dimanche 25 décembre 2011

Le pouvoir de nommer : le nommer faux

"If God is male, then male is God"  
Mary Daly
(Si Dieu est mâle, alors, le mâle est Dieu).

"Le mythe de la Chute peut être envisagé comme le prototype du nommer faux. Elizabeth Cady Stanton a vu juste en montrant le rôle clé du mythe du mal féminin comme fondement de la structure entière de l'idéologie phallique chrétienne. Comme je l'ai indiqué le mythe prend des proportions cosmiques puisque le point de vue mâle se métamorphose en point de vue de Dieu. Cela aboutit à un nommer faux cosmique. Il nomme faussement le mystère du mal, le jetant dans le moule déformé du mythe du mal incarné en femme. De sorte que les images et les concepts du mal sont rejetés hors de vue et ses implications profondes ne sont pas réellement confrontées. Ce colossal nommer faux du mal implique le nommer faux des femmes, des hommes et du bien. La conséquence de cette dislocation du mystère du mal a été la dislocation de la "solution" chrétienne, point que je développerai dans un prochain chapitre. A partir de l'émergence de la conscience des femmes, on réalise que la controverse sur le basique nommer faux patriarcal du mal doit venir en priorité des femmes. En nous délogeant nous-mêmes du rôle de "l'Autre", en disant intérieurement et extérieurement nos propres noms, nous les femmes en extrayons le mystère du mal, de son contexte faux, et ainsi ouvrons-nous la voie à voir et nommer de façon plus adéquate le Mal.

LES EFFETS DU MYTHE

Comme le dit un auteur : "La chute de l'homme devrait plutôt être appelée la chute de la femme, car une fois de plus, le deuxième sexe est blâmé pour tout le mal dans le monde. L'attitude négative des mâles est dirigée contre les femmes. Clairement ceci est le climat psychologique qui a engendré le mythe et l'a maintenu crédible. Il y a plus cependant : le mythe a légitimé non seulement la haine de soi des hommes, extériorisée et dirigée contre les femmes, mais aussi une haine de soi intériorisée par les femmes. Aussi longtemps que le mythe du mal incarné en femme dominera la conscience humaine et ses arrangements sociaux, il permettra la victimisation des femmes, à la fois par les hommes et par les femmes. Il est maintenant reconnu que ce qui caractérise un groupe opprimé, c'est que ses membres souffrent d'une conscience divisée. Freire décrit ce phénomène : 
Les opprimés souffrent de la dualité installée dans leur être intime. Ils découvrent que sans liberté, ils ne peuvent vivre authentiquement. Cependant, bien qu'ils aspirent à une existence authentique, ils la craignent. Ils sont en même temps eux-mêmes et en accord avec l'oppresseur dont ils ont intériorisé la conscience. 

En tant qu'êtres contradictoires et divisés, les opprimés n'appréhendent pas entièrement  le fait paralysant que l'oppresseur ayant envahi la psyché de ses victimes, il existe maintenant en elles. Ils sont pris dans un comportement d'auto-reniement.
Ce problème qui a été perçu comme le dilemme de tous les groupes opprimés, est plus tragiquement encore le cas des femmes, êtres divisés par excellence*. [....] Ayant été séparées de leur moi, les femmes veulent parler mais elles restent silencieuses. Leur désir d'action est globalement réduit à agir par procuration à travers les hommes. A la place de vivre leur propre dynamique, les femmes sont submergées de rôles supposés plaire aux mâles. Quand une rebelle essaie de montrer son identité, c'est à dire créer sa propre image, elle s'expose à une existence menacée dans une société sexiste. C'est en partie pourquoi les hommes et les femmes s'identifient aux objectifs d'un groupe supérieur, et voient les femmes rebelles comme "l'ennemi". Il est aussi possible qu'en attaquant la rebelle, les femmes attaquent aussi les hommes, au sens où la rebelle est la victime par procuration, objet plus vulnérable d'un ressentiment réprimé. Il semble qu'une société sexiste génère une instabilité chronique à localiser le problème, à appréhender les causes de la destruction. La religion patriarcale ajoute au problème en intensifiant le process à travers lequel les femmes intériorisent la conscience de l'oppresseur. Le jugement des mâles ayant été métamorphosé en jugement de Dieu, le devoir religieux des femmes est d'accepter le fardeau de la culpabilité, puisqu'elles se voient à travers les yeux du chauvinisme mâle. Le process d'intériorisation de ces images ne s'arrête pas à l'exigence religieuse. Il semble bien que conditionnées à se voir "mauvaises" ou "malades", elles le deviennent réellement. Les femmes assignées à vivre le rôle abject assigné au sexe femelle paraissent réellement "mériter" le mépris accumulé sur le deuxième sexe.


LE "PECHE ORIGINEL" DES FEMMES

[...] Quand j'écris sur la complicité des femmes, je veux dire complicité qui a été dans une large mesure, imposée par le conditionnement. L'expression "péché originel" est alors détournée de son contexte sémantique originel. Le nouveau sens retient la connotation d'un défaut hérité. Cependant, on comprend que le "péché" est hérité à travers un processus de socialisation, c'est le fardeau d'un être condamné à vivre le rôle de "l'Autre". La faute ne doit pas être vue comme existant en premier dans les individus victimisés, mais plutôt dans les structures démoniaques du pouvoir qui induit les individus à intérioriser de fausses identités."
Mary Daly - Beyond God the Father (non traduit en français).
Mary Daly est une féministe, philosophe et théologienne américaine (1928 - 2010)
* En français dans le texte

"Enlevez le serpent, l'arbre fruitier et la femme du tableau, et vous n'avez pas de Chute, pas de Juge sourcilleux, pas d'enfer, pas de punition éternelle, - donc pas besoin d'un Sauveur. Ainsi tombe le fondement de toute la Théologie chrétienne. C'est la raison pour laquelle dans toutes les recherches bibliques, ses commentaires et critiques, les savants ne s'attaquent jamais à la position des femmes.
Elizabeth Cady Stanton

dimanche 18 décembre 2011

Les dents de la mer

Abdullahi Ahmed Guelleh est un pêcheur somalien, enfin, était un pêcheur somalien. Avec sa barque, tous les jours, il pratiquait pour se nourrir lui et sa famille, une pêche vivrière sur les côtes de son pays, la Somalie qu'il n'avait jamais quittée et qu'il ne demandait pas à quitter. Malheureusement pour Abdullahi Ahmed Guelleh, un jour, il y a trois ans, il s'est retrouvé avec sa petite barque, pris entre des pirates somaliens et la Marine française qui surveille la côte de l'Afrique et procure la sécurité aux pêcheurs bretons et français qui y pêchent eux avec des chalutiers, ou des bateaux-usines qui draguent les fonds marins, l'Europe achetant des quotas de pêche (il y a longtemps qu'il n'y a plus assez de poisson sur les côtes françaises livrées à la surpêche pour satisfaire notre avidité) aux pays africains.
Abdullahi Ahmed Guelleh a été arrêté par la Marine français comme pirate, emmené de force en France et emprisonné à la Santé pendant 3 ans. Il vient d'être acquitté par la justice française qui reconnaît qu'il est victime dans cette affaire, mais comme le Parquet de Paris fait appel du jugement, Abdullahi Ahmed Guelleh doit rester en France, libre : sans toit, sans papiers, sans argent, sans connaître la langue, perdu dans une ville immense, Paris, qui le terrorise. Douce France, "humaine" justice française. Son histoire poignante est racontée par Le Monde et par RTL.

La pêche industrielle est un carnage, pour les poissons, pour l'environnement marin et pour les humains qui comme Abdullahi Ahmed Guelleh, se trouvent pris dans la nasse, sans jeu de mot. On se doute depuis longtemps que les pirates somaliens ne sont pas génération spontanée : l'argent (des contribuables) payé par Bruxelles aux pêcheurs européens aux moyens disproportionnés, va à des chefs d'états tyrans qui détournent cet argent à leur profit, leurs pêcheurs n'en voyant jamais la couleur. Il y aurait donc un lien entre la piraterie somalienne et les quotas, ce qui fait écrire à Die Welt ici que la piraterie est fabriquée par l'Europe. Il est donc parfaitement choquant de voir, comme il m'est arrivé il y a quelques mois, au Journal de France3 Ouest, en se félicitant de leur coopération, un chalutier concarnois partir pêcher avec des militaires français à bord "pour assurer sa sécurité". La pêche avec des moyens de guerre, du matériel de guerre, bref, la guerre de tous contre tous.

Les bans de poissons sont détectés sans la moindre échappatoire possible par satellites et par sonars, technologies militaires ; "les océans sont hérissés de pièges : chaluts, filets maillants, harpons lancés depuis des navires, lignes porteuses de milliers d'hameçons  garnis d'appâts vivants... Leurs innombrables victimes connaissent une agonie longue, angoissante et douloureuse." Je cite L214. Pire, il y a le bycatch (prises accessoires : poissons pris alors que nous les consommons pas et rejetés morts à la mer, gaspillage insensé) et la pêche fantôme, ces prises faites par des engins de pêche/engins de mort abandonnés dans les océans et qui continuent à pêcher seuls. Évidemment, cette casse concerne d'autres espèces telles tortues, poulpes, dauphins et baleines piégés eux aussi par les filets de ces abattoirs flottants. Selon L214, les poissons remontés vivants meurent par suffocation et éviscération, les poissons coincés au fond du chalut suffoquent, écrasés les uns contre les autres. Dans le cas de la pêche de grande profondeur, les poissons victimes de décompression à la remontée ont les viscères qui ressortent par la bouche, et leurs yeux sont éjectés des orbites.

60 milliards d'animaux terrestres sont abattus par an sur la planète. Les poissons ne sont pas inclus dans ce comptage ; en effet, les poissons ne sont jamais décomptés individuellement, mais par tonnage. Les poissons font partie du règne animal et à ce titre ils sont des être sensibles (Traité d'Amsterdam) capables de ressentir de la souffrance. Les poissons présentent un riche éventail de comportements complexes, et ils ont une mémoire à long terme impressionnante, comparable à celle des autres vertébrés.

La moitié des poissons pêchés en Mer du Nord sont rejetés morts dans la mer déclare Hugh's Fishfight dont vous pouvez signer la campagne ICI à destination de la Communauté Européenne via la Commissaire aux affaires maritimes et à la pêche Maria Damanaki en vue d'une réforme nécessaire de la pêche :



Greenpeace fait campagne en mer à bord de l'Arctic Sunrise, contre la pêche profonde (deep sea bottom trawling), ce qui a conduit la SCAPECHE, filiale lorientaise d'Intermarché et premier armement français pour la pêche en eau profonde, à déposer une plainte contre l'ONG. Greenpeace milite également contre les FADs (fish aggregating devices, dispositifs d'agrégation de poissons) et contre la pêche à la senne (purse seine) :



Évidemment, les dents de la mer, c'est nous, c'est un massacre et il est subventionné ; selon une une interview à Libération de Stéphane Beaucher "Aujourd'hui, la pêche française n'existe que par la volonté politique... La filière fait 1,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires et reçoit 875 millions d'euros de subventions publiques". La Commission Européenne n'est pas en reste : "Les citoyens européens paient deux fois leur poisson : une fois quand ils l'achètent et une deuxième fois par leurs impôts". La surpêche découle de la surcapitalisation de la flotte, en d'autres termes, trop de pêche à cause de trop de subventions, trop de bateaux et surtout trop gros bateaux égalent incitation à détruire la ressource, selon l'ONG OCEANA. A moins d'habiter une banquise gelée (eskimos) ou un désert de sable avec frontière maritime comme la Somalie, manger du poisson n'est absolument pas nécessaire à un régime alimentaire équilibré. Et en matière d'élevage, les fermes aquacoles sont des enclos à haute densité de poissons nourris avec des farines animales supplémentées en antibiotiques pour contrer les risques d'épizootie due à la grande promiscuité. Elles sont extrêmement polluantes. 

Que faire de notre flotte de pêche alors ? Recycler la flotte pour nettoyer les océans ? Il y a de quoi faire en tous cas ! En direct du "continent de plastique" film trouvé sur le site de la Région Bretagne.



D'autant que Fukushima menace les américains : une masse de débris provenant des ravages du tsunami, faisant deux fois la France, se dirige vers les Etats-Unis et pourrait les atteindre avant 2013 pour repartir vers les îles d'Hawaï en 2014 et 2015. Je vous laisse imaginer la toxicité de ces débris.

Liens pour aller plus loin :  
Quand la Somalie à faim, on vole son poisson
Fishcount (en anglais)
Greenpeace/Océans
Sea Shepherd
Les oiseaux marins victimes de la surpêche
Et comme j'en entends maugréer dans le fond, ben qu'est-ce qu'on mange alors si on ne peut plus manger de poisson ?
Voici un lien vers un e-book gratuit que vous pouvez feuilleter et où vous pouvez piquer des recettes !

lundi 12 décembre 2011

Billet saignant


Les chasseurs, ce lobby* de mâles dominants archaïques en voie de disparition par vieillissement et manque de relève a besoin de se refaire une image présentable dans une France de "néo-ruraux" et de "rurbains" peuplant les campagnes mais qui ne supportent plus rien, même pas un coq qui chante à pas d'heure, ni une cloche d'église sonnant Mâtines dès potron-minet. Il faut reconnaître que ça fait du potin et empêche les grass'mat' ! A fortiori ne sont-ils pas attirés par des vieux chasseurs qui peuvent venir traquer le gibier jusque sur leurs pelouses, dans leurs arrières-cours, leurs potagers et leurs alentours, alors qu'eux laissent les limaces et les taupes bouloter leurs radis pour éviter de faire du mal à quiconque ! Aussi, pour recruter du sang neuf, les chasseurs de l'Isère décident-ils de faire une soirée d'information sur la chasse, en fait (mais c'est mon mauvais esprit qui prend le dessus) une soirée de drague de nouveaux adhérents. Comme on n'attire pas les mouches avec du vinaigre, ils décident de mettre une femme sur l'affiche, c'est plus joli, plus gracieux, en deux mots, plus attirant et plus jeune que des vieux bonshommes de plus de 70 ans s'étant détruit la santé en mangeant du gibier et picolant après avoir couru tout l'hiver et semé des plombs toxiques dans les bois. Mais comme une femme à poil avec le canon de fusil phallique cassé sur l'avant-bras, ça fait tout de même too much,
"les chasseurs qui ont décidé de se mettre à nu", la promesse de la publicité, illustrent leur affiche promotionnelle avec une femme vêtue, qui pourrait peut-être se déshabiller, mais qui en attendant est vêtue de peaux de bêtes ! Le glissement sémantique est tout dans le message placé à côté -il faut toujours tenir ses promesses. C'est inouï comme on est subtil dans la vénerie ! Une femme à poil ou la promesse d'une, c'est réputé faire vendre tout et n'importe quoi ! Ou comment exploiter le corps des femmes dans un lobby où elles sont quasiment absentes !

Pas très éloigné du précédent sujet : dans un article vivement retiré du site si j'en crois le BisonTeint Blog, Le Figaro, pris d'une étonnante mais très courte crise de lucidité, assassinait dès le dimanche 4 décembre le concours Miss France en des termes peu plaisants et corrosifs : on y parlait de "potiche", de "concours de pouliches" à Flers de L'Orne (je rajoute mon piment personnel), d'archaïsme, et ça finit en apothéose : "l'être humain est ici réduit à sa plus simple expression : la viande" ! Je n'aurais pas écrit mieux dans mes jours de très mauvais poil ! Sauf que j'aurais précisé "l'être humain femme", parce que le concours Miss France, c'est un concours et un étalage de corps de femmes qui s'effeuillent pendant 3 heures.
Patatras : le concours étant très populaire, le Figaro s'est auto-censuré et a illico presto retiré l'article au vitriol de son site. Aussi pour le lire et en profiter pleinement, la fenêtre de tir comme diraient les chasseurs cités  précédemment ayant été très réduite, des obstinés l'ont cherché, trouvé sur un moteur de recherche qui l'avait gardé en cache, et restauré ICI ; il est dans toute la beauté de son premier jet, ne vous privez surtout pas de sa lecture, il est saignant..., comme aiment les chasseurs. 
Merci @entrailles et @LaMarquise_ de m'avoir soufflé le mot et l'affiche dans ma Tweet Line ! Si vous avez un compte Twitter, n'hésitez pas à les suivre.

* Les chasseurs sont environ 1 million cent mille en France, pays de 65 millions d'habitants. Ils sont nettement minoritaires dans la société, mais actifs, avec de puissants relais au parlement et au sénat. D'où leur toxicité, inversement proportionnelle à leur taille.

mardi 6 décembre 2011

50 million missing


Il manque 50 millions de femmes en Inde. Le foetuscide des filles est une pratique courante malgré son interdiction par la loi indienne. De l'avortement sélectif des foetus filles après échographie, jusqu'au manque de nourriture et l'absence de soins médicaux en cas de maladie -on peut même envelopper le bébé-fille dans des vêtements ou des linges mouillés et la placer dans un courant d'air pour provoquer sa fin plus rapidement-, les filles ne naissent pas ou meurent dans des proportions dramatiques en Inde. Avec pour effet un déséquilibre démographique en défaveur des filles. Une campagne mondiale en plusieurs langues se promet de lutter et de mettre au fin au gynécide des filles en Inde. Pour signer la pétition après exposé des faits du pire génocide de l'Histoire humaine : suivre le lien en français, en anglais ou d'autres langues pour mes lectrices/teurs étrangèr-e-s.

Le même phénomène est observé en Chine ou la situation est désastreuse : cela double le nombre de femmes manquantes dans le monde, soit 100 millions ! Pire, le phénomène s'étend vers l'ouest puisque désormais L'Arménie, la Géorgie ex-URSS, et même les Balkans en sont atteints comme le constate cet article du journal La Croix ; en cause, la baisse des prix des échographies et des avortements, une survalorisation des garçons qui transmettent le nom de famille (fait généralement déploré uniquement parce qu'il appauvrit le patrimoine des noms tous
les 25 ans !), et évidemment la nécessité réelle ou supposée de réduire la surpopulation. Comme le rappelle un article de l'AFP, une planète où les hommes dominent (numériquement dans le cas évoqué, ils dominent partout culturellement, tout le monde a bien compris) est une planète invivable : instabilité, frustration et violence y sévissent !

Comme l'écrit Soraya Chemaly dans un billet pour le Huffington Post (en anglais) : la violence contre les femmes est une pandémie mondiale (ici en français, traduit par Martin Dufresne), depuis la réduction culturelle à la pornographie (!) de Lisbeth Salander décrite par Wikipedia (ou portrait plus icônique et plus en phase avec le roman chez Têtue), l'héroïne -dont je suis absolument fan- de la trilogie "Millenium" de Stieg Larsson dans Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, film devenu aux USA "The girl with the dragon tattoo", jusqu'à l'accablante liste de toutes les violences subies par les femmes dans le monde, l'article montre de façon panoramique et implacable que les femmes sont à peine tolérées sur cette planète, surtout comme bêtes de somme parasitées d'ailleurs, et qu'elles servent de défouloir à toutes les frustrations.

Autre lien sur le sujet vers un excellent article du blog Bombay Magic, une française qui vit à Bombay : les filles peuvent survivre selon le type d'agriculture pratiqué, car elles sont "utiles" à la culture ancestrale du riz où elles jouent un rôle prépondérant, utilitarisme qui fait froid dans le dos.
Lien vers le blog de 50millionmissing : Gender bytes (en anglais)

mercredi 30 novembre 2011

Le pouvoir de nommer par Andrea Dworkin

"...les hommes ont le pouvoir de nommer, un pouvoir immense et sublime.Ce pouvoir de nommer permet aux hommes de définir l'ensemble du champ de l'expérience, de déterminer limites et valeurs, d'assigner à chaque chose son domaine et ses attributs, de décider ce qui peut et ne peut pas être exprimé, de contrôler jusqu'à la perception. Comme l'écrit Mary Daly, la première à identifier ce pouvoir dans  
Beyond God the Father, * "il faut bien comprendre le fait fondamental que nous, les femmes, nous sommes fait voler le pouvoir de nommer".
La suprématie masculine est fusionnée au langage, de sorte que chaque phrase la proclame et la renforce. La pensée, d'abord vécue comme langage est imprégnée des valeurs linguistiques et perceptives créées expressément afin de subordonner les femmes. Les hommes ont défini les paramètres de chaque sujet. Tout argument féministe, si radicales que soient ses intentions ou ses incidences se rallie ou se heurte à des énoncés ou à des prémisses implicites au système masculin, qui est rendu crédible ou authentique par le pouvoir qu'ont les hommes de nommer. Aucune transcendance du système masculin n'est possible tant que les hommes ont le pouvoir de nommer. Leurs noms résonnent en tout lieu habité. Comme Prométhée a volé le feu aux dieux, les féministes vont devoir voler aux hommes le pouvoir de nommer, pour en faire, espère-t-on un meilleur usage. Comme le feu, lorsqu'il appartenait aux dieux, le pouvoir de nommer semble magique ; l'homme donne le nom et le nom perdure, la femme donne le nom et le nom se perd. Mais cette magie n'est qu'illusion. Le pouvoir de nommer repose sur la force pure et simple. A lui seul, sans la force pour l'imposer, jugé à l'aune du réel, ce n'est plus un pouvoir mais un processus, chose plus modeste.
"L'ancien processus de nommer, écrit Mary Daly, ne résultait pas d'un dialogue, fait reconnu par mégarde dans le récit de la Genèse où Adam nomme les animaux et la femme." C'est le fait de nommer par décret qui est un pouvoir exercé sur et contre celles à qui on interdit de nommer leur propre vécu ; c'est ce décret, étayé par la violence, qui inscrit le nom en lettres de sang indélébiles dans la culture dominée par les hommes.

Le mâle ne se contente pas de nommer les femmes mauvaises : il extermine 9 millions de femmes comme sorcières parce qu'il a nommé les femmes mauvaises. Il ne fait pas que nommer les femmes faibles : il mutile le corps féminin, l'attache de façon à restreindre ses mouvements, s'en sert comme jouet ou ornement, le garde en cage ou atrophié parce qu'il a nommé les femmes faibles. Il affirme que la femme veut être violée : il viole. Elle résiste au viol, il doit la battre, la menacer de mort, l'enlever de force, l'attaquer de nuit, utiliser un couteau ou ses poings ; et malgré tout, il affirme qu'elle en veut, elles en veulent toutes. Elle dit non ; il prétend que cela veut dire oui. Il la nomme ignorante, puis il lui interdit de s'instruire. Il l'empêche d'exercer avec rigueur son esprit et son corps, puis il la nomme intuitive et émotive. Il définit la féminité, et lorsqu'elle ne s'y conforme pas, il l'appelle déviante, malade, il la bat, lui sectionne le clitoris (siège d'une masculinité pathologique), lui arrache la matrice (source de sa personnalité), la lobotomise ou la bourre de narcotiques (reconnaissance perverse de sa capacité de penser, bien que la pensée soit nommée déviante chez la femme).

Il nomme "sexe" un mélange variable d'antagonisme et de violence ; il la bat et nomme cela "preuve d'amour" (si elle est épouse), ou érotisme (si elle est maîtresse). Si elle veut de lui sexuellement, il la nomme salope ; si elle n'en veut pas, il la viole et dit qu'elle en veut ; si elle préfère étudier ou peindre, il la nomme frustrée et se vante de pouvoir guérir ses intérêts pathologique par le "bon coup" apocryphe. Il la nomme "ménagère" uniquement apte au travail de maison, et la tient dans la pauvreté et la dépendance totale ; mais si elle quitte la maison, il l'achète et puis la nomme putain. Il la nomme comme bon lui convient. Il fait ce qu'il veut et nomme cela à sa guise."
Andrea Dworkin
Pouvoir et Violence sexiste. Edition Sisyphe. 2007

Un lien vers un regard et une analyse féministes du viol et de meurtre d'Agnès Marin au lycée Cévenole

* Non traduit en français

mercredi 23 novembre 2011

25 Novembre

Deux des visuels chocs de Solidarités femmes pour le 25 novembre, Journée contres les violences faites aux femmes, sur le thème du bourreau banal , avec le slogan "Dénonçons la violence qui se cache".





Si vous souhaitez en savoir plus sur les créatifs  et voir le troisième visuel , c'est le site de CB News.

Pour connaître les chiffres et le profil des agresseurs, c'est sur le PDF de Solidarités Femmes : l'auteur des violences est majoritairement le partenaire régulier de la victime et il n'y a pas de profil type ; plus de 60 % des agresseurs ont un emploi, et toutes les classes sociales sont touchées par ce fléau. Les abus sont rarement isolés et accidentels, on observe un important taux de récidive avec d'autres partenaires.

Pour les parisiennes, rassemblement sur le Parvis du Centre Beaubourg à 18 H vendredi 25 novembre.
Pour le calendrier des autres évènements en région, donc en bas de chez vous, c'est sur le site EGALITE.

Je mets aussi en lien le beau texte du Père de Cassandre sur les meurtres de Cassandre et Houria en Argentine, texte dans lequel Jean-Michel Bouvier demande la reconnaissance du crime de féminicide.

jeudi 17 novembre 2011

Le déclin de la virilité




Conférence à Rennes - Les Champs Libres avec Georges Vigarello et Claudine Haroche sur L'histoire de la virilité de l'antiquité à nos jours : une somme en trois tomes. J'ai décidé d'aller voir. Hormis, bien sûr, l'apparition du mouvement féministe au XXème siècle, les autres raisons de ce déclin seraient selon les conférenciers plus contingentes que volontaires.

1 - Les guerres du XXème siècle : alors que lors des siècles précédents, pendant les guerres on peut exercer sa bravoure et sa force face à face, les deux guerres de 14-18 et celle de 39-45, sont des guerres où ceux qui en réchappent sont ceux qui ont été capables d'éviter les balles, et finalement la mort en se terrant dans des tranchées, en plongeant dans un trou d'obus ou un fossé. C'est moins glorieux et brave, qu'habile ou chanceux. Ce sont des guerres d'hommes couchés ou terrés, plus que d'hommes debout, affrontant les coups d'épées ou trouvant la faille d'une cuirasse, comme c'est le cas lors des guerres antérieures.

2 - Pendant la Première Guerre mondiale, pendant que les hommes s'entretuent, les femmes debout elles, tiennent les pays : elles sont aux champs (la France est à 80 % agricole), dans les usines, sur les champs de bataille ramassant les blessés, elles tiennent les commerces, partout elles font marcher le pays. Quand les hommes rentreront 5 ans plus tard, certaines ne leur rendront pas les clés du pouvoir. Notez également que dans la majorité des pays de l'hémisphère nord, c'est après 1919 qu'elles obtiendront le droit de vote, suite directe de la preuve faite qu'elles sont aussi capables que les hommes de faire marcher un pays. Malheureusement pour les françaises, il leur faudra une guerre de plus et leur participation sans faille à la Résistance pour l'obtenir une génération plus tard !

3 - Dans les usines du XXème siècle, les machines remplacent les bras et la force humaine : les femmes ont ainsi accès aux postes industriels, même s'ils restent des bastions masculins où leurs salaires sont inférieurs. La force physique est remplacée par la gestion des flux informationnels.

4 - Au XXème siècle, l'attention au physique, la "sensibilité", favorisent la délicatesse, pôle féminin, même chez les hommes.

5 - Le féminisme. Evidemment, les mouvements de femmes vont imposer les idées féministes, faire prendre conscience de l'inégalité de traitement entre hommes et femmes, des torts particuliers faits aux femmes, proposer un corpus et les luttes pour y remédier.

6 - Enfin, les modes de travail favorisent le tertiaire "communicationnel" où les femmes sont réputées plus à l'aise que les hommes.

Mais les hommes, réfractaires à la mixité dans "leurs espaces" vont se trouver des bastions où se réfugier : certains secteurs industriels et électroniques, mais tout particulièrement le sport, conservatoire de la virilité en est un exemple remarquable. Alors que, précise Georges Vigarello, l'immense majorité des sports de loisirs sont pratiqués par les femmes, les comptes-rendus sportifs, les émissions sur le sport et ce qu'on y montre de la pratique sportive sont dominés par les hommes. Et même si les femmes entrent aussi dans les sports considérés comme masculins (haltérophilie, boxe, escrime...), les réticences se manifestent dans des détails vestimentaires ridicules et des injonctions à rester "féminine" et "maman aussi" comme je l'ai vu sur un reportage de France Télévisions cette semaine, à propos de l'équipe de France féminine d'haltérophilie. La crainte de ne plus ressembler à "une vraie femme" en pratiquant un sport que les hommes pratiquent aussi est agitée en permanence. La féminité, comme la virilité, accessoires mal accrochés qui se perdent stupidement comme des clés, une écharpe ou une carte de crédit ? En tous cas, c'est comme cela qu'ils sont traités par la société.
Madame Haroche a rappelé que la domination masculine est insidieuse, qu'elle est un "modèle archaïque dominant immémorial", citant Françoise Héritier.

La virilité n'a jamais cessé d'être en crise car elle est en permanence l'angoisse de l'impuissance ; "les hommes ont besoin de dominer deux êtres, le cheval et la femme" (quand j'entends cela, l'idée s'affermit que le combat féministe et le combat pour les animaux sont compatibles parce que nous sommes affronté-e-s à la même oppression immémoriale !). Les représentations et les juristes sont en avance mais les moeurs et les pratiques sont en retard. On antagonise le rapport à l'extérieur (hommes) et le rapport à l'intérieur (femmes), alors que l'enjeu, c'est notre rapport au monde, hommes et femmes confondus. Les privilèges sont des pièges, concluent les deux conférenciers, et les avancées féministes sont comme les avancées de la démocratie, fragiles, perpétuellement remises en cause, aussi nous devons être vigilantes.

Mon commentaire : la virilité n'a aucune utilité ni sociale,ou biologique, ni au regard de l'évolution, elle est même dangereuse pour l'avenir de l'espèce : "La pratique de la virilité est incompatible avec la vie sur la planète" écrit Kate Millet dans La politique du Mâle - 1969.

Pour aller plus loin, lien vers une interview du Figaro.

Actualisation 20/11/11 : je me demande finalement si ce billet n'est pas très optimiste ! Hier soir, journal de TF1, 10 minutes en début de journal sur le massacre d'Agnès par un sociopathe récidiviste de 17 ans. Rien sur la violence masculine infligée aux femmes, cela troublerait la digestion des téléspectateurs, mais la deuxième "marche blanche" consensuelle de la quinzaine est organisée ; il y a une semaine, rappelez-vous, c'était pour Océane. Une toutes les semaines, mais toujours rien sur les crimes sexistes, le massacre des filles et des femmes en France aujourd'hui par les "garçons d'à-côté", "the boys next door" disent les américains. En fin du même journal de TF1, sujet "divertissant" : une laie (femelle de sanglier) a affolé le centre-ville de Toulouse en débarquant dans les rues et en entrant dans un centre commercial ; le sanglier affolé s'échappe finalement en se jetant dans le Canal du Midi par où il tente de s'enfuir -les sangliers sont d'excellents nageurs. Mais c'est sans compter sur les pompiers, corporation mâle (pas de gonzesses ni de tapettes chez nous !) qui vont la traquer et la faire abattre par un tireur de louveterie. #clubdeséquarrisseurs.
La virilité ne fait pas de quartiers. A tout ce qui peut se traquer et servir de gibier : faites gaffe à vous !

vendredi 11 novembre 2011

11 novembre









Photo : Poppy / Coquelicot que les anglais portent à la boutonnière lors des commémorations des morts de guerre le 11 novembre.
 
Chair à canon : ce sont ces jeunes hommes âgés de 18 à 36 ans qui tombent fauchés par la guerre. La Première guerre mondiale a envoyé à la mort une génération entière de jeunes paysans européens -en 1914, la France et l'Europe sont à 80 % rurales. C'est à ce moment-là, selon Fabrice Nicolino (Bidoche), sur cette tabula rasa, que la "rationalisation" de l'agriculture a commencé : mécanisation du travail de la terre, concentration des animaux dans les élevages. Le terrible et meurtrier XXème siècle nait après le Traité de Versailles en 1920, dans le sang et la douleur. Aujourd'hui encore, même si les conflits sont régionaux, cet article du Monde rappelle que la guerre, loin de ressembler à un jeu vidéo irréel, est une boucherie.

Chair à viol : Les viols en temps de guerre ont toujours été traités comme des "dommages collatéraux" inévitables et inhérents à la guerre, mais il n'en est rien. Un ouvrage collectif  "Viols en temps de guerre" présente une série d'études sur les stratégies militaires du viol à travers le monde : ces stratégies du viol sont au service d'un ordre politique et social, ils visent les vaincu-e-s et sont de l'ordre d'une domination ethnique ou nationale. Vous pouvez retrouver ici un article de Georges Vigarello paru dans Marianne 2, article qui commente le livre. Information trouvée grâce à Fédération GAMS.

Chair à viande : Animaux dans l'industrie déshumanisée, productiviste et mécanisée de l'élevage : traités comme des machines à produire rapidement de la viande, ils finissent leur courte vie de maltraitance dans des abattoirs industriels toujours plus énormes, plus nombreux et plus productivistes : via l'élevage industriel, nous consommons toujours plus de chair d'animaux tués toujours plus jeunes, entre 39 jours pour les volailles et 3 ans pour les bovins alors que leur espérance de vie va jusqu'à 15 ans pour les premiers, et 35 ans pour les seconds.

Guerre de tous contre tous : guerres des hommes entre eux, guerre des hommes contre les femmes, et guerre des espèces : les humains contre tous les autres et la nature.

"Nos sociétés sont nihilistes et empestent la mort".
Elizabeth de Fontenay.
"Tant qu'il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille".
Léon Tolstoï

vendredi 4 novembre 2011

Soyez assertives !

Assertivité : j'ai cherché la définition dans mon vieux Robert, je ne l'ai pas trouvée. J'ai trouvé assertion (affirmation, thèse) et asservir, mais pas assertif ni assertivité. En revanche, je la trouve dans mon dictionnaire d'anglais Longman. Assertive : adj. Behaving in a confident way so that people notice you. - Assertively adv - Assertiveness n -assertiveness training. Traduction : se comporter de façon confiante, de façon que les gens vous remarquent, précise Longman. Si j'en crois la langue anglaise, une femme peut se comporter de façon confiante, montrer de la confiance en soi, mais la langue française, si elle tolère la chose -espérons-le quand-même-, n'a pas de mot pour nommer cette qualité, car c'en est une, et c'est révélateur.

Hébé du blog L'avis d'un veau me communique deux liens vers des vidéos du film La Crise de l'excellente Coline Serreau dont j'avais parlé à sa sortie du film Solutions locales pour un désordre global. Coline Serreau est une auteure et metteuse en scène féministe.
Elle met en scène une assertivité et une affirmation de soi peu communes dans l'extrait ci-dessous : la mère d'abord, -regardez bien la tête que font les hommes :



Et ensuite la fille et sa réaction quand son petit ami trouve généreux (vs égoïste) de débarquer chez elle avec toutes ses affaires à 3 heures du matin en guise de preuve d'amour pour lui proposer qu'ils vivent
ensemble :



Merci à Hébé de m'avoir signalé ces deux extraits toniques.
Sans rapport mais pour continuer dans la veine comique, les occasions de se marrer sur ce blog n'étant pas légions , pour une fois, je propose un lolcat dit aussi funny cat (charigolo approximativement en français) : .




Je me demande, s'ils avaient eu Internet et l'occasion d'y voir des lolcats, ce que ces théoriciens de Descartes (l'animal-machine), Kant (l'animal-chose) et Heidegger (l'animal pauvre en monde) auraient pensé de cela ? Mystère. Toutefois, un sociologue s'intéresse à la domination des chats sur Internet en établissant une continuité historique entre le vieux calendrier des Postes (rappelez-vous les chatons dans des paniers, les chiots dans une jambe de pantalon ou une botte, image de marque sympa de la Poste via son calendrier), Vidéo-gag, et Youtube. L'article est un peu capillotracté, surtout quand il recycle le vieux cliché de l'anthropomorphisme "péché de l'éthologie" (quel vocabulaire religieux et non scientifique !) et qu'il relie les lolcats aux recherches en robotique, mais il est intéressant ! Décidément, Descartes, tu fais toujours des émules et ils te doivent tous (éleveurs, expérimentateurs animaliers, éthologues et roboticiens !) une fière chandelle.

Bruno Lemaire vient de promulguer un décret imposant depuis le 4 octobre dans les cantines scolaires des repas avec un plat protidique uniquement à base de protéines animales : Bruno Lemaire et le lobby de la viande, la main dans la main, rien d'étonnant. Mais les végétariens ne l'entendent pas de cette oreille : ils viennent de mettre en ligne une pétition qu'on peut signer ICI. Si je n'étais pas végétarienne, je la signerais quand même ! Avoir le choix, c'est important. Tout comme une loi prochoix donnant le droit à l'interruption de grossesse n'empêche personne d'avoir 10 enfants, la liberté de choisir de ne pas manger de chair animale et de trouver ses protéines dans les graines et légumineuses n'empêche personne de manger ses 105 kg de viande par an, à ses risques et périls bien entendu, puisque c'est mauvais pour la santé. Mais les végétariens (ou les flexitariens) ainsi que les observants des  religions à tabous alimentaires y trouvent leur compte, ce qui n'est pas mal du tout. Je rappelle aussi que le végétarisme ne relève en aucun cas d'une croyance religieuse, mais qu'il consiste à manger en faisant le moins de mal possible aux animaux et à l'environnement, et qu'à ce titre, il est un mouvement pacifiste et non violent.

5 novembre 2011 : Pour les parisiennes, appel à manifestation nationale contre les violences faites aux femmes. Pour en savoir plus, visitez le site du COLLECTIF DES DROITS DES FEMMES .

dimanche 30 octobre 2011

7 milliards d'humains

Selon les statistiques de l'ONU, le 31 octobre, nous serons théoriquement 7 milliards d'humains vivants sur cette petite planète.
Avec un grave déséquilibre hommes - femmes : 105 hommes pour 100 femmes en moyenne, sachant qu'en Inde et en Chine, le déséquilibre est encore plus important.
Sur Europe 1 ce matin, on soulignait l'inconvénient : une société à dominante arithmétique masculine est une société plus violente et plus sujette à l'instabilité. On y rappelait à juste titre que la courbe de Pareto, bloquée sur un désastreux 20/80 crée un déséquilibre Nord Sud injuste et porteur de conflits. Explication de la courbe : 20 % des habitants de la planète en dilapident 80 % des ressources, et 80 % des autres habitants doivent se contenter des 20 % restants !
Au risque de rabâcher, mais le fait est tellement passé sous silence,  
la pauvreté PARTOUT sur la planète a un visage de femme comme vous pouvez aller le lire sur le blog de Femmes solidaires du Rhône.
Enfin, le journaliste d'Europe 1 évoquait comme remède à la "pénurie de femmes" organisée par les sociétés androcentrées faut-il le rappeler, l'instauration d'une polyandrie dans les sociétés les plus touchées par le gynécide des filles ! J'ai failli m'étouffer et il y a de quoi : après avoir été trucidées avant la naissance par des avortements illégaux de foetus-filles (comme en Inde) ou fini sur un tas de fumier après avoir été étouffées à la naissance (comme en Chine), nous serions condamnées à une double peine, rendre des services sexuels à tous les hommes de la famille en cumulant les maris ? Vraiment, le problème des sociétés humaines, c'est que tout y est organisé autour des besoins et des services à rendre aux mecs : aucune espèce animale ne traite de la sorte sa femelle, conscientes qu'elles sont que la pérennité de l'espèce repose sur ELLES ! Tant que les hommes considèreront que tout doit être organisé AUTOUR et pour la plus grande satisfaction de leurs besoins catégoriels étroits, je crois qu'on peut dire qu'on n'est pas sorti(e)s des ronces ! En ce qui concerne l'avenir de notre espèce, Françoise d'Eaubonne a plus que jamais raison : Le féminisme ou la mort !

Lien vers le Facebook de l'Agence France Presse - Démographie : l'avenir incertain d'une planète remplie d'hommes.

"La pratique de la virilité est de plus en plus en contradiction avec la vie sur la planète". Kate Millet in La Politique du mâle - 1969