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mercredi 2 janvier 2019

Bonne année 2019, malgré tout !

Ça commence fort encore ce matin :) Je sens que 2019 va ressembler furieusement à 2018 ! Chicayas à propos de quelques tweets incompris, procès d'intention, mise au point unilatérale, et mansplaining pour finir. Pas touche aux vaches sacrées patriarcales : Sainte Famille, Mariage et Maternité ! Pas touche au Père Tout-Puissant. Sinon, on vous coupe la tête. Et accessoirement, on se désabonne. O_o Pourtant une journaliste vous demande une interview de "childfree" ! Pour voir la bête curieuse ? Pour servir de repoussoir ? Je me méfie du réformisme à un point incroyable : on fait mine de mettre en valeur des comportements différents pour mieux faire revenir les gens dans le confort du troupeau. Mais trêve de plaintes.

Quoiqu'il en soit ailleurs, ici on continuera à contester les PIB (comptabilités nationales) masculins et les "lois économiques" qui ravagent la nature et les animaux, ne tiennent pas compte des contribution des femmes et n'incluent jamais les externalités négatives ; on continuera à parler de choses qui fâchent, à montrer l'oppression en grand, du haut, en (très) large, et en technicolor : femmes, enfants, nature et animaux, par toujours le même "ennemi principal", le patriarcat et ses agents. On continuera à proposer (maladroitement certainement, mais c'est l'intention qui compte) des solutions et des idées pour lutter contre, éviter les pièges tendus. A mettre en valeur, pourquoi pas, les femmes qui ont pris des chemins différents, des femmes qui créent, des femmes valeureuses qui s'engagent pour des causes auxquelles elles croient, causes pas forcément populaires ni consensuelles.

Des femmes autonomes, émancipées, libres. 
Voilà.  
Bonne année 2019. 

J'utilise comme carte de vœux celle que m'a envoyée Robin des Bois, une respectable association qui répertorie et nettoie les saloperies que l'innombrable espèce humaine dissémine et laisse derrière elle, en pleine insouciance consommatrice obligatoire, sans égard pour les autres habitants de la planète, de leurs habitats et des océans, puisque nous sommes une espèce suprémaciste et sans états d'âme : cette année, les baleines feront les frais du nationalisme japonais. Aux animaux : la guerre.

jeudi 8 mars 2018

8 mars

Je n'aime pas les journées de commémorations qui permettent d'oublier et de se dédouaner, BA faite, pour le reste de l'année. Dès ce matin, à mes radios, la série habituelle des pataquès est de rigueur : la Journée Internationale des droits de lafâme, le plus répandu, commis par une éditorialiste économique d'Europe 1 ! Elle s'est fendue d'un édito sur le (reprenez votre souffle) "gender-budgeting" : en franglais, c'est plus sexy. Bon, elle a eu un peu de mal à expliquer en français édulcoré et non frictionnel que le pognon des collectivités locales (le vôtre et le mien) pleut sur les infrastructures pour garçons, notamment sur les clubs de foot et les skate parks, dans le vain espoir de canaliser leur violence et mauvais penchants, que les femmes, qui font autant de sport que les hommes, sont les grandes oubliées de ces investissements à fonds perdus.
Sur RFM, je suis réveillée par le journal en 80 secondes : Edouard Philippe promet des sanctions sur les différentiels de salaires entre femmes et hommes à l'horizon 2020 ! Tremblez, entreprises ! On se demande pourquoi pas tout de suite puisque le texte est dans le code du travail depuis 35 ans ? Mais les Inspectrices/teurs du travail ont tant d'autres chats à fouetter aussi : les gars du bâtiments et leur travail non déclaré, les maçons yougoslaves qui dorment sur leurs sacs de plâtres ! Il n'y a que les hommes qui travaillent bien entendu, les femmes ne font que forces supplétives et salaires d'appoint lorsque manque la "force de travail" (manpower disent les anglais) des bras masculins. C'est donc vu comme normal qu'on s'occupe d'eux en première instance. Quoiqu'il en soit, j'attends personnellement des réponses à mes différents courriers envoyés à différentes inspections du travail pour dénonciation de pratiques discriminantes par des entreprises et des cabinets de recrutement. Et je vais les attendre longtemps. Je n'ai même jamais reçu d'accusés de réception.


Cette même semaine, pour l'occasion, la région Ile de France et sa Présidente Valérie Pécresse ont lancé leur campagne contre le harcèlement de rue et dans les transports publics : une bouse pondue par Havas Paris, qui a reçu cinq sur cinq le message que justifiait Valérie Pécresse dans la presse en ligne : comme ce ne sont pas tous les hommes qui se livrent à ce terrorisme machiste (elle n'a pas dit terrorisme machiste, je vous rassure, c'est moi et mon mauvais esprit), on a choisi de montrer sur trois affiches, respectivement un ours, un requin et un loup, menaçant une femme cramponnée à un poteau de métro dans une forêt et au fond de l'océan ! Si. Ne nous fâchons pas avec les mecs, on en a à la maison. Comme les requins, les ours et les loups ne risquent pas de la ramener, vu qu'ils n'ont pas de voix, ni de bulletin de vote, on joue sur du velours. Et d'une pierre deux coups : ces trois animaux emblématiques, haïs des éleveurs et des touristes irresponsables dans le cas des requins (rappelez vous les surfeurs qui vont avec leurs planches dans des zones interdites, car réserves de requins à la Réunion tous les étés), sont, malgré leur statut d'animaux protégés par des conventions internationales ratifiées par la France, régulièrement abattus dans leurs sanctuaires par des préfets voyous à titre de "quotas de prélèvement" en novlangue, pour complaire aux suprémacistes humains que sont les éleveurs subventionnés, et les surfeurs touristes. Amalgamer ces grands prédateurs aux délinquants et incivils machistes des transports publics permet 1) de diffamer des animaux que les gens ont appris à craindre, et 2) d'épargner le seul vrai terroriste qui va du coup impuni : le mâle de l'espèce humaine. L'Aspas, One Voice et Sea Shepherd se sont toutefois fendus d'un tweet pour rappeler que les animaux sont aussi les victimes de la violence humaine -en fait, masculine-, via la violence préfectorale et le braconnage d'éleveurs délinquants. Et que la biodiversité régresse partout ! Cette campagne est infecte, elle manque son but, comme toujours.

Aussi, soyons plus créatives qu'eux : allez bien sûr aux manifestations et happenings prévus dans votre ville, mais vous pouvez aussi laisser libre cours à votre imagination ! Craies (chalk activisme), sprays (pas du tout réservés aux garçons), stencils, collages et marouflages, il y a plein d'idées et de méthodes à utiliser. Un aperçu ci-dessous -dont les 800 collages France entière d'un collectif de street art, Merci Simone qui a édité cette belle affiche.







Soyez créatives ! Bon 8 mars :)

lundi 1 janvier 2018

Bonne année 2018 !

2017 a indubitablement été parsemée d'événements féministes. De la Women's March on Washington qui a été un événement mondial, aux femmes qui, dans le sillage de l'affaire Weinstein, n'arrêtent plus de témoigner partout dans le monde du harcèlement et des agressions sexuelles subies. On a l'impression que cela ne s'arrêtera plus. A tel point que le site du fameux dictionnaire en ligne Merriam-Webster, qui fait des statistiques sur les recherches de définitions qui arrivent sur son site, déclare le mot féminisme #WordOfTheYear pour cause d'élévation soutenue des recherches et de pics liés aux événements ! Le mot de l'année. Réjouissons-nous.

C'est tout de même étonnant que les gens cherchent à ce point le sens du mot "féminisme", on pourrait penser que son sens a pénétré la société, mais prenons les choses positivement.

Espérons qu'en 2018, les femmes continueront à descendre dans la rue, à trouver la force de dénoncer leurs agresseurs, même s'il y a prescription, car parler c'est redevenir sujet après avoir été traitée en objet. Parler, c'est reprendre possession de soi et de son destin. Je nous/vous souhaite une année 2018 féministe.

Le Twitter des activistes radicales @UntamableShrews propose ci-dessous une liste inspirante d'actions (hacktions) pour 2018, en vue de miner le patriarcat et faire la révolution.

Pour les non anglophones, en voici la traduction : 
Street art à base de stickers, de stencils, de craie, de collages/marouflages, de graffiti...
Écrivez des lettres, faxez, téléphonez, twittez, aux annonceurs sexistes, aux politiciens, et boycottez les entreprises qui exploitent sexuellement les femmes ;
Favorisez la prise de conscience par des tracts dans les boîtes aux lettres, sur les pare-brise de voitures ;
Engagez-vous sur le long terme dans les associations de femmes, et faites des dons. Le changement est lent ;
Écrivez, téléphonez, faxez, tweetez aux organismes de droits humains à propos de l'esclavage sexuel des femmes et filles engagées dans le business de la pornographie et de la prostitution ;
Faites campagne pour le modèle nordique (pénalisation des clients) et organisez des manifestations et des flash mobs.
Cette liste n'est pas limitative, laissez libre cours à votre créativité. Il est très utile de s'abonner aux sites internet, collectifs, groupes Facebook, comptes Twitter qui proposent tous ces types d'actions. On est ainsi informées en temps réel des actions qui se préparent !




En 2018, la terreur change de camp ?

mercredi 26 octobre 2016

(éco)Terroristes ? Lettre ouverte à Eric Denécé

Un article du Paysan Breton paru le 6 octobre à l'occasion de l'Assemblée générale de l'Ameb (association pour le maintien de l'élevage en Bretagne) petit lobby d'industriels de l'élevage -voir les adhérents sur le lien cité-, rapporte l'intervention d'Eric Denécé, Directeur du centre de français (privé) de recherche sur le renseignement, caressant les éleveurs dans le sens du poil, et traitant les "animalistes" que moi j'appelle défenseur.es des animaux, d'(éco)terroristes à la Daech ou Al-Qaïda ! Rien de moins. En stigmatisant les chômeur-euses, puisque c'est désormais le sport préféré des élus et ministres de ce pays !

Réponse d'une ex-chômeuse à la forteresse assiégée et masculine de l'élevage :
-Billet écrit au féminin neutre

" Les membres de ces micro-groupes sont des personnes avec beaucoup de temps libre qui sont soit en retraite ou au chômage "
"Tout ayant été essayé contre le chômage", ou plutôt personne ne voulant s'occuper du problème qui dure depuis 40 ans, diffamer les chômeuses* est devenue une stratégie : fainéantes, mal sapées, alcooliques, et n'arrivant pas à se lever le matin selon les Sarkozy, et tous ministres du travail de droite comme de gauche ! Denécé double la stigmatisation par une contradiction : si les chômeuses ne sont pas des fainéantes inadaptées et incompétentes "éloignées de l'emploi", lorsqu'elles s'impliquent dans un travail bénévole, elles choisissent bien mal leurs causes. Retrouver l'estime de soi en s'engageant pour les animaux et l'environnement, ce n'est pas bien non plus, on a toujours tort. Denécé, qui n'a jamais cherché de travail va vous expliquer là où il faut aller bosser (gratos) pour se rendre utile : se dévouer à un mari et à ses enfants sans aller encombrer les statistiques du chômage, c'est encore ce qui convient le mieux à une femme**. Supplétive, salaire d'appoint, bénévole, dévouée, mais sans salaire et, du coup, sans points de retraite.

Les causes animale et environnementale, il se trouve que c'est le choix que j'ai fait quand le chômage s'est éternisé, et que les portes des entreprises me claquaient au nez . Les non réponses aux annonces et à mes relances : "mais Madame, vous avez combien on a reçu de 
réponses ? Évidemment que vous avez reçu des tas de réponses à vos tas d'annonces mal rédigées et multidiffusées, c'est le contraire qui serait étonnant ! ", et même comme résultat de mes déplacements à mes frais pour des RV dont je sais maintenant que ces incompétents de mecs me faisaient venir par CURIOSITE parce que j'étais la seule femme à répondre*** ! Ils n'ont jamais eu l'intention de me recruter, j'en suis sûre maintenant.

En me rendant à ces RV (en allant visiter mes clients ensuite), j'ai suivi nombre de camions de dindes, poules, vaches, cochons..., allant à l'abattoir, vers la Bretagne Nord, la Bretagne Sud, vers Laval, Le Mans, Nantes, vers la Basse-Normandie : je suis environnée d'abattoirs dans toutes les directions (72 rien que sur les quatre départements bretons, sur les 183 que compte le territoire français).
Mais c'est moi la fainéante et la terroriste ?

Une grosse douzaine de fois, allant du bénin au carrément grave et menaçant, j'ai été arrêtée sur les RN12, 24, 67, 137, 175..., par des syndicalistes de la FNSEA ou d'autres syndicats ayant des griefs a faire valoir, alors que j'allais signer mon premier contrat commercial et que j'étais en période d'essai, soit en allant travailler en CDD, levée à 5 H du matin pour prendre mon poste au Mans à 8H30 (1H30 de route) à l'aise, et où une fois, j'ai mis 7H30 pour rejoindre la ZI Sud du Mans, où je suis arrivée à 13H30, juste parce que le syndicat des producteurs de bétail avait bloqué la barrière de péage de La Gravelle (Vitré) pour faire valoir ses revendications de pleureurs**** corporatistes mâle-traitants -il n'y a que les chômeuses et précaires qui ne chialent pas dans ce pays !
Et c'est moi la terroriste et la fainéante ?

C'est ce jour-là que je suis devenue végétarienne, et que je m'y suis tenue, merci le syndicat des producteurs de bétail. Trois ans après, au chômage non indemnisé (je m'auto-subventionnais à l'inverse des startup que je visitais, startup maintenues en vie grâce aux perfusions à fonds perdus venant des grandes poches de cette bonne fille qu'est la Bretagne vis à vis des mecs : quand on est subventionné on n'a pas besoin de commerciaux, l'argent tombe du ciel !), je rentrais comme bénévole dans une petite association de protection d'animaux dits "de rapport" où j'ai milité 13 ans, acquérant ainsi des connaissances en agriculture élevage. A la même époque -j'avais plein de temps libre- j'ai milité 4 ans durant dans une association féministe locale : doublement terroriste, j'aggrave mon cas. Et, horreur, les deux fondatrices (chômeuses aussi) ainsi que les militantes engagées étaient végétariennes !

Savez-vous, Eric Denécé, que ce sont les environnementalistes qui meurent ? Tués, soit par la police (Rémi Fraisse en France à Sivens), soit par des barbouzes françaises (Fernando Pereira, photographe de Greenpeace lors du sabordage du Rainbow Warrior par les services secrets français en 1985), soit par des braconniers (les gardes des parcs nationaux africains, Dian Fossey au Rwanda en 1985 aussi...), soit par des miliciens, comme Berta Cacerès au Honduras cette année en mars, et les militants des Peuples Premiers qui luttent partout pour conserver leurs terres contre la prédation de l'hémisphère nord riche ? On décompte 185 meurtres d'environnementalistes en 2015 dans le monde selon Global Witness, l'Amérique centrale et du sud étant très meurtrières.
Et c'est encore nous les terroristes ?

" De l'autre côté, les filières, entreprises et organismes ciblés ont peu de temps à consacrer pour se défendre parce qu'ils ont autre chose à gérer "
Désinformation pure : les associations de protection animales ne sont ni au parlement ni au sénat, les chasseurs, éleveurs et céréaliers, oui. Xavier Beulin, Président de la FNSEA, industriel céréalier qui touche des subventions est un homme influent auprès des politiques, pour commencer ; rappelons que ce syndicat qui voit disparaître 25 % de ses effectifs tous les 10 ans a déjà donné un ministre de l'agriculture, Luc Guyau ! Ils ont d'autres moyens que nos happenings, tables d'information, marches, expositions, ateliers, visites d'élevages, et nos essais de conviction auprès d'élus locaux ou régionaux. Nous n'avons jamais rien sali ni détruit, nous les environnementalistes et défenseures des
animaux : nous laissons généralement les endroits où nous manifestons, les lieux de nos tables d'information, plus propres que nous les avons trouvés ! Pas de casseuses voyoues dans nos rangs, pas de destruction, on aimerait en dire autant du côté de la FNSEA dont les adhérents collectionnent les procès pour destruction de biens et " troubles à l'ordre public ", comme vous dites en nous les attribuant.

" Phase du prophète, phase des disciples, phase de prosélytisme et propagande "
Utilisation à dessein de vocabulaire emprunté aux religions obscurantistes basées sur des croyances et pas sur la Raison pour discréditer notre mouvement, une tactique patriarcale d'inversion de la charge. Nous sommes un mouvement social de libération au même titre que le socialisme pour la classe ouvrière, le féminisme et le mouvement des Civils Rights pour les femmes et les noirs, ou encore l'écoféminisme qui se dresse contre la honteuse exploitation sans frein de la nature et des femmes, sans comptabilisation de leurs ressources et contributions dans les PIB marchands masculins.

Nous sommes des pacifistes et des non violentes, des empathiques, des personnes concernées et nous sommes des femmes en majorité. Vos accusations sont haineuses et stigmatisantes, classistes, sexistes, spécistes, car bien sûr vous marchez aux côtés des petits lobbies dont l'influence toxique est inversement proportionnelle à la taille : FNSEA, CNIEL, INRA, Producteurs de viande..., tous ceux qui ont imposé une agriculture élevage industrielle, sans débat, et ont contribué à détruire depuis 60 ans, les paysages, les communautés paysannes, les espèces animales et végétales sauvages et la biodiversité, que vous rêvez  tous de voir derrière des murs électrifiés (loups, ours, lynx...) pour faire occuper les espaces naturels sauvages par vos animaux domestiques. Une vraie inversion patriarcale là encore. Vous n'aimez que les alignements, une seule tête un seul T-shirt, des reproductions à l'identique ; des animaux d'élevage qui nous ont accompagné depuis le Néolithique, vous n'avez gardé que les plus productifs à vos industries "agro-alimentaires" pour parler votre novlangue. Et pour compléter le tableau, le racisme : " rien ne garantit que des activistes de l'étranger ne les aident à préparer des actions violentes ", l'étranger violent, voilà l'ennemi finalement.

Alors pensez, des gens qui se dressent entre vous et les animaux, entre vous et la diversité menacée par la marchandisation des semences, des corps et du monde, entre vous et la cruauté, entre vous et vos antagonismes ontologiques, c'est la remise en cause de vos dogmes, de vos croyances obsolètes et obscurantistes, de vos pratiques "traditionnelles", "ancestrales" inamendables, incritiquables, sans atteindre à votre crispation identitaire. Vous représentez le passé : il n'y a aucun moyen qu'une humanité à 10 milliards mange de la viande 2 ou 3 fois par jour, sauf à déclarer que seuls 3 milliards auront accès à ce privilège, et que les autres peuvent crever. Votre réaction outrancière prouve que nous tapons juste et au bon endroit. Il est plus que temps que nous nous levions contre la prédation patriarcale envers la Terre, les femmes et les animaux, c'est une question de survie de notre espèce, de toutes les espèces.


* A partir de ce moment, article écrit au féminin neutre  
** 85 % des bénévoles de toutes les associations sont des femmes.
*** Offres d'ingénieure commerciale, directrice commerciale ou d'agences.
**** Là c'est bien un masculin référant au particulier : je n'ai été arrêtée que par des mecs sur les routes où je passais.

vendredi 16 septembre 2016

La fracture numérique femmes/hommes - Qui est responsable ?

Résumé et inspiré d'une conférence donnée par Josiane Jouët, sociologue, enseignante-chercheuse, organisée à Nantes, le 7 septembre 2016, par l'Espace Simone de Beauvoir. Ce sont les femmes qui ne veulent pas aller dans le numérique et les technologies de l'information ? Vraiment ? Ou bien c'est un milieu excluant, les hommes ne voulant pas de nous ? Explications.

Rappelons d'abord le contexte : il n'y a que les hommes qui travaillent. Travail posté, hors de la maison, salarié, comptabilisé dans les PIB nationaux, créant de la croissance en détruisant les ressources naturelles. Les femmes, elles se dévouent à leur famille, assurent la reproduction et l'intendance -pour des prunes. Ça permet aux hommes de gagner du pognon, d'avoir du temps pour faire de la politique en palabrant sous le séquoïa, ou à la Chambre des députés, ou dans une quelconque maison des hommes, c'est du pareil au même. L'humanité est une et indivisible, notamment dans l'inéquité : Bochimans, européens, étatsuniens, même combat. Évidemment, comme ils ont le pouvoir partout, ils décident des affectations prioritaires de l'argent et à quoi il va servir, surtout à leur besoins futiles, mais je m'éloigne du sujet. Et bien entendu, ils se sont arrogé la possession des outils et des armes (les deux étant grosso merdo, comme disait un de mes élégants anciens patrons, la même chose).
Donc au début, vers le milieu du XIXème siècle, ils inventent la machine à écrire. Et deviennent donc les premières dactylos ! Toute machine (ou arme) étant destinée à augmenter la productivité, et leurs industries créant des besoins et de la croissance, on a rapidement besoin de personnel supplémentaire. Supplétif, en fait, d'appoint : les femmes feront l'affaire même si les outils sont par essence à usage masculin (voir plus haut). Du coup, ils deviennent les CHEFS. Ils supervisent des pools de dactylos femmes. Moins payées qu'eux précédemment, faut quand même pas pousser.


Comme "la représentation symbolique des machines est très liée à qui les utilise" précise Josiane Jouët, très vite la machine à écrire devient un truc de bonnes femmes ! Mais quelques machines à écrire resteront plus longtemps masculines : exemple, le linotype des imprimeurs. Quand les patrons imprimeurs, avec le développement de la presse, auront besoin de personnel supplémentaire, de main-d’œuvre d'appoint, ils recruteront des femmes, moins payées, of course ! D'où le ressentiment de la CGT / Syndicat du Livre, qui voit d'un mauvais œil l'arrivée des femmes : 1) dans un milieu exclusivement masculin, et 2) payées moins cher, ce qui leur fait concurrence. Car ne nous laissons pas aveugler, le salaire inférieur au motif que les femmes ont moins de force, donc des rendements moindres (justifiant selon eux leurs salaires inférieurs) ne tient pas du tout la route. Les femmes bossent et bossent bien. Mais on a doublement tort : celui d'être là, et celui d'être aussi professionnelles qu'eux. Figurez-vous que la CGT exigea que les femmes linotypistes soient séparées de mecs linotypistes par UN RIDEAU ! Si. Ça vous rappelle l'Arabie Saoudite actuelle ? Bravo, belle et intelligente observation.

Mais nous arrivons aux années 80 : l'avènement de l'ordinateur de bureau ou PC (personal computer, pas Parti Communiste !). L'ordinateur c'est une méga-machine au départ : des câbles, des circuits intégrés, bref du gros hardware, plus quelques couches de software développé par eux, mais pas que. Le chiffrement au départ est plutôt une affaire de femmes. Dans les années 80, le PC se démocratise, devient plus petit malgré son écran à tube cathodique, et ressemble à une machine à écrire qu'on pose sur un bureau. Il fait du calcul, du dessin (industriel souvent) et du traitement de texte. Ce sont les hommes ingénieurs informaticiens qui s'en servent les premiers, puis les secrétaires. Comme ces machines font plus de choses qu'une machine à écrire, et malgré les interfaces inexistantes ou imparfaites (ah, Word sous DOS et les commandes clavier que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître), les secrétaires vont se former et gagner en compétence. Du coup, dans les années 90 dans ma SSII, on rigolait sur les managers qui refusaient de s'y mettre au motif que pour eux, un PC c'était bien bon pour un ingénieur informaticien ou une secrétaire ! Et que pour eux, ça voulait toujours dire Parti Communiste, ah ah.

Malheur, le symbole phallique PC de bureau se dilue dans l'usage, et devient un truc de bonnes femmes. Juste bon pour des secrétaires. Plus du tout valorisé comme sont les métiers de l'informatique qui restent l'apanage des mâles. Josiane Jouët qui travaille à cette époque à France Télécom, témoigne que les hommes de FT délaisseront les programmes pour PC de bureau et s'orienteront vers les gros systèmes sous Unix. Quand les femmes investissent un secteur, les mecs se carapatent ailleurs. Si une profession se féminise, elle se dévalorise irrémédiablement.

Profil du "geek", en forme de légende urbaine :
Mâle, jeune (24 ans grand maximum), no life, asocial, bouffant mal, "en compétition avec sa machine". Sorte de petit génie incompris qui a fait une scolarité déplorable avec des mauvaises notes. Retenez ça, deux écoles privées vont s'en resservir pour attirer la clientèle et faire la fortune et la réputation de leurs fondateurs. Évidemment, tout est faux : la Silicon Valley est bourrée de diplômés de Harvard ou du MIT ! Et tous les informaticiens avec lesquels j'ai travaillé (des Supélec, SupTélécoms, INPG,...) étaient plutôt ternes, pour citer mon expérience personnelle.

"My computer, myself" : les garçons s'identifient à la machine.

"Problématique de la réticence" : les filles ne veulent pas être comme des garçons, les filles ne se voient pas du tout comme cela, les "valeurs" viriles ne les attirent pas, la compétition avec la machine non plus. Et puis, elles sont bonnes à l'école, elles ont de bonnes notes et elles sont sociables, elles. Elles prennent aussi des douches, et changent de fringues régulièrement. Un autre monde. Selon Josiane Jouët, il y a chez elles une "crainte de l'outil : elles utilisent l'informatique, mais elles ne font pas de l'informatique". Il y a un usage commun de l'informatique par les deux sexes, mais il y a exclusion des femmes de la conception. En 2015 il n'y a que 11 % de femmes dans les écoles d'ingénieurs, "malgré de gros efforts pour les attirer" selon Josiane Jouët ! C'est là que nos avis divergent : les femmes sont admises A CONDITION qu'elles adoptent une culture de mecs. L'Ecole 42, moins de 5% de filles, fondée par Nicolas Sadirac (ex d'Epitech, réseau d'écoles privées recrutant avec le bac et fonctionnant avec exactement les mêmes méthodes) avec l'argent du milliardaire Xavier Niel (autodidacte, c'est vrai, ayant fait fortune dans la pornographie et le minitel rose dans les années 80) recrute des jeunes "en déroute scolaire" et se propose de leur donner un diplôme d'informaticien après une scolarité intensive de type militaire et de "sélection naturelle" en "piscines" où le manque de sommeil et le présentéisme sont valorisés. Nage ou crève, en gros. Outre que les filles ne sont pas en déroute scolaire, c'est un mode de fonctionnement qui ne convient pas aux femmes : pendant que les mecs s'investissent 24/7/365 qui assure l'intendance, hein ? Les femmes ont d'autres désirs que vivre un affrontement monomaniaque et autiste avec une machine.

D'ailleurs, elles investissent massivement le secteur du multimedia : la communication numérique se féminise avec 3/4 de filles et 1/4 de garçons. Elles sont autant, voire plus présentes que les garçons, sur les médias sociaux Facebook, Twitter, les blogs... où elles produisent des contenus éditoriaux, créent de l'opinion et font de l'activisme ; les femmes sont parfaitement à l'aise avec les techniques numériques : elles échangent entre elles vidéos, images, textes et... humour. On ne présente plus non plus les blogueuses mode et les youtubeuses influentes invitées dans les défilés de mode ou pour promouvoir les produits des grandes marques. Les femmes sur les médias sociaux sont clairement devenues des influenceuses. Les féministes y ont retrouvé une nouvelle façon de réseauter et de faire avancer leurs idées.

A tel point que la riposte des hommes ne s'est pas fait attendre. Ressac : attaques en lignes, sites hackés, cyber-harcèlement et cyber-violence, menaces de viol et de mort pour certaines d'entre elles qui doivent renoncer et fermer leur compte. A telle enseigne que la loi numérique en cours de préparation prévoit un plan de mobilisation contre "le cybersexisme, cette réaction et ce repli identitaire des hommes conservateurs crispés sur le genre."

Alors, me direz-vous pourquoi ne pas laisser un dernier petit pré carré aux garçons -puisque décidément ils ne veulent pas travailler avec nous- le développement et la conception de logiciels et d'algorithmes ? Mais parce qu'un algorithme n'est pas un contenu mathématique neutre, un langage universel. Les algorithmes (formules statistiques à plusieurs entrées) sont truffés de biais produits par les besoins et préjugés sexistes et racistes des gens qui les conçoivent, en l'occurrence ici, les hommes. Les logiciels d'analyse des métadonnées ou données brutes (big data) qui vont régir nos vies, nous informer, informer nos fournisseurs d'assurances, par ex... doivent être conçus aussi par les femmes et par des gens qui ne sont pas que des techniciens. Sans cela on se prépare une fois de plus un monde clivé où les besoins plus universels des femmes seront occultés et passés sous silence au profit des besoins étroits et égoïstes des patriarcaux et de leurs agents. Et c'est urgent quand on voit cet article des Echos !

* Les formules en caractères gras et rouge entre guillemets sont de Josiane Jouët.

dimanche 5 juin 2016

Comment lancer votre groupe féministe

Pour mes plus jeunes lectrices... et même les moins jeunes !



Comment lancer vos propres groupes et réunions féministes ?
- Réservez un lieu où vous serez en sécurité et tranquilles :  le living-room de vos parents, le sous-sol de vos meilleures amies, la bibliothèque de votre école, votre bar / pâtisserie locale...
- Réunissez un groupe de filles cools (et de garçons pro-féministes*)
- Apportez des petites choses à manger (très important)
- Discutez de ce que le féminisme signifie pour vous, et pourquoi c'est important
- Discutez de choses personnelles, partagez des conseils (sur le travail / le relationnel / la politique)
- Ne bavardez pas et ne discutez pas de questions personnelles en dehors des réunion de votre groupe
- Ne vous interrompez pas les unes les autres
- Tenez-vous informées les unes les autres ; choisissez-vous un sujet : sciences, événements en cours, environnement, tenez-vous informées par toutes les sources possibles et apprenez sur les sujets que vous ne connaissez pas des autres filles (et des garçons pro-féministes*)
- Rencontrez-vous une fois par semaine pour garder votre élan et prendre des nouvelles initiatives
- Partagez et explorez des idées créatives sur les façons dont vous pouvez faire prendre conscience du féminisme, du sexisme, et tous les sujets que vous trouvez importants pour vous et votre groupe.
- Adoptez ces idées, promouvez-les et mettez-les en actes.

Je rajouterai : il vaut mieux être un petit groupe de personnes impliquées et déterminées que de vouloir accueillir tout le monde, au risque de perdre la motivation et l'identité du groupe. Si vous vous organisez en association, réfléchissez bien à vos buts et objectifs : s'ils sont trop larges, vous vous perdrez en route. N'hésitez pas non plus à demander les conseils de féministes seniors : elles ont de l'expérience, leur conseils seront précieux. Si vous êtes en non-mixité, tenez-vous à une stricte parité. Dans tous les cas, les garçons, (forcément minoritaires) n'ont pas à prendre le pouvoir ni à monopoliser la parole. Si vous décidez d'organiser une marche de nuit, elle sera obligatoirement non mixte, sinon, vous en perdrez le sens qui est de se réapproprier la rue et l'espace public, ces territoires masculins. Les garçons, si vous en accueillez, vous fabriqueront vos banderoles et contribueront à vos slogans, leur participation devra s'arrêter là, ils comprendront. Ils n'ont même pas à assurer votre service d'ordre, vous l'assurerez de façon autonome, entre femmes, c'est une question de cohérence.
* Vous pouvez aussi choisir la non-mixité pour votre groupe : ça se discute mais elle se justifie aussi très bien.


Girl-gangs
Nous sommes tout le monde, nous sommes partout.
Nous répondons collectivement au harcèlement et aux attaques, nous somme solidaires les unes des autres.


vendredi 31 juillet 2015

Mary Richardson : Slasher Mary, Mary la Balafreuse



Le 11 mars 1914, la suffragiste anglo-canadienne Mary Richardson attaque au hachoir la toile La Vénus à son miroir, tableau peint par Velasquez au milieu du XVIIème siècle espagnol, exposé à la National Gallery à Londres, pourtant déjà à l'époque protégé par une épaisse plaque de verre.

Amaigries, épuisées par des séjours en prison et des grèves de la faim à répétition, où elles sont douloureusement gavées par des geôliers sans pitié, les activistes suffragistes anglaises n'obtiennent rien, sauf les quolibets et la répression des patriarcaux sûrs d'eux et de leur pouvoir, refusant d'intégrer les femmes dans ce qu'ils appellent pourtant une "démocratie". En 1910, une répression brutale s'est abattue sur les suffragistes, deux femmes seront tuées et deux cent arrêtées. Quelques jours avant les coups de hachoirs, Emmeline Pankhurst, une autre proéminente suffragiste est arrêtée et incarcérée à Londres. Forcément, il y a de quoi se radicaliser.

Pourquoi je vous parle de ça cent ans après ? Parce que dans le numéro 1199 du du 15 juillet 2015 de Charlie Hebdo, Philippe Lançon, toujours en rééducation pour sa blessure au visage, livre son billet où, entre autres choses, il raconte être allé voir quelques jours avant l'ouverture au public, l'exposition Velasquez au Grand Palais avec sa chirurgienne. La Vénus au miroir, "rare nu de la peinture espagnole" figure dans l'exposition. Une restauratrice lui raconte l'acte de Mary Richardson en examinant la restauration du tableau à la lampe. Et Philippe Lançon de commenter le geste de Richardson : "C'était un acte politique contre une société dominée par les hommes, les discours des hommes. Et (rajoute-t-il) c'était un acte puritain". Ce qui m'a fait sursauter.

Vénus à son miroir AVANT : 





Vénus à son miroir APRES avoir tâté du hachoir de Mary Rchardson :


Puritain ? Les femmes c'est bien bon à poil, le cul à l'air, sur les tableaux dans les musées, c'est moins bien dans les assemblées masculines, les académies, et dans les isoloirs des bureaux de vote, a dû se penser Mary Richardson en fomentant son acte iconoclaste. Mais imaginez qu'elle ait décidé de lacérer au hachoir un Christ en croix  -c'est quand même bien le diable si on ne trouve pas un Christ à poil, supplicié, le divin service trois-pièces dissimulé sous un pagne à la National Gallery ? Imaginons maintenant qu'elle ait pensé à viser au hachoir les saintes couilles du Christ. Mais pensez un peu à ce qu'auraient dit les mâles au pouvoir ? Regardez, elles veulent nous émasculer, ces harpies -en anglais évidemment- si on leur donne le droit de vote, ça nous mène directement au statut d’eunuque sans couilles, pire même, sans la divine verge ensemenceuse ! Un pur cauchemar masculin. Je n'étais pas dans la tête de Mary Richardson et je suis bien hardie en vous livrant ses hypothétiques pensées, mais il faut tout de même reconnaître qu'on a tout le temps tort, même 100 ans après, ce sont toujours les hommes qui racontent l'histoire et en font le commentaire. Alors disons que c'est une tentative de donner un point de vue de femme, activiste aussi.

Il faudra attendre la fin de la meurtrière guerre 14-18 dont les hommes sont rentrés exsangues (les femmes seules ayant tenu les pays en guerre), 1918 exactement, pour que le suffrage "universel" soit étendu aux femmes anglaises de plus de 30 ans (21 ans pour les hommes !), puis encore 10 ans, 1928, pour que les femmes puissent voter à partir de 21 ans en Grande-Bretagne ! Il a fallu deux lois pour que les anglaises accèdent enfin à leurs droits civiques ! Emmeline Pankhurst mourra malheureusement en 1928, deux semaines avant de voir ça ! Mary Richardson s'engagera étonnamment dans la British Union of Facists pendant 2 ans avant de la quitter, déçue par leur insincérité envers la défense des droits des femmes. Elle meurt en 1961. Les femmes françaises, elles, devront encore faire une guerre (39-45) engagées à égalité numérique avec les hommes dans la Résistance, pour se voir accorder le droit de vote par décret, sans passer devant un Parlement peuplé de radicaux-socialistes, résolument hostiles au vote des femmes. Le militantisme féministe est une longue route raboteuse, semée de cahots.

jeudi 1 janvier 2015

Bonne année 2015 !

Bonne année !
Sous le signe de l'activisme (hacktivisme) pour les causes que vous voulez défendre et qui vous tiennent à cœur, en quatre photos/images/pochoirs ;)



J'ai choisi cette belle photo de la performance de Femen au Vatican le jour de Noël.


Celle de sorcière aussi avec son balai me plaît bien : belle année de sorcière, c'est sûr, elles vont revenir très fort ! Photo suggérée par le Twitter de Lise Bouvet.







lundi 22 septembre 2014

Marche pour le climat - People's Climate March

Dimanche 21 septembre 2014 : Marche mondiale pour le climat.


Quelques photos prises sur la Twittosphère et par moi-même pour Rennes.
Paris :




Amsterdam :


New York :



























Londres :


Rennes : 



Un paresseux, resté sous sa couette quelque part :)


Liens pour aller plus loin :
Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les Droits de la Terre Mère 22 avril 2011, Cochabamba, Bolivie - Accord des Peuples (en trois langues, le français est sous le texte en anglais)
Réseau Action Climat
Le hastag Twitter : #climatemarch (valable quelque temps)

Actualisation 23/9/14

"Nous sommes la première génération à sentir les effets du changement climatique, et la dernière génération qui peut faire quelque chose à ce propos" - Barrack Obama

vendredi 19 septembre 2014

Ce week-end, marchez pour le climat, ou... ce que vous voulez

Le 23 septembre 2014, le Secrétaire Général des Nations unies convoque un sommet à New York. Représentants des états membres, d'entreprises privées, de la finance, et des associations représentant la société civile envisageront ensemble des mesures à mettre en œuvre rapidement pour réduire la température et préparer un accord climatique mondial en 2015.


Pour dire à l'ONU l'importance de trouver un accord satisfaisant, une marche des peuples pour le climat ( People's Climate March) est organisée ce week-end un peu partout dans le monde : New York, Londres, Berlin, Paris, pour ne citer que quelques villes. Il y a des évènements à peu près partout : il y en a forcément un près de chez vous. Pour trouver et vous inscrire, c'est par ICI. Il suffit de taper le nom de votre ville ou de votre région.


Mais vous pouvez aussi aller marcher avec Rosen Hicher pour l'abolition de la prostitution déjà évoquée sur ce blog : samedi et dimanche, la marche est à Châteauroux et Issoudun (Indre, Berry). Avec un peu de chance, le parcours inclut un bout de la Brenne ! Marcher en Brenne, un rêve ! Et pour un excellent objectif : réveiller le Sénat qui tente d'enterrer la loi votée par le Parlement avant l'été. Il est important de soutenir ce combat pour l'abolition.


Vous pouvez aussi, si vous habitez dans le Tarn ou dans les environs, apporter votre aide et un soutien à la Zad du Testet qui défend une zone humide et sa biodiversité, contre un grand projet imposé de barrage. 

Ou alors, vous pouvez aussi aller marcher seul-e dans les bois : mais là, faites bien attention, la chasse est ouverte dans des tas d'endroits et ils tirent sur tout ce qui bouge, ces maladroits !
Mais quoiqu'il en soit, marchez comme vous voulez et où vous voulez ! :))

(Dessin ci-dessus : Insolente Veggie)
En revanche, si vous n'êtes pas armé-e, et que vous rencontrez, dans les bois, le Lapin chasseur masqué, vous ne risquez rien.


mardi 12 août 2014

Avoir foi en l'humanité, malgré tout ?

J'ai reçu dans ma boîte mail, car je suis abonnée à leur mailing-liste, cette vidéo émanant de l'ONG Animals Australia, ONG qui donne une voix à tous les animaux, y compris ceux dits "de rapport" ou "de boucherie", ce qui, en soi, est remarquable. Après une série de mauvaises nouvelles et d'appels à militantisme, and now, the good news, restaurez votre fois en l'humanité en moins de 4 minutes, écrivent-ils, proposant un montage de différentes vidéos tournées par des activistes de la cause animale, dont il n'est pas question de discuter la véracité, ces images témoignent de situations réelles. C'est l'été, aussi place aux "bonnes nouvelles" : l'humanité (dont sa moitié masculine montrée ici -qui sature les postes de pompiers, les "anges des animaux" étant généralement massivement des femmes, rappelons-le) au meilleur d'elle-même. Notez dans les sous-titres que ces témoignages proviennent de partout sur la planète.
ENJOY !


mercredi 16 juillet 2014

Trompe-l'oeil et mauvaise foi

J'ai eu l'occasion d'évoquer dans un précédent billet les arguments des hommes pour écarter les femmes de certaines professions. A l'invitation de l'association féministe dans laquelle je militais, j'allais faire potiche aux réceptions de leurs financeurs, mais avec mon plein accord. Je ne porte pas de crête à l'iroquoise, ce qui était le cas des deux fondatrices, je m'intègre donc mieux dans un buffet de la préfecture, de la Région ou de la mairie dont dépendaient leurs financements. Et, bien entendu, elles avaient le droit de se coiffer comme elles l'entendaient. Tout est allé très bien pendant plusieurs années. La coupe a débordé un matin lors de la réception d'une poignée de patrons du BTP, dont un chef d'entreprise de peinture en costume velours ras noir qu'il avait sans doute peur de salir, c'est fragile ce tissu. La rencontre avait lieu pour promouvoir les femmes dans les métiers du bâtiment, et l'adjointe au maire pour la parité était de la réception. Bref, quand le patron peintre a commencé à divaguer sur "des femmes dans la boue sur les chantiers, aussi, quand même !!", mon sang n'a fait qu'un tour. Il faut dire que j'entends depuis des lustres les mêmes arguments mensongers dans l'industrie, qui est davantage mon domaine. J'ai donc répondu poliment mais néanmoins fermement "c'est amusant, mais entre 1914 et 1920, aux femmes qui remplaçaient les hommes partout aux champs (80 % de la France était rurale) et dans les usines d'armement notamment, on n'a pas demandé, quand les mecs sont rentrés de la boucherie mondiale, si leurs bottines, leurs jupons brodés, et leurs manucures avaient bien résisté à la boue des champs et à la graisse des ateliers ?". Non, c'est vrai quoi. Silence de mort dans la salle. Ça a même empiré quand le patron estomaqué a balancé l'argument de trop selon moi : "Vous avez des enfants, Madame ?", "Ah, parce qu'il faut être pourvue d'enfants pour avoir un avis autorisé sur le sujet, en plus ?". Ou comment aggraver son cas.


Photo : Une Rosie Riveter de l'industrie de guerre américaine en 1943.

Quand je plaçais du personnel médical et para-médical, les pharmacies industrielles (style Novartis et d'autres), dernier bastion mâle dans la pharmacie, me faisaient le nez quand je proposais une pharmacienne
(85 % des effectifs de la profession) : il faut trimballer des charges lourdes, me disaient-ils en me prenant pour une bille. Les chaînes industrielles d'assemblage intègrent depuis longtemps les éléments lourds par des monte-charges et des systèmes de portage, donc on se payait ma tête. Pareil chez les autres industriels : pas de chiottes ni de douches pour femmes, la chaîne n'est pas adaptée, me rétorquait-on, oubliant que dans les hôpitaux, les aide-soignantes et les ASH soulèvent des malades grabataires de 70 à 85 kg couramment, les manipulent pour les soins et la toilette, ce, sans aucune assistance mécanique de machines porteuses. Et dans ces professions qui ne sont pas mécanisables, les hommes se gardent bien de venir concurrencer les femmes ! Il m'est aussi arrivé de traverser des ateliers d'ébarbage de pièces d'acier : ce sont des femmes qui travaillent là, dans un brouillard permanent de poussière d'acier où on ne voit rien à 10 mètres, parce que les femmes sont "plus précises" ! Si la force physique était un argument, comment expliquer que dans les ateliers de développement software (codage, langages informatique...) on ne voit que des garçons ? Idem dans les écoles d'informatique truffées d'hommes. Développer en C++ se fait devant un clavier d'ordinateur, assis au chaud et au sec, sans bruit et sans poussières, sans appel à la force physique. Alors ? Pourquoi pas de femmes, comme dans la salle à coté où, devant les mêmes ordinateurs, elles sont secrétaires et comptables ?

Il n'y a pas de fatalité à ce qu'un poste de travail soit pénible, gras ou sale : il suffit de réfléchir à l'ergonomie du poste et de l'aménager pour l'améliorer : tout le monde en profite, les femmes ET les hommes. Il n'y a pas de fatalité à ce qu'un chantier soit boueux : il est boueux et dangereux parce que ce sont des hommes qui y travaillent en majorité, comme les vestiaires des mecs dans l'industrie ne sont pas propres, les chiottes à l'avenant, sans miroirs, avec des choses douteuses stockées devant les lavabos inaccessibles (ça m'est arrivé, en tant que commerciale de vouloir aller aux toilettes dans des ateliers où il n'y a que des mecs, où il faut en plus traverser une rangée de pissotières où ils se cramponnent l'appareil uro-génital : une horreur !), pas plus qu'un atelier de mécanique ne doit forcément être noir, sale et huileux par terre, au risque de chutes graves !


Ils veulent juste rester entre eux et se garder les postes valorisants et mieux payés : toutes leurs machines auxquelles les femmes n'ont pas accès, sont pilotées par un bien nommé joystick (à fonction masturbatoire, mais je vais me garder de faire une psychanalyse de comptoir) et de boitiers presse-boutons, depuis leurs odieuses nacelles élévatrices qui sont partout, leurs grues de chantiers, jusqu'à leurs inhumaines machines à ramasser les poulets dans les tunnels hors-sol -que je vois quand je fréquente l'autre endroit où ils ont tous les postes : l'inhumain élevage industriel, et plus généralement l'agriculture. Ils ramassent des poulets comme ils ne ramasseraient pas des pêches : trop fragiles, elles arriveraient abîmées chez les distributeurs et seraient invendables. Les poids lourds sont devenus hyper-équipés et avec cabines confortables, comme les chariots de caristes. La soudure est un travail de haute précision, comme celui de dentellière : certaines soudures sont radiographiées pour s'assurer qu'il n'y a aucune micro-fissure, dans l'industrie nucléaire notamment. Il n'y a donc aucune raison pour que les femmes n'y aillent pas.


Finalement, mais l'adjointe au maire partie vaquer à d'autres obligations n'était plus là pour le voir, le patron peintre après examen du cas à distance de sécurité de plusieurs mètres, constate que je n'ai pas l'écume aux lèvres, d'ailleurs je taille un bavette courtoise à une de ses homologues femme, sans qu'on s'envoie la décoration de table à la figure. Il s'approchera donc avec une coupe de champagne et nous bavarderons ensemble pendant une bonne vingtaine de minutes, en concluant par une poignée de mains. Mais le mal était fait : l'adjointe ayant fait demander à mon propos, outragée, "Mais qui est cette femme ?", nous nous sommes quittées l'association et moi pour raisons que le financement par l'oppresseur, fut-il représenté par une femme, ne permet pas d'exprimer ses arguments et qu'il faut caresser ces messieurs dans le sens du poil, même quand la réunion est faite pour promouvoir les femmes. Sans moi, et sans regrets. Cela m'a dégagé du temps pour me consacrer à la cause des animaux qui m'occupait en même temps. Quand je réussis à rentrer dans un élevage industriel (où on ne rentre pas, faut-il le préciser ?), et que le technicien me demande à la fin de la visite si je "suis journaliste" (imparable : je connais le sujet, je pose des questions et je prends des notes), que je me présente en qualité d'activiste de la cause animale, il pâlit légèrement en vérifiant que sa braguette est bien fermée, ce qui n'est pas désagréable ; et si les installations et le nombre de leurs occupant-es sont conformes à la Directive européenne, tout va bien, on sursoit à la pendaison par les couilles. Mais uniquement à cette condition.

ACTUALISATION - Liens supplémentaires (Merci Elihah :)
Genre et Informatique par Isabelle Collet
Sur les pratiques insalubres considérées comme viriles, car trompe-la-mort sans doute : un article sur les pisseurs de rues
Une campagne pour la mixité des métiers 

jeudi 19 juin 2014

Des fachotes et fachos, les VG défenseurs des animaux ?

Comme j'en ai un peu assez de voir arriver des remarques sur les intentions de vote FN de certains défenseurs des animaux et végétariens, lors des manifestations anti-corrida pour ne citer que celles-là, je vais tenter une courte histoire de la compassion envers les animaux démontrant que ce sont des humanistes qui s'intéressent à la question. Il n'y a rien à gagner à défendre les animaux : aucun bénéfice politique, il n'y a que des coups à prendre, suivis de l'oubli. Le féminisme et la protection de l'environnement, opportunément aiguillés, peuvent éventuellement conduire vers une carrière politique, le végétarisme et la protection animale, je ne crois pas. Je n'en connais pas, en tous cas.

Le XIXème siècle
Delmas de Grammont : général de cavalerie sous Napoléon III et député de droite libérale de la Loire, deux ans de mandat. Il initie la première loi de protection animale en France en 1850, punissant d'une amende tout acte de cruauté envers un animal, 30 ans après les anglais. Je n'ai aucune sympathie pour les généraux du Second Empire, pas plus que du Premier, ni d'ailleurs pour les notables de province. Delmas de Grammont n'a même pas de page Wikipedia, il a laissé son nom à un collège du Sud-Ouest, il y a une Avenue Grammont à Tours (mais je ne sais même pas si c'est lui), bref, cet homme est bien oublié aujourd'hui. On apprend sur ce lien qu'il était taxé de socialisme par son camp politique car il demandait des salaires décents pour les ouvriers, et qu'il payait correctement son personnel, même quand ils étaient vieux. Il semble que sa compassion s'exerçait aussi bien envers les animaux qu'envers les humains, ce qui est normal, il n'a rien du facho ou de l'extrémiste de droite. 

Le couple Mary et Percy Shelley - Mary Shelley, née Mary Wollstonecraft Godwin, d'une mère philosophe féministe (Mary Wollstonecraft) qu'elle perd à onze jours, est une écrivaine anglaise de l'époque romantique dont le roman le plus connu dans une production importante est Frankenstein ou le Prométhée moderne, œuvre par laquelle elle invente le roman d'anticipation gothique, genre qui fera fortune dans la littérature et le cinéma. Mary est féministe, et réformatrice radicale. Son mari et elles sont des végétariens convaincus. On peut lire son Frankenstein à différents niveaux, mais incontestablement, il dénonce déjà la croyance irrationnelle dans le progrès technique, et le fait que lorsque des hommes (mâles) se mêlent de donner la vie, ils produisent des monstres. La Créature du Docteur Frankenstein est fabriquée de l'addition de morceaux de cadavres et d'organes sélectionnés et trouvés dans des abattoirs : sa monstruosité fait fuir les humains qui la rejettent. En fuite et mourant de faim, la Créature renonce à manger de la viande en prenant conscience de quoi elle est fabriquée. Monstrueux, mais plus humain et empathique que les
humains : elle souffre tellement ! Les prétentions désespérées de la Créature à être admise par l'espèce humaine reflète la position des féministes et des végétariens de son époque : ils sont toutes et tous confrontés à un monde qui refuse de les accueillir et qui les sépare entre "eux" et "nous", selon Carol J Adams dans son ouvrage "The sexual politics of meat". Mary Shelley, bien ignorée malgré le pillage de son œuvre fait par le cinéma, est sortie de l'oubli dans les années 1970 grâce à des critiques féministes qui refusaient qu'elle sombre dans le néant patriarcal réservé aux autrices talentueuses.


Le comte Tolstoï, écrivain russe majeur du XIXème siècle, pacifiste végétarien qui prônait la compassion envers tous les êtres vivants, mais de réputation sexiste et misogyne notoire (nobody's perfect) après la publication de son pamphlet anti-mariage, cette "prostitution légalisée" selon lui, "La sonate à Kreutzer". Mais bon, l'homme était ainsi fait qu'il resta marié et fit de multiples enfants à la comtesse Sophie sa femme, qui lui servait à tout, y compris de secrétaire et d'agente littéraire ! Elle lui répondit en écrivant "A qui la faute ?" publié tardivement. Tolstoï était végétarien, pas sa femme, qui ne comprenait même pas son végétarisme, et rajoutait du bouillon de volaille en douce dans ses plats ! Bref, le mariage, cette association improbable de deux personnes qui passent leur vie entière à s'énerver l'une l'autre en se jouant des coups tordus, rien d'anormal, les Tolstoï ne pouvaient échapper à cette règle universelle. Ce qui est tout de même culotté, c'est de se plaindre tout en profitant des avantages de cette institution patriarcale étouffante pour les femmes. Tolstoï : un homme assez ordinaire en somme, mais humaniste, comme le souligne cet article qui le montre levant des fonds pour nourrir des paysans affamés, un activiste avant l'heure, un pionnier. Et qui démontre que l'empathie n'est pas sélective.

Le XXème siècle
Isaac Bashevis Singer - Ecrivain juif polonais naturalisé américain car fuyant l'antisémitisme de son pays, conteur d'expression Yiddish, prix Nobel de Littérature pour son œuvre en 1978. Végétarien militant, "Les gens disent souvent que les humains ont toujours mangé des animaux, comme si c’était une justification pour continuer la pratique. Selon cette logique, nous ne devrions pas essayer d’empêcher les gens d’assassiner d’autres personnes, puisque ceci existe aussi depuis les tous premiers temps.” “Pour ces créatures, tous les humains sont des nazis ; pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka ". Dans ses romans, il y a quelques héros végétariens. Une de ses nouvelles Yentl a été adaptée au cinéma en 1983 par Barbara Streisand : très beau film musical contre le sexisme et l'intolérance des religions révélées, il raconte la volonté d'une fille à devenir rabbin. Elle doit se déguiser en homme pour parvenir à ses fins. Humaniste, avec des traces de féminisme : lisez Isaac Bashevis Singer.

Jacqueline Gilardoni, une "petite dame de la Protection animale" comme les appelle affectueusement Florence Burgat. Se prendre inlassablement des murs et des portes d'abattoirs dans le nez, affronter la violence, l'arrogance et le mépris des directeurs de ces établissements de mort, défricher des terres inconnues où personne ne s'était jamais risqué, se faire une culture sur le terrain sur un dossier qui n'intéressait personne, et surtout pas les pouvoirs publics, persévérer, et finalement arracher aux députés en 1967 une loi sur l'étourdissement avant saignée, Jacqueline Gilardoni l'a fait. Elle crée l'OABA qu'elle dirige et préside pendant 40 ans jusqu'à sa mort en 2001. Aujourd'hui cette ONG a pignon sur rue et est bien connue des professionnels : elle est dirigée par un homme.


Samedi 14 juin, à Paris, avait lieu la 3ème marche pour la fermeture des abattoirs : ci-dessous une photo de die-in sur le parcours de la Marche.


Liens supplémentaires : Estivales de la question animale du 25 juillet au 1er août, département de la Loire, avec des intervenants intéressants.
Non, Hitler n'était pas végétarien.
et de Elizabeth Hardouin-Fugier : la protection animale sous le nazisme, réponse à Luc Ferry.

jeudi 27 mars 2014

Reprenons la rue et la nuit !

Let's take back the night !


Cette affiche a été sélectionnée 3ème parmi les lauréates du concours EgalitéE 2014 du Ministère des droits des femmes pour le 8 mars. C'est ma préférée parmi toutes les propositions.

Les marches de nuit existent depuis les années 70 : la première a eu lieu en 1975 à Philadelphie à la suite du meurtre d'une jeune femme marchant seule le soir dans la rue. Elles seront reprises par les féministes partout dans le monde pour affirmer le droit des femmes à être présentes dans l'espace public la nuit, au même titre que les hommes. Des marches de nuit sont organisées régulièrement dans des villes européennes, françaises, et notamment en régions. J'ai personnellement participé à deux à Rennes, la dernière fois le 8 octobre 2012. Mon reportage texte et photos est ICI. Il est important d'en organiser et d'y participer : cela renforce la solidarité entre femmes, rappelle aux hommes qu'ils n'ont pas toute la place, et c'est facteur d'empowerment pour les femmes qui marchent.

Liens pour vous tenir informées (vous pouvez aussi organiser la vôtre) :  Le collectif Marche de Nuit (arrêt de publication en 2010) - Rage de nuit.


Une autre façon de s'approprier la rue, ce sont les inscriptions au stencil sur les murs ! Le stencil ou pochoir, c'est pratique, rapide (il vaut mieux éviter de se faire prendre : il a été inventé pour pouvoir déguerpir plus vite en cas de surgissement de la maréchaussée) et votre message est tout prêt à l'emploi. Utilisez des formules en français : vous serez plus sûre d'être comprises par les gros lourdauds qui harcèlent les femmes dans la rue. Il ne faut jamais sous-estimer l'adversaire, mais il est quand même douteux qu'ils soient tous bilingues anglais. Et puis, il peut y en avoir de crispés sur la francophonie. Donc, vos formules seront en français : "Joli cul" barré comme ci-dessus, ou "non, c'est non", ou "Je souris si je veux !".
Lien pour fabriquer vos stencils, doc PDF  : NON - JOLI CUL - Hé SEXY (à superposer avec NON) - J'ai trouvé tous ces PDF sur ce site STOPStreetHarassment.

Vous pouvez aussi préparer vos affiches et vos bandeaux à coller comme dans la vidéo ci-dessous :



Plus les formules sont courtes, plus elles sont percutantes ! Utilisez les murs, les escaliers, le bitume ! Il n'y aucune raison que là encore, les hommes occupent l'espace, la plupart du temps pour des gribouillis sans signification : eux, ils ne font que salir. Vos messages à vous seront signifiants, donc il n'en seront que plus visibles.

La ville est faite pour les garçons, comme le rappelle dans le journal du CNRS, yves Raibaud, géographe du genre. L'invasion de street parks, dernière lubie à la mode pour calmer leurs frustrations et leur rage, leur violence en un mot, en témoigne. J'en ai deux dans mon quartier : un a coûté la bagatelle de 500 000 euros, et il enlaidit avec son béton omniprésent l'arrière d'un jardin public. Passant auprès plusieurs fois par semaine, je peux témoigner que bien qu'ouvert aux deux sexes, il n'y a que des garçons dessus ! Lors d'une réunion de quartier avec l'élue municipale (la femme du Ministre actuel des armées, au passage) je m'étais ouverte de ce scandale, soulignant que malgré cela les garçons du quartier jouent au foot dans les squares et les rues où les femmes passent, faisant un hold up permanent sur des espaces qui sont à tout le monde. Succès garanti : personne évidemment n'avait vu les choses de ce point de vue féministe. Je suis passée pour la pétroleuse du quartier, mais peu importe, on m'a écoutée. Mais le street park est là : et il ne les empêche pas d'aller faire rouler leurs planches ailleurs quand il pleut. Un d'eux, un jour que je râlais qu'il était dans le passage et que le street park était à 40 mètres, m'a expliqué que sa planche ne supportait pas l'eau ! Non mais, ce culot phénoménal ! Donc, quand j'ai des trucs à dire, moi aussi, je prends la rue d'assaut, le jour, la nuit. Sans masque de fantômette, mais le cœur y est. On n'a pas besoin de leur permission !

Liens :
Pour trouver de l'inspiration, du matériel militant et des pochoirs, on peut visiter mon board Féminisme sur Pinterest. Si vous êtes parisienne, Les Effrontées font une "criée dans le métro" le 28 mars.
Miss Tic, graffeuse et artiste de rue, femme de l'être.