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lundi 15 juin 2026

Conseils aux enfants molestés à l'école, dans la famille et tous autres lieux

Je préviens tout de suite : je n'ai pas d'enfant, donc selon la société pas vraiment de légitimité à parler de parentalité et de méthodes d'éducation. En revanche, du fait de mon statut -ô combien répréhensible de childfree volontaire qui va 'finir seule avec son chat -voir un billet précédent, en retournement du stigmate- n'ayant pas le nez sur le guidon, ou dans le trèfle (selon que vous préférez une métaphore cycliste ou éleveuse), et c'est un avantage, j'ai une vision d'ensemble, top down, panoramique, du sujet, non impliquée, favorisée par mes lectures, les témoignages que j'entends ici ou là, et par les paroles des militant-es de la cause des enfants. Un peu comme la consultante que j'ai été, qui disait à des ingénieurs métallurgistes ou télécoms comment ils devraient gouverner leurs boîtes sans clients, patrons ingénieurs qui me regardaient de haut, mais à qui il arrivait de suivre mes conseils avec profit. Militants et parents qui curieusement, ne disent pas souvent comment et par quels moyens, les enfants pourraient se sortir de situations dans lesquelles ils sont enferrés par des adultes malveillants, ou même criminels. Sans doute toujours le même syndrome : des gars, des maris, on en a à la maison, (l'immense majorité des crimes commis sur les enfants sont le fait des hommes qui fournissent les gros bataillons de la pédo-criminalité familiale aussi bien que d'opportunité ou touristique), et de ce fait, on est gênées aux entournures pour dénoncer leurs crimes et mauvaises actions. On préfère donc faire appel à la Cavalerie. Qui ne vient jamais, bis repetita. Dont acte, ne souffrant pas de syndrome de Stockholm ni de conflit de loyauté, bienheureuse que je suis :)) voici. En toute modestie quand même. J'accepte les critiques et les suggestions. 

Les enfants et adolescents, si vous passez par ici :

Non, tous les hommes (adolescents, adultes, vieux, en uniforme, en robe de magistrat ou en soutane, en tenue de policier, entraîneurs sportifs en shorts ou accoutrés de maillots de foot...), y compris les plus proches de vous (parent, éducateur...,) ne vous veulent pas forcément du bien ! C'est horrible, j'en conviens, mais c'est comme ça. Comment les détecter ?

Et comment détecter une situation gênante ? Eh bien, d'abord parce qu'elle vous paraît gênante, que vous n'y êtes pas à l'aise. Vous devez donc vous écouter et la faire cesser.

Que faire quand une situation vous semble gênante ?

Faites-la cesser immédiatement. Si, dans une situation donnée, vous n'êtes pas à l'aise, dites fort STOP au besoin en tendant le bras et en mettant une main en avant. C'est un signal universel que tout le monde comprend, même les animaux. Le hurlement, en cas d'urgence, peut être dissuasif et faire cesser l'attaque. Personne n'a le droit de vous toucher, de vous imposer des gestes que vous ne voulez pas faire, ou qu'on fasse sur vous. Défendez votre intimité. Un exemple : le 'bisou' obligatoire à tous les adultes qui passent et dont le refus peut être un bon entraînement. Si vous n'avez pas envie, dites que non vous ne ferez pas le 'bisou' requis, et ne vous laissez pas non plus caresser, papouiller ou cajoler si cela ne vous plait pas. Dites NON. Au besoin, enfuyez-vous.

A partir d'un certain âge, celui où vous vous débrouillez seul-e, fermez la porte de la salle de bain pendant la douche, signalant ainsi que vous défendez votre intimité. On frappe avant d'entrer. Dans votre chambre, c'est pareil, personne ne rentre sans votre permission. C'est votre endroit à vous. Tenez-le propre, rangé, et cosy, cela évitera d'énerver vos parents qui du fait, seront moins enclins à y aller voir. La confiance règnera dans tous les sens.

Les agresseurs de femmes et d'enfants sont des lâches.

Que faire face à un harceleur, une harceleuse ?

Le harceleur à l'école ou sur le chemin, est un lâche qui vous juge comme le faible sur qui on peut taper et faire souffrir sans que vous vous rebiffiez. Il peut aussi sévir comme meneur, en groupe. Non, vous n'êtes pas moche, non, vous ne sentez pas mauvais, et non encore, vous n'êtes pas gros, vous êtes en bonne santé. Faites lui comprendre qu'il peut lui en cuire. Et si cela ne suffit pas, allez voir l'autorité de votre école, directeur ou directrice, infirmière scolaire ou surveillante. Si cela ne suffit encore pas, dites-le à vos parents à la maison. Et vous pouvez aussi aller pousser la porte du commissariat de police (en ville) ou de la Gendarmerie (à la campagne) pour y déposer plainte à propos de toutes ces situations : il faut faire des expériences, c'est important. Elles forment le caractère. Les adultes vous doivent protection et personne n'a à vous faire de mal. C'est de la perversion au pire, au minimum de la méchanceté.

Dans une société où on dresse à l'hétérosexualité (apprise rappelons-le, elle n'a rien de naturel, contrairement à ce qu'on nous serine), on va inévitablement vous poser la question (intrusive, car cela ne regarde personne) de savoir 'si vous avez un petit copain ou une petite copine à l'école' (dès la maternelle, cela s'est vu !), répondez à la façon Zazie dans le métro -11 ans, qu'à votre âge vous n'avez pas encore choisi si vous allez être homosexuel ou hétérosexuel, voire asexuel, donc qu'on vous laisse choisir votre chemin, un bon temps de réflexion, rien ne presse. Cela devrait les calmer pour un bout de temps.

Ces conseils valent pour toutes les autres situations ou vous avez été très mal à l'aise vis à vis d'un plus grand ou d'un adulte. Voyez quelqu'un de confiance, cela peut être une voisine sympathique, une tante, ou quelqu'une de bon conseil que vous aimez bien. Faites-le jusqu'à ce qu'on vous croie et qu'on ne vous accuse pas de mentir ou de faire l'intéressant, parce que vous ne mentez pas et n'êtes pas un m'as-tu-vu.

Restez vigilant-es : sachez détecter le malaise chez les autres. Ce qui vaut pour vous, vaut pour tout le monde. Respectez l'espace des autres, leur autonomie, leurs prérogatives. Au besoin, proposez votre aide.

Ces conseils précédents ne valent que pour les enfants qui ont acquis une autonomie ; donc, aux parents, pas de fausse pudeur, apprenez à vos enfants, avec les mots appropriés à leur âge, que non, tout le monde n'est pas forcément gentil, que des gens méchants peuvent leur vouloir et leur faire du mal, qu'ils et elles doivent être particulièrement vigilants ce qui signifie ne pas faire entière confiance aux adultes, notamment aux hommes parce que non, vos filles ne seront pas automatiquement obligées de s'en trouver un et de le garder ! Si elles le font, au moins, vous aurez fait ce qu'il fallait, leur expliquer qu'il leur faudra du discernement. La formation à l'assertivité, à l'acquisition d'une colonne vertébrale, à une forte personnalité qui décide pour elle-même, les conseils de prudence, font partie du package 'éducation'. Et restez vigilants. Le bon ami, le curé, l'animateur sportif ou le scout aux gestes douteux, le grand-père ou l'oncle aux propos lestes ou libidineux peuvent disparaître de vos cartons d'invitation après avertissement ferme et sonore. Je suis toujours surprise d'entendre des femmes avoir peur d'avertir leurs filles que tous les hommes ne sont pas forcément fréquentables. Ils représentent numériquement et statistiquement la grande masse des agresseurs sexuels et des violeurs, quel que soit par ailleurs le sexe ou l'âge des victimes. Manifestement leur socialisation est un ratage, ou elle ne leur est pas accessible.

Et toujours le même conseil qu'aux femmes : inscrire vos enfants à un cours d'art martial ou de self-défense est une excellente idée.

Votre corps vous appartient à vous, à personne d'autre, même pas à vos parents. Ils vous ont mis au monde sans vous demander votre avis, le minimum syndical c'est qu'ils n'insistent pas dans les injonctions tonitruantes. Au besoin, rappelez-le.   

S'affirmer, se défendre, fuir, Demander de l'aide.

Rester vigilant-e : détecter le malaise chez les autres, proposer une écoute.

Rappel statistique : la majorité des agressions pédo-criminelles ont lieu au sein des familles. Dans ce cas, cela s'appelle une relation incestueuse. L'inceste est épidémique et il franchit les générations. Le pater familias ainsi que ses héritiers ou cohéritiers mâles chauvinistes, propriétaire de droit divin de tout ce qui vit et bouge (c'est la racine latine du mot 'famille', hélas) peut se révéler un redoutable malfaisant. En ont témoigné des artistes et autrices aussi connues que Nikki de Saint-Phalle, Virginia Woolf, Christiane Rochefort, et tant d'autres. 

Quelques ressources : 

Le 119 allo, enfance en danger, gratuit, accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 

Le Site Internet gouvernemental.

Tous les films, dessins animés, qui apprennent aux enfants et aux filles l'assertivité, qui les sortent des sentiers battus, et des injonctions d'une société toujours à la limite de la normopathie. Vos enfants ne seront pas comme vous, ne feront pas nécessairement les mêmes choix que les vôtres. 

"... papa, il commence donc à m'embrasser ce qu'était normal puisque c'était mon papa, mais voilà qu'il se met à me faire des papouilles zozées alors je dis ah non parce que je comprenais où c'est qu'il voulait en arriver le salaud, mais quand je lui ai dit ah non ça jamais, lui il saute sur la porte et il la ferme à clé et il met la clé dans sa poche et il roule les yeux tout en faisant ah ah ah comme au cinéma, c'était du tonnerre. Tu y passeras à la casserole qu'il déclamait, tu y passeras à la casserole, il bavait même un peu quand il proférait ces immondes menaces et finalement immbondit dssus. J'ai pas de mal à l'éviter. Comme il était rétamé, il se fout la gueule par terre. Isrelève. Ircommence à me courser, enfin bref, une vraie corrida. Et voilà qu'il finit par m'attraper. Et les papouilles zozées de recommencer. Mais, à ce moment, la porte s'ouvre tout doucement... La suite dans 

Zazie dans le métro roman d'apprentissage publié en 1959 par Raymond Queneau, apprentissage autant social que de français, bourré de jeux de mots et d'exercices de styles. Zazie est une fillette avertie de 11 ans, capable de se défendre, surtout par la parole, volontaire, assertive, qui surmonte les épreuves sans s'en laisser conter. Elle emploie à l'occasion un vocabulaire (d'ailleurs le roman torture aussi le vocabulaire français avec des orthographes hilarantes) populaire, voire malpoli, pour se défendre contre d'éventuelles agressions d'adultes, appelés à l'époque des années soixante, 'satyres'. C'est donc double ou triple bénéfice : une leçon de français par une enfant assertive, une sorte d'Ulysse (elle veut absolument prendre le métro alors qu'il est en grève, et se trouver 'un bloudjinne') affrontant les épreuves, et pas du tout sage ni consensuelle. Elle est entourée de personnages non conventionnels qui vont bien entendu contribuer à son apprentissage tout en la protégeant sans jamais la brimer. 


A trouver dans la collection Gallimard Jeunesse.  A offrir à vos enfants ! Il est dans les programmes de français de l'Education Nationale dès la quatrième. 

Il y a aussi le dessin animé des studios Disney, qui date un peu, mais qui garde toute sa puissance, et que j'avais chroniqué à sa sortie : Brave, le titre en anglais. Mérida, la rebelle princesse rousse qui refuse tous les princes charmants et dont le meilleur ami est son beau cheval Angus, avec lequel elle ne rêve que chevauchées, dont elle change la paille et qu'elle bouchonne une fois tous deux rentrés à l'écurie. 

Et parce que je crois au pouvoir de la littérature et de l'écriture, par l'excellente et rebelle Christiane Rochefort, La porte du fond, son chef d'oeuvre couronné par le prix Médicis en 1988. Roman sur l'inceste et la résilience par la résistance et le féminisme. Je l'avais chroniqué sur cet article. Non, on n'est pas forcément une victime à vie quand on a affronté un incestueux dans le milieu familial. On peut s'en sortir. Mais il faut en parler. Faire cadeau d'une, ou de ces oeuvres, peut compléter une discussion sur ce sujet délicat mais indispensable. 

Evidemment, tout ceci ne peut pas éviter le danger. Restez vigilants, tout le temps. Sans être dans l'angoisse perpétuelle, ce qui est stressant pour tout le monde. Et écoutez et croyez les enfants (et les femmes) quand ils se plaignent d'actes commis qui ne sont ni de leur âge, ni de leur goût, ni tolérables ; mettez les hors d'atteinte de l'agresseur, qu'il soit le père, le frère, l'oncle, le grand-père, ou le beau-père. Quand les sacro-saints liens 'biologiques' tellement chers aux tribunaux et aux immuables psys sont trahis, le vrai parent est celui qui éduque et protège, soit-il une voisine, une tante, un oncle, un travailleur social, ou une parfaite étrangère qui a su écouter et mettre à l'abri. Tout le reste est naïveté, croyance, hypocrisie, ou incompétence. 

" Je sais que c'est une chose terrible à dire, mais à cette époque, tout éventualité de père me paraissait extrêmement risquée. " Arundhati Roy, Mon refuge et mon orage.

Ce billet, qui est écrit sans aucune aide de la dévastatrice IA, n'est pas une incitation à l'insolence mais à la prudence. Vous remarquerez aussi qu'il ne comporte aucune métaphore spéciste. 'Je n'ai pas de mots' entend-on. Mais l'analogie ou métaphore spéciste servent bien : quand on est à court de mots pour nommer les méfaits de la "Magnifica Humanitas", ou qu'on ne veut pas désigner l'agresseur, ce sont les animaux supposément 'prédateurs' qui endossent. C'est contre-performant. Pour lutter contre un fléau, il faut  d'abord le nommer.

samedi 27 mars 2021

Capharnaüm : je veux porter plainte contre mes parents pour m'avoir mis au monde.

Cette semaine, c'est un film qui m'a tapé dans l'œil  !


Scène de tribunal : Zain, garçon de 12 ans (c'est ce qu'il pense, il n'a jamais été enregistré à l'état civil, et il en paraît 10) sorti de prison, arrive menotté devant un juge, ses père et mère sont dans l'assistance. L'enfant s'adresse au juge : " je peux porter plainte contre mes parents pour m'avoir fait naître. La seule chose que j'ai entendu, c'est 'dégage d'ici, fils de pute' dit-il au juge. Je veux que les gens qui sont incapables d'élever des enfants n'en aient pas". 

Né dans un bidonville de Beyrouth, Zain survit au milieu d'une famille innombrable, entre ses frères et sœurs qui dorment serrés les uns aux autres sur des matelas étalés au sol la nuit, ses journées se passant à tenter d'acheter ou marchander de la nourriture contre de menus services aux commerçants dans les rues grouillantes et sales, entre les abris de tôle et de cartons ; le soir quand il rentre c'est pour tâter des torgnioles de son père qui le traite communément de "fils de pute" devant sa mère. Zain est un grand récalcitrant lucide à la langue bien pendue, il fait la gueule, ne sait pas sourire. Il ne connaît pas l'insouciance de l'enfance. Les choses se gâtent encore plus alors qu'il rentre un soir et qu'il voit sa sœur cadette de 11 ans maquillée, pomponnée, présentée à un mec de 40 ans. Pressentant ce qui va se passer, il engueule tout le monde, et tente de dissuader sa petite sœur de jouer le jeu des présentations. Finalement, la fillette s'en va, suppliée par Zain qui tente en vain de la retenir. Révolté contre ce dernier coup familial, il part de chez ses parents avec son baluchon dans un sac poubelle. La suite du film montre Zain survivant dans la rue, recueilli par Rahil, migrante éthiopienne sans papiers bientôt virée par son "référent" pour qui elle travaille chez des bourgeois beyrouthins, et qui a sa vie entre ses mains puisqu'elle n'a aucun papier et qu'il lui a confisqué son passeport. La dame a un bébé, Yonas, non sevré, qu'elle confie à Zain quand elle travaille. Jusqu'au jour où Rahil ne reparaît pas. Zain est en charge de bébé Yonas : le nourrir au biberon alors qu'il a toujours tété le lait de sa mère, et lui assurer des couches propres. Une épreuve évidemment. D'autant qu'un commerçant trafiquant de chair humaine lui propose de l'argent contre le bébé, Zain refuse. Il construit de ses mains avec des ustensiles récupérés un véhicule dans lequel transporter le bébé avec lui, et quand il doit s'éloigner pour chercher leur pitance, il attache Yonas par le pied au chariot. A bout de ressources, il finit par céder, la mort dans l'âme, Yonas au commerçant qui le lui demandait et rentre à la maison. Pour y apprendre que sa sœur est morte de sa grossesse à l'entrée de l'hôpital où on l'a refusée pour manque de papiers d'identité. Zain saisit alors un couteau et va tenter de tuer le "beau-frère" pédophile arrivant juste à le blesser, c'est la raison pour laquelle il est devant un juge et qu'il inverse le procès, c'est lui qui demande qu'on juge ses parents pour l'avoir fait naître. 

" Je ne veux pas que mes parents aient d'autres enfants ; la vie, c'est de la merde ". " T'as pas de cœur, t'es un monstre ", hurle-t-il à sa mère qui lui annonce dans sa prison qu'elle est de nouveau enceinte et qu'elle attend une nouvelle petite sœur pour Zain. Le rêve de Zain, c'est d'aller en Suède : " les enfants meurent de mort naturelle là-bas " dit-il dans un contre-sens qu'il ne perçoit pas. Noir, très pessimiste, cash, pas un gramme de guimauve, sans concession. Les seules bonnes nouvelles, c'est que Rahil réapparaîtra et qu'elle retrouvera son bébé Yonas. 

Film coup de poing, juste et poignant, on se demande durant tout le film quand la metteuse en scène va mollir, vu la charge livrée ici contre la sacro-sainte parentalité, sur le sort que les humains réservent à leur enfants, sans aucun compromis ni aucune mièvrerie. Zain accuse ses parents et ce monde de misère qui l'a si mal accueilli lui, le bébé Yonas et sa sœur, vendue par ses parents à un pédophile contre mariage précoce et prise en charge du fardeau. Car c'est ainsi que les humains traitent leur progéniture, comme un compte en banque, une marchandise aliénable au plus offrant. 

Formellement, le film tourné dans un bidonville de Beyrouth, est magnifiquement mis en scène ; Nadine Labaki sait faire bouger sa camera et nous offre des plans séquences virtuoses et de toute beauté. Elle mérite ses trois prix, dont le prestigieux Prix spécial du Jury de Cannes 2018. Merci à ARTE de l'avoir diffusé. On ne le retrouve pas en accès direct sur leur plateforme, mais sur des sites de cinéma en VOD. 

Depuis le tournage du film, la situation à Beyrouth s'est encore aggravée par la destruction du port, due à l'explosion de 2750 tonnes de nitrate d'ammonium en août 2020. Si chez nous, il n'y a pas de situation couramment comparable, on peut tout de même penser que les quatre enfants de Magali Blandin, dont le père a tué la mère le 10 février 2021 de deux coups de batte de baseball, pourraient tenir le même discours que celui de Zain. Cette odieuse affaire de féminicide, qui a eu lieu en Ille et Vilaine, démontre une fois de plus que des pater familias pervers narcissiques violents tuent la mère de leurs enfants, et que ce n'est pas rare. Incestueux, violeurs, alors même que la société leur reproche d'être absents, je me demande si ce n'est pas mieux qu'ils ne soient pas là ! Mais le mieux est de ne pas les mettre au monde, Zain a raison, les faire naître juste parce qu'on a un appareil génital et qu'on ne sait rien faire d'autre est la pire des motivations. Foutez la paix aux enfants à naître les parents, ils vous le demandent, occupez-vous de ceux qui sont déjà là et que personne n'a accueillis dans la dignité, l'intégrité physique, la sécurité, un toit, et de quoi manger. Ils n'ont besoin de rien d'autre. Foutez nous la paix avec vos protestations d'amour, plus personne n'est dupe. 

La semaine dernière dans un coin d'écran j'ai aperçu le témoignage d'une femme battue et incestuée avec sa sœur par son père durant des années, leur mère complice : la justice a condamné le père abuseur violeur à seulement deux ans de prison, considérant qu'elles étaient consentantes. La culture de l'insémination et de la dégradation par le viol fait des ravages. A la fin de l'interview il était précisé à son de trompe que cette dame était l'heureuse mère de cinq enfants. J'en suis restée commotionnée ; on sait que le viol et l'inceste sont épidémiques, que le traumatisme laisse des traces, suit les générations et expose d'autres victimes à subir le même crime, l'affaire Laeticia Perrais le confirme à souhait, le viol était endémique dans la famille. La propagande patriarcale nataliste bat toujours son plein, sans aucun recul, aucune prophylaxie, ni aucune mise en garde aux victimes qui, sûrement, compensent ainsi le délaissement que des parents lobotomisés par la propagande, irresponsables et indignes, leur ont infligé dans l'enfance, en s'entourant d'enfants béquilles, alors qu'elles sont extrêmement fragiles, proies désignées de nouveaux agresseurs. La maltraitance humaine aux enfants est une histoire sans fin. 

mardi 5 mai 2020

Prophylaxie

En France, devant les dégâts causés par la violence routière (3500 personnes tuées par année sur les routes, plus plein d'autres estropiées, handicapées à vie) on a imaginé des mesures de prévention de ladite "violence routière", nommer le problème est un progrès : vitesse sans cesse abaissée sur les routes et autoroutes, contrôles routiers aléatoires en voitures de police banalisées, radars de plus en plus perfectionnés, dos d'âne-traquenards sur les lignes droites qui menacent votre suspension si vous dépassez 30 à l'heure, contrôles du taux d'alcoolémie des conducteur pour ceux (celles ?) qui voudraient prendre la route avec une mufflée.  Toutes ces mesures ont fait que les accidents provoqués par la délinquance routière baissent sans discontinuer depuis 20 ans.

Par ailleurs, on recense 60 000 morts du cancer du poumon dans notre pays, dont 44 000 de cancer dû au tabac. Des mesures prophylactiques ont donc été mises en oeuvre pour stopper l'épidémie : augmentation du prix du tabac, interdiction de la publicité des marques de cigarettes, emballages anonymes de plus en plus dissuasifs avec FUMER TUE inscrit dessus, campagnes de publicité sur les moyens d'arrêter.

Enfin, l'alcool rend malade et tue : on considère que 60 % des lits d'hôpitaux tous services confondus, y compris la psychiatrie, sont occupés par des maladies liées à l'alcool, inclus les polytraumatisés de la route. Pareillement, des mesures prophylactiques sont prises pour limiter le fléau : interdiction de vente aux mineurs, interdiction de vente d'alcool sur les autoroutes, contrôles d'alcoolémie au volant, campagnes dissuasives. Pour l'instant, mais jusqu'à quand, la publicité pour l'alcool reste autorisée sous la pression du puissant lobby viticole.

Si l'on considère à présent les victimes de la violence appelée "conjugale" où c'est en écrasante majorité les hommes qui maltraitent, blessent et/ou tuent, violences en recrudescence d'au moins 30 % depuis le début du confinement de l'épidémie de COVID 19 selon les statistiques des associations de prévention et de secours, on obtient certes un nombre de victimes nettement inférieur même si on ajoute les enfants tués ou blessés avec leurs mères, les suicides abusivement déclarés "altruistes" (le père tue toute la famille avant de se donner la mort, dans le cas de séparations violentes) : on obtient entre 2015 et 2018, 1086 femmes victimes d'homicides et 363 enfants morts sous les coups de leurs parents entre 2012 et 2016, ces statistiques ne faisant pas de différence entre les meurtriers, les femmes étant davantage infanticides, et l'infanticide se nomme ainsi jusqu'aux deux ans de l'enfant. Il ne tient pas compte non plus des enfants battus, ou victimes d'inceste en général par un père, grand-père, beau-père, frères ou demi-frères, les filles étant sur-représentées dans les victimes de ces crimes. Mais en tout état de cause on peut dire que le sacro-saint mariage ou l'union libre blessent, handicapent, tuent violemment des femmes et des enfants, voire mettent gravement en danger leur santé physique et mentale. On me rétorquera que ce ne sont pas les mêmes niveaux de chiffres et qu'on ne pourrait donc pas comparer. Sauf que dans ce dernier cas, il s'agit généralement de coups, de crimes, d'actes de torture, de morts violentes, dont les enfants sont parfois témoins, et qu'ils mettent en péril l'ordre public. Ils choquent davantage l'opinion. Et puis, il y a une différence entre s'arsouiller copieusement chez soi en solo, fumer comme une cheminée pendant des années et en payer ensuite le prix individuellement tout en coûtant à la société et au système de santé tout de même, et mourir violemment aux mains du précédemment mal nommé Prince Charmant ! Je t'aime, je t'ai dans la peau, je te tue, serinent l'opéra comme la chanson populaires qui regorgent de ces refrains.

Aussi, je me demande s'il ne serait pas temps de mettre en garde (dissuader) les femmes contre le conjugo (de la main droite comme de la main gauche) vu les mort-es et les blessé-es qu'il provoque. Parce que c'est bien beau de compter les mortes comme font les associations féministes, d'être en permanence dans le constat (impuissant) et la déploration sans jamais engager de mesures dissuasives du type de celles évoquées ci-dessus contre la violence routière, le tabagisme et l'alcoolisme. Vous me direz, il s'agit de l'aaaamourrr tellement prisé, survalorisé même, surtout quand il s'agit de l'amour entre parents et enfants, de l'aaaamourrrr (névrose, dépendance) entre une femme et un homme. Trouver le bon, trouver l'amour, trouver et garder sa moitié d'orange, se sacrifier pour ses enfants : toute la littérature, la culture, populaire ou plus huppée, la chansonnette, la poésie, toutes ces narrations édifiantes nous entretiennent dans l'illusion cékedubonheur : l'amour, le conjugo, la maternité et la paternité, bref toutes les vaches sacrées du patriarcat sans lesquelles la société ne serait pas ce qu'elle est, une succession de normes intangibles et inamendables. Tiens d'ailleurs, c'est tellement un lieu commun indiscutable malgré le malheur occasionné que j'ai vu passer un concours lancé par un tweet genre "on se désennuie pendant le confinement", je vous le donne en mille : quel est le plus beau film d'aaaaamourrrr que vous ayez jamais vu ? Devinez ? Le tweet d'origine a été repéré par une (importante) asso féministe dont je vais taire le nom par charité, et relayé ! Je n'ai pas creusé, mais il serait intéressant de savoir combien de féministes ont voté pour Pretty Woman, histoire d'amour entre une prostituée et son client qui la sort par.... le mariage de... la prostitution ! Richaaarrrd, Juliaaaaaa ! Non mais on se pince.

Bien que personnellement je n'ai jamais tenté le DIABLE, (voir mes nombreux précédents billets sur le sujet) je vais tenter, devant le silence abyssal de la société, quelques propositions pour au moins avertir les filles et femmes avant que le mal soit fait ; si j'en sauve une ou deux ce sera déjà un succès.

Aux grands maux, les grands remèdes, suggestions préventives -les solutions curatives, il y en a plein : trois propositions prophylactiques.

Il convient d'abord de se sortir de l'ornière et arrêter de dire par actes délibérés ou manqués que se marier et avoir des enfants est l'alpha et l'oméga d'une vie de femme ; on leur expliquera même les tas d'INCONVENIENTS auxquels elles s'exposent en s'engageant dans un système qui n'est décidément pas fait pour leur plus grand épanouissement social, économique et politique. Pas de fausse pudeur, il est temps d'arrêter la machine à décerveler et aliéner. Cela vaut évidemment pour les garçons, même (surtout) si vous vous attaquez à leurs privilèges d'ayant-droit. Avant de se marier, c'est la loi, il faut déposer des bans qui seront affichés en mairie : c'est le bon moment pour que les fiancés repartent avec un copieux fascicule leur rappelant leurs droits d'êtres humains : vivre en paix et en sécurité sans prendre de baffes pour madame en lui rappelant que la société le lui garantit, et pour monsieur, un sérieux rappel à la loi, le mariage ne lui donne pas tous les droits, et qu'au cas où il récalcitrerait ou se montrerait non respectueux des conventions, lui faire bien comprendre que ça peut vraiment barder pour son matricule. Joie, liesse, ok, mais dans le strict respect des lois et us, on n'est pas là que pour rigoler et s'embrasser. Bis repetita placent : le jour du mariage s'ils ont décidé de persister contre tout, rajouter un moment dans la cérémonie, à un endroit stratégique, leur rappelant bien tout ce à quoi ne s'engage pas madame (se prendre des baffes et servir d'exutoire aux frustrations de Monsieur) et à quoi s'engage Monsieur, assurer à deux la paix dans le ménage. Sans quoi, etcoetera...
J'avais pensé rajouter que, sur le modèle des paquets de cigarette où est inscrit "fumer tue", on aurait pu inscrire de la même manière sur le fronton des mairies ou au moins sur celui de leurs salles de mariage, SE MARIER PEUT PROVOQUER DES BLESSURES physiques et psychiques GRAVES, et MEME LA MORT ! Mais bon, toutes celles qui n'y passent pas ne le verraient pas. Mais quand même, franchement, ça se tente, ce n'est pas parce que les unes ne le voient pas qu'elles ne savent pas par les autres ce qui est écrit. Non, franchement, finalement, c'est une bonne idée. De même, lorsque les femmes sont enceintes et lors des examens médicaux obligatoires, ces conseils de prévention prophylactique seront rappelés : n'oublions pas que les violences commencent quand la femme est en situation de vulnérabilité : être enceinte réduit vos possibilités de fuir le prédateur, être enceinte est une situation de vulnérabilité.

Ces propositions ne sauraient être exhaustives, ce sont des rappels préventifs oraux et par écrit, car l'écrit est dissuasif dans notre pays de droit romain. Toute autre suggestion peut être ajoutée en commentaires.

Je mets en lien un texte de Marlène Schiappa, publié par la Fondation Jean Jaurès sur les implications et les conséquences pour les femmes de la pandémie de COVID19 : évidemment pas réjouissantes ! Quand les mecs déclarent et font la guerre, nous les femmes on est mal, quand on revient à la paix on est mal, quand le réchauffement climatique pointe on est les premières impactées, quand la planète tombe malade, on est en première ligne littéralement, salariées ou bénévoles fabriquant des masques grand public en tissu, et payant le prix sur notre santé, bref, on est toujours les plus désavantagées. Il est plus que temps de sortir de la déploration, de proposer des solutions et de les appliquer.
Je suis passée pour une ennemie du genre humain, asociale, parce que refusante de toutes ces injonctions dont je n'ai jamais vu quel avantage personnel j'en retirerais, ni pour quelles raisons je devrais me sacrifier pour la société : carrière, engagement syndical, politique et associatif, bien-être personnel, je n'ai même jamais pensé que ce serait un plus pour la société si, perdue dans les regrets et les remords, j'avais été une charge pour elle parce que je n'aurais pas pu faire face à mes "obligations" de femme mariée et mère de famille. Et surtout, je n'ai pas été élevée comme cela. Je n'ai pas vu non plus pourquoi il fallait absolument inviter de nouveaux participants au banquet humain dont on voit de plus en plus qu'il est empoisonné, surtout pour les femmes. J'ai donc préféré m'abstenir. Dès lundi, jour du déconfinement, les nouvelles règles de vie en société vont être la distanciation sociale, un-e tous les deux mètres, arrêt de tous les grands raouts où l'humanité se plait à être innombrable et en grande promiscuité dans un grand melting-pot d'amour et de convivialité ; à l'école ça va être 15 enfants par classe maximum ; haro sur les transports en commun bondés, bus, métros, vols en avion à bas coûts mais vrais transports de bestiaux vers des plages achélèmes surpeuplées où votre serviette touche celle d'un-e parfait-e inconnu-e ; les gens commencent à envisager de fuir les mégapoles ; fin du mythique open space teeeellement convivial et chaleureux de la joyeuse bande des collègues de travail (tu parles !), et avènement du télétravail : chacun dans sa chacunière. Fin des serrages de pognes, fin des fricassées de museaux, comme on dit dans les Côtes d'Armor, pour tout et pour rien. Une nouvelle ère commence : je ne me prononce pas si c'est mieux ou moins bien. Mais clairement, pour l'instant, celles et ceux qui trouvaient quand même comme moi que c'était too much vont avoir, au moins temporairement, raison.

Je vous souhaite un déconfinement le plus sécurisé possible ; à nous de tirer toutes les conséquences de cette crise en remettant à plat nos standards de vie. Et par dessus tout, puisque le thème de ce billet est la prudence, soyez prudentes.

vendredi 5 octobre 2018

Le massacre des innocents - Les oubliés de la République


Deux enfants tués par semaine, un enfant violé toutes les heures, 73 000 cas de violences identifiés par les forces de police, 300 000 enfants et mineurs pris en charge par les services sociaux. 


Edité à compte d'auteures, vendu sur Amazon, écrit par Françoise Laborde, journaliste, et Michèle Créoff, spécialiste de la protection de l'enfance, ce livre est un manifeste. Les enfants ne font pas de lobbying, ils sont dépendants de leurs familles, ils ne sont pas représentés dans les assemblées où se décident les lois, ils n'ont pas de comptes Facebook ou Twitter pour faire de l'activisme.

Les maltraitances aux enfants sont un sujet féministe car " on est au même endroit. Les violences faites aux femmes trouvent leurs sources dans les mêmes causes : le huis clos familial et la domination patriarcale ", selon un des anciens enfants maltraités devenu militant de la cause des enfants retirés à leurs familles et confiés à l'ASE (Aide Sociale à l'enfance).
" La condition féminine et la condition enfantine se rejoignent face à la toute puissance maritale et paternelle ". Malheureusement, les féministes se concentrent surtout sur les viols incestueux et les mutilations sexuelles.

Il est toutefois indispensable de préciser que les mutilations sexuelles et génitales, les mariages précoces et forcés, le voilement des fillettes, sont des maltraitances à enfants. Imposer le voile à une fillette, c'est lui signifier qu'elle n'aura pas la même autonomie que ses frères qui eux vont en débardeurs et en shorts, et lui imposer très jeune un stigmate, la désigner comme objet de convoitise sexuelle. C'est une sexualisation précoce et une violence.

Résistez au chant des sirènes patriarcales !

Non la maternité, le mariage, une famille, ce n'est pas forcément que du bonheur, et avoir des ovaires et un utérus, c'est seulement une option, il n'y a aucune obligation de s'en servir.
Se marier et avoir des enfants, c'est renoncer pour une femme à son identité dans le premier cas, et à son autonomie, dans le deuxième cas, double peine au final. Vous en prenez pour 20 ans, incompressible. Un enfant n'est pas une béquille à la solitude, ni un pansement sur vos plaies existentielles, il ne compensera pas une enfance malheureuse, il ne fera pas un bon compagnon, au moins au début quand il faudra le nourrir et s'en occuper toutes les deux heures, jour et nuit ! Un enfant, c'est exigeant et tyrannique, avant d'être aimant. Clairement, ils sont tous facistoïdes, pour moi.

Choisir un compagnon, futur père de votre enfant, à un arrêt de bus (un des cas cité dans le livre !) et se faire mettre enceinte un mois après, est une stratégie pourrie. Certains hommes n'ont pour affirmer leur statut social que leur rôle de père : ils seront tentés d'exercer leur tyrannie (de père tout puissant, c'est écrit dans la Bible, vous ne pouvez pas lutter !) auprès de Bobonne et de ses enfants. Cela donnera un dictateur familial qui se vengera de toutes ses frustrations professionnelles et existentielles sur vous et vos enfants ! La société leur promet ce statut depuis le Néolithique : ils ont le droit de régner, de droit divin, sur un troupeau de femelles : sœurs, mère, épouse, maîtresses, filles, nièces...
La vie vous offre des tas d'autres opportunités : la légèreté, l'autonomie, l'action, une ou plusieurs carrières passionnantes, car les femmes savent se trouver des vies consécutives, au contraire des hommes qui ne font en général qu'une carrière linéaire, des compagnons ou des compagnes d'autant plus léger-es qu'illes seront de passage -ou permanents-, sans le poids de la (m)paternité. Et puis, 8 milliards d'humains sur une planète à bout de souffle devant nos besoins illimités et notre responsabilité limitée, franchement, est-ce bien raisonnable d'en rajouter ?

Ce livre-manifeste répertorie les principaux "faits divers" ayant percé l'atonie de la société devant le sordide des situations d'enfants battus à coups de barres de fer et de poings, douchés à l'eau glacée, enfermés dans des caves, des petits martyrs que personne ne détecte -ou ne veut détecter- la famille "c'est que du bonheur" étant la croyance la plus répandue dans notre espèce prisonnière de ses histoires édifiantes. Mais fausses : en témoignent Noa, bébé de deux mois, décédé d'un trama crânien infligé par les poings de son père ; Bastien décédé à trois ans en 2011, étouffé dans le tambour de la machine à laver en mode essorage ;  Marina, 8 ans et un physique de petite boxeuse victime des coups de ses parents, de l'indifférence du voisinage, et des institutions pourtant chargées de la protéger ; Mandolina, 3 ans, victime de la folie maternelle, noyée, jetée à l'eau dans un sac plastique ; Inava, dont l'âge au moment du décès est incertain, tuée par son père frustre et marginal, dans l'indifférence de sa mère à mentalité d'esclave ; Pierre et Jean, handicapés à vie, reclus dans une cave pendant des années puis échappés par leur seule volonté, les inspecteurs de l'ASE n'ayant rien trouvé à redire au sous-sol où ils étaient logés ; et Sarah, violée à 11 ans par un adulte, mais dont le viol ne sera pas reconnu par le tribunal correctionnel de Pontoise, dont le procès provoquera le débat sur l'âge minimum du consentement à une relation sexuelle. Débat qui a abouti finalement à une loi mal rédigée. Status quo ante.

Ce dernier cas montre que nous sommes un pays fanatique de la natalité, ayant à peine évolué sur la contrainte à la sexualité et à la reproduction pour les filles ; la famille est toujours sanctuarisée, le père "biologique" est toujours tout puissant ; des familles ayant gravement démérité, convaincues d'incapacité et de maltraitance, gardent toujours la primauté sur leur progéniture devant des familles d'accueil ou toute autre personne désireuse d'adopter, selon les fameux et ridicules "liens du sang". C'est pathétique : il est évident que le parent, c'est celui, celle qui protège, élève et construit. Fût-ille une parfait-e inconnu-e, mais qui procure les soins de base et la sécurité. Les enfants ont besoin de sécurité, et de stabilité, avant tout. Les trimballer de familles d'accueil en famille biologique au gré des réhabilitations et des déménagements des uns et des autres, n'est en aucun cas STABILISANT ni ne peut favoriser une scolarisation sereine débouchant sur un diplôme. Rappelons que 40 % des SDF sont d'anciens enfants de l'ASE, balancés dans la vie, généralement sans diplôme, sans pécule, à 18 ans, parce qu'ils sont majeur-es et qu'ils sont considérés devenus adultes. L'aide sociale à l'enfance, c'est 44 000 euros par an et par enfant, le prix de la scolarité d'une grande école ! Tout ça pour en arriver là.

Le livre, en conclusion, propose des solutions de bons sens (dont l'adoption simple : il y a plein de familles désireuses d'adopter dans ce pays et pas d'enfants à adopter !) pour améliorer la prise en charge de ces enfants victimes de l'acharnement de leurs parents : à les mettre au monde d'abord, puis à les délaisser et/ou maltraiter ensuite, conséquence de leur irresponsabilité et de leur obéissance à des injonctions patriarcales immarcescibles. Vous pourrez aller signer ce Manifeste pour une protection de l'enfance contre les violences familiales et d'état sur le site Amazon dans les commentaires sur la page de l'ouvrage. A lire par tous, mais particulièrement si vous êtes éducateurs, professionnel-les de l'enfance ou soignant-es, infirmières, médecins, assistants sociaux, et professionnels de justice.

Si des enfants maltraités passent par ici :
ne restez pas seul-es, repérez une personne de confiance dans votre entourage : institutrice, infirmière scolaire, voisin ou voisine bienveillante... et parlez-lui ! Ou appelez le 119 enfance en danger, la plateforme gratuite dont le numéro n'apparaîtra pas sur la facture de téléphone de vos parents. Elle répond 24 H sur 24. Personne n'a le droit de vous battre, de vous parler mal, ou de vous imposer des situations qui vous mettent mal à l'aise. Les adultes n'ont pas tous les droits. Même conseil si votre père tape votre mère : c'est une violence contre vous, vos frères et sœurs, et votre mère. 

Et les adultes, si vous avez des doutes sur un voisin ou une voisine, par pitié, appelez la police, la gendarmerie, et signalez ! Il vaut mieux les déranger pour rien que de découvrir un matin que vos voisins ont tué un enfant à coups de barre de fer !

" L'enfant n'appartient ni à ses parents, ni à la société, mais à sa liberté future " Bakounine. 

Cette semaine, l'Iran des Mollahs a pendu une jeune femme de 24 ans : Zeinab, enfant mariée de force à 15 ans, violée ensuite, puis battue par son mari. A 17 ans, elle tue son bourreau. Torturée en détention, selon Amnesty International, puis condamnée à mort, Zeinab Sekaanvand a été pendue le 2 octobre 2018, afin que nulle n'ignore la loi de fer des mâles, éleveurs du Néolithique, pour les filles et femmes : appartenir à un homme, pour le pire, puis reproduire ses gamètes d'oppresseur et de parasite de toutes les vaches à traire qui passent. Repose en paix, Zeinab, tu as refusé le statut d'esclave, tu es une héroïne ; tu as débarrassé la planète d'un bourreau, d'un pédophile et d'un parasite. Nous ne t'oublierons pas.

Les phrases en caractère gras et rouge sont des citations du livre.