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vendredi 19 mai 2017

Bâton contre fusil : la construction sociale de l'inégalité des sexes

J'ai trouvé cette photo mise en scène, "ritualisée", datant selon les apparences de mai 2016, quoiqu'il faille toujours se méfier sur Twitter, on ne sait jamais d'où ça vient. Et je n'adhère pas au commentaire spéciste d'Emmanuel Foulon, traiter le chasseur de cochon n'est pas pertinent, mais ce n'est pas le sujet. D'abord, je me suis dit une de plus, et puis en y regardant à deux fois, elle est intéressante cette photo, très intéressante même. En la regardant, nous regardons le passé, celui de l'espèce humaine, 10 000 à 30 000 ans en arrière, c'est fascinant. En 2017, du fond du Néolithique, 30 000 ans de proto-histoire vous contemplent.
En premier plan un lion, devenu trophée de chasse, mort, assassiné ; posant fièrement avec son fusil, le chasseur qui a commis le forfait. Et derrière, la femme du chasseur avec... un bâton ! Sans arme, autrement dit. Voici ce qu'écrit Paola Tabet dans La construction sociale de l'inégalité des sexes :

" Chez les Aetas des Philippines, les femmes participent à la battue (de chasse) surtout si les chiens sont peu nombreux. Pendant la battue, [elles] courent ça et là dans la brousse en aboyant : elles n'ont jamais d'armes, lesquelles sont réservées aux hommes. " (citant Reed - 1904)

Elle continue : " Dans tous les cas... le rôle des femmes est indispensable et fait partie intégrante des opérations de chasse. Mais leur participation se fait à main nue : elles servent seulement de moyen sonore pour effrayer l'animal, elles sont une sorte d'épouvantail sans pouvoir offensif et en même temps sans protection ni moyen de défense personnel. Leur position reste subordonnée, elles ne capturent jamais directement l'animal. " [...]

" La chasse typiquement féminine se fait donc sans armes ou avec des armes improvisées : cailloux, bâtons..." Toujours Tabet.
Et
" Ce n'est pas la chasse qui est interdite aux femmes, ce sont bien les armes ; c'est bien l'accès aux armes, en tant que telles et en tant que concrétisation d'un développement technologique, qui leur est refusé "

Et comme les armes sont les premiers outils, voilà pourquoi les femmes n'ont pas accès aux outils non plus. 10 000 ans plus tard, les hommes conduisent l'auto le dimanche, le tracteur et la moissonneuse à la ferme, pissent du code dans les sociétés de services informatiques puisqu'on en a moins besoin au hardware qui était leur domaine réservé au début des calculateurs, font pilotes de chasse et longs courriers, et ont le quasi monopole du pilotage des camions, grues et des nacelles élévatrices sur les chantiers du bâtiment. La prohibition des outils nous interdit les gains de productivité, nous condamnant de fait aux tâches harassantes, répétitives et chronophages, pendant que les hommes qui ont, eux, des loisirs monopolisent ainsi le jeu et l'organisation de la Cité, la politique.

Le tabou des armes a aussi pour conséquence l'interdiction faite aux femmes de se défendre : sans accès aux armes on est à la merci des prédateurs, animaux comme humains. C'est plus facile de nous contraindre au servage, à la reproduction forcée et à la violence patriarcale. J'ai du mal à m'ôter de la tête que si Jacqueline Sauvage a été lourdement condamnée à deux reprises par deux instances à 10 ans ferme pour s'être défendue en tuant son bourreau de mari, c'est parce qu'elle l'a fait avec un fusil de chasse ! Meilleure coup de fusil que lui, la justice patriarcale française ne pouvait pas laisser passer. Ça ne la rend pas sympathique, je n'aime pas plus les chasseuses* que les chasseurs, ça donne juste l'envie de la défendre devant une telle adhésion aux constructions sociales héritées du Néolithique.

Pour en finir avec ces sociopathes - 
Tuer un rhinocéros en payant (cher) pour sauver les rhinocéros oui, ça existe, c'est encore une manifestation du parasitisme patriarcal



Cet article du Scottish Sun rapporte une partie de chasse entre milliardaires au luxueux resort écossais de Donald Trump en Ecosse mi-mai : massacre de 600 faisans et perdrix pendant un séjour de 6 jours dans l'hôtel 5 étoiles de Turnberry, Ayrshire, juste pour le plaisir de l'entresoi, contre enchère de 10 000 £ remportée à Dallas USA, au grand dam des défenseurs des animaux. Deux ans auparavant, le même Dallas Safari Club, avait payé 270 000 £ pour tuer un rhinocéros noir de Namibie, espèce en grand danger de disparition. Devinez le prétexte : sauver les rhinocéros ! Si. On verse près de 300 000 £ sterlings pour tuer un rhinocéros... à un fond de sauvegarde des... rhinocéros. Ces malades ne prennent même plus de précautions pour cacher leurs incohérences de sanglants suprémacistes mâles. Ce sont les incohérences du conservationnisme, qui n'est pas l'environnementalisme, puisqu'il a été inventé par des milliardaires pour préserver leurs terrains de chasse. On retrouve leur ADN dans les "ONG" de type Sierra Club et WWF. Faites attention à qui vous donnez.

Les chasseurs accumulateurs de trophées d'animaux sont des sociopathes : froids, sans empathie, ils tuent sans autre motif que la jouissance que leur procure la mort d'un être vivant, ils n'ont que peu de contrôle social sur eux-mêmes, et si vous pensez que pour l'instant il ne s'attaquent "qu'à des animaux, c'est que des bêtes après tout", ça peut changer. Il sont susceptibles de transgresser vers le haut, puisque nous sommes une espèce hiérarchique, en tuant femme et enfants. Voyez Pistorius et tant d'autres. Le meurtre animal reste encore toléré, voire accepté, cela ne veut pas dire qu'il n'est pas symptomatique de cruauté et de jouissance malsaine selon leur bon plaisir. Ils sont dangereux.

A lire absolument. Paola Tabet est anthropologue.


Lien :
IFAW International Fund For Animal Welfare écrit aux chasseurs de trophées -
Chasse sportive : l'amour de la nature morte

* La chasse en France : 98 % d'hommes, 2 % de femmes. Néolithique, donc.

dimanche 8 janvier 2012

Trendy : L'homme féministe

L 'homme féministe arrive, il est là, décomplexé, il affiche son féminisme tout neuf. Bonne nouvelle ?

Stade #1 - Le patriarcal incurable calcifié dans les habitudes et les certitudes inébranlables : l'hétérosexualité est "naturelle", les femmes sont "faites pour avoir des enfants" et elles sont inférieures : physiquement et intellectuellement ! La preuve -irréfutable ? "Il n'y a pas de femme philosophe !" (SIC). Notez que c'est le même qui vient nous les briser menu lors des tables d'information sur le végétarisme et nous expliquer que les "animaux sont fait pour être mangés". Inutile de discuter : il ne perçoit jamais les signaux faibles (il n'est pas le seul) et pour lui les choses sont immuables. Cela Est, Immanent, Inquestionnable.
Voici son portrait ICI et ICI (en plus rigolo !).
Stade #2 - Le paternaliste doucereux : il trouve que les femmes "sur un chantier de bâtiment ou de travaux publics, dans la boue, franchement...", et qu'au volant d'un gros camion, "ce n'est vraiment pas féminin". Vous avez beau lui dire que la manutention est faite par des machines, il tient mordicus à son idée de la décence et de la vraie place des fragiles femmes. (Leurs grands-pères partis s'entretuer pendant la 1ère guerre mondiale en laissant les femmes les remplacer aux champs, et dans les usines ne s'étaient curieusement pas inquiétés de savoir si nos manucures tiendraient le coup malgré les dures circonstances !). Pour lui, notre place est plutôt au foyer que dans la politique, et plutôt ayant des enfants "parce que ce n'est que du bonheur" ! Je l'ai entendu plusieurs fois... en entretien d'embauche.
Si vous voulez un aperçu des stupidités qu'il profère, c'est par ICI (attention, ça tache !).
Stade #3 - L'homme féministe. Les femmes hésitent en majorité à se proclamer féministes (en arrière plan, l'image de la mégère poilue qu'on nous a collée) mais certains hommes, plus du tout, tel Jean-Yves Le Drian Président du Conseil Régional Bretagne, ou l'assistant parlementaire de la Députée Danielle Bousquet, ou encore Daniel Mouriès militant à OLF et NPNS qui se revendique féministe radical !

Féministe, épithète plus flatteur pour un homme que pour une femme ? Ou créneau porteur ? Aspirateur à voix lors des élections ? L'adjectif -car du coup, ça devient un adjectif- deviendrait esthétique car c'est un homme qui le porte. La majorité des femmes qui pensent encore que le féminisme désigne des viragos poilues, anti-mecs et désagréables, pourraient se laisser tenter, la parole des hommes est tellement plus puissante et PRESCRIPTRICE que la nôtre. Soucieux de radicalité, ils peuvent même reprocher à des femmes de ne pas être assez féministe selon cet article du Collectif LMSI. Le problème est qu'ils ont démontré avoir une fâcheuse tendance à pervertir le langage, et à s'emparer des idées les plus généreuses pour les mettre au service de leurs intérêts catégoriels étroits. Donc prudence.

Le féminisme est un combat de femmes, personne d'autre que les femmes ne peut le porter. Même si, malgré le backlash que nous pouvons toutes constater, le Jacky hétéro fossilisé fait tache dans une société plus libérale et métrosexuelle, il est hautement improbable que les hommes renoncent aussi facilement à tous leurs privilèges de mâles. Et si certains hommes se rangent à nos côtés, il doivent être nommés pro-féministes. Pour se prétendre pro-féministe, il faut aussi avoir lu les textes féministes, et s'être fait une culture féministe. Il ne faudrait pas que dans le féminisme aussi, les hommes prennent le pouvoir !

Liens :
Le dossier d'EGALITES - Les hommes des féministes comme les autres. (Edit 21/6/13 : Liens vers Egalités-Infos supprimés, le site soit n'existe plus, soit il est en refonte).
Le Blog de Patric Jean
Zero Macho, des hommes contre la prostitution

lundi 12 décembre 2011

Billet saignant


Les chasseurs, ce lobby* de mâles dominants archaïques en voie de disparition par vieillissement et manque de relève a besoin de se refaire une image présentable dans une France de "néo-ruraux" et de "rurbains" peuplant les campagnes mais qui ne supportent plus rien, même pas un coq qui chante à pas d'heure, ni une cloche d'église sonnant Mâtines dès potron-minet. Il faut reconnaître que ça fait du potin et empêche les grass'mat' ! A fortiori ne sont-ils pas attirés par des vieux chasseurs qui peuvent venir traquer le gibier jusque sur leurs pelouses, dans leurs arrières-cours, leurs potagers et leurs alentours, alors qu'eux laissent les limaces et les taupes bouloter leurs radis pour éviter de faire du mal à quiconque ! Aussi, pour recruter du sang neuf, les chasseurs de l'Isère décident-ils de faire une soirée d'information sur la chasse, en fait (mais c'est mon mauvais esprit qui prend le dessus) une soirée de drague de nouveaux adhérents. Comme on n'attire pas les mouches avec du vinaigre, ils décident de mettre une femme sur l'affiche, c'est plus joli, plus gracieux, en deux mots, plus attirant et plus jeune que des vieux bonshommes de plus de 70 ans s'étant détruit la santé en mangeant du gibier et picolant après avoir couru tout l'hiver et semé des plombs toxiques dans les bois. Mais comme une femme à poil avec le canon de fusil phallique cassé sur l'avant-bras, ça fait tout de même too much,
"les chasseurs qui ont décidé de se mettre à nu", la promesse de la publicité, illustrent leur affiche promotionnelle avec une femme vêtue, qui pourrait peut-être se déshabiller, mais qui en attendant est vêtue de peaux de bêtes ! Le glissement sémantique est tout dans le message placé à côté -il faut toujours tenir ses promesses. C'est inouï comme on est subtil dans la vénerie ! Une femme à poil ou la promesse d'une, c'est réputé faire vendre tout et n'importe quoi ! Ou comment exploiter le corps des femmes dans un lobby où elles sont quasiment absentes !

Pas très éloigné du précédent sujet : dans un article vivement retiré du site si j'en crois le BisonTeint Blog, Le Figaro, pris d'une étonnante mais très courte crise de lucidité, assassinait dès le dimanche 4 décembre le concours Miss France en des termes peu plaisants et corrosifs : on y parlait de "potiche", de "concours de pouliches" à Flers de L'Orne (je rajoute mon piment personnel), d'archaïsme, et ça finit en apothéose : "l'être humain est ici réduit à sa plus simple expression : la viande" ! Je n'aurais pas écrit mieux dans mes jours de très mauvais poil ! Sauf que j'aurais précisé "l'être humain femme", parce que le concours Miss France, c'est un concours et un étalage de corps de femmes qui s'effeuillent pendant 3 heures.
Patatras : le concours étant très populaire, le Figaro s'est auto-censuré et a illico presto retiré l'article au vitriol de son site. Aussi pour le lire et en profiter pleinement, la fenêtre de tir comme diraient les chasseurs cités  précédemment ayant été très réduite, des obstinés l'ont cherché, trouvé sur un moteur de recherche qui l'avait gardé en cache, et restauré ICI ; il est dans toute la beauté de son premier jet, ne vous privez surtout pas de sa lecture, il est saignant..., comme aiment les chasseurs. 
Merci @entrailles et @LaMarquise_ de m'avoir soufflé le mot et l'affiche dans ma Tweet Line ! Si vous avez un compte Twitter, n'hésitez pas à les suivre.

* Les chasseurs sont environ 1 million cent mille en France, pays de 65 millions d'habitants. Ils sont nettement minoritaires dans la société, mais actifs, avec de puissants relais au parlement et au sénat. D'où leur toxicité, inversement proportionnelle à leur taille.

samedi 6 août 2011

Mon héroïne de la Renaissance



Taguée par Euterpe, voici mon héroïne de la Renaissance ; elle n'est pas totalement inconnue, mais elle n'est pas non plus au firmament des pop stars historiques, exemple Marie-Antoinette, surtout depuis la transposition de sa vie au cinéma par Sofia Coppola avec bande son pop-rock !

Anne de Bretagne (1477 - 1514) : duchesse de Bretagne et reine de France, mariée (livrée ?) très jeune à un premier puis un second roi de France -Charles VIII et Louis XII- pour des raisons de basse propriété et d'extension de possessions territoriales, sommée de produire de l'héritier mâle, la loi salique sévit en France,  mère de 9 enfants pour en garder 2, dont Claude de France, elle meurt jeune à 37 ans. Petite, boiteuse et fine politique, retorse diront certaiNS empressés de diffamer car ça les arrange, elle se bat pour garder ses prérogatives ducales contre le royaume de France.

Le sulpicien XIXème siècle qui a popularisé les images pieuses à coincer dans les pages des livres de messe lui a taillé un pittoresque costume de paysanne catholique en sabots, ce qu'elle n'était pas. Elle est une aristocrate éduquée et lettrée, fine connaisseuse des arts. "Aujourd'hui, c'est le destin de la femme, duchesse à 11 ans, reine à 14 ans, et décédée à 37 ans après avoir vu mourir 7 de ses 9 enfants, qui retient l'attention " écrit un historien. C'est sous sa direction et ses choix d'architectes que sera construite la façade renaissance du château de Nantes, sa ville capitale. Elle est enterrée dans la sépulture des rois de France à Saint-Denis, mais elle a légué son cœur à la ville de Nantes. On peut y voir son reliquaire au Musée Dobrée.

Ma "chanson putride" de l'été, outre que j'ai déjà évoqué La vie par procuration de JJ Goldman dans le billet "J'aime pas l'amour" ICI est curieusement dans la thématique de ce billet, puisqu'il s'agit de Colonel Reyel et sa chanson Aurélie -je renvoie  le lien vers la blogueuse Madmoizelle, tellement ça m'embête de faire mes lectrices/teurs cliquer sur cette chanson- en passe de devenir l'hymne des anti-choix !
Depuis le 15ème - 16ème siècle, la mentalité des hommes natalistes n'a pas changé : valoriser les filles et les femmes par le mariage, la maternité et le nombre d'enfants reste un must. Notez que cela les arrange : la maternité détourne les filles de l'idée de "leur faire concurrence", puisque c'est désormais prouvé que c'est comme cela qu'ils pensent, et qu'ils craignent notre concurrence partout et tout le temps.

jeudi 30 juin 2011

Scènes de la vie ordinaire en entreprise et.... à l'Elysée















En ces temps de remaniement ministériel rendu obligatoire par la nomination de Christine Lagarde à la tête du FMI, où un homme va la remplacer à la tête du Ministère des finances réduisant d'autant la place des femmes dans ce gouvernement ultra-conservateur, inégalitaire, foulant aux pieds les règles élémentaires de la parité, il n'est pas inutile d'insister sur la façon dont on ne pardonne jamais rien aux femmes, dont la compétence est toujours sujette à caution. Détail amusant : nous avons toutes entendu lors de la nomination de Mme Lagarde il y a trois ans à Bercy, les mêmes hommes, sempiternels piapiateurs commentateurs de l'actualité prétendre que Bercy était devenu au fil du temps un ministère mineur, inintéressant pour les carriéristes politiques mâles. Sous-texte : un ministère bien bon pour une bonne femme, dont la carrière serait forcément mineure, toujours traitée comme salaire d'appoint du ménage ! Curieusement, depuis ce matin, il est redevenu STRATEGIQUE puisque c'est désormais un homme qui l'occupe !

La discrimination des femmes dans les entreprises est rarement frontale, mais au contraire, sournoise, feutrée, elle s'exerce à bas bruit, à tel point que la plupart du temps elle est niée même par les femmes qui la subissent. L'anecdote qui suit est réellement arrivée il y a quelques mois dans une des entreprises où j'ai fait un passage : il s'agit d'un bureau d'études (BE) en mécanique et électronique -ou mécatronique. Dirigeants hommes : un mécanicien ENSAM et un électronicien, ingénieurs tous deux. Activités : Recherche et Développement (R&D) et sous-traitance -placement de techniciens et ingénieurs chez des clients industriels. Inutile de préciser que les femmes étaient cantonnées aux postes de secrétaire, comptable et chargée de recrutement, sans oublier la femme de ménage ! J'y suis ingénieure commerciale dans cette marée d'hommes au pouvoir.

Surprise, un jour de réunion je rencontre une jeune femme parmi les mécaniciens en sous-traitance ; elle est placée chez un des clients industriels du BE depuis 4 mois à la satisfaction de tous, client inclus. Son contrat s'arrêtant, on la replace illico chez un autre client, toujours comme mécanicienne. Là, les choses se gâtent : le nouveau client n'est pas du tout content de sa prestation au bout d'une quinzaine de jours et demande son remplacement. Qu'elle ait donné entière satisfaction durant sa première mission et qu'elle soit médiocre dans la seconde ne donne lieu à aucune interrogation ni aucune contre-enquête, on ne lui laissera pas une deuxième chance ! Le dirigeant du BE ne se pose pas plus de questions (ce genre de prestations est sujet à délits de sale gueule et à toutes sortes de pollutions culturelles et comportementales, un seul mécontent ne suffit évidemment pas à juger objectivement un cas !), il entame donc une procédure de licenciement. La procédure est très avancée (lettre recommandée, entretien, la mécanicienne se cherche un autre travail), quand surprise, le premier client repasse un ordre et ... redemande sa mécanicienne préférée ; mieux, il subordonne sa commande à la délégation de cette employée !

Cela ne la ne la sauvera pas : la procédure de licenciement est tellement avancée que le dirigeant ne souhaite pas l'arrêter. Il préfèrera alléguer une fausse explication au client, un mensonge : « sa » mécanicienne ne travaille plus pour le cabinet, sous-entendu bien sûr, de sa propre
initiative ! Il va falloir accepter quelqu'UN d'autre. Une de perdue, dix de retrouvES ! Et puis surtout, on reste entre hommes, les femmes, les clients n'en veulent pas, ne leur pardonnent rien, cooptons donc la médiocrité masculine ! La chargéE de recrutement s'est exécutée sans piper mot : elle a licencié la mécanicienne et s'est cherché UN mécanicien -et je vous assure que c'est un vrai boulot de patience. L'anecdote m'est arrivée aux oreilles par la secrétaire venue me la raconter un soir que son patron n'était pas là, en rasant les murs.

A l’Élysée, le Président de la République peine à aligner trois mots d'anglais, à Bercy une parfaite anglophone est remplacée par un ministre ne parlant pas l'anglais indispensable à ce poste, j'espère tout de même que le judoka machiste David Douillet lui, le parle l'anglais : mais j'y pense, ce n'est pas la peine, il est en charge d'un ministère aussi IMPORTANT qu'inutile : les français résidant à l'étranger. Et c'est les femmes que ces fucking monoglots (je parle de ceux en charge de défendre les intérêts du pays auprès des instances internationales) taxent d'incompétence ?

samedi 18 juin 2011

La violence routière, le machisme au volant, ça suffit !

Qui a dit qu'il y aurait un avant et un après l'affaire DSK ? Les pires manifestations du machisme à la française ne désarment pourtant pas. On a vu la levée de boucliers conduite par une poignée de députés ultra conservateurs dont Jacques Myard compulsif anti tous progrès humains, contre le projet du gouvernement de leur propre bord politique : supprimer les avertisseurs de radars ; il fait partie de ceux qui ont demandé la démission de Madame Bachelot Ministre de leur Majorité parce qu'elle s'est prononcée pour le mariage des homosexuels ! Déni du droit à l'égalité pour les homosexuels, sans doute aussi pour les femmes, mais permis de conduire égale permis de tuer. Et voici où leur démagogie électoraliste nous conduit :

Une femme, présidente de la Ligue contre la Violence Routière s'oppose à leur oukases machistes, contre la violence routière qui tue et pour le droit à se PARTAGER la route, contre la loi du plus fort, de celui qui a la plus grosse (caisse, bagnole, moto) et qui considère avoir le droit de conduire égoïstement plus vite sans qu'on vienne les lui casser, parce que LUI sait conduire -mais pas comment se conduire ; des sites fleurissent sur Internet pour la stigmatiser, blogs pourvus de "gros engins", plus d'ignobles pages sur Facebook. La Présidente de la Ligue contre la Violence Routière est visée par des menaces de mort selon le journal 12 - 13 de France 3 du 17 juin.

Elle répondait au questions des lecteurs du journal le Monde dans un chat du 11 mai dernier, où elle disait en substance que "la casse du permis à point est la première cause de la hausse de la mortalité routière", que
75 % des conductrices/teurs ont leurs 12 points et que 90 % des conductrices/teurs ont entre 10 et 12 points. C'est donc une poignée d'automobilistes minoritaires, "ceux qui font beaucoup de kilomètres" selon le député UMP du Rhône Meunier, mais plus certainement ceux qui commettent beaucoup de dépassements de la vitesse autorisée, qui ont exigé (et obtenu) le retrait du projet d'enlèvement des avertisseurs de radars ! Madame Perrichon demande toute la transparence sur les éventuels conflits d'intérêts des députés anti-avertisseurs de radars : COMBIEN DE POINTS leur reste-t-il sur leurs permis ?
Chiche ! Alors, combien de points vous reste-t-il, député Myard ?

lundi 11 avril 2011

Patrimoine "immatériel" de l'humanité : la recette de Petitrenaud

Le dimanche matin, sur Europe 1, c'est la recette de Jean-Luc Petitrenaud ! Hier matin, c'était andouillette au Sancerre cuite au four. Voici la recette :

Ingrédients - Il vous faut :
1 belle andouillette,
des quantités d'oignons (pas plus de renseignements à donner ; à part cela, on nous rebat les oreilles dans les cours de cuisine avec la pré-ci-sion !),
1 bouteille de Sancerre,
1 cocotte en fonte,
1 four,
1 ménagère.

Après avoir fait fondre une bonne quantité de beurre ou de saindoux  (ne mégotez pas !) dans la cocotte, tapissez "généreusement", "avec de l'ampleur" (Petitrenaud dixit, pas d'autres indications de quantité malgré les demandes réitérées à son CHEF cuisinier du jour), d'oignons émincés que vous faites fondre dans la graisse sans que toutefois ils prennent couleur ! Quand vos oignons sont revenus, vous posez dessus votre belle andouillette et vous versez votre bouteille de Sancerre. La cuisine de CHEF étant à l'évidence un chef d'œuvre de précision horlogère, on comprend tout juste qu'il faut noyer l'andouillette et les oignons dans le Sancerre. Ceci terminé, fermez la cocotte ; la MENAGERE (Sic) enfourne le tout pour au moins 7 à 8 heures de cuisson. Mais, suggère le CHEF, si vous allez jusqu'à 10 heures de cuisson, ce n'est pas embêtant ; la MENAGERE (resic) doit toutefois ne pas oublier de retourner l'andouillette de temps en temps. Pendant 10 heures, une paille ! Ca tombe bien : elle n'a rien d'autre à fiche, la MENAGERE, que de penser à retourner son andouillette ! Ce qu'on obtient au bout du compte est assez confus ce dimanche matin : un indice tout de même, ça doit compoter.

Garniture : servir avec une purée de pommes de terre avec "beaucoup de beurre, n'hésitez pas sur la quantité de beurre, de préférence salé et de Saint-Malo (?? -tant pis si vous habitez le Pays Basque !), plus il y en a, plus c'est onctueux !". Toujours Petitrenaud.

L'embêtant de tout cela, c'est que ça passe le dimanche matin vers 8 H 30, après l'éditorial de Catherine Nay et pendant qu'on trempe ses tartines de blé ou de maïs confiturées dans son thé ou son café ! Et que ça a nettement tendance à vous gaver pour le reste de la journée. La station initiale d'Yves Calvi perpétue la tradition de la cuisine française où des grands chefs sempiternellement mâles, disent à des "ménagères" comment et que cuisiner le dimanche midi. Ingrédients indispensables : graisses animales, testostérone, et... les femmes à la cuisine ! Ça fait même partie du "patrimoine immatériel" de l'humanité depuis quelques semaines. Lourd, indigeste et pas très paritaire, le patrimoine immatériel de l'humanité ! Et bien qu'immatériel, il a tendance à vous peser sur l'estomac.

Conseil personnel non inclus dans la recette de Petitrenaud : lesté de pareille façon, évitez surtout la partie de tennis ou le semi-marathon après le repas, vous risquez la mort. Couchez-vous et évitez autant que faire se peut toute contrariété ; votre femme et vos enfants ont peut être encore un peu besoin de vous. La thrombose coronarienne puis la nécrose du muscle cardiaque vous guettent. Déjà que manger de l'andouillette confite ne fait pas particulièrement djeunz, mais pour le coup vous ressembleriez prématurément à un petit vieux !

lundi 28 février 2011

Le Président


Ce film d'Yves Jeuland propose une descente en apnée au cœur du pouvoir masculin et de ses campagnes électorales. Pouvoir masculin tellement compétent,  immuable et incontestable, tellement puissant qu'il peut par exemple diriger la mairie de Bordeaux ET reconstruire le ministère "dévasté" des affaires étrangères, fingers in the nose, un jeu d'enfant. Je l'ai vu avec deux mois de retard ce film, mais franchement, ça valait le coup d'attendre !
C'est vrai qu'avec 35 copies du film prévues pour la France entière, dont une quinzaine pour le Languedoc-Roussillon dit Montpellier Journal, il ne faut pas que je me plaigne, j'ai encore de la chance de l'avoir vu passer chez moi !


LE PRÉSIDENT : BANDE-ANNONCE HD (Georges Frêche)
envoyé par baryla. - Regardez des web séries et des films.

La dernière campagne électorale de Georges Frêche donc (Régionales de 2010) filmée librement et sans aucune censure, dit Yves Jeuland. Exclu du PS pour propos racistes, l'investiture du Parti s'était reportée sur Hélène Mandroux, maire de Montpellier, chair à canon envoyée au casse-pipe face à Frêche. Selon une habitude des grands partis, les femmes sont envoyées au front quand les carottes sont cuites. Elle n'avait aucune chance. La suite, on connaît : Frêche vainqueur, 54 % au deuxième tour, et Mandroux éliminée au premier tour avec 7,7 % des voix. Taux d'abstention remarquable : 50, 27 % (données Ministère de l'Intérieur).

Le film est édifiant : jamais une femme dans le champ de la camera, ou alors seulement si elle est maquilleuse, secrétaire porteuse des piles de parapheurs, serveuse de petits fours derrière le buffet, ou femme de ménage nettoyant au chiffon le bureau du Président, ses statuettes de granzomes et son jeu de cartes. Et en arrière-fond, très floues, sa femme et sa fille plus son éditrice, lors d'un repas. Les plans en légère contreplongée sur l'Hôtel de la Région sont aussi très intéressants : le style architectural en est nettement stalinien tendance Ceaucescu, le syndrome-du-grand-homme-voulant-laisser-une-trace-en-béton-pour-la-postérité est saisissant, et il est à la petite (Ceaucescu faisait mieux !) démesure du Président.

Hélène Mandroux en prend pour son grade : attaques physiques ("Mandroux, vous avez vu sa tête ?" ; quand on a soi-même un air de ressemblance avec Jabba the Hut, le méchant qui contrôle la pègre de la Galaxie dans le Retour du Jedi, 3ème volet de la Guerre des Etoiles, c'est cocasse !) et intellectuelles :  « Mandroux, elle ne mérite pas. C’est une femme. Elle n’a jamais rien compris à la politique. Tant qu’elle me suivait, elle savait où elle allait parce que je la guidais. Mais maintenant qu’elle est seule, elle fonce dans le brouillard".

Ou encore : "Mandroux, je la connais, c'est moi qui l'ai faite ; je l'ai prise comme première adjointe, si elle avait eu ne serait-ce qu'une idée, je m'en souviendrais !" Il n'y a rien à rajouter. Sauf que si ce film passe dans vos parages, courez le voir, il a un intérêt archéologique incontestable.

Pour plus d'extraits : suivre le lien Montpellier Journal : il en propose huit de la même saveur que la bande annonce.

Selon Les nouvelles News, les choses ne changent pas : pour les prochaines cantonales de mars 2011, les hommes sont candidats et les femmes.... suppléantes. La parité à la française, en somme.

Georges Frêche est décédé le 24 octobre 2010. Son remplaçant à la présidence de la Région Languedoc Roussillon est Christian Bourquin. 

samedi 20 novembre 2010

Travaux publics, bricoles, bricolos, bricolage...

Été et automne : l'enfer en ville.


Attention : travaux ! Casque de chantier obligatoire.

Lors du débat sur les retraites, on a beaucoup parlé du "travail invisible" des femmes. Je me demande si en plus d'être invisible, il n'est pas aussi inaudible. Jugez-en d'après le boucan, les nuisances sonores et les pétaradages divers occasionnés par le travail masculin :

Forages, tailles d'arbres en topiaire sur des avenues entières, réfections de façades, implantation de grues, tontes de pelouses desséchées, taille de bordures, taille de haies, pose ou dépose de stores, éventration de rues, construction d'immeubles de bureaux -peu importe qu'il y en ait de vides partout, neufs et anciens, l'idée c'est d'occuper l'espace et de réduire la biodiversité "pullulante" !- démolitions, pose de câbles souterrains, rebouchage de trous, essais d'hélicoptères et d'avions de combat, ma liste n'est pas limitative et peut être complétée. La chute des feuilles en automne va voir arriver les souffleurs masculins qui ont avantageusement remplacé le balai, trop féminin sans doute. Je me suis laissé dire que le pictogramme "femme" en mandarin s'écrit comme "homme" mais en lui rajoutant un balai !

Si dans votre quartier, vous voyez arriver ça :


Ou ça 
vous pouvez commencer à vous faire des cheveux...et éventuellement demander asile à la famille ou aux amis. Vous savez quand elles arrivent, mais pas quand elles partiront, les managers des entreprises de travaux publics n'ayant pas l'habitude ni la courtoisie de s'excuser de la gêne occasionnée avec date de début et de fin du supplice ! Ils sont sûrement persuadés que, puisqu'ils œuvrent pour le bien public (ce qui reste à prouver), ils n'ont pas à s'excuser !

Mais le pire c'est vraiment ça :

La simple vue dans le quartier de ce bras articulé à nacelle, engin érectile qui monte, descend, se déplace, balance à droite et à gauche, se replie en position de repos, pendant qu'un homme (je n'ai jamais vu de femme l'actionner, il doit pourtant y en avoir quelques-unes dans les travaux publics, je veux dire AILLEURS qu'à la compta ou au secrétariat ?) manipule le panneau de commande électronique dans la nacelle, me fait devenir nerveuse au point d'appeler tous les syndics de gestion d'immeuble dans un rayon de 2 kilomètres pour savoir d'où ça vient et surtout QUAND ça s'en va ! Il sert à tout (donc à rien) : nettoyer des vitres, ravaler une façade, changer un store dont le boitier est extérieur, monter et descendre des charges, démonter une grue ; il fait un potin monstre et fume des vapeurs délétères qui empuantissent l'atmosphère ! J'en ai subi un pendant des semaines pour un ravalement de 150 mètres de façades dans mon quartier et une employée de l'agglomération devant mon exaspération m'avait répondu que "dans certains endroits il est impossible de monter des échafaudages" ! Sur du bitume et en ville : si ça ne s'appelle pas se moquer du monde ! Évidemment, après ce traitement, j'ai développé une espèce de syndrome post-traumatique qui fait que quand j'en vois un, j'ai du mal à rester calme. 

Voici l'automne, voici le souffleur-broyeur :



Chez moi, ils passent (ça doit être planifié 6 mois à l'avance -après tout les saisons sont fixes) juste après des pluies diluviennes de hallebardes, de cordes ou comme disent les anglais, de chats et de chiens pendant trois jours et que les feuilles sont bien incrustées dans le bitume !

Chaque saison à son instrument : l'été, c'est le taille-haie, plus bénin, mais tout de même :

 
N'oublions pas les machines qui font des carottages et des éventrations de sous-sol, ni les compresseurs qui fournissent l'énergie nécessaire.



J'ai lu dans la presse que pour faire pièce à la récession (causée faut-il le rappeler par des garçons -99 %- qui perdent leurs nerfs en la jouant Game Boy en compétition imbécile entre eux dans les salles de marché des banques -et, mauvaise nouvelle, RIEN n'a changé, ils spéculent en ce moment à la hausse sur les prix des matières premières blé, riz, soja qui constituent la ration alimentaire des femmes du Tiers-Monde et accessoirement la mienne !), les collectivités locales ont carte blanche pour soutenir le bâtiment et les TP en faisant toutes sortes de travaux, y compris en s'endettant. Chez moi, c'est clairement le cas, et avec une solide mentalité de chambre de commerce à la Homais, le pharmacien de Madame Bovary ! Interrogés toutefois sur leur capacité à prendre en compte l'environnement, j'apprends que oui, le Grenelle de l'environnement leur impose de faire du développement durable ; ils sont conscients de leur emprise sur l'espace en construisant des autoroutes et des voies de chemin de fer et ils font tout pour réduire cette emprise ; je dirais de prime abord comme ça que ça ne saute pas immédiatement aux yeux !

Je ne suis pas la seule à me plaindre : Virginie Despentes qui vit à Barcelone décrit dans Apocalypse bébé la frénésie travaux de la ville en prétendant qu'on y éventre les trottoirs juste pour voir ce qu'il y a dessous ! "Boucan intense, écrit-elle, les gens klaxonnent à tout bout de champ, des machines extravagantes éventrent les sols et exhibent les entrailles de la ville, à grand renfort de bruit. Ça ressemble à une coutume locale". 
Non, ce n'est pas local, c'est universel de mon point de vue. Ça ressemble à un désordre mental, une psychonévrose en phase maniaque (euphorique) ou à un syndrome de toute puissance : lutte contre la Nature leur ennemie, méchante qui ne nous veut pas de bien (Luc Ferry dixit) et qu'il faut dominer comme la Terre, les femmes et les animaux ! Cela doit mettre du baume sur ce qu'il faut bien appeler leur frustration congénitale : prouver qu'ils maîtrisent les éléments.

Quand on a tout essayé sur terre pour détruire les nerfs des électrices, il reste l'avion de chasse :


Il suffit de cliquer ICI pour voir les dégâts qu'en temps de paix, il provoque !

L'hiver promettant (la "crise" n'est pas finie contrairement aux adeptes de la méthode Coué) sa ration de décibels au moins égale voire supérieure à celle de cet été, il reste éventuellement la solution de se réfugier sous un cairn préhistorique ?



Dans "Stratégies de la framboise" Editions Autrement, une mine décidément, voici ce qu'écrit Dominique Louise Pélegrin (page 32) à qui je laisse la conclusion : "... ce jardin-là était extrêmement bruyant. Outre la pompe qui crachait du décibel en montant l'eau du puits le soir, on y trouvait une tondeuse électrique ahurissante construite à partir d'un moteur d'hélicoptère. Mon père était le genre de type capable de récupérer dans les poubelles d'un aéroport de quoi fabriquer une tondeuse, il avait tendance à toujours repartir de zéro, fabriquait ses outils lui-même, en commençant par la table sur laquelle il allait les visser, percer, couper, souder, marteler, et tutti frutti, en appelant de temps en temps l'un d'entre nous pour l'aider. J'ai lu bien plus tard que des tronçonneuses ou des tondeuses silencieuses ne se vendraient pas plus que des marteaux-piqueurs insonores. Les activités masculines ne valent que si elles sont signalées à l'admiration des foules par un niveau sonore adéquat".

Crédits photos : divers catalogues de machines et matériaux.

mardi 2 novembre 2010

G P S - Global Positioning System (Sur la route de l'industrie)

Petite anecdote de rentrée qui s'annonce sous des auspices du tonnerre, décidément !

Bien avant le blocage des raffineries (il est préférable de télétravailler en ce moment si c'est possible !), un jour dernier, sortant d'un premier rendez-vous à Rennes à la très mauvaise heure, je suis coincée dans un embouteillage sur une berge à deux voies de circulation ; comme j'ai un autre rendez-vous à Nantes quelques heures plus tard, je décide de mettre à profit ce moment pour m'avancer et repérer mon itinéraire en centre ville de Nantes. Je sors donc mon plan guide Blay orange qu'utilisent celles qui refusent de se laisser ramollir les neurones en utilisant un GPS qui peut vous envoyer par dessus une falaise pour les plus croyants et observants de la technologie, s'il n'est pas remis à jour régulièrement ! Je préfère maîtriser mon destin moi-même, et puis le sens de l'orientation est un muscle qui ne s'use que si l'on ne s'en sert pas.

Je me plonge donc dans mon itinéraire en étalant dans tout l'habitacle mon plan format toile de tente ! Je repère ma rue près du quai de la Fosse et pour bien me la mettre en tête, je stabylobosse vert fluo le Commandant l'Herminier. Satisfaite, je relève la tête et la tourne vers ma gauche, attirée irrésistiblement par mon voisin qui poireaute comme moi dans sa bulle automobile. En effet, ceci expliquant cela, il me regarde fixement depuis un moment avec un air de chien battu, droopy eyes, atterré, consterné, l'air absolument désolé. Pour moi ? Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai un truc sur le nez ? Une bubon au milieu du front ? Je me suis fichu du stabylo vert fuo
partout ? Un coup d'oeil dans le rétroviseur me rassure, j'ai ma tête normale de tous les jours.

Qu'est-ce qu'il a donc alors ce monsieur ? Tout en me posant la question, je réalise que mon plan est étalé sur mes genoux et mon volant, qu'il m'enveloppe littéralement et que sa couverture cartonnée avec en GROS et en titre NANTES sur fond orange est appuyée bien en évidence sur ma vitre ! Alors que nous sommes à RENNES. NooooN ! Pas possible ! Je n'ose pas imaginer (je lui jette à nouveau un coup d'oeil furtif) qu'il pense que JE ME TROMPE DE VILLE ? Pour lui, je serais à Rennes tout en cherchant ma route sur un plan de NANTES ? Vu sa tête en tous cas, c'est plausible. Je décide donc de renforcer la croyance, puisque j'ai définitivement mauvais esprit : je fais mine de chercher dans la liste alphabétique de rues, retourne le plan plusieurs fois et jouant l'excédée, le rejette sur le siège passager. Mais le bouchon commence à se résorber, nous avançons jusqu'aux feux où nos routes à moi et mon compagnon automobiliste involontaire et à piètre image du sens de l'orientation des femmes, vont pour toujours se séparer.

En tous cas, je vais faire comme les éthologues : tenter de renouveler l'expérience. N'importe quel scientifique vous le dira : il faut être rigoureuse. Lors de prochains déplacements, équipée de différentes cartes, je planifie de consulter le plan du MARSEILLE à Segré ( 6400 habitants) et celui de LONDRES au Mans ! On va bien voir. Je vous tiens au courant.

Nota Bene pour ceux qui croient que grimper en haut des arbres pour retrouver le chemin de la ferme au retour de la chasse - ce qui implique agilité, force et sens de l'orientation- seraient une fonction et des facultés masculines : 1) Il n'est absolument pas prouvé, personne n'étant revenu en assez bon état pour témoigner, que les femmes ne chassaient pas le mammouth en bandes et pour leur compte en prenant des repères pour s'en retourner chez elles ;  2) J'ai trouvé dans l'ouvrage de Carole Adams Politique sexuelle de la viande que je relis en ce moment, une réflexion d'Alice Walker (auteure de La Couleur Pourpre) évoquant la possibilité que les femmes n'auraient pas éprouvé le besoin de chasser parce qu'elles mangeaient autre chose ! Toutefois, revenir de cueillette en forêt implique le même sens de l'orientation que revenir de la chasse ! A creuser donc, et prudence sur les conclusions hâtives ;  Et 3) Quoi qu'il en soit, il ne vous a sûrement pas échappé que désormais, le centre commercial Mammouth est fléché au prochain rond-point !


lundi 18 octobre 2010

Puissance et pouvoir : Numéricable fait sa pub en agitant les fantasmes masculins !

Voici le nouveau film publicitaire de Numéricable, tout entier centré autour du pouvoir et de la puissance, grelots masculins :



Ça s'adresse aux hommes ce genre de message : les enfants téléphonent et jouent en réseau, madame (qui n'a pas la télécommande) regarde un film en HD et laisse ainsi les matches, le foot et la phallique télécommande au seul qui ait vraiment le pouvoir, et qui fait plein de choses différentes grâce à la puissance (mot prononcé avec une inflexion renforcée) de la fibre !

Le problème avec ces offres multiples, c'est qu'il n'a toujours qu'un seul petit cerveau, il ne peut donc se concentrer que sur une chose à la fois ; aussi c'est chacun dans son coin, vive la vie de famille !

Pas de doute chez Numéricable dont on peut consulter ICI le Directoire (qui sent la chaussette !) on en a une grosse !

NB : Bon, je l'avoue, je supporte mal cette boîte qui a fait main basse sur les logements sociaux (donc les plus pauvres) et les collectivités locales avec une offre low tech, boîte qui appartient au fond de pension Carlyle Group où seule compte la rentabilité pour l'actionnaire !
Liens pour en savoir plus : L'Expansion, Univers FreeBox, Le Blog Finance.