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jeudi 7 novembre 2024

Vers l'égalité, contre le consentement

L'article 222-23 du Code pénal français dispose que :

" Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, ou tout acte bucco-génital commis sur la personne d'autrui ou sur la personne de l'auteur, par violence, menace, contrainte ou surprise, est un viol. " Le viol est puni de 20 ans de réclusion criminelle. 

Nulle part le mot consentement n'est mentionné. Alors pourquoi les magistrats et les avocats veulent-ils savoir à toute force si la plaignante victime d'un viol n'aurait pas été un peu consentante, ou si elle a bien spécifié clairement son non-consentement aux actes commis sur elle ? Les agresseurs posent-ils seulement la question, alors que c'est généralement leur argument de défense ? C'est devenu d'actualité et surtout de circonstance, avec le procès de Mazan où une femme endormie chimiquement est livrée à des consommateurs de sexe violeurs. Pourquoi des députés ou des féministes veulent-elles faire entrer le consentement dans cette définition ? Les mots 'violence", 'menace', 'contrainte', 'surprise' ont-ils besoin de précision supplémentaire ? N'annulent-ils pas à eux seuls la notion de consentement ? 

Nous sommes -pour notre malheur, dans une époque néo-libérale où le contrat est devenu un objet, une disposition régissant nos vies. Je me souviens d'avoir lu au début des années 2000, cette expression "le contrat ou le juge". C'était à propos des nouvelles attentes des salariés qui préféraient un contrat d'intérim, un CDD ou un travail en free-lance, vendant leurs meilleures compétences à un commanditaire pour une durée définie à l'avance. Pendant 18 mois, vous ferez, tirets à la ligne, les tâches suivantes avec tel résultat attendu, le tout spécifié par contrat. Si le contrat n'est pas rempli de façon satisfaisante pour les deux parties, ça se règle devant un juge, au tribunal. Le contrat entre pairs. Je ne sais si un ingénieur informaticien qui vend un service de développement logiciel à une entreprise, ou un créatif qui loue ses compétences artistiques à une agence de publicité sont exactement à parité avec leur commanditaire, si le patron ne serait pas un peu en position de force, même relativisée par la rareté sur le 'marché', mais c'est l'idée. Tout serait devenu contractuel. Y compris les relations sexuelles entre femmes (dominées) et hommes (dominants). Or dans ce dernier cas, on est loin de la parité (substantif qualifiant l'état des pairs).

Mais qu'est ce que consentir quand on est femme, considérée par les hommes 'faite pour le sexe' selon Catharine MacKinnon, une femme avec 'une conscience aliénée' comme écrivait Nicole-Claude Mathieu ? 


La liberté précède-t-elle l'égalité, ou est-ce l'inverse ? Accepter est-ce la même chose que vouloir ? Le consentement n'est-il pas l'acquiescement au pouvoir ? Comme si c'était possible d'être libre sans être égaux, surtout quand on est femme, et qu'on est en plus supposée être faite pour le sexe.
Dans un contexte où les agressions sexuelles et le viols sont sous-déclarés, les dossiers classés, où les cas déclarés sont blanchis avec peu de chance de voir l'agresseur aller en prison, l'agression sexuelle est le crime violent le moins signalé, constate Catharine McKinnon dans son ouvrage.

Juriste internationale, avocate, professeure de droit à Harvard, militante féministe, McKinnon pose donc la question de la pertinence de la notion du consentement des femmes à l'acte sexuel en cas d'agression, question récurrente de la police et des magistrats : a-t-elle suffisamment dit non, et s'est-elle défendue contre son agresseur ?

Après avoir constaté les fonds historique, philosophique et culturel qui sous-tendent le consentement, en convoquant même les penseurs des Lumières, et l'évolution du droit sur le viol (vol, viol ; rapt, rape), comparé le système juridique français (en reconnaissant que le consentement n'est pas présent en droit français dans son article 222-23 du Code pénal, mais que les tribunaux en font état et posent la question aux victimes de viol), et les systèmes juridiques états-unien et canadien, Catharine McKinnon en conclut que le consentement n'est pas une notion pertinente pour juger les cas d'agressions sexuelles. Elle est convaincante car elle argumente avec brio. Quand on est prises dans des hiérarchies sociales, consentir, c'est acquiescer au pouvoir, précise-t-elle.

Dans un contexte social où les inégalités de genres et sous-genres intersectionnels (ethnie, réfugiée, handicap, pauvreté...), avec les conséquences qui en découlent, persistent ; dans un contexte où perdure la croyance culturelle que les hommes sont sexuellement agressifs et prennent l'initiative, que les femmes sont passives, destinées à l'usage sexuel, qu'elles doivent être conquises et persuadées même un peu fermement, que le sexe c'est ce que les hommes font AUX femmes plutôt qu'AVEC les femmes, la notion de consentement est carrément toxique au sens où elle fait obligation à la victime d'arrêter l'agression plutôt qu'attribuer à l'agresseur la responsabilité de ne pas agresser.

Enthousiaste (je trouve McKinnon magistrale dans ses autres ouvrages) je recommande la lecture de cet essai de droit aux magistrats, auxiliaires de justice et au personnel de police pour un éclairage sur le sujet.

 Quand céder n'est pas consentir 

" My Poverty but not my will consents " *- William Shakespeare - Romeo et Juliette, acte V, scène 1

" Quand on parcourt l'histoire des différents peuples et qu'on examine les lois et les usages promulgués  et établis à l'égard des femmes, on est tenté de croire qu'elles n'ont que cédé, et n'ont pas consenti au contrat social, qu'elles ont été primitivement subjuguées, et que l'homme a sur elles un droit de conquête dont il use rigoureusement. " 
Choderlos de Laclos - Des femmes et de leur éducation. 

Il me paraît opportun, dans ce contexte, de verser au dossier ce texte de Nicole-Claude Mathieu, anthropologue et féministe. Quand céder n'est pas consentir est plus ancien (1991) mais il dit avec d'autres mots, peu ou prou la même chose : 

" Le terme consentement, apparemment plus anodin, est donc de fait, appliqué au sujet opprimé, plus fort et plus grave que le mot pourtant violent mais plus objectif de collaboration. On peut alors se demander pourquoi il fait moins peur, il "passe" mieux, il est mieux agréé par beaucoup de femmes que le mot collaboration. Je vois à cela plusieurs raisons : 
1 - Le mot consentement appliqué aux dominé(e)s annule quasiment toute responsabilité de l'oppresseur, puisque l'opprimé consent, il n'y a rien de véritablement immoral dans le comportement du 'dominant'. L'affaire est en quelque sorte ramenée à un contrat politique classique. 
2 - Le mot collaboration, en tous cas dans le contexte européen de l'après-nazisme, contexte loin d'être oublié, suppose une conscience mauvaise (moralement répréhensible) tant de la part du dominant que du dominé, alors que le mot consentement suppose une conscience... tout court. Et de quoi l'opprimé a-t-il le plus besoin pour survivre, sinon de pouvoir dire que ce qu'il vit, il le décide, il le fait, il le reconnaît comme part de lui-même ? 

Ainsi, avec le terme consentement, d'une part la responsabilité de l'oppresseur est annulée, d'autre part la conscience de l'opprimé(e) est promue au rang de conscience libre. La bonne conscience devient le fait de tous. Et pourtant, parler de consentement à la domination rejette de fait, une fois de plus, la culpabilité sur l'opprimé(e). "

Quand céder n'est pas consentir - Nicole-Claude Mathieu. 
L'anatomie politique. Catégories et idéologies du sexe - 1991

En conclusion En France on a cette détestable habitude de vouloir changer les lois en fonction de circonstances qui surviennent postérieurement à leur rédaction. Or les lois sont normalement écrites de façon à définir et couvrir tous les cas de figures ; on ne peut pas avoir une loi pour chaque cas qui se présenterait, ce ne serait pas tenable, et cela invaliderait même toute idée de droit. La jurisprudence, les jugements et interprétations faits par les magistrats abondent la loi, en faisant autorité. Notre définition du viol dans le Code pénal est ramassée, concise et précise en même temps. Chaque mot en a été pesé par le législateur. Elle inclut même la personne de l'auteur qui imposerait sur lui-même ces mêmes contraintes à sa victime. Je ne pense pas, à l'instar de Catharine MacKinnon, qu'on puisse faire mieux. Cette définition est parfaite, n'y touchons pas. Cessons cette habitude de juger le comportement des femmes, en ergotant sur le comportement délictueux et criminel des hommes agresseurs en leur trouvant des excuses, tandis que les femmes, elles, sont toujours coupables de quelque chose.

* Traduction du vers de Shakespeare :  " Ma pauvreté consent, mais contre ma volonté."

samedi 23 mars 2024

Ce très commode universalisme lexical qui nous fait endosser les crimes masculins

 Cela a commencé par un xweet (soyons aussi créative que le mirifique repreneur de la plate forme X) de France Info rapportant que "les peines planchers à l'encontre des délinquants récidivistes n'ont eu qu'un 'faible effet dissuasif ', selon une étude " (ah, les études de France Info !) relayée par La Croix. Auquel j'ai répondu : "Et vous savez que les quelques 3200 femmes incarcérées sur 73 000 sous écrous pour 60 000 places disponibles, elles, ne récidivent jamais ? La récidive est masculine, mais on lit et entend sans arrêt 'la prison est l'école de la récidive'. Car les hommes, fournissant largement la population carcérale, fait passé sous silence universel, récidivent. 

Depuis environ 125 ans de déconstruction et d'épistémologie féministe (anthropologique, sociologique, psychologique, mythologique, juridique...), soit six ou sept générations bien tassées, la parité en prison n'est toujours pas atteinte dans les prisons françaises et mondiales, les femmes y étant scandaleusement sous-représentées. Pire, même, on n'en parle JAMAIS. Une abonnée m'a aussitôt répondu que depuis 1992, année de la mise en place de stages de récupération de points de permis de conduire, un professionnel de la sécurité routière lui avait précisé qu'il n'y voyait qu'une à six femmes sur vingt participants, sans évolution non plus depuis 30 ans. Il y a encore des stages où il n'y a aucune femme ! Le refus d'obtempérer du délinquant routier n'est décidément pas notre genre. 

Alors Mesdames, on joue petit bras ? On renâcle à délinquer ? On refuse le braquage de banque ? On se contente de filmer les émeutes des "jeunes" par la fenêtre de son immeuble à Aubervilliers, Dijon ou La Courneuve ? On obtempère docilement quand la police ou la gendarmerie vous demandent de vous arrêter et de vous garer ? On ne sort toujours pas une lame quand un mec vous parle mal ? On ne trucide pas Jules quand il vous quitte ? Même la baffe lestement envoyée à un lourdaud insistant qu'on voyait dans les films des années 40 et 50 n'a plus cours : désormais c'est la paralysie de tous les membres lorsqu'on se prend une main au cul ou que les insultes fusent ? Je suis moi, dans ce cas, pour le cumul des mandales. 

Et pourtant, il y aurait matière à redire et à riposter. Cantonnées dans les basses zones de l'économie sur douze ou treize métiers du soin, sans machines ni outils comme ceux des hommes pour gagner en productivité, mal payées, un bon braquage de banque bien organisé devrait aider à "finir les fins de mois" SIC comme écrit la presse ventriloque. La misère sociale, la répression et l'absence de perspectives qui sont toujours invoquées pour justifier les passages à l'acte des émeutiers (émeutière n'a pas de féminin !) ne seraient la plaie que des seuls hommes ? Mais qui est la plus maltraitée par la société patriarcale des familles, des tribus et des entre-soi étouffants banlieusards et des quartiers ? Injonctions vestimentaires, demande de papiers pour rentrer dans son logement, comme Yvette au Blosne à Rennes, discrimination à l'embauche, au salaire, à la promotion professionnelle, abandon de la femme et des enfants par les géniteurs, moi je n'appelle pourtant pas ça la félicité domestique ! Et les mecs, ils vous parlent bien ? La misogynie tisse littéralement le langage et les comportements publics comme privés. Et Jules qui se tire quand il en a assez de mômes braillards et ingouvernables, vous abandonnant dans le pétrin, il ne mérite toujours pas de représailles peut-être ? Non, je demande. Parce qu'il y a tout de même matière. Et des baffes se perdent. 

On en a tout de même une, relevant le niveau, qui s'est énervée ces derniers jours : c'est alors traitement double standard dans la presse nationale et régionale. La Dépêche du Midi le 17 mars titre : "une femme" (ah tiens ? On n'écrit plus le pudique 'un individu', une 'personne' appliqué aux hommes ? Pour les femmes, on y va franc du collier, on nomme ?), "Une femme donc, déchaînée (vous lisez ou entendez 'déchaîné' à propos de la violence masculine vous ? c'est vrai qu'eux ne sont pas 'enchaînés' comme nous, aussi on devrait lire 'désenchaînée' s'ils écrivaient en français correct et factuel) s'en prend à une dizaine de chasseurs avec une matraque et un lacrymo (quel héroïsme, cette femme contre 10 chasseurs, tous mâles, forcément) et en envoie deux à l'hôpital ! En roulant dessus avec sa voiture. Une héroïne. Notez que dans la suite de l'article, la femme en question s'est spontanément présentée ensuite à la gendarmerie, ce que les hommes, eux, ne font jamais. Mais ça m'a fait la journée et même la semaine, j'ai bien aimé, malgré le traitement inéquitable de la Dépêche du Midi. Là où les mâles délinquent, c'est présenté comme fatalité, la totalité de l'espèce renvoyée à la violence de la société, mais qu'une femme manifeste de façon un peu visible sa contrariété d'être emmerdée par des chasseurs lors d'une balade en forêt, c'est stigmatisation par les patriarcaux mutiques sur la violence masculine, mais gardiens de l'ordre sur le troupeau des femelles. Et il n'y aurait pas de quoi s'énerver ? 

Ainsi disparaît sous un universalisme de bon aloi le grand calme des femmes, contrastant avec les constantes incartades, incivilités, et les crimes masculins, les femmes toujours passées sous silence, invisibles, indétectables par leurs radars, toujours vues en creux, comme contrepoint inaudible. Mais imaginez qu'un jour nous commencions à monter en puissance dans la délinquance, puisque le féminisme est aussi un plaidoyer pour la parité, que ne va-t-on pas entendre ? Des cris, que dis-je, des hurlements d'indignation, une logorrhée d'anathèmes : j'imagine les plateaux télé avec toutologues, psychologues, médecins, psychanalystes (molosses du patriarcat, invariablement muets sur la violence masculine), experts en sécurité en train de se battre les flancs pour tenter d'expliquer la mutation. J'ai hâte de voir ça. 

Ce billet est un pamphlet ironique. Evidemment que je suis universaliste tout en gardant un œil critique sur les impasses du système. Toutefois, je ne suis pas de ces féministes réformistes pensant que si les femmes sont capables de nettoyer un évier, elles sont capables aussi bien de riveter une aile d'avion (ce à quoi j'adhère), donc qu'elles peuvent et doivent gagner la parité partout, y compris dans les activités délétères et inamendables pratiquées historiquement par les hommes : corridas, chasse, pêche, combats de coqs, guerres et autres joutes stupides où ils s'illustrent régulièrement pour l'ébahissement puis la résignation des foules. 

Passer sous silence à ce point notre calme tout en déplorant les méfaits et les crimes commis par les hommes me semble contre productif, car je ne vois pas comment lutter contre un fléau -coûteux socialement- sans jamais le nommer. Mais jetez-moi des pierres pour manquement à l'universalisme aveuglant auquel les femmes ont tellement peur de s'attaquer, ça me va aussi. Même si celles qui le font actuellement, dont je ne fais pas partie, les décoloniales, différentialistes culturelles et autres woke, errant dans des impasses théoriques, incapables de voir la totalité de l'oppression, fragmentent nos luttes, voire les cannibalisent,  et sont la meilleure caution au statu quo ante. 

Image : une contemporaine Diane vengeresse. 

mardi 21 janvier 2020

Processions masculines

En ces temps de Forum de Davos, il est pertinent de montrer en images lesquels tiennent toujours fermement la barre du monde, les "processions masculines", ces défilés en rangs, tous dans le même uniforme, décrites par Virginia Woolf dans Trois Guinées. Pour celles et ceux qui douteraient ou seraient tentés par le déni, Davos 2020, World Economic Forum :
Un jour avant Davos 2020, "Versailles, Choose France" organisé par le Président Macron, le club d'industriels qui planchent sur l'énergie du futur, l'hydrogène :
La war room de la Maison Blanche lors du tir sur la position du général iranien Soleimani en Irak début janvier :
Les twittos, comme à chaque fois s'en sont donné à cœur joie sur l'interprétation de l'amas de câbles branchés sur rien au milieu de la table, un suggérant même que la Wifi ça se piratait facilement !


Pas mieux du côté iranien lors de la prise de décision de riposte aboutissant à un tir raté : un avion de ligne commerciale abattu, 176 morts.  Notez bien que cela n'a pas provoqué grande indignation (civils passés par profits et pertes dans le grand concours de teubs des démonstrations de muscles des états mâles) ni dans l'opinion mondiale, ni chez les étatsuniens, un peu plus chez les iraniens qui ont manifesté dans la rue, la popularité du régime étant au plus bas.

Côté turc, superbe culte de la personnalité, le sultan salue les représentants du peuple : pas mieux.


En France, les éleveurs de l'Ariège sont vent debout contre la réintroduction de l'ours. Contrairement aux loups qui reviennent tout seuls d'Italie en traversant les cols alpins, l'ours est réintroduit dans les Pyrénées, importé de Slovénie, ours sur lesquels les éleveurs de brebis ariégeois rêvent de faire un carton. Comme on est au bord de la guerre civile, Macron-Make-Our-Planet-Great-Again s'est courageusement précipité en ce début d'année 2020 pour leur dire que basta, c'est terminé les réintroductions (promesse orale qui n'engage que ceux qui l'écoutent !), le lobby antibiodiversité gagne temporairement. Du coup, re-fête de la saucisse ! Bon, ok, il y a Emmanuelle Wargon, comme elle est tout de même ministre, ils n'ont pas osé la fiche dehors. Sur le Facebook de la Chambre d'Agriculture de l'Ariège cette semaine :


Et pour que nul n'ignore qu'il faut les craindre, que la terreur fonctionne bien, qu'ils ne vont pas lâcher les manettes comme ça, la traditionnelle photo posée des serial killers qui hantent toutes les campagnes avec leurs victimes trophées alignées à leurs pieds. La photo émane de Grande-Bretagne publiée apparemment sur le Facebook du Parlement Britannique. A leurs pieds des tétras dont les populations sont globalement en chute.
Et puis, cette apologie de la tuerie de masse !


" Regardons cette procession. Nous y traînons loin à la queue. La voici, défilant devant nous, cette procession des fils d'hommes cultivés, accédant à ces chaires, gravissant ces marches, entrant et sortant par ces portes, prêchant, enseignant, faisant la justice, pratiquant la médecine, gagnant de l'argent. " Virginia Woolf - Trois guinées. 

On pourrait rajouter, faisant la guerre, toutes les guerres, y compris contre les autres espèces.

L'alliance du sabre et du goupillon, en tenue d'apparat, avec la victime mise en scène au milieu :


Virginia Woolf, encore :


"Rarement un être humain au cours de l'histoire est tombé sous les balles d'une femme ; la grande majorité des oiseaux et des bêtes a été tuée par vous, pas par nous. A l'évidence, il y a pour vous une gloire, une nécessité, une satisfaction à combattre que nous n'avons jamais ressentie ni appréciée."
Virginia Woolf (selon ma traduction).
Un poil essentialiste, trouveront certaines ? Factuel surtout, et résultat d'un apprentissage et d'un exercice de la terreur qu'ils infligent à tous les vivants.

vendredi 16 juin 2017

Chez le garagiste

On n'a pas toutes un mari pour porter son auto au garage et négocier les réparations et les prix avec le garagiste ; en revanche, on a (presque) toutes une voiture. Et même si vous avez un mari, je vous conseille l'autonomie, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Un divorce, et on se retrouve comme une andouille à regarder sa voiture comme un piège, sans même savoir la date de la dernière vidange, si toutefois elle a été faite, ce qui n'est même pas sûr. J'ai vu faire, c'est carrément atroce.


Prospectez, comportez-vous en acheteuse

Donc, c'est votre voiture, occupez vous-en. Parlez avec votre garagiste. C'est le b-a ba. Sans rouler de mécaniques, comparez et achetez. Discutez, au besoin, posez vos conditions si vous avez des paramètres non négociables.
Prix, délais, service, amabilité, disponibilité, professionnalisme. Celles qui achètent juste un prix n'auront qu'un prix bas et pas de service. Comparez, faites faire des devis, et si vos travaux sont importants, prenez plusieurs avis. Pendant ces consultations, vous vous ferez une culture, vous verrez s'ils font tous le même diagnostic -la mécanique c'est carré ; si un dramatise, vous gonfle le problème et le prix, ne donnez pas suite. Mais les garagistes ne sont pas tous des voleurs essayant de plumer les femmes. Certains apprécient d'ailleurs la clientèle des femmes, moins "as-tu-vu-ma-grosse-bagnole", plus demandeuses de bons conseils, plus sérieuses, ne roulant pas dans des épaves hors d'âge. Acheter ce n'est pas que faire attention au prix, vous achetez une prestation entière.

Intéressez-vous à votre voiture : gardez vos factures par ordre chronologique, elles constitueront l'historique de vos réparations et entretiens réguliers : vidanges, changement de pièces, de pneus, vous pourrez ainsi vérifier et répondre à votre garagiste (ou à un nouveau) la date de telle ou telle réparation, envisager un délai, ou alors la programmer. A chaque panne, prenez des notes, apprenez : votre garagiste adore, comme tout professionnel, parler de son métier. Faites vous montrer les pièces, décrire la panne, comment ça marche et donc, pourquoi ça ne marche plus. Vous retiendrez, vous vous ferez une culture mécanique, et les fois d'après, vous irez au garage en faisant votre diagnostic de panne, que vous proposerez à votre mécanicien, deux fois sur trois, vous aurez fait le bon. Moi, c'est mon score. J'ai même proposé des diagnostics de panne à des mecs rien qu'en me faisant décrire les symptômes et en écoutant leur moteur tourner. Certains ne touchent pas une bille dans le domaine : ils ne naissent pas avec des dispositions particulières pour la mécanique. Quand on vous change une pièce, exigez qu'on vous montre la pièce défectueuse, manipulez-là au besoin, et demandez à voir une neuve à côté. Vous aurez au moins la certitude que la réparation a été faite ! C'est valable aussi pour les garçons, ce que j'écris, ils sont tellement sûrs d'eux qu'ils se font gruger comme au coin d'un bois.

Le coup du garagiste overbooked 

Il ne sait plus où mettre ses clients ni d'ailleurs, leurs voitures. Son agenda est pris à trois semaines. Au moins. L'homme d'affaires en salopette bleue tourne désespérément les pages de son agenda sans vous trouver de place. Soyez compréhensive : si vraiment il ne peut pas, ne jouez pas les tortionnaires, tout le monde a besoin de manger et dormir, soulagez la pression, dites-lui que vous comprenez, il a sûrement un confrère quelque part. Et tournez les talons. Généralement, il craque et vous court après, deux pages de son agenda étaient collées ensemble, comme c'est bête.

Il y a aussi la femme ou la belle-mère qui tient la caisse, bénévolement comme il se doit. Un jour, prévoyant de changer ma courroie de distribution, donc facture de main-d'oeuvre conséquente, j'avais prospecté des garages que je connaissais, pour avoir leur meilleur prix, histoire de comparer : prix, service. Rentrant chez moi, un peu déçue de mes résultats, j'aperçois un dernier garage que je ne connais pas : je donne un coup de volant et me gare dans la cour. Secrétariat : derrière le panneau, un genre de femme à barbe. Elle me détaille de la tête aux pieds d'un air méprisant, et me classe d'emblée dans la case nana qui s'occupe sur ordre de la bagnole de son mec.
"Bonsoir, Madame, je voudrais votre meilleur prix pour le changement de ma courroie de distribution", dis-je, pas démontée du tout.
Re : elle me détaille de la tête aux pieds d'un air offusqué, et
"De toutes façons, ça va pas être possible avant trois semaines" !
Moi : "Ça ne sera peut-être pas être jamais possible, j'ai demandé votre meilleur prix, un devis si vous préférez, pas un rendez-vous". Réinspection méprisante de bas en haut, et "Bon, je vais chercher mon gendre". Finalement son gendre et moi avons fait affaire, il était le moins cher, accessible à pied, et le plus serviable. Je suis restée plusieurs années chez lui avant qu'il déménage dans une improbable zone artisanale inaccessible.

Le coup de la courroie de distribution

Ah, la courroie de distribution, que de souvenirs ! En caoutchouc synthétique, elle mesure à tout casser 45 cm circulaire, un centimètre d'épaisseur, et elle a des crans. Invisible, elle est fichue au milieu du moteur dont elle agence les éléments ensemble, et elle fait tout tourner. Si elle casse, vous rachetez un moteur -ou une voiture-, c'est pareil. D'où les coups de nerfs des garagistes à son propos. Et comme pour la changer, il faut tout démonter, ça coûte cher en main-d'oeuvre. Pour les modalités, conformez-vous aux instructions du manuel du constructeur en années/kilomètres, à six mois près. Là où ça se corse, c'est quand vous gardez la même voiture longtemps, (d'où l'intérêt de garder vos factures, il y a les dates et vos kilométrages dessus) ou quand vous achetez une voiture d'occasion dont vous ne connaissez pas précisément l'historique. Ce fut le cas de ma voiture actuelle. Ayant fouillé les quelques factures du vide-poche, d'où rien ne ressortait, j'ai dû supposer que l'ancien propriétaire décédé avait fait toutes ses réparations dans le garage où il l'avait achetée, une donnée en ma possession. J'ai appelé : on a essayé avec l'immatriculation, puis le numéro de série de la voiture, dans les grands fichiers de Renault, pour finalement m'entendre dire que les données avaient été perdues avec l'upgrade de leur logiciel de gestion mécanique et comptable ! Curieusement, upgrade signifie souvent perte de mémoire : méfiez-vous de ceux de votre caisse de retraite qui compte vos points. Elles en sont au moins au 10ème, Alzheimer les menace. Quand on pense que ces machines ont été inventées pour stocker l'information à notre place, ça promet. L'humanité va finir amnésique. Et les caisses de retraite ne sont pas le principal problème, c'est quand on ne saura plus où on a rangé nos milliers de tonnes de déchets nucléaires au plutonium que ça va se corser.

En mettant ensemble l'âge de la voiture, les factures récupérées qui ne mentionnaient rien en matière de courroie, j'ai pris la décision de la changer. Fidèle à mes principes, j'ai demandé à voir l'ancienne et une neuve à côté : pas de différence, c'était même dingue. Mon garagiste m'a dit qu'elle avait des micro-fissures invisibles. Depuis, j'ai une sorte de syndrome post-traumatique : quand on prononce micro-fissure devant moi, je deviens blanche et j'ai envie de tuer quelqu'un. Mais je me maîtrise, pour le moment.

Le coup des balais d'essuie-glace sur l'autoroute

Un jour sur semaine en août, je rentre d'un rendez-vous en entreprise, il fait un soleil de plomb, et il commence à faire soif. Ma voiture et moi avons des heures dans les roues, je décide de refaire les niveaux, café pour moi, essence et huile, plus liquide de refroidissement (j'avais une fuite) pour elle. Une fois n'est pas coutume dans ces stations, qu'on n'ose plus appeler service tellement on peut y crever de solitude sans que personne n'approche, un mec en livrée de la marque arrive et commence à remplir mon réservoir, tellement que j'en reste baba. Pendant que ça remplit, il fait le tour de ma voiture, regarde les pneus, et tombe en arrêt devant mes essuie-glaces.
- Vous roulez avec des balais d'essuie-glaces pareils ?
Je lui fais incidemment remarquer que les essuie-glaces ne sont pas a proprement parler ce avec quoi on roule, qu'il ne pleut pas, que rien ne menace, et que oui, puisqu'il insiste, j'ai ces essuie-glace depuis longtemps, que forcément je m'y suis attachée, et que m'en séparer comme ça brutalement sur une aire d'autoroute, franchement je trouverais ça ingrat. J'ai besoin de me faire à l'idée de la séparation. Mais en revanche, pourrait-il avoir l'amabilité de me refaire mon niveau de liquide de refroidissement dont j'ai un bidon dans mon coffre ?  Il se trouve que mes essuie-glace étaient usés, mais comme ça, se faire fourguer une paire de balais par beau temps, au tarif autoroute, ça ne passait pas. Il vaut mieux se méfier, les client.es peuvent être la proie de vendeurs prêts à tout pour augmenter leur chiffre d'affaires.

Prenez des cours de mécanique auto

Apprenez à vérifier la pression des pneus, à vérifier vous-même vos niveaux d'huile, de liquide de refroidissement, à changer un pneu, voire à faire vos vidanges vous-même. Renseignez-vous : certaines associations féministes proposent des formations, mais aussi des garages coopératifs qui vous fournissent l'infrastructure et une assistance. Après formation, il faut pratiquer, parce qu'un savoir non utilisé s'oublie. Mais consultez les notes que vous avez forcément prises, ça aide. D'ailleurs, puisque les vacances approchent, c'est le moment de vérifier ou d'approfondir vos connaissances, et de vous remettre toutes ces notions en tête.

Liens :
Pour vous lancer ou vous rafraîchir les idées, un blog de mécanique :
Mécagirl, la mécanique pour les filles 
Il y a même des tutoriels !
Cesson Sévigné (Rennes) : La concession Nissan organise régulièrement des cours gratuits d'initation à la mécanique de 2 heures réservés aux femmes.
Pour être au courant abonnez-vous ou allez régulièrement voir leur compte Facebook.
Cherchez dans votre région : s'il n'y en a pas, c'est que le diable s'en mêle ! Et comme il n'existe pas...

jeudi 6 avril 2017

Pause pipi, mais uniquement pour les garçons



Dans la continuité de la ville au masculin, conçue et faite pour les hommes avec l'argent de toustes les contribuables, j'ai trouvé cette invention qui prouve tout de même qu'on est en plein désespoir : les édiles s'arrachent les cheveux qui leur restent. C'est quoi ? C'est un uritrottoir ! Je serais tombée dessus un premier avril, j'aurais cru à un poisson. Mais non, c'est LA solution qu'auraient trouvée Rennes (Le Mensuel de Rennes en kiosques), Nantes, la Gare de Lyon (deux à 9 000 euros pièce installés) pour éviter les "pipis sauvages". A Rennes, à partir des jeudis soirs  durant tout le week-end, les riverains des rues à fêtards du centre historique (à touristes donc, ce qui la fiche mal) se plaignent tellement des odeurs d'urine, que la Mairie planche sur le sujet. Alors, les filles, on pisse contre les murs en sortant de bars ou de boîtes ? Ah mais non, zut, encore un truc pour les mecs, ces incontrôlables asociaux, mais c'est passé sous silence une fois de plus. Donc, là où ils se dézippaient la braguette contre leurs murs favoris, on va mettre des pots de fleurs où ils pourront se soulager : ils pourront donc sortir leur appareil uro-génital en plein jour ou nuit et surtout, en pleine rue. Encore une prime au délinquant, on dirait bien. Vous, Mesdames, pourrez attendre qu'ils aient fini, ou contourner le spectacle (ou vous rincer l’œil éventuellement en faisant des commentaires) et surtout en serrant les fesses pour stopper une envie pressante. Car RIEN n'a été prévu pour vous. C'est vrai que vous, vous feriez plutôt une dilatation de la vessie ou une cystite, et sans vous plaindre en plus : pas de pipi rooms dans les parages ou alors tellement sales que vous préférez généralement attendre d'être à la maison pour vous soulager. Et c'est nous qu'on traite de pisseuses ?

Il est impossible de les contraindre à uriner dans des toilettes publiques ou d'attendre d'être à la maison s'ils ne veulent pas y aller, comme font les femmes ? Ou de les verbaliser lourdement s'ils sont pris sur le fait, sachant qu'il faut envoyer la maréchaussée dans les endroits qu'ils salissent et aux moments où ils sont susceptibles de commettre le délit ? Imaginez de trouver une fille en train de pisser dans une rue où il y a du populo -même la nuit ? Que croyez-vous qu'il arriverait ? Toujours le même double standard : aux hommes les budgets pour recourir aux expédients -même désespérés-, aux femmes de se débrouiller avec la pénurie ou la saleté des "commodités" ! De toutes façons, vous voulez que je fasse une prophétie ? Ils vont pisser à côté, c'est inévitable. Juste pour emmerder le monde.

Et une fois de plus, on se trompe de prioritaire : ce sont les femmes et filles qu'il faut favoriser. Nous ne sommes pas leurs égales, là non plus. A l'école, dans nos pays, des enfants, surtout les filles, se retiennent d'aller aux toilettes pendant la journée pour des raisons de propreté, de non surveillance et de portes qui ne ferment pas, préférant attendre de rentrer à la maison pour se soulager !
Dans les pays du Monde Tiers où le manque de toilettes est criant, les femmes sont les plus pénalisées : les filles quittent l'école lors de la survenue de leurs règles, car elles n'ont pas de lieux où se changer -sans parler du fait qu'elles n'ont pas accès aux protections périodiques ; dans les mégapoles bidonvilles, elles doivent attendre la nuit et sortir se soulager en groupe, et rien n'empêche qu'elles soient attaquées par les hommes rôdeurs, cherchant une occasion de mauvaise action. L'intimité et la dignité élémentaires leur sont refusées.

Et, spéciale dédicace aux boîtes de mecs que j'ai fréquentées en qualité de commerciale consultante et qui n'avaient pas de toilettes séparées pour les femmes, et dont les standardiste, comptable et secrétaire attendaient de rentrer  chez elles les midis et soirs pour n'avoir pas à affronter les rangées d'hommes cramponnés à leur appareil uro-génital, la crasse aussi, pour se soulager : vous êtes en infraction avec le Code du travail. Je soupçonne même certaines de ces entreprises de décourager ainsi sournoisement les candidatures de femmes à un poste chez elles.

Ce n'est donc pas aux hommes qu'il faut réserver des budgets pour améliorer le confort aux toilettes, c'est une fois de plus les femmes qu'il faut favoriser. Ce sont toujours les femmes qui sont oubliées et finalement pénalisées. Les investissements sur les garçons se révèlent au bout du compte être à fonds perdus ; investir sur les filles, leur confort, leur santé est toujours bénéfique pour la société entière. Qu'est-ce qu'on attend ?

samedi 10 septembre 2016

Les maîtres du monde (bis)

De quelques "sommets" internationaux -notez que les hommes de et au pouvoir se placent d'emblée là où l'oxygène est raréfié (avis aux femmes qui voudraient les concurrencer) et quelques "processions masculines" :

G20 summit Hangzhou (Chine) ce début septembre - Photo de famille
(attention toute robe n'est pas forcément portée par une femme, et tous les pantalons par les hommes !)


Une vue imprenable sur la calvitie de Poutine serrant la louche à Ban Ki Moon (même lieu)


Quelques mois plus tôt au G20 des ministres de finances à Chengdu : la rangée de devant assise souffre nettement du syndrome des "couilles de cristal", Christine Lagarde est seule épargnée, elle n'en a pas !


Et dans notre beau pays me direz-vous ? Comment cela se présente-t-il ?

Pas de commentaire : le titre de BFM TV se suffit à lui-même ! Bon, moi là, je ne chipote pas, qu'ils restent entre couillus à célébrer un dieu à leur image (couillu donc) ne me dérange pas. Inventons notre propre spiritualité, nous, les femmes !


Les Républicains en Université d'été à la Baule -photo de l'année dernière, notez qu'elle n'a pas pris une ride. Tellement flanelle grise, mâle blanc de plus de 50 ans la photo, que BFM TV s'est complètement mélangé les pinceaux et a cru entendre Bruno Le Maire parler de "nos femmes", ce qui a fait monter le rouge au front des féministes et pas des moindres, il a même été traité par une de "connard", je cite. Après plus ample informé, il s'est avéré qu'il n'a jamais dit "nos femmes" mais "les femmes" à propos du voilement des femmes et du burkini. BFM a présenté des excuses. On prête aux riches. Comme l'a souligné un édito d'Arrêt sur images, ça leur pendait au nez.

La photo de cette année :((


Et last but not least, les champions des comices agricoles et des concours de poulinières à Flers de l'Orne, j'ai nommé les ministres européens réunis cette semaine à Blois et Chambord pour discuter de la PAC (politique agricole commune) où les éleveurs exploitent toutes les vaches à traire et les poules pondeuses qui passent à leur portée :









Pour agrandir et éventuellement passer en diapositives, cliquez sur chaque photo.

Ils prennent bien soin de laisser deux ou trois femmes (alibi pensent-ils ?) rôder dans le coin pour donner le change : "regardez on n'est pas homosexuels, il y a une femme parmi nous" ! Et puis, ils sont com-pé-tents eux, avec les femmes il y a toujours un doute. Pourtant, quand on fait le bilan de leur gouvernance, ça ne saute pas aux yeux :
- Un milliard d'affamés malgré (à cause ?) de l'aide alimentaire qui permet d'écouler les surplus des pays riches et subventionnés ; "Madame, nous nourrissons le monde" (la FNSEA) !
- Guerres et expéditions hasardeuses et désastreuses, mal préparées et mal terminées comme en Irak, Afghanistan, Libye, Yémen..., qui précipitent les peuples dans le désastre et sur les routes de l'exil, avec des milliers de morts en Méditerranée et des "migrants" à nos frontières, migrants dont ils ne veulent pas.
- Menace climatique élevée qui fait ressembler le problème actuel des migrants à un signe avant-coureur de ce qui nous attend : des gens obligés de fuir pour échapper aux inondations, au feu ou à la sécheresse.
- Destruction en cours de la biodiversité et de la nature, terraformation, à tel point que nous sommes devenus une force géologique qui concurrence les éléments. Tout cela est advenu alors qu'ils avaient le pouvoir sans partage. Il est temps qu'ils passent la main et laissent les femmes s'exprimer : on saura enfin si elles sont "compétentes" et feront mieux. On n'a plus grand chose à perdre.
Theresa May a récupéré le pouvoir en Grande-Bretagne alors que les hommes se débandaient devant le désastreux Brexit provoqué par les mensonges de tous les partis de gouvernement comme d'opposition. Ils trouvent toujours des femmes quand il s'agit de nettoyer les effets de leur stupidité et de leur incurie : aux femmes, le pouvoir quand ils font défaut. Mais ils n'ont pas dit leur dernier mot : les USA votent dans moins de deux mois : les Républicains ont investi un escroc, Donald Trump, face à une femme compétente. Qui vivra verra.

jeudi 24 juillet 2014

Le cœur des femmes

Je relaie ici la campagne pour la détection des maladies cardiaques chez les femmes. Il existe une idée fausse mais qui a la vie dure : les femmes seraient mieux protégées par leur système hormonal contre les crises cardiaques et les infarctus. Encore une légende patriarcale : dans ce domaine il y a parité. Et les femmes meurent plus ! Nous sommes moins bien détectées, moins bien traitées, et bien sûr, comme d'habitude, pas prises en considération par la Recherche. Les symptômes des femmes ne sont pas les mêmes en matière de pathologie cardiaque et nous en mourons plus souvent, nous avons 7 fois plus de risques de mourir d'une crise cardiaque que d'un cancer du sein.

Le film est beau et réussi, avec Julie Depardieu dans le rôle principal :



Mesdames, faites surveiller votre coeur !

Liens : Le coeur des femmes en danger
Recherche médicale : les femmes défavorisées ?
Le PDF de l'Institut de France (avec rien que des hommes à la tête du pool recherche)

mardi 29 janvier 2013

Jessica Chastain - Kathryn Bigelow : Bechdel compatibles


Les protagonistes en présence (je parle du making du film) : donc, nous avons Hollywood, puissante première industrie à l'export des Etats-Unis, et la CIA, premier service de renseignements de la planète, toutes deux institutions "sévèrement burnées". En face, deux femmes : Kathryn Bigelow, rare metteuse en scène de la première, et Maya / Jessica Chastain, cheffe de département de la CIA, en charge de la traque de l'ennemi public numéro un : Ben Laden. Deux femmes dans des mondes radicalement masculins. Maya est le personnage réel qui a mené à bien la traque de Ben Laden pendant 10 ans, et qui identifiera son cadavre à la fin. Bigelow qui a tourné en 2008 le remarquable Démineurs (The hurt locker) filme la guerre comme aucun metteur en scène homme ne le fait : non comme un jeu vidéo survolté et stroboscopique, mais au raz des angoisses et des blessures, des shoots d'adrénaline qui rendent le retour à la vie civile quasi impossible. Elle n'a pas son pareil pour filmer des mecs mal rasés à gros muscles, avec des zip, des poches et des gadgets partout, nourris à la viande américaine, engraissée au soja transgénique !

Maya, recrutée à 15 ans dans son collège pour une raison qu'elle refusera de donner au Directeur de la CIA quand il lui posera la question, se persuade tout au long de sa traque que, contrairement à ce que pense sa hiérarchie, Ben Laden ne se cache pas dans une grotte en Afghanistan, mais qu'il ne peut transmettre ses ordres à ses partisans qu'en vivant caché dans l'anonymat d'une ville au milieu de la population. Il faut dire aussi que le souvenir des "preuves d'armes de destruction massive" trafiquées pour prétexte à la guerre d'Irak ont laissé des traces douloureuses dans les services. Maya doit user de tout son pouvoir de conviction envers ces chats échaudés pour infiltrer en territoire pakistanais le présumé compound fortifié de Ben Laden (évaluation à 60 % de chances que ce soit lui) avec hélicoptères furtifs prototypes et troupes d'élites.

Quelques pisse-vinaigre de critiques trouvent que Maya est décidément bien seule (film sex free, pas de mari, pas le moindre fiancé, donc pas de roulages de pelles, et quelle horreur, pas de têtes blondes à assister dans leurs devoirs à la maison !) et que sa mission tourne fortement à la fixette. Le film concentre en 2 H 30, 10 ans de recherches obstinées, depuis le 11 septembre 2001 jusqu'au 2 mai 2011, recherche avec ses doutes et ses errances, notamment des interrogatoires sous la torture (ou la "contrainte" comme disent pudiquement les officiers) pendant la première demi-heure du film, pour finalement opter pour les moyens conventionnels du renseignement : recrutement d'agents du cru, réveil des dormants, écoutes, filatures, etc.. qui au final portent leurs fruits. Le film et son résultat démontrent que la torture ne marche pas.

Ce beau film d'auteur-e sans effets jeux vidéo, sans l’esbroufe des films de guerre des metteurs en scène hommes, film purement factuel et clinique, avec un final hypnotique est, de plus, totalement Bechdel compatible, test de Bechdel dont je rappelle les trois conditions (Maya a des collègues femmes dans son service) :

1) Y a-t-il une ou plusieurs femmes ? Ont-elles des noms ? 
2) Se parlent-elles entre elles ?
3) Parlent-elles d'autres choses que d'hommes ?

Le film est d'autre part produit par une femme (Megan Ellison), distribué par une femme (Amy Pascal, co-présidente de Sony Pictures) et, selon Michael Moore dans le lien ci-dessous en anglais, "c'est un film qui dit que dans les sociétés d'hommes, il est difficile de faire entendre une voix de femme, même dans une époque éclairée comme la nôtre !".

Je n'aime pas les films de guerre, à l'exception de deux chefs-d'oeuvre : Les sentiers de la Gloire de Stanley Kubrick (Paths of glory -1957, sorti en France en 1975) et La Ligne rouge (The thin red line - 1998) de Terrence Malik, contant la bataille de Guadalcanal en 1942 dans le Pacifique, chef d’œuvre panthéiste, comme toute l’œuvre remarquable de ce metteur en scène. Et, des deux derniers films de Kathryn Bigelow.


Zero Dark Thirty - Bande-Annonce / Trailer #2... par Lyricis

Un lien où Michael Moore défend le film et s'oppose à la torture (en anglais) : In defense of Zero Dark Thirty

mercredi 18 juillet 2012

Sexisme à l'Assemblée, Bernard Debré, cumul et langue fielleuse

Résumons pour celleux qui n'auraient pas suivi tout depuis le début : l'UMP préfère payer de lourdes amendes pour non respect de la parité plutôt que désigner des candidates femmes au suffrage universel, et l'un de ses députés les plus en vue, Bernard Debré est résolument POUR le cumul des mandats ; en plus de son statut de chef de service d'urologie à l'Hôpital Cochin, il cumule en effet son mandat de député avec celui de conseiller de Paris et il est membre du comité consultatif d'éthique. Il est ancien maire d'Amboise. Il semble également selon sa présentation sur France5 qu'il soit chef du département d'urologie de l'East Hospital de Shangaï ! Cumul des mandats et des postes.

Signalons également que la France est la dernière des démocraties européennes à cumuler ainsi les mandats, ce qui fait de nous la risée de nos voisins.La situation devient réellement intenable, et le nouveau Président de la République a inscrit le non-cumul dans son programme. Cela commence donc à chauffer pour de bon pour les cumulards ! D'où les tirs en salve de ces derniers jours. Contre Cécile Duflot et sa tenue vestimentaire d'abord : quand elle se présente en pantalon jean au Conseil des Ministres, elle se prend une volée de bois vert, et quelques semaines plus tard, c'est en robe qu'elle se fait huer par les parlementaires !

Il ne faut pas se tromper. Ces manifestations de sexisme sont plus que de la beauferie, caractéristique des assemblées d'hommes, il s'agit d'agressions délibérées ! Et ces agressions sont destinées à nous faire perdre nos moyens et la confiance en notre compétence. Pour eux le pouvoir est masculin, et ils ont tout à perdre en le perdant : leurs multiples postes bien payés d'abord, et la sacralisation du pouvoir, la croyance ancrée qu'il sont les seuls compétents en ces endroits ! Il n'y a QUE 577 places à l'Assemblée Nationale et 343 au Sénat. Il va donc falloir qu'ils s'en aillent pour nous faire de la place. D'où ces déferlements de haine sexiste et, dans la vidéo ci-dessous, les allusions fielleuses de l'urologue de l'UMP contre Rachida Dati et ses boutiques préférées, que le ci-devant Bernard Debré fréquente certainement aussi. C'est donc d'autant plus minable et déshonorant comme procédé contre une femme politique, et de son propre camp encore ! Ce qui prouve que tous les procédés sont bons pour nous tenir éloignées du  pouvoir !


Nouveau tacle de Bernard Debré à Rachida Dati par LCP

Liens :  Ni robe ni pantalon, Le poison de la misogynie,   La revanche des misogynes.

mercredi 30 mai 2012

Cannes, clap de fin


J'ai toujours considéré le cinéma de Cronenberg comme l'un des meilleurs. Lors de mes crises de cinéphilie aiguë, je pourrais même me relever la nuit pour en manger, tellement j'aime ! Les éprouvantes transformations corporelles de Jeff Goldblum dans La Mouche, les images biologiques d'eXistenZ et son plat de bidules gluants (et vomitifs) dans le restaurant chinois, les inquiétants jumeaux gynécologues de Faux-semblants, et surtout, plus proches, ses deux dernier films Eastern promises et A history of violence montraient une maîtrise parfaite de la mise en scène et leurs histoires d'anti-héros (mâles tout de même) faisaient froid dans le dos. Je suis donc allée, sans lire aucune critique, les yeux fermés, voir Cosmopolis, adapté du roman de Don DeLillo. Mais puisque les critiques, subjugués par le Maître et ne voulant pas se déjuger, n'ont pas osé dire que son dernier  film est une bouse, ça n'aurait rien changé.

Donc, Robert Pattinson, avait besoin de se sortir de 4 films de vampires pour minettes, par un emploi dans un vrai film d'auteur : il est servi. Il joue le rôle d'un spéculateur (sur le Yuan) de 28 ans, milliardaire, obsédé par la symétrie des équations mathématiques et accessoirement par l’asymétrie de sa prostate ! Nous vivons avec lui sa dernière journée dans sa limousine de 7 mètres de long, sorte de chambre anéchoïque bourrée de liège et blindée, qui lui épargne les bruits des émeutes venant de l'extérieur (le bas peuple se révolte) et sa rencontre avec différentes personnes (son associé -22 ans déjà, donc vieux, qui s'occupe de sa sécurité), sa gouroue économique, et deux autres femmes -dont Juliette Binoche qu'on ne voit jamais, dans sa courte prestation, ni assise ni debout mais toujours allongée- qui lui rendent des services sexuels (interminables les rapports) en essayant de lui vendre quelque chose. Il a enfin un troisième rapport sexuel, je le trouve filmé comme tel car pendant toute la longuissime scène il gémit : son médecin qui lui fait un toucher rectal et lui trouve une prostate asymétrique. Les dialogues du roman de DeLillo sont restitués à l'identique, ce qui donne un film verbeux et
statique ; pendant les trois premiers quarts d'heures, je me suis demandé si Cronenberg n'avait pas versé dans le cinéma bavard français, style Rohmer ou Honoré, où les héros font l'exégèse de leur vie, mais sans leur talent tant c'est factice. Je vous fais grâce des écrans tactiles qui saturent le cinéma actuel, de la laideur du cinéma numérique, et des restes de crème fouettée pendant les trois derniers quarts d'heure sur la joue de Pattinson qui s'est fait entarter lors d'une tentative de sortie hors de sa limousine !

OK, les hommes sont des héros décadents et déshumanisés, ils ont ruiné la planète avec leur appétits de gloutons insatiables et surpuissants, ils vampirisent et parasitent l'humanité, les femmes leur servent au mieux de défouloirs pour leur besoins sexuels, et donc les pauvres, ils sont très malheureux ! Je les plains. Mais franchement, est-ce que ça valait une sélection à Cannes ? Est-ce que ça leur donne le droit de nous emmerder avec leur vide existentiel et les productions "artistiques" que cela leur inspire ?

La presse pourtant pas suspecte de féminisme énervé a administré une volée de bois vert à ce festival et ses sélectionneurs : dans le Figaro ICI "Vieux festival cherche grands films"et Le Nouvel Obs ICI : un terne palmarès pour une édition sinistre !
Ce cinéma d'auteurs mâles est bel et bien à bout de souffle. Les dernières technologies mises au service du cinéma n'y changent rien. Et quelque chose me dit que l'année prochaine, les choses pourraient changer. C'est en tous cas ce que je souhaite au Festival de Cannes. Et même si le cinéma n'a pas de sexe (hormis le sexe masculin qui n'est pas un sexe, mais représente l'universel, pardon, l'Universel comme il se doit) le cinéma des femmes peut présenter une alternative à ce cinéma funéraire, comme l'explique Noémie Lvovsky dans la vidéo ci-dessous (la pub peut être arrêtée au bout de 4 secondes) :


Noémie Lvovsky répond à l'absence de femmes dans... par lesinrocks

Cosmopolis est un roman de Don DeLillo, excellent écrivain américain que j'aime énormément et dont je recommande la lecture. Dans Chien galeux (Running dog), il a écrit ceci :

"J'ai été mariée au même homme pendant onze ans de ma vie. J'étais à ses ordres. Sans bien m'en rendre compte. Ses ordres muets. D'une manière ou d'une autre mystérieusement, sans que ce soit jamais évoqué. C'est dans l'air entre nous. Cela passe par des ondes hertziennes, de galaxie à galaxie."

"Le génie absolu des hommes. Veux-tu savoir ce que c'est ? Les hommes veulent. Les femmes se contentent de traîner dans le coin. Les femmes croient qu'elles font une carrière de tonnerre de Dieu, tut, tuut. Rien, elles ne vont nulle part, je peux te le dire. Les hommes veulent. Bang, Crac, Boum. L'impact, nom de Dieu. Les hommes veulent tellement. Cela nous étourdit un peu, nous fait perdre les pédales. Que sommes-nous devant cet énorme désir, ce besoin éternel et buveur de sang qui les tient ainsi ?"

"Ils sont fous, c'est leur génie secondaire. Ils sont totalement fous. Fous furieux. Réfléchis. Pense un peu. Ils sont dingues. Et nous sommes leurs femmes. Nous vivons avec eux."
Running Dog - 1978

lundi 28 février 2011

Le Président


Ce film d'Yves Jeuland propose une descente en apnée au cœur du pouvoir masculin et de ses campagnes électorales. Pouvoir masculin tellement compétent,  immuable et incontestable, tellement puissant qu'il peut par exemple diriger la mairie de Bordeaux ET reconstruire le ministère "dévasté" des affaires étrangères, fingers in the nose, un jeu d'enfant. Je l'ai vu avec deux mois de retard ce film, mais franchement, ça valait le coup d'attendre !
C'est vrai qu'avec 35 copies du film prévues pour la France entière, dont une quinzaine pour le Languedoc-Roussillon dit Montpellier Journal, il ne faut pas que je me plaigne, j'ai encore de la chance de l'avoir vu passer chez moi !


LE PRÉSIDENT : BANDE-ANNONCE HD (Georges Frêche)
envoyé par baryla. - Regardez des web séries et des films.

La dernière campagne électorale de Georges Frêche donc (Régionales de 2010) filmée librement et sans aucune censure, dit Yves Jeuland. Exclu du PS pour propos racistes, l'investiture du Parti s'était reportée sur Hélène Mandroux, maire de Montpellier, chair à canon envoyée au casse-pipe face à Frêche. Selon une habitude des grands partis, les femmes sont envoyées au front quand les carottes sont cuites. Elle n'avait aucune chance. La suite, on connaît : Frêche vainqueur, 54 % au deuxième tour, et Mandroux éliminée au premier tour avec 7,7 % des voix. Taux d'abstention remarquable : 50, 27 % (données Ministère de l'Intérieur).

Le film est édifiant : jamais une femme dans le champ de la camera, ou alors seulement si elle est maquilleuse, secrétaire porteuse des piles de parapheurs, serveuse de petits fours derrière le buffet, ou femme de ménage nettoyant au chiffon le bureau du Président, ses statuettes de granzomes et son jeu de cartes. Et en arrière-fond, très floues, sa femme et sa fille plus son éditrice, lors d'un repas. Les plans en légère contreplongée sur l'Hôtel de la Région sont aussi très intéressants : le style architectural en est nettement stalinien tendance Ceaucescu, le syndrome-du-grand-homme-voulant-laisser-une-trace-en-béton-pour-la-postérité est saisissant, et il est à la petite (Ceaucescu faisait mieux !) démesure du Président.

Hélène Mandroux en prend pour son grade : attaques physiques ("Mandroux, vous avez vu sa tête ?" ; quand on a soi-même un air de ressemblance avec Jabba the Hut, le méchant qui contrôle la pègre de la Galaxie dans le Retour du Jedi, 3ème volet de la Guerre des Etoiles, c'est cocasse !) et intellectuelles :  « Mandroux, elle ne mérite pas. C’est une femme. Elle n’a jamais rien compris à la politique. Tant qu’elle me suivait, elle savait où elle allait parce que je la guidais. Mais maintenant qu’elle est seule, elle fonce dans le brouillard".

Ou encore : "Mandroux, je la connais, c'est moi qui l'ai faite ; je l'ai prise comme première adjointe, si elle avait eu ne serait-ce qu'une idée, je m'en souviendrais !" Il n'y a rien à rajouter. Sauf que si ce film passe dans vos parages, courez le voir, il a un intérêt archéologique incontestable.

Pour plus d'extraits : suivre le lien Montpellier Journal : il en propose huit de la même saveur que la bande annonce.

Selon Les nouvelles News, les choses ne changent pas : pour les prochaines cantonales de mars 2011, les hommes sont candidats et les femmes.... suppléantes. La parité à la française, en somme.

Georges Frêche est décédé le 24 octobre 2010. Son remplaçant à la présidence de la Région Languedoc Roussillon est Christian Bourquin. 

dimanche 23 janvier 2011

L'émancipation et le travail des femmes en dates

Rappel des dates qui font l'histoire des femmes au travail et de leur émancipation (?). AH AH.

(Actualisation au bas du billet au sujet du jugement régressif rendu par la Cour d'Appel d'Angers sur la maternité sous X)


































L'infographie est de Mode(s) d'emploi que je remercie. Regardez bien dans les marges. Le billet concerné est ICI.

Voyons un peu : 1972 : Loi imposant égalité de salaire et de traitement entre les hommes et les femmes. Warf, Warf, Warf ! 40 ans après, les salaires des deux restent DIFFERENTS de moins 20 % en moyenne au détriment des femmes, et c'est apparemment incompressible malgré le renforcement de la loi en 2006. Et ce n'est pas la Récession provoquée par le krach financier de 2008 qui va faire changer les choses : en période de récession, les femmes sont de préférence priées de laisser la place aux mecs, sur un marché de l'emploi en "crise", et de mettre leurs revendications sous le boisseau. Rappel : les salles de marché des banques/casinos sont peuplées à 99 % d'hommes ! Ils sont ipso facto responsables, et c'est leur "crise" ! Ils devraient en bonne justice être les seuls à payer l'ardoise, mais ce n'est pas le cas ! Après avoir fait sauter la banque, privatisé les profits et mutualisé les pertes, ils continuent à se faire des couilles en or, et ils spéculent maintenant sur les matières premières, dont les céréales et les légumineuses que nous mangeons !

Loi Roudy de 1983, décret d'application juillet 1983 : interdiction de mentionner dans une offre d'emploi quel que soit les caractères du contrat de travail envisagé ou dans toute forme de publicité relative à une embauche, le SEXE ou la situation de famille,... refuser d'embaucher une personne, prononcer une mutation [....] en fonction du SEXE ou de la situation de famille, prendre en considération le SEXE ou la situation de famille notamment en matière de rémunération [....].
Lors de la parution du décret d'application de la loi Roudy, mon patron de l'époque m'avait envoyé par courrier postal une engueulade préventive à propos de cette loi, précisant que si j'insérais une offre d'emploi de sage-femme* sans la mention H/F ou "le poste est ouvert aux deux sexes" on verrait ce qu'on verrait ! Que ça barderait sérieusement pour mon matricule ! Depuis, si j'avais touché 10 euros à chaque fois que j'ai lu dans un offre d'emploi "homme de terrain", "homme de dialogue", ou homme de tout ce que vous voulez (contrairement à ce que nous expérimentons tous les jours, l'homme est adaptable (dingue !) à toutes les sauces dans les publicités de recrutement !), je serais à la tête d'un bas de laine conséquent. Sans que la DDTE, le commissariat de police, le procureur de la République, la Halde,... alertées ne remuent leur gros derrière. Les bonnes femmes, ça fait secrétaire, caissière et infirmière et c'est juste un salaire d'appoint. Point. Circulez !
Il serait temps de se pencher aussi sur les pratiques racistes, sexistes, âgistes des cabinets de recrutement, ces parasites des ressources inhumaines, qui sont (mal) payés pour faire les basses besognes que les entreprises n'osent plus faire elles-mêmes ! Et notez que mentionner votre situation de famille et le nombre de vos enfants n'est pas obligatoire ni conseillé sur votre CV, cela relève de votre vie privée.

1986 : Légalisation de la féminisation des noms de fonction : vaste rigolade, on meurt de rire ! Même les femmes refusent de les porter au féminin les noms de fonction ! Le féminin n'est pas légitime, le masculin qui l'emporte sempiternellement sur le féminin (règle de grammaire idiote, imbécile, sexiste et ringarde) nous a spoliées du magistère de la parole, donc notre parole ne porte pas, nos opinions sont sujettes à caution (mâle de préférence), mettre un E à un nom de métier masculin relève de la transgression, et directRICE serait moins bien que directEUR, LA ministre et LA maire, ça ferait tarte et serait contraire aux règles de la langue (voir les opinions d'académiciens sous bandelettes poussiéreuses), comme si une langue n'appartenait pas à sa locutrice et que celle-ci peut donc lui faire dire ce qu'elle veut, du moment qu'elle se fait comprendre, et que les règles de grammaire sont juste des conventions. Alors un peu d'audace ?

2000 : Parité en politique : avec amendes ridicules pour les partis qui n'obtempèrent pas ! D'ailleurs, supprimons les amendes et imposons l'application. Car ils ont toujours un homme qui fait mieux l'affaire, les femmes sont invisibles et ne sortiraient pas du lot. Et puis, les femmes collent les timbres et assurent tellement mieux l'intendance des partis. Résultat minable aux deux assemblées : 18 % de femmes députées et  21,8 % de femmes sénatrices.

2001 : Loi Génisson : l'égalité hommes/femmes rentre dans les négociations annuelles en entreprise. Bon, OK. En attendant, j'ai demandé il y a deux ans et demi à mes banques de me donner le lien internet conduisant à leur bilan social, histoire de voir les répartitions de postes par genres, les écarts de salaire éventuels, qui bénéficie de la formation..., et qui la joue casino avec mes économies. J'attends toujours malgré mes relances. Allo ? La Terre ?
Pas de réponse ? Message personnel : vous ne perdez rien pour attendre, la vengeance est un plat qui se mange froid, très, très froid.

2010 : Loi Copé Zimmermann instaure un quota de 40 % (pourquoi pas 50, ils ne savent pas compter ?) dans les boards des entreprises du CAC 40 d'ici 2016. Encore une mesure dilatoire qui ne sera pas implémentée : Copé dans le nom d'une loi, je ne sais pas pourquoi, je le sens mal. Cumulard par excellence, il envoie un mauvais signal d'emblée aux patrons et administrateurs qui ne voient pas pourquoi ils laisseraient leur place à une femme. Parce qu'il s'agit bien de cela : les places sont limitées, ils doivent donc s'effacer pour nous laisser passer !

Au fait, quand les job boards se font leur salon de recrutement en nouvelles technologies (qui n'ont de nouvelles que le qualificatif, en pratique, c'est l'usine de papy gadzart !), ça donne l'affiche ci-dessous : (précision, parce qu'apparemment ce n'est pas évident pour tout le monde un homme seul sur une affiche de forum de recrutement, ça signifie que les femmes n'y sont pas les bienvenues ! Moi, je le lis comme cela). Pareil pour les têtières de cabinets de recrutement -VOIR ICI-, où les femmes, quand il y en a, sont deux pas derrière !

























* Dans sage-femme, contrairement à ce que presque tout le monde pense, le mot femme ne réfère pas à la praticienne MAIS à la parturiente. Un homme qui exerce ce métier porte donc naturellement le nom de sage-femme.

Actualisation au sujet du jugement d'Angers sur l'Accouchement sous X à lire ICI :
Dans cette période de backlash décidément bien dure aux femmes, le jugement rendu dans l'affaire des grands-parents qui demandaient la garde d'une enfant née sous X et qui l'ont obtenue, il ne fait définitivement pas bon être mère dans ce pays ! Leurs droits sont constamment bafoués. Et elles sont toujours considérées comme incapables de prendre seules la bonne décision en ce qui concerne leurs enfants, éternelles écervelées mineures qu'elles sont. Ce jugement d'Angers introduit une brèche dans le droit à l'accouchement sous X. Une femme qui avait offert de pleine volonté à son enfant un avenir qu'elle ne pouvait lui assurer elle-même en le proposant à l'adoption, vient de voir rompu le secret à la demande des grands-parents, qui bafouent par là même la volonté de leur fille. C'est le triomphe de la biologie et des liens du sang, une autre régression dans cette époque régressive.

lundi 19 avril 2010

Des femmes dans les salles de marchés des banques !










Lehman Brothers aurait-elle fait faillite si elle s'était appelée Lehman Sisters ?


La question est absolument cruciale un an et demi après que les contribuables et les puissances publiques ont refinancé le système bancaire mondial, et au moment où le scandale rebondit, puisque la SEC américaine mène une enquête sur une gigantesque escroquerie de la Banque concurrente de Lehman Brothers, la survivante Goldman Sachs et l'un des ses traders français dont parle le Figaro électronique du 18/4.

"Le système financier a été créé par des hommes, 99 % de ses employés sont des hommes ; ils ont une mentalité de troupeau, ils sortent tous des mêmes écoles, pensent tous la même chose, ont les mêmes amis, lisent les mêmes livres, parlent le même jargon, en conséquence le système est très déséquilibré" !
Je cite la journaliste du New York Magazine dont l'article What if women ran Wall Street est arrivé dans ma boîte mail.

Ce qui caractérise un bon trader, c'est la capacité à contrôler ses émotions selon l'article ; or, les hommes auraient une fâcheuse tendance à vendre leurs actions au moment où le marché est au plus bas, selon une étude de Vanguard Investment : il y a très peu de femmes dans les salles de marché mais elles sont meilleures, ne perdent pas leurs nerfs et leur présence a pour effet de calmer les garçons.

La testostérone et le cortisol (hormone de stress) seraient responsables des prises de risques inconsidérées. Les femmes aussi produisent de la testostérone, mais 15 fois moins, et d'autres critères font varier la production de testostérone à la baisse chez les hommes : la maturité, le fait d'être marié, d'avoir des enfants, de s'en occuper, de rester à la maison et de manger moins de viande ! SIC. Je cite toujours la journaliste.

En revanche, accentuent l'agressivité et les prises de risques : la concentration de mâles jeunes fait varier à la hausse les pics de testostérone, les hautes technologies supersoniques, la capacité à faire des affaires énormes à la vitesse de la lumière, la compétition imbécile (le jeu le plus répandu dans les cours de récréation : trouver celui qui pisse le plus loin), tout concourt à exciter une agressivité d'hommes des cavernes. Je cite toujours. On ne trouve pas de femmes, là où les femmes tendraient à freiner ; les femmes reconnaissent plus facilement qu'elles ont tort, dit une ancienne chef de service de Goldman Sachs. Les femmes ne disent pas "je sais mieux que personne ce qui est bien et elles demandent de l'aide quand les choses tournent mal". De même qu'elles savent demander leur route quand elles sont en voiture et qu'elles sont perdues.

Une femme trader conseille sagement à un de ses collègues mâles qui amasse des millions en positions gagnantes sur son compte, d'en vendre la moitié. Sage précaution... qui ne sera pas suivie. Le trader revendra ses actifs donc ceux de ses clients à perte après plusieurs jours de marché baissier ! "Les bulles sont un phénomène provoqué par de jeunes mâles qui, quand les choses tournent mal, présentent tous les symptômes de la psychose : négation de la réalité, hyper confiance en soi, et prise de risques insensés".
Et quand leurs dirigeants incompétents ne comprennent plus les produits et les outils (algorithmes) manipulés par des mathématiciens sortant de X Palaiseau ou Centrale, le pire est toujours sûr. L'autre argument pour des femmes dans les salles de marché des banques, c'est la DEMOCRATIE ! Notre argent à nous les femmes est aussi dans leurs banques ; nous demandons à le gérer nous aussi, au mieux de nos intérêts. Les fonds spéculatifs (hedge funds) n'ont aucune utilité économique et sociale, sauf engraisser quelques prédateurs et entretenir un dangereux effet casino.
Au fait, Les Lehman Brothers avaient bien une sister : mais elle a été nommée PDG QUAND les choses allaient tellement mal qu'il était devenu impossible de sauver la banque !


PS : (mauvaise) Humeur.
L'hyper-actif Jean-Christophe Rufin est de nouveau en promotion, on le voit partout ; le ci-devant ambassadeur de France au Sénégal, académicien, ex médecin humanitaire et écrivain publie un nouveau roman après le très faible Parfum d'Adam destiné à jeter le discrédit et l'opprobre sur les défenseurs des animaux en les faisant passer pour de dangereux terroristes ! Les femmes du Tiers-Monde savent bien que leurs ennemis mortels sont les seigneurs (saigneurs ?) de guerre, les trafiquants d'armes, les lords of war, et pas les doux pacifistes non-violents que sont les pro-animaux ! Espérons pour lui -je ne serai pas cliente- que ce dernier roman sera plus réussi.