mardi 7 décembre 2010

Le Féminisme ou la mort - Le manifeste écoféministe de Françoise d'Eaubonne 1



Françoise d'Eaubonne écrivaine féministe (1920 - 2005) publie son ouvrage en 1974 : deux fléaux menacent l'humanité toute entière, selon elle, la surpopulation et la destruction des ressources.
"On est bien obligé de constater qu'en s'appropriant la fécondité (des femmes) et la fertilité (du sol) ce sont les hommes et la société patriarcale qui nous ont menés à cette double catastrophe. Françoise d'Eaubonne s'appuie sur sa connaissance de la féminitude (c'est à dire le malheur d'être femme dans une société régie par les hommes) pour s'élever au niveau le plus élevé, celui du salut de l'espèce humaine menacée de disparition par les errements et le système de ses maîtres"- Extrait de la quatrième de couverture.

La féminitude ou la subjectivité radicale

La mal fortune d'être femme et de vivre dans un monde d'hommes : la misogynie, matière première du monde où il nous faut vivre et qui nous sépare.
"Partout règne l'oppression, et l'oppression n'est qu'une répression intériorisée" ; la femme essentielle, l'éternel féminin, la femme séparée de l'humanité par le non femme, renvoyée à son altérité radicale.
Françoise d'Eaubonne rejette donc l'essentialisme, ce "lieu de notre oppression", qui nous réduit à l'état de minorité alors que nous sommes la majorité de l'humanité. Voici ce qu'elle écrit : "Nous ne pouvons plus croire à l'essentialité sexuelle ou substantielle ; la métaphysique est devenue un fantôme. On sait qu'il n'existe pas plus de femme "essentielle" que de prolétaire prédisposé à l'être, ou de "criminel-né" ...". Les sous-races sont des fables, comme la mentalité pré-logique.

Les outils de la démolition : l'anathème jeté sur Ève

L'idéologie gynophobe parcourt toute la littérature, la philosophie, les arts, les religions : voici les "grandes voix de l'humanité qui ont édifié le monde où nous vivons" (extraits -F d'E en met quatre pleines pages !) :

"Qui se fie aux femmes, se fie aux voleurs" Hésiode.
" La femme ne peut ni enseigner, ni témoigner, ni compromettre, ni juger". Augustin. 
" Souveraine peste que la femme" Jean Chrysostome.
" Je veux que la femme se tienne en silence ; femmes, soyez soumises à vos maris". Paul, fondateur du Christianisme. (Pour ces trois derniers Fd'E écrit Saint mais ne comptez pas sur moi pour accoler le label saint à ces hommes haineux ).
" Tu devrais toujours aller en deuil et en haillons pour avoir perdu le genre humain". Tertullien
" Affreux ténia qui a son siège dans le coeur de l'homme, fille du mensonge, sentinelle avancée de l'enfer" Jean de Damas (On reconnaît la haine que portent aux femmes les pères de l'église, adorateurs d'un dieu mâle !)
Mais le Coran n'est pas en reste :
L'Islam donne la femme à l'homme "comme champ à labourer". Métaphore d'exploitant agricole.
La religion hébraïque : "Merci mon Dieu de ne pas m'avoir fait femme", première prière du juif observant le matin. "Merci mon Dieu de m'avoir faite selon ta volonté" dit en écho la femme juive pratiquante.
" Quand je dis femme, je dis un sexe tant fragile, tant variable, tant muable, tant inconstant et imparfait..." Rabelais.
" Elle flotte, elle hésite, en un mot, elle est femme." Racine.
" L'homme sera le maître et la femme obéira". Proudhon, socialiste, auteur de "La propriété, c'est le vol" et qui trouve qu'une femme en sait toujours assez pour "faire ménagère ou courtisane". Il faut dire que cet illustre gynophobe s'est particulièrement acharné, nous trouvant " laides et bêtes venimeuses".

Les scientifiques sont en bonne place dans l'évangile misogyne :
" La femme la plus spirituelle et la plus raffinée n'équivaut au bout du compte qu'à un homme assez secondaire, avec seulement beaucoup de prétention en plus". Auguste Comte dans une lettre annonçant ses fiançailles à un ami !
Pour Freud, nous sommes toutes des hommes ratés, jalouses dès l'enfance du pénis de notre petit frère !
Et par sa phrase :"Le destin, c'est l'anatomie", il nous enchaîne à notre destin de reproductrices.

Montaigne, plus éclairé mais qui se trompe : "Les femmes n'ont pas du tout tort quand elles refusent les règles qui ont cours dans le monde, d'autant que ce sont les hommes qui les ont faites sans elles". Sans elles, ce n'est pas assez dire, c'est CONTRE elles qu'il fallait, précise Françoise d'Eaubonne.

Toutes les cultures et toutes les géographies sont touchées par le sexisme. Sagesse des Nations :
Hongrie : "Femme ton nom est silence" ; "L'argent est bon à compter et la femme à battre" ; Pologne : "La bonne femme descendue, les chevaux tirent mieux la voiture" ; et la (douce) France : "Bats ta femme comme tu bats ton blé ; t'auras de bon froment, t'auras de bons enfants" ! [....]

En s'attribuant le neutre, le non femme s'est attribué l'universel, l'humain, et il nous en a séparées ! (Alors que les découvertes les plus actuelles des biologistes concordent à montrer que c'est la femme qui est l'espèce, et que l'homme se différencie d'elle bien plus qu'elle ne se différencie de l'homme -P 73).
Ils nous sont appris ce que nous étions -écrit-elle : des pécheresses irréductibles, des arriérées, des perfides, des imbéciles et des salopes, des putains ou des bonniches  ; nous avions perdu le monde, tué le Christ, apporté la mort sur terre, nous corrompions les âmes, nous épuisions les porte-monnaies, nous bavardions au lieu d'écouter, nous étions tantôt la Fatalité du sphinx sanglant, tantôt la médiocrité de
Bobonne ; en gros, nous infestions la planète. On nous avait beaucoup brulées au Moyen-Age, comme les Juifs, mais nous étions toujours là." (On reconnaît bien le terreau des antiennes asphyxiantes de toutes les publicités commerciales destinées à nous vendre tout et n'importe quoi !)

Le travail - La prostitution - Le viol

"Je n'étais qu'un moulage en creux et je devais en être châtiée".
En 1974 comme en ce début de siècle, si les chiffres ont changé, les écarts sont eux toujours aussi béants ! Différentiel de salaire de moins 20 à moins 50 % ; plus de 80 % des mi-temps sont occupés par les femmes. Les mi-temps ont été encouragés dans les années 60 du siècle dernier pour mettre à disposition des industriels un personnel d'appoint destiné à écrêter les pointes d'activité, dans une période de plein emploi où on allait chercher des travailleurs migrants, les femmes pouvaient apporter une main d'œuvre bon marché et peu revendicative. Aujourd'hui, le mi-temps est utilisé dans les zones de sous-emploi et il est toujours pour les femmes. "Il permet au patronat un bienheureux substitut à toute augmentation de salaire ou possibilité de promotion et un échappatoire aux autres revendications féminines dans le domaine du travail" écrit Fd'E.
F d'E déplore également qu'au lieu d'augmenter le nombre de crèches ou de jardins d'enfants, on préfère allonger le congé maternité, permettre à la jeune mère de quitter son emploi  un an sans licenciement, et avancer sa retraite à 55 ans. Toutes ces réformes n'ont pour but réel que de décourager les employeurs de prendre des femmes, et inciter celles-ci à retourner à leur foyer.

Éternel salaire d'appoint, la femme peut se faire rappeler que si elle ne "gagne pas assez", elle peut toujours se louer un mètre de trottoir et faire commerce de son corps, ce capital qu'elle peut faire fructifier en le vendant "soit à un seul (dans le mariage), soit à la communauté mâle (le trottoir)
[et c']est  une des structures mentales les plus résistantes de notre société " écrit F d'E. En d'autres termes, si [son corps] n'est pas vendu en gros dans l'institution du mariage, il n'a qu'à être détaillé dans celle de la prostitution. Même "si la grande majorité des femmes meurent sans avoir connu cette déchéance, il n'en est aucune qui ne se soit vu rappeler tout au long de sa vie ou à certains moments, qu'elle pouvait y tomber. "Putain" est la première insulte qui vient à la bouche d'un homme en conflit avec une femme ; ensuite, les coups sont mieux justifiés".
Le viol peut être utilisé comme une arme, comme un instrument de torture, à des fins politiques écrit Fd'E.
Sous cette menace, pour les hommes, une épouse est d'abord quelqu'un "qui fait le ménage et tout ce bordel ; pour l'homme, le mariage est une simplification, pour la femme un rempart. Toute la société échafaude par sa complicité le mécanisme fatal qui les conduit à cette appauvrissante conception. La femme : ce qui sauve l'homme des corvées et de la masturbation. L'homme : ce qui sauve la femme du viol de tous
les autres" ! L'exploitation du corps des femmes dans la reproduction humaine n'a plus qu'à se mettre en place.

"...cette attendrissante et idéaliste solution à laquelle se sont accrochés tour à tour staliniens et catholiques attardés fait fi, comme tout ce qui est produit par ce genre de politiciens, des multiples raisons que peut avoir une femme de refuser la maternité en dehors de celles que l'on met toujours en avant : le manque de logement, la mauvaise santé, la gêne matérielle. A peu près comme si les femmes étaient un cheptel dont le seul droit valable, la seule revendication admise, demeurerait celui d'avoir un bon herbage, une étable aérée et propre, le poil luisant et un vétérinaire attentif. Moyennant quoi, par quelle perversion refuseraient-elles au fermier autant de veaux qu'en peuvent fournir leurs flancs généreux et leurs vulves toujours chaudes ?". Ce texte a été écrit quelques mois avant la loi Weil autorisant le choix de ne pas mener une grossesse à terme (1975) et est contemporain de la loi Neuwirth sur la contraception dont les françaises ont attendu 4 ans les décrets d'application. Mes lectrices occidentales, qui ont moins de 50 ans aujourd'hui, qui font comme si la contraception avait toujours existé, ne savent pas que la maternité a été longtemps un malheur pour une majorité de femmes harassées par les grossesses à répétition et que dans nombres de pays en développement aujourd'hui, c'est encore le cas : "femme mariée, animal domestique, époux, éleveur, femme battue, poule en batterie" dit Carol J Adams ! (Married woman, domesticated animal, husband and husbandmen, battered women, battery chicks !).
 
Les révolutions

Les révolutions : française de 1789, bolchévique de 1917 en Russie, en refusant de considérer le cas particulier des femmes en les classant dans les prolétaires ouvrières comme leurs maris, niant leur oppression dans le mariage et le travail gratuit à la maison, ont failli à établir une meilleure situation des femmes ; en France, elles n'ont pas été incluses dans le suffrage pourtant dit universel, et en URSS, si elles étaient majoritaires à exercer la médecine pour ne citer que ce seul exemple, cette profession était totalement déconsidérée là-bas et mal payée. Deux femmes ont vu que les femmes étaient les oubliées des révolutionnaires de leur époque : Olympe de Gouge en France et Alexandra Kollontaï en URSS. Pendant la guerre d'Indépendance de l'Algérie, si elles combattaient clandestinement et subissaient comme les hommes les tortures réservées aux militants de l'indépendance, après les accords d'Evian on les prie de rentrer dans "leur cuisine" sans faire de manières ! Pire, aujourd'hui, un code familial dégrade leur indépendance et leur liberté dans le mariage et la famille. Les chinoises se sont vu imposer de façon totalitaire la politique de l'enfant unique et pas plus là qu'ici, on n'a reconnu leur oppression particulière : celle de mule à tout faire gratuitement au sein de la famille. La lutte des classes ne reconnaît que l'ouvrière prolétaire, pas l'épouse productive au sein du foyer, imitant en cela le système capitaliste !  Et il est à noter que ces deux systèmes détruisent à l'identique des ressources irremplaçables et épuisent la nature. "Conclusion : qu'ils soient réformateurs ou révolutionnaires, communistes révisionnistes ou gauchistes, les plus contestataires des hommes pris en bloc sont toujours masculinistes, phallocrates et machos".

Prochain épisode à suivre :

Les deux pôles du féminisme
La planète menacée
La mutation éco-féministe

14 commentaires:

  1. Vraiment merci, Hypathie! J'ai eu beau chercher, impossible de me procurer ce texte dont les extraits que tu offres ici sont d'une lucidité étonnante. Dire qu'elle l'a écrit en 74 et qu'il semble qu'il n'a pas pris une ride et qu'au contraire, l'homme s'est enfoncé que plus dans l'exploitation des ressources naturelles est pour le moins inquiétant.

    Ce qu'elle dit de la prostitution fait écho à ce que pensais écrire au sujet de Despentes qui pense que la prostitution est la voie royale pour les femmes pour échapper au carcan du mariage ...

    J'ai hâte de lire les trois autres billets !

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  2. Héloïse il n'y a qu'un deuxième épisode où je dirai d'ailleurs comment se procurer son ouvrage en cherchant bien ; et elle n'est pas essentialiste pour deux sous comme tu peux t'en rendre compte ! Françoise d'Eaubonne est injustement oubliée, je trouve.

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  3. A Hypathie : moi aussi je trouve que c'est poignant de réalisme. Je suis très heureuse de pouvoir lire cela. Que dire qu'elle n'a pas déjà dit ? Je pourrais renchérir sur tous les points ! Pour l'art, elle l'a vu aussi. Et en ce qui concerne la nature, bien que le machisme soit le seul responsable de la destruction de la nature donc de la vie, ces crétins machistes que je hais, en ce qui me concerne, passent leur temps à répéter comme des pauvres loques de malades mentaux que c'est l'émancipation des femmes la cause de tous les malheurs de la planète. Wolinski a fait le coup dans Charlie-Hebdo, il y a quelques années. Je leur ai écrit et ils ont tout de même publié ma protestation. Mais c'était avant la mort de Gébé. Aujourd'hui Wolinski a un boulevard...
    En tout cas, merci pour ce billet. Il est indispensable.

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  4. @ Euterpe et Héloïse : merci de vos appréciations, mais c'est une synthèse du livre de Françoise d'Eaubonne, donc le talent et la clairvoyance, ce sont les siens. Pour Euterpe : le deuxième épisode est plus positif, puisqu'une solution va être proposée.

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  5. On pourrait résumer en disant que, partout, depuis toujours, en tous temps et en tous lieux, universellement, sous une forme ou sous une autre, les femmes servent de "variable d'ajustement".

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  6. Il y a aussi quelques hommes victimes du système (même si quand ils ont une compagne à la maison, ils bénéficient des avantages et de la gratuité des services rendus !) : ceux qui se laissent glisser dans la rue parce qu'ils n'atteignent pas les standards de compétition implacables que fixent les autres, ceux qui sont au pouvoir et n'ont aucune empathie pour les plus fragiles d'entre eux. Ce qui est intéressant chez F d'Eaubonne, c'est sa vision systémique, "big picture" du phénomène.

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  7. Effectivement, j'avais mal lu et pris les trois chapitres du prochain épisode pour trois billets !

    Françoise d'Eaubonne est injustement oubliée, c'est vrai mais nous allons tout faire pour lui redonner une place dans la bibliographie féministe. En tout cas, je suis impatiente de savoir comment se procurer ce livre.

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  8. @ Héloïse : ça vient :)) -mon billet est en cours de finalisation. Il n'est pas question de trahir la pensée de cette écrivaine féministe, amie de Michel Foucauld, qui a forgé le mot "phallocrate", et qui était co-fondatrice du MLF et du FHAR (Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire) avec Guy Hocquenghem dans les années 70.

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  9. Je suis peut être un peu jeune (18 ans) pour avoir un avis aussi construit et intéressant, mais je dois reconnaître que ce billet est intéressant.
    Toutefois, j'ai l'impression (fausse?) que la séparation entre le système machiste (et ceux qui en sont issus) et les hommes en eux même, n'est qu'une frontière flou... Et ça m'étonne car, bien que j'ai pu voir, à travers les pubs, des dogmes religieux, etc (ce que je nomme système), je n'ai, pour ma part, pas vécue une telle discrimination de la part des hommes envers les femmes (chez moi, mon père s'occupe de la cuisine pendant que ma maman s'occupe de la compta, que mon papa est incapable de comprendre; avec mon copain, il se colle au ménage pendant que je m'occupe de cuisiner (afin de ne pas mourir d'intoxication alimentaire, j'avoue)).

    Même dans le milieu étudiant dans lequel je vie, je n'ai pas remarqué ce genre de comportement. Comme je l'ai dis plus haut, peut être que je suis trop jeune (ou que j'ai eu assez de chance) pour ne pas l'avoir remarqué, mais j'aimerais savoir tout de même si, pour vous, cette frontière entre ces deux domaines existent ou si le respect entre hommes et femmes n'est que ponctuel et rare.

    Merci.

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  10. @ Cat : Merci de votre passage sur ce blog et de votre intérêt. Il ne faut JAMAIS confondre le système et les cas particuliers : même le patriarcat ménage des soupapes de sécurité pour relâcher la pression sociale sur les femmes, il fait quelques concessions de temps à autre, et les hommes ne sont pas tous machos et insensibles à l'inéquité et l'inégalité hommes/femmes. Si c'est le cas chez vous et vos parents, tant mieux. Le système lui est fait par et pour les hommes : dans le mariage, cas emblématique, ils ont l'avantage de se récupérer une domestique gratuite à la maison et d'ailleurs, cela se répercute dans leur carrière. Des tas d'enquêtes ont été faites sur le sujet : quand un polytechnicien épouse une polytechnicienne (même niveau d'études), lui voit sa carrière progresser (mariage vu par ses employeurs comme une stabilisation, il se pose socialement, pendant que pour sa femme, ça joue à l'inverse : sa carrière est en péril, elle va avoir des enfants, elle va prendre des congés maternité, elle va rester à la maison quand les enfants seront malades et elle ne pourra plus réunionner le soir jusqu'à point d'heure). Et même si ce n'est pas le cas, on va la suspecter de devoir le faire car les projections sociales sont tenaces. Son salaire baisse, sa carrière stagne et le plafond de verre s'installe sur sa tête. Elle est bloquée. Les entreprises, les gouvernements, les parlements, toutes les instances dirigeantes sont aux mains des hommes et ça, c'est parfaitement visible. La parité partout est extrêmement importante. Un seul exemple, en Suède :depuis que les femmes sont à égalité avec les hommes au parlement, le client est enfin considéré comme un délinquant qui doit payer pour exploiter un autre être humain en lui louant une partie de son corps, une fonction, la fonction sexuelle. C'est à ma connaissance le seul cas. En France la prostitution est vue comme une espèce de sujet égrillard où les jeunes gens vont jeter leur gourme, ce qui leur fabrique des souvenirs romantiques. La prostitution est une monstruosité qui doit être traitée comme ce qu'elle est : un crime contre un être humain. Je pense que les femmes sont considérées partout comme des citoyens de seconde zone : 90 % des mi-temps, moins 48 % de retraite en moyenne, elles sont 90 % des analphabètes et des pauvres sur la planète qui ignore et fait l'impasse sur le fantastique potentiel des femmes (!), elles souffrent de la faim à raison de 7 sur 10 humains ; c'est pourquoi il faut être vigilantes et préserver nos acquis coûte que coûte, même quand on s'estime privilégiée. Et il faut rester éveillée et garder les yeux ouverts. J'espère avoir répondu à vos questions.
    :))

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  11. Merci pour toutes ces précisions que vous avez pris le temps de m'apporter.

    J'espère sincèrement que d'ici quelques années, les choses auront changés grâce à des gens comme vous ^^

    Merci à vous pour le temps pris et vos billets qui aident à mieux comprendre la situation dans lequel évolue la société et les rapports hommes-femmes!

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  12. @Cat - En queue de litanie des pourcentages, envrion 90 % de la violence sexospécifique est dirigée contre les femmes (féminicides), il y a 100 % d'assassinats féminicides (sur viol) à 0 androcides, sans compter les éliminations des filles avant, pendant et après la naissance, 100 % aussi, l'on ne connait pas ce phénomène pour les enfants mâles.

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  13. N'oubliez surtout pas "Ecologie/Féminisme" paru l'année précédente aux éditions ATP, qui est à la source de "le féminisme ou la mort" et à l'origine de l'écoféminisme dont Françoise d'Eaubonne construisit les fondations dans ce livre méconnu en France mais qui fait encore école aux USA et en Australie.

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    1. C'aurait été bien de mettre un lien vers ce livre, car je n'ai RIEN trouvé le concernant sur Google. Je pense que Françoise d'Eaubonne est l'inventrice de l'éco-féminisme en France, mais nulle n'étant prophète en son pays, elle à fait école chez les anglo-saxons et le tiers-monde, plus pragmatiques que les français-es !

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