniste" en parlant du mâle et de la femelle de cette espèce -qui, en passant, a quand même réussi à se maintenir pendant des millions d'années et arriver au même moment de l'évolution que nous !  Je me demande si notre espèce ne pourrait pas être décrite de la même manière : manifestement Monsieur et Madame ne mangent pas du tout les mêmes choses, donc nous n'aurions pas le même métabolisme, les mêmes estomacs, ni les mêmes intestins ? Plaisanterie à part, ça prouve que la nourriture c'est de la culture et que les stéréotypes genrés s'y perpétuent depuis la nuit des temps. Et ce sont les dirigeants (éduqués) de ce monde qui les cautionnent ! Il serait peut-être temps d'arrêter de montrer des hommes se taillant la part du lion pendant que les femmes, dont on sait maintenant qu'elles se sont contentées des restes répugnants qu'on leur laissait pendant des millénaires, et ensuite de manger debout dans la cuisine après avoir servi les hommes, elles, mangent des salades ! Mettons fin au dualisme chasseur/cueilleuse, devenons tous cueilleuses (la viande ne provient plus de la chasse depuis longtemps, mais de fermes industrielles hors-sol à haute densité d'animaux), mettons-nous aux graines et aux légumes et légumineuses locales et de saison, ça va changer nos perspectives. On est au XXIème siècle et à 7 milliards sur la planète, on détourne des terres cultivables et des plantes nutritives protéagineuses qu'on transforme en agro-carburants pour remplacer le pétrole, l'eau commence à manquer, et ça chauffe ! Malgré la récession économique en 2010, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de façon considérable.

Actualisation 5/6/11 : Je rajoute le lien vers un article signalé par Helihah dans le début des commentaires, article critiquant (épistémologie) l'androcentrisme de l'ethnologie, de l'anthropologie et de la sociologie, toutes sciences humaines qui ont été d'abord étudiées par les hommes. Malgré quelques coquilles, il est passionnant.
L'anatomie politique de Nicole-Claude Mathieu - Catégorisations et idéologies du sexe.

lundi 11 avril 2011

Patrimoine "immatériel" de l'humanité : la recette de Petitrenaud

Le dimanche matin, sur Europe 1, c'est la recette de Jean-Luc Petitrenaud ! Hier matin, c'était andouillette au Sancerre cuite au four. Voici la recette :

Ingrédients - Il vous faut :
1 belle andouillette,
des quantités d'oignons (pas plus de renseignements à donner ; à part cela, on nous rebat les oreilles dans les cours de cuisine avec la pré-ci-sion !),
1 bouteille de Sancerre,
1 cocotte en fonte,
1 four,
1 ménagère.

Après avoir fait fondre une bonne quantité de beurre ou de saindoux  (ne mégotez pas !) dans la cocotte, tapissez "généreusement", "avec de l'ampleur" (Petitrenaud dixit, pas d'autres indications de quantité malgré les demandes réitérées à son CHEF cuisinier du jour), d'oignons émincés que vous faites fondre dans la graisse sans que toutefois ils prennent couleur ! Quand vos oignons sont revenus, vous posez dessus votre belle andouillette et vous versez votre bouteille de Sancerre. La cuisine de CHEF étant à l'évidence un chef d'œuvre de précision horlogère, on comprend tout juste qu'il faut noyer l'andouillette et les oignons dans le Sancerre. Ceci terminé, fermez la cocotte ; la MENAGERE (Sic) enfourne le tout pour au moins 7 à 8 heures de cuisson. Mais, suggère le CHEF, si vous allez jusqu'à 10 heures de cuisson, ce n'est pas embêtant ; la MENAGERE (resic) doit toutefois ne pas oublier de retourner l'andouillette de temps en temps. Pendant 10 heures, une paille ! Ca tombe bien : elle n'a rien d'autre à fiche, la MENAGERE, que de penser à retourner son andouillette ! Ce qu'on obtient au bout du compte est assez confus ce dimanche matin : un indice tout de même, ça doit compoter.

Garniture : servir avec une purée de pommes de terre avec "beaucoup de beurre, n'hésitez pas sur la quantité de beurre, de préférence salé et de Saint-Malo (?? -tant pis si vous habitez le Pays Basque !), plus il y en a, plus c'est onctueux !". Toujours Petitrenaud.

L'embêtant de tout cela, c'est que ça passe le dimanche matin vers 8 H 30, après l'éditorial de Catherine Nay et pendant qu'on trempe ses tartines de blé ou de maïs confiturées dans son thé ou son café ! Et que ça a nettement tendance à vous gaver pour le reste de la journée. La station initiale d'Yves Calvi perpétue la tradition de la cuisine française où des grands chefs sempiternellement mâles, disent à des "ménagères" comment et que cuisiner le dimanche midi. Ingrédients indispensables : graisses animales, testostérone, et... les femmes à la cuisine ! Ça fait même partie du "patrimoine immatériel" de l'humanité depuis quelques semaines. Lourd, indigeste et pas très paritaire, le patrimoine immatériel de l'humanité ! Et bien qu'immatériel, il a tendance à vous peser sur l'estomac.

Conseil personnel non inclus dans la recette de Petitrenaud : lesté de pareille façon, évitez surtout la partie de tennis ou le semi-marathon après le repas, vous risquez la mort. Couchez-vous et évitez autant que faire se peut toute contrariété ; votre femme et vos enfants ont peut être encore un peu besoin de vous. La thrombose coronarienne puis la nécrose du muscle cardiaque vous guettent. Déjà que manger de l'andouillette confite ne fait pas particulièrement djeunz, mais pour le coup vous ressembleriez prématurément à un petit vieux !

mardi 5 avril 2011

Publicités sexistes : les hommes aussi sont victimes

Vous avez aimé Charal ? Vous allez adorer Jean Rozé !



C'est incontestable qu'encore et toujours, la viande est une affaire d'hommes, petits et grands. Chez Jean Rozé (Société Vitréenne d'Abattage de son vrai nom et filiale d'Intermarché), les bouchers captureraient même les bœufs au lasso ! Voilà comment la publicité nous formate pour la vie, et dès le plus jeune âge. Comment éradiquer les comportements machistes avec des stéréotypes pareils, dont on nous inflige pour le cas où on oublierait de jouer ces rôles et ces comportements figés, des piqûres de rappel toutes les cinq minutes ? Et tant pis pour tous les hommes qui ne se voient pas dans ces rôles virils, machistes, tant pis pour les hommes végéta*iens qui ne se voient pas en cowboys ni en chasseurs !

Quitte à jouer les rabat-joie, le réalité est toute différente : avertie par un lanceur d'alerte la semaine dernière, j'ai dû appeler la préfecture (DDPP ex DSV*) pour les faire se déplacer sur un dossier d'une quarantaine de vaches maltraitées et mourant de faim chez un éleveur incompétent et financièrement à bout, d'après l'enquête. Il a fallu argumenter et même s'énerver pour les faire bouger ; la gendarmerie s'est finalement déplacée plusieurs fois et m'a tenue au courant de ses démarches ; la DDPP préconise "la réduction du troupeau", en superbe langue de coton !
Gloups : vous ne faites rien, un troupeau de 35 vaches meurt lentement de faim, vous faites quelque chose, vous accélérez leur fin en les envoyant à l'abattoir ! Dure, très dure condition animale !

Il y a une erreur presque subliminale dans le film : les bœufs n'ont pas de cornes ! Glissement freudien ? Le "boeuf" qu'on trouve chez SVA Jean Rozé abattoirs, c'est de la vache dite de réforme, c'est à dire des vaches de trois ans, réformées, envoyées à l'abattoir, après une vie d'épuisants vêlages, de séparations douloureuses d'avec leur veau afin de leur piquer le lait qu'elles ne produisent que pour leur petit comme plus personne ne sait ! Et ce sont aussi des vaches retirées à l'éleveur pour cause de mauvais traitements d'après ma récente expérience ; et, pour le plus grand confort de l'éleveur, on leur brule la racine des cornes à l'acide en bas âge, et oui, c'est douloureux !

Une autre publicité sur les utilitaires Volkswagen, formatante dans des comportements virils avec rien que des hommes aussi est actuellement sur les écrans : attention, artisans sévèrement burnés, notez bien l'élégante remontée de futal vers la fin du film, sur fond musical style aka maori : clairement, les métiers de l'artisanat ne sont pas des métiers de gonzesses, tant pis pour les femmes intéressées à se lancer, ni des métiers de demie-portion, tant pis pour les hommes frêles et petit format : selon cette pub, ils auront l'air ridicules au volant de leurs gros engins !



La publicité télé de Volkswagen est déclinée dans la presse professionnelle avec les visuels suivants, montrant que le danger vient moins de la route que de leur dur métier, décidément pas fait pour les gonzesses (cliquer pour agrandir) :


Slogan en bas d'affiche : "le danger ne viendra pas de la route" ; il n'y a pas que la foudre qui menace l'artisan en plein travail, le client libidineux qui se rince l'œil et apprécie avec concupiscence le beau plombier coincé sous la lavabo, le menace aussi en le mettant en position de proie sexuelle !
La situation n'est plus réservée aux femmes.
(Cliquer pour agrandir !)















*DDPP : Direction Départementale de Protection des Populations
DSV : Direction des Services Vétérinaires. Ces services dépendent de la Préfecture.

samedi 18 décembre 2010

"Ne perdez pas votre part de carnivore !" Charal is back

La nouvelle publicité Charal Groupe Bigard-Socopa / Léo Burnett est sur nos écrans ! Joie, bonheur ! Mmmmrrrrrrrh charrrrrrall !




Ici plus d'homme battant à la course un guépard ou de femme debout dans la cuisine servant sa famille à table, mais des loups, sauvages, carnivores et prédateurs, dont l'un bêle comme un mouton ce qui fait s'en détourner les autres. Ne pas confondre loup prédateur, et mouton bêlant herbivore : les loups se situent au-dessus du mouton dans les hiérarchies humaines -construites par nous : carnivore contre herbivore, le premier mange le second, l'un est un sauvage intact, l'autre est domestiqué,
rien à voir.

Au fait comment l'homme (ayant gardé sa part de carnivore donc) traite-t-il les espèces sauvages ?
Sans pitié, si l'on en juge par l'article publié ICI, parlant de la fermeture de l'autoroute A 84 pour cause de battue : des sangliers "proliférants" selon le titre de l'article sont priés de se rentrer dans leur forêt que traversent nos autoroutes sinon on va leur rappeler qui c'est le chef ici -sacrément territorial en plus d'être hiérarchique, le chef  avec son gros gun phallique !
Quant au vrai carnivore qu'est le loup, on l'aime bien... dans les publicités Charal, mais qu'il tente de franchir les Alpes italiennes pour agrandir son territoire versant français, alors là gaffe, convention de Berne ou pas, un arrêté préfectoral va décider de le faire tirer par des chasseurs avec un fusil à lunette à infra-rouge histoire de ne pas le louper, faut pas pousser tout de même ! Convention de Berne, espèce protégée ou non, on va pas se laisser emmerder par un chiffon de papier même revêtu de notre signature ! Les loups (espèce sauvage) dans des réserves fermées et les moutons (espèce domestique) dans les espaces sauvages grands ouverts : le monde à l'envers rêvé par les éleveurs.

Et les éleveurs ? Comment vont-ils ? Pas bien, si on en croit la vidéo ci-dessous : Bigard/Charal, c'est 42 % du marché, position dominante, du coup les éleveurs sont menottés : comment ça, vous n'êtes pas contents de nos prix, mais allez donc les vendre ailleurs vos vaches de réforme, répond Bigard !



La "viande", c'est normal que ce soit cher, c'est des litres d'eau (5000 pour un kilo de viande, 700 pour un kilo de patates et il faut 7 protéines végétales pour produire une protéine animale) mais quand on a bâti  toute sa communication sur le droit à la viande quand on est classe moyenne, c'est difficile à vendre la cherté de la viande. Et tout le monde a oublié que des coquillettes avec une purée de lentilles corail - carottes et une salade verte croquante de saison type cornette, ça fait l'affaire en matière de ration alimentaire -et qu'en plus c'est très bon marché ! Ce qu'ignore manifestement la mère de famille pauvre, bénéficiaire du Secours Catholique et intoxiquée par la propagande pro-viande que j'ai vue à la télévision il y a quinze jours expliquer debout dans sa cuisine, son garçon assis devant un steak haché, qu'elle n'avait pas mangé depuis 24 heures, l'argent de la nourriture servant d'abord à "acheter de la viande à ses enfants" ! Décidément, les pesanteurs culturelles continuent leurs
ravages : la part du lion va aux garçons et aux hommes. Une pub Charal dans la vraie vie, traitée dans sa réalité sociale par un jité. A hurler.

En trois mandats et 10 ans de présidence de la FNSEA (Fédération Nationales des Syndicats d'Exploitants Agricoles -syndicat majoritaire) par Jean Michel le Métayer, la population paysanne en France a diminué de 130 000 agriculteurs ; ils sont aujourd'hui un peu plus de 500 000, contre plus de 700 000 il y a dix ans. Voilà pour la réalité sociale d'une majorité d'éleveurs, pour une production plus importante qu'il y a 10 ans ! Cela veut dire que les gains de productivités se font sur le dos des animaux, de leur santé et de leur bien-être et AUSSI sur le moral, la santé et le bien-être économique et social de l'éleveur, et sur la destruction des paysages et la pollution de l'environnement. Les résultats affligeants d'une course désespérée à la productivité et à la taille critique.
Alors il serait temps de revenir à la raison et à un peu de frugalité : il faut choisir, continuer à détruire les professionnels, l'environnement, à fabriquer de la famine dans le Tiers-Monde, ruiner la sécurité sociale pour cause d'obésité et d'autres maladies, ou vivre mieux dans des paysages préservés, des gens contents d'y vivre et d'y travailler en gagnant leur vie, avec une meilleure santé pour tout le monde !

On n'en prend pas le chemin si l'on considère ICI la dernière campagne de pub radio du CIV -Comité d'Information (sic) des Viandes- avec Sandrine Quettier réalisé avec le soutien du Ministère de l'agriculture et de l'alimentation, alors que par ailleurs comme le rappelle le Site de Marianne cette campagne est en contradiction avec les campagnes de l'INEPS (Institut national d'éducation et de prévention à la santé) qui conseille de bouger et de manger 5 fruits et légumes par jour.

samedi 21 août 2010

Masterchef : graisses animales et testostérone



Crédit photo : Mon boucher en ligne.com

TF1 lance son concours de chefs cuisiniers comme M6 l'a fait avant elle.
Un jury : trois hommes (remarquez si c'est pour en remplacer un par Ghislaine Arabian, non merci, ce n'est pas la peine !), dont deux cuisiniers (ultra classiques) et un critique gastronomique looké, légèrement déjanté et bondissant, pour faire le spectacle.

Des candidats et des candidates qui veulent "changer de vie", rien que ça, et qui comptent sur la cuisine et la télévision pour ce faire. Émotion et pleurs garantis.

Émission ultra-scénarisée, au casting échantillonné : régionaux priés de cuisiner "terroir", blacks pour faire diversité et mélange des classes sociales. Le montage est serré, plans réguliers sur l'oeil sans concession voire méprisant des jurés, pleurs et mimiques d'appréhension des candidat-e-s, fanfaronnades ponctuées de "Chef, oui, Chef" pour faire amende honorable, embrassades émues et sanglots des familiers des victimes qui viennent soit de gagner, soit de se faire humilier. Car on se fait humilier publiquement : plats non goûtés (non, je ne goûte pas ça !) ou alors cuillère posée d'un air dégoûté par un des jurés, regard de mépris devant le plat, debrief demandant d'un air ahuri "mais pourquoi vous êtes là ?" et conseil de faire tout sauf de la cuisine. Heureusement, il y a Carole Rousseau qui materne et console dans la coulisse devant les cameras. Partage des tâches.

Une végétarienne convaincue (et convaincante) fait essayer son plat bien présenté et apparemment goûteux aux jurés et se fait retoquer par le plus prospère d'entre eux : "moi, si je ne mange pas ma côte de boeuf, je n'ai pas fait de repas" ! Avale ça, la végétarienne. Mais, miracle, on n'est pas des brutes bornées, elle récolte les deux "oui" qui l'envoient dans le top cent des finalistes. Après avoir été sondée, évaluée sur ses motivations à "travailler du veau, écailler et découper un poisson, ébouillanter un homard, trancher dans du boeuf" et promis de déchirer de la chair animale avec les dents ! Toutes convictions ravalées, créativité rentrée sous le boisseau et allégeance à la virilité ponctuée d'un "Chef, oui, Chef". Non mais !

Car la "grande cuisine" française c'est quand même avant tout une école para-militaire du larbinat ; uniforme obligatoire, soumission au chef, travail en brigades, garde à vous devant les ordres du chef, étalage de virilité comme dans les centres de redressement (on n'est pas des mauviettes tout de même), on ne répond pas, on baisse les yeux et on épluche ses 5 kilos d'oignons sans broncher. C'est comme cela que le métier rentre, petit. Entre ce style d'éducation, les brimades et la maltraitance, il n'y a que l'épaisseur d'une pelure d'oignon. Pas étonnant que les femmes ne soient pas tentées.

Plats : au centre de l'assiette, un gros morceau de viande ou de poisson entouré de trois carottes naines mais épluchées au scalpel -tout est dans l'épluchage- ou d'un dé à coudre de purée de céleri, voire de trois feuilles de salade (une de pissenlit, une de roquette et une de pourpier pour les omégas trois) en déco, d'ailleurs, ils appellent ça une "garniture". Nous, les végétariens, on ne mange que des garnitures selon les omnivores ! Conservatisme et tradition, valeurs viriles : s'il y a un métier où la recherche et le développement devraient fonctionner à plein parce qu'ils en ont bien besoin (les chefs étoilés renoncent à leurs étoiles : trop de pression et plus assez de clients, cuisine hypercarnée démodée), ce serait vraiment la cuisine ! Faire passer les légumes au centre de l'assiette, travailler les protéines végétales et les légumineuses pour les faire accéder au statut de grande cuisine, voilà un défi !

Mais il ne faut pas se fâcher avec les labos qui fabriquent des médicaments anti-obésité ou des crèmes qui gomment la culotte de cheval. Et je ne parle même pas des laiteries industrielles et de leurs alicaments, ni des produits allégés qui ne font pas maigrir ni mincir mais qui coûtent très cher ! Il faut bien vendre des écrans publicitaires.

Petites perles relevées au cours de l'émission : une poissonnière qui se gèle tous les matins à Rungis souhaite changer de métier car "poissonnier, c'est un métier d'homme" ! A quoi lui rétorque le Chef, que "cuisinier AUSSI, c'est carrément un métier d'hommes". Ah bon ? Et toutes ces femmes qui cuisinent pour leur famille ? Ah oui, mince, c'est des CUISINIERES, j'oubliais ! Ne pas confondre. Et puis c'est étonnant quand on y songe, lorsque les hommes partent s'entretuer dans les boucheries mondiales (14-18, 39-45) avec obligatoirement les femmes qui travaillent en usine à l'effort de guerre à fabriquer des avions, des chars de combat, des munitions, qui remplacent les hommes partout même aux postes de commandement puisqu'il n'y a plus de mecs nulle part, celles aussi qui ramassent les mourants sur les champs de bataille, personne ne se pose la question à ces moments-là de savoir si les métiers ont un genre ? Tant que le boulot est fait...
C'est prouvé : ils n'en ont pas, la preuve, c'est que les femmes font tout (bien) quand les mâles sont indisponibles.

J'ai jeté l'éponge au moment où l'épluchage des oignons commençait. Allée me coucher épuisée. Pris deux Alka Seltzer pour digérer l'émission.

Carole Adams dit en citant la poétesse Francine Winant :
"Mangez du riz, faites confiance aux femmes".*

*"Slowly we begin
   Giving back what was taken away
   Our right to the control of our bodies
   Knowledge of how to fight and build
   Food that nourishes
   Medicine that heals
   Eat rice, have faith in women"

mercredi 5 mai 2010

Publicité CHARAL : sexisme




Actualisation 9/5/08 :
Chez Luce lapin, de Charlie Hebdo, on peut aller voir le travail d'un photographe italien : attention, photos dures mais indiscutable travail d'artiste ICI (scroll down) !

"La mère lionne"
publicité Charal est de retour sur les écrans : voici son slogan "D'instinct une mère sait ce qu'il y a de meilleur pour le plus grand des carnivores !".


Pub Charal La Lionne - Coupsdepub.com par coupsdepub

Ce sont les mamans qui font les courses et la cuisine selon Charal ; le fait résiste bien historiquement et culturellement alors qu'une immense majorité de femmes occupent des emplois salariés et travaillent à l'extérieur ; ils jouent donc sur l'instinct de la mère, renvoyant pour ce faire les femmes à la nature, procédé vieux comme le monde, et ce sont les garçons (forts et musclés selon les codes de la société, en tous cas de celle dans laquelle Charal pense vivre, car il n' y a que des garçons qui passent à table dans ses films !) qui doivent manger de la viande, la prescription est moins impérative pour les femmes ; j'en veux pour preuve que lorsqu'on milite pour le végétarisme, on entend de la part des femmes l'objection permanente qu'elles seraient bien volontiers végétariennes s'il ne tenait qu'à elles mais elles "ne sont pas seules à la maison, elles ont des garçons qui font du sport !" (Je précise que c'est elles qui viennent nous le dire librement et spontanément sur nos stands et tables d'information). Ce qui me fait dire que l'idée que les femmes auraient moins besoin de manger que les hommes alors qu'elles portent les enfants et les nourrissent au sein dans pas mal d'endroits encore, est une idée très ancrée culturellement ! Et qu'en plus d'être cantonnées à la cuisine, elles ne sont pas maîtresses du lieu car elles doivent s'y farcir (ça m'a échappé !) les diktats culpabilisants de ceux qui savent mieux qu'elles ce qu'il convient d'y préparer ! Un comble !

Donc, comment persuader maman d'acheter de la viande aux garçons de la maison alors qu'elle-même serait plus tournée (toujours selon Charal) vers les légumes, les céréales et les légumineuses largement pourvues en protéines d'excellente qualité, soit dit en passant (selon moi,
cette fois) ? Mais en jouant sur son "honneur" de cuisinière, et son "instinct" de nourricière, responsable comme sont réputées être les mères lionnes !

La notion d'instinct est utilisée, alors que l'instinct maternel est largement contesté chez les humains en arguant par exemple, que chez les aristocrates des siècles passés, les femmes se payaient les services de nourrices, faisant du nourrissage maternel une question culturelle, adaptable selon les époques, les classes sociales et leurs prescriptions.


Mais ce n'est pas le premier film ouvertement sexiste de cette compagnie abattoir qui a besoin de nous fourguer sa marchandise ; je me souviens parfaitement avoir vu et entendu "Si vous voulez changer l'homme, changez d'abord ce que vous mettez dans son assiette" où une femme passait l'aspirateur (décidément !), et surprise, trouvait planquées sous les coussins du canapé des quantités de capsules de bière ! Le sexisme ici, frappait explicitement femme et homme. C'est peut être pour cela que je ne le trouve plus nulle part ? Il n'est même plus sur le site de Leo Burnett !

Dans le film "La course", ici l'homme bat à la course un guépard (l'animal terrestre le plus véloce), et lui ravit sous les moustaches une gazelle qu'il chassait pour son compte. C'est évidemment ridicule, puisque le steak que mange l'homme prétendument carnivore a été tué par un employé d'abattoir dont il est content de ne rien savoir -bas salaire contre travail pénible, accidents du travail, troubles musculo-squelettiques, déconsidération sociale ; l'homme consommateur ne pourrait en effet, dans une grande majorité de cas, tuer un animal lui-même, hors conditions extrêmes de survie, et encore !
Les carnivores sont des prédateurs, mais des prédateurs discrets, ils ne tuent pas de façon industrielle : ils ne mangent que quand ils ont faim, le principe de parcimonie régissant leur prédation. Cet éloge permanent de la prédation (via la mystique des tueurs en série : dans la série de Canal + "Engrenages", qualifiée de prestigieuse par les critiques, j'ai entendu qu'on y trouvait des cadavres de prostituées pendues à des crocs de bouchers !) est irritant et dérangeant.

Les humains sont des omnivores et pas des carnivores : nos quatre petites canines récessives n'y peuvent rien. Et le régime omnivore nous laisse le choix : les vrais carnivores (panthères, lions, chats...) ne se bâfrent pas, ils ne sont pas obèses, leurs prises sont minimes et ils ne peuvent pas se mettre, sauf à subir une très longue adaptation, à manger des céréales et des radis ! Comparer les animaux et les humains est insupportable intellectuellement pour les deux espèces parce que c'est toujours péjoratif : traiter un humain d'animal est dangereux et annonciateur de désastres, et comparer un animal avec un humain est en général un acte spéciste (sauf chez certains peuples premiers animistes, nettement en voie d'assimilation ou de disparition, hélas).
Que Charal laisse les femmes choisir ce qui est bon pour elles, leurs familles, sans tenter de les culpabiliser, juste pour vendre sa marchandise ! Elles peuvent même choisir de déléguer les tâches cuisinières à quelqu'un d'autre.


Enfin pour être complète, le dernier film, plus bénin car hautement improbable "Trop tard", met en scène dans un film de style "Neuvième Porte" un homme que sa femme (!) a contraint au végétarisme, et qui le supplie de "ne pas faire ça" : se laisser tenter par un steak Charal. "Chaque jour des végétariens disparaissent à cause de l'excellent steak haché Charal" ! Absolument ridicule. Et sans doute moins efficace -on ne le voit jamais. Personnellement, je ne connais pas un seul végétarien, homme ou femme qui ait flanché, mais on ne sait jamais, je ne les connais pas tous.

Lien vers l'Agence Léo Burnett : les trois films
La mère lionne version longue
Trop tard
La course
(attention, créatif en diable, Leo Burnett, il faut se servir d'un gros crayon et cliquer avec !)

Et voici parce qu'elle fait du bruit, l'une des deux affiches que le PCF consacre à sa communication sur les retraites, affiche qualifiée de "brutale" par la plupart des commentateurs : on voit une fillette travaillant dans une boucherie. Confirmation à Charal qui nourrit plutôt les garçons ? La brutalité des boucheries ne convient pas aux filles et mieux aux
garçons ? Les garçons selon Charal n'auraient pas le droit d'être doux, empathiques envers les vivants y compris les animaux, omnivores, et peut être végétariens ? On peut se poser la question quand on sait que la publicité fonctionne par (vieux) stéréotypes et que la conception-rédaction n'y laisse jamais rien au hasard.