Autant vous prévenir, ce billet va pourrir l'ambiance de grande camaraderie euphorique du moment ! Après Roland Garros (Finale hommes, le must), pendant le Tour de France 100 % hommes et ses inénarrables scandales de dopage, on va se manger du foot pendant un mois. Hurlements masculins dans les pubs Carrefour et tous autres épiciers (cible : les ménagères de moins de 50 ans, mais elles sont supposées sans concertation être des soccer moms), et dans les jingles des radios et télés, jeux de ballons dans les espaces publics déjà suroccupés par les garçons, discussions masculines autour de la machine à café dans votre boîte, inévitablement phagocytées par le foot, et même pire, coups et violence masculine dans certains foyers, si l'équipe de Monsieur a perdu Madame servant d'exutoire aux frustrations de certains. A ce propos, il y a en ce moment une campagne de prévention largement passée inaperçue et qui a été peu relayée par les médias.
Dans le même temps, commentaires ad nauseam sur les déclarations débiles de footeux milliardaires aigris (ou carrément dingue à enfermer sous largactyl dans le pavillon des agités d'un HP, mais interviewé par Le Monde) qui se prennent pour des intellectuels moralisants alors qu'ils jettent de l'huile sur le feu, et puisque nous sommes en état d'urgence et que le risque d'attentats est élevé, forces de police accaparées par le tournoi, c'est autant qui ne seront pas libres pour les agressions de rues et les femmes battues. Mais place à "la fête et à l'émotion" à base de drapeaux et d'hymnes nationaux. Valeur véhiculée : la compétition, valeur virile de "modèles exclusifs de joueurs masculins surpayés" ! Alors qu'il est plus urgent de promouvoir la coopération.
Les femmes feront semblant de s'intéresser pour ne pas casser l'ambiance, et parce qu'au fond, elles sont otages des hommes de la famille. Celles qui n'y comprennent rien ou ne veulent pas en entendre parler se contenteront du vieux poste de télé pour d'autres programmes, pendant que les mecs, eux, regarderont les matches sur le home cinéma neuf acheté pour l'occasion ! Je ne plaisante pas, j'en connais. Les sports féminins (et les sportives auxquelles les femmes pourraient s'identifier) ne sont pas ou peu relayés : pas intéressants selon les hommes, discours patriarcal méprisant pour garder le pouvoir et l'argent, les ressources n'étant pas illimitées, les femmes se contentent de pauvres restes. Vous l'avez compris, le foot masculin, proue avancée du patriarcat et de ses agents, parasite de précieuses ressources.
Si choisissez de délaisser la télé et le foot, il y a plein d'autres choses à faire : tiens, au hasard, du sport par exemple ! Les femmes font du sport, pour la forme et le plaisir avant tout. Elles sont même majoritaires dans pas mal de disciplines : gymnastique, danse, équitation et marche, pour n'en citer que quelques unes. Et lire pour se muscler le cerveau (indispensable aussi) : Michalon Editeur publie le 7 juillet prochain, ce livre de Fabienne Broucaret, journaliste et blogueuse : elle y propose un tour de France du sport au féminin, la 4ème de couverture qui met l'eau à la bouche est à lire sur le site de l'éditeur.
Et puis, si le sport vous gonfle et que vous n'y voyez aucun intérêt, il y a plein de suggestions de lecture dans la sidebar de mon blog.
Bonnes lectures à toustes. Parce qu'il y a évidemment des mecs qui n'aiment pas non plus le foot et qui ne sont intéressés ni par la compétition, ni par les grandes célébrations viriles.
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jeudi 9 juin 2016
mercredi 9 juin 2010
Rien a foot !

Parce que je ne supporte plus les grondements de horde dans ma radio les dimanches matins, les commentaires hargneux, xénophobes et homophobes des journalistes sportifs, les étalages d'argent et de pouvoir pour ébahir les prolétaires, l'aubaine donnée aux politiques de parler d'autre chose que de la récession économique, la corruption et le népotisme de la FIFA (il y a un excellent article dans le Monde Diplo de ce mois de juin en vente dans les bons kiosques) et puisque nous allons vivre un mois d'enfer radiophonique, télévisuel et presse avec le foot à toutes les sauces alors que je ne suis pas du tout intéressée, j'insère cette bannière trouvée chez Olympe et conçue par Ménagères de moins de 50 ans.

Il reste l'alternative de demander l'asile politique aux ours et aux pingouins de la banquise ou aux orangs-outangs de Bornéo en voie d'extinction, histoire de les voir une dernière fois !
Trouvé sur un bar de ma ville l'inscription : "Ici on sans foot" !
Crédit photo : IFAW
samedi 29 mai 2010
La France organisateur de l'Euro 2016
Après avoir buté hier dans mon supermarket sur un bonhomme en carton en réprimant un "Pardon, bonjour Monsieur" juste avant de m'apercevoir qu'il s'agissait d'un Ribéry grandeur nature en papier, ballon au pied, voici que ce matin j'entends sur France Info une interview triomphante de Rama Yade, délirant au sens médical du terme sur LA France organisatEUR de l'Euro 2016, promettant la fin de la crise (c'est une récession, est-ce qu'on pourrait employer les termes précis ?), des investissements faramineux dans le bâtiment (pas des hôpitaux, ni des maisons de retraite, ni d'ailleurs des crèches !) : la construction de verrues de béton que sont les stades, et la rénovation des anciens pour en faire "d'incroyablement beaux" (sic), respectant les normes environnementales et de développement durable, la création de dizaines de milliers d'emplois dont "4 500 durables", le reliquat, soit environ 10 000 étant par déduction des emplois jetables.
Comme je réalise qu'Olympe a fait un billet sur le même sujet, je ne vais pas insister ; toutefois, toujours selon la ministre, si la France a gagné le droit d'organiser ce tournoi, c'est "parce qu'elle a su organiser un plan de bataille, faire du lobbying et par dessus tout, elle a appris l'Anglais et l'Allemand" pour convaincre l'UEFA !"
Ça pour le coup, c'est LA bonne nouvelle ! Des (sportifs) français renonçant à la francophonie, c'est inédit. Bon, en attendant la relance économique promise, voici ce qu'on pouvait lire cette semaine dans un article écrit collectivement dans Libération du 21 mai 2010 dans un Rebonds intitulé fort à propos :
"Arrêtons immédiatement de construire des stades en Europe" :
"Le stade est partout en Europe le lieu d'incubation des pires violences, là où couvent les comportements les plus répugnants et ce, quoi qu'en disent nombre de politiciens, de pseudo-sociologues ou de pseudo-spécialistes toujours prêts à minimiser sa réalité effroyable : xénophobie, antisémitisme, racisme, concentration massive de toutes les bêtises, de toutes les violences... Or cette réalité est mise en œuvre non par quelques dizaines d'hurluberlus mais par des milliers d'individus regroupés en troupes d'assaut et en proie à un déchaînement pulsionnel sauvage."
Lien vers le passionnant article en entier de Libération
Comme je réalise qu'Olympe a fait un billet sur le même sujet, je ne vais pas insister ; toutefois, toujours selon la ministre, si la France a gagné le droit d'organiser ce tournoi, c'est "parce qu'elle a su organiser un plan de bataille, faire du lobbying et par dessus tout, elle a appris l'Anglais et l'Allemand" pour convaincre l'UEFA !"
Ça pour le coup, c'est LA bonne nouvelle ! Des (sportifs) français renonçant à la francophonie, c'est inédit. Bon, en attendant la relance économique promise, voici ce qu'on pouvait lire cette semaine dans un article écrit collectivement dans Libération du 21 mai 2010 dans un Rebonds intitulé fort à propos :
"Arrêtons immédiatement de construire des stades en Europe" :
"Le stade est partout en Europe le lieu d'incubation des pires violences, là où couvent les comportements les plus répugnants et ce, quoi qu'en disent nombre de politiciens, de pseudo-sociologues ou de pseudo-spécialistes toujours prêts à minimiser sa réalité effroyable : xénophobie, antisémitisme, racisme, concentration massive de toutes les bêtises, de toutes les violences... Or cette réalité est mise en œuvre non par quelques dizaines d'hurluberlus mais par des milliers d'individus regroupés en troupes d'assaut et en proie à un déchaînement pulsionnel sauvage."
Lien vers le passionnant article en entier de Libération
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