vendredi 16 juin 2017

Chez le garagiste

On n'a pas toutes un mari pour porter son auto au garage et négocier les réparations et les prix avec le garagiste ; en revanche, on a (presque) toutes une voiture. Et même si vous avez un mari, je vous conseille l'autonomie, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Un divorce, et on se retrouve comme une andouille à regarder sa voiture comme un piège, sans même savoir la date de la dernière vidange, si toutefois elle a été faite, ce qui n'est même pas sûr. J'ai vu faire, c'est carrément atroce.


Prospectez, comportez-vous en acheteuse

Donc, c'est votre voiture, occupez vous-en. Parlez avec votre garagiste. C'est le b-a ba. Sans rouler de mécaniques, comparez et achetez. Discutez, au besoin, posez vos conditions si vous avez des paramètres non négociables.
Prix, délais, service, amabilité, disponibilité, professionnalisme. Celles qui achètent juste un prix n'auront qu'un prix bas et pas de service. Comparez, faites faire des devis, et si vos travaux sont importants, prenez plusieurs avis. Pendant ces consultations, vous vous ferez une culture, vous verrez s'ils font tous le même diagnostic -la mécanique c'est carré ; si un dramatise, vous gonfle le problème et le prix, ne donnez pas suite. Mais les garagistes ne sont pas tous des voleurs essayant de plumer les femmes. Certains apprécient d'ailleurs la clientèle des femmes, moins "as-tu-vu-ma-grosse-bagnole", plus demandeuses de bons conseils, plus sérieuses, ne roulant pas dans des épaves hors d'âge. Acheter ce n'est pas que faire attention au prix, vous achetez une prestation entière.

Intéressez-vous à votre voiture : gardez vos factures par ordre chronologique, elles constitueront l'historique de vos réparations et entretiens réguliers : vidanges, changement de pièces, de pneus, vous pourrez ainsi vérifier et répondre à votre garagiste (ou à un nouveau) la date de telle ou telle réparation, envisager un délai, ou alors la programmer. A chaque panne, prenez des notes, apprenez : votre garagiste adore, comme tout professionnel, parler de son métier. Faites vous montrer les pièces, décrire la panne, comment ça marche et donc, pourquoi ça ne marche plus. Vous retiendrez, vous vous ferez une culture mécanique, et les fois d'après, vous irez au garage en faisant votre diagnostic de panne, que vous proposerez à votre mécanicien, deux fois sur trois, vous aurez fait le bon. Moi, c'est mon score. J'ai même proposé des diagnostics de panne à des mecs rien qu'en me faisant décrire les symptômes et en écoutant leur moteur tourner. Certains ne touchent pas une bille dans le domaine : ils ne naissent pas avec des dispositions particulières pour la mécanique. Quand on vous change une pièce, exigez qu'on vous montre la pièce défectueuse, manipulez-là au besoin, et demandez à voir une neuve à côté. Vous aurez au moins la certitude que la réparation a été faite ! C'est valable aussi pour les garçons, ce que j'écris, ils sont tellement sûrs d'eux qu'ils se font gruger comme au coin d'un bois.

Le coup du garagiste overbooked 

Il ne sait plus où mettre ses clients ni d'ailleurs, leurs voitures. Son agenda est pris à trois semaines. Au moins. L'homme d'affaires en salopette bleue tourne désespérément les pages de son agenda sans vous trouver de place. Soyez compréhensive : si vraiment il ne peut pas, ne jouez pas les tortionnaires, tout le monde a besoin de manger et dormir, soulagez la pression, dites-lui que vous comprenez, il a sûrement un confrère quelque part. Et tournez les talons. Généralement, il craque et vous court après, deux pages de son agenda étaient collées ensemble, comme c'est bête.

Il y a aussi la femme ou la belle-mère qui tient la caisse, bénévolement comme il se doit. Un jour, prévoyant de changer ma courroie de distribution, donc facture de main-d'oeuvre conséquente, j'avais prospecté des garages que je connaissais, pour avoir leur meilleur prix, histoire de comparer : prix, service. Rentrant chez moi, un peu déçue de mes résultats, j'aperçois un dernier garage que je ne connais pas : je donne un coup de volant et me gare dans la cour. Secrétariat : derrière le panneau, un genre de femme à barbe. Elle me détaille de la tête aux pieds d'un air méprisant, et me classe d'emblée dans la case nana qui s'occupe sur ordre de la bagnole de son mec.
"Bonsoir, Madame, je voudrais votre meilleur prix pour le changement de ma courroie de distribution", dis-je, pas démontée du tout.
Re : elle me détaille de la tête aux pieds d'un air offusqué, et
"De toutes façons, ça va pas être possible avant trois semaines" !
Moi : "Ça ne sera peut-être pas être jamais possible, j'ai demandé votre meilleur prix, un devis si vous préférez, pas un rendez-vous". Réinspection méprisante de bas en haut, et "Bon, je vais chercher mon gendre". Finalement son gendre et moi avons fait affaire, il était le moins cher, accessible à pied, et le plus serviable. Je suis restée plusieurs années chez lui avant qu'il déménage dans une improbable zone artisanale inaccessible.

Le coup de la courroie de distribution

Ah, la courroie de distribution, que de souvenirs ! En caoutchouc synthétique, elle mesure à tout casser 45 cm circulaire, un centimètre d'épaisseur, et elle a des crans. Invisible, elle est fichue au milieu du moteur dont elle agence les éléments ensemble, et elle fait tout tourner. Si elle casse, vous rachetez un moteur -ou une voiture-, c'est pareil. D'où les coups de nerfs des garagistes à son propos. Et comme pour la changer, il faut tout démonter, ça coûte cher en main-d'oeuvre. Pour les modalités, conformez-vous aux instructions du manuel du constructeur en années/kilomètres, à six mois près. Là où ça se corse, c'est quand vous gardez la même voiture longtemps, (d'où l'intérêt de garder vos factures, il y a les dates et vos kilométrages dessus) ou quand vous achetez une voiture d'occasion dont vous ne connaissez pas précisément l'historique. Ce fut le cas de ma voiture actuelle. Ayant fouillé les quelques factures du vide-poche, d'où rien ne ressortait, j'ai dû supposer que l'ancien propriétaire décédé avait fait toutes ses réparations dans le garage où il l'avait achetée, une donnée en ma possession. J'ai appelé : on a essayé avec l'immatriculation, puis le numéro de série de la voiture, dans les grands fichiers de Renault, pour finalement m'entendre dire que les données avaient été perdues avec l'upgrade de leur logiciel de gestion mécanique et comptable ! Curieusement, upgrade signifie souvent perte de mémoire : méfiez-vous de ceux de votre caisse de retraite qui compte vos points. Elles en sont au moins au 10ème, Alzheimer les menace. Quand on pense que ces machines ont été inventées pour stocker l'information à notre place, ça promet. L'humanité va finir amnésique. Et les caisses de retraite ne sont pas le principal problème, c'est quand on ne saura plus où on a rangé nos milliers de tonnes de déchets nucléaires au plutonium que ça va se corser.

En mettant ensemble l'âge de la voiture, les factures récupérées qui ne mentionnaient rien en matière de courroie, j'ai pris la décision de la changer. Fidèle à mes principes, j'ai demandé à voir l'ancienne et une neuve à côté : pas de différence, c'était même dingue. Mon garagiste m'a dit qu'elle avait des micro-fissures invisibles. Depuis, j'ai une sorte de syndrome post-traumatique : quand on prononce micro-fissure devant moi, je deviens blanche et j'ai envie de tuer quelqu'un. Mais je me maîtrise, pour le moment.

Le coup des balais d'essuie-glace sur l'autoroute

Un jour sur semaine en août, je rentre d'un rendez-vous en entreprise, il fait un soleil de plomb, et il commence à faire soif. Ma voiture et moi avons des heures dans les roues, je décide de refaire les niveaux, café pour moi, essence et huile, plus liquide de refroidissement (j'avais une fuite) pour elle. Une fois n'est pas coutume dans ces stations, qu'on n'ose plus appeler service tellement on peut y crever de solitude sans que personne n'approche, un mec en livrée de la marque arrive et commence à remplir mon réservoir, tellement que j'en reste baba. Pendant que ça remplit, il fait le tour de ma voiture, regarde les pneus, et tombe en arrêt devant mes essuie-glaces.
- Vous roulez avec des balais d'essuie-glaces pareils ?
Je lui fais incidemment remarquer que les essuie-glaces ne sont pas a proprement parler ce avec quoi on roule, qu'il ne pleut pas, que rien ne menace, et que oui, puisqu'il insiste, j'ai ces essuie-glace depuis longtemps, que forcément je m'y suis attachée, et que m'en séparer comme ça brutalement sur une aire d'autoroute, franchement je trouverais ça ingrat. J'ai besoin de me faire à l'idée de la séparation. Mais en revanche, pourrait-il avoir l'amabilité de me refaire mon niveau de liquide de refroidissement dont j'ai un bidon dans mon coffre ?  Il se trouve que mes essuie-glace étaient usés, mais comme ça, se faire fourguer une paire de balais par beau temps, au tarif autoroute, ça ne passait pas. Il vaut mieux se méfier, les client.es peuvent être la proie de vendeurs prêts à tout pour augmenter leur chiffre d'affaires.

Prenez des cours de mécanique auto

Apprenez à vérifier la pression des pneus, à vérifier vous-même vos niveaux d'huile, de liquide de refroidissement, à changer un pneu, voire à faire vos vidanges vous-même. Renseignez-vous : certaines associations féministes proposent des formations, mais aussi des garages coopératifs qui vous fournissent l'infrastructure et une assistance. Après formation, il faut pratiquer, parce qu'un savoir non utilisé s'oublie. Mais consultez les notes que vous avez forcément prises, ça aide. D'ailleurs, puisque les vacances approchent, c'est le moment de vérifier ou d'approfondir vos connaissances, et de vous remettre toutes ces notions en tête.

Liens :
Pour vous lancer ou vous rafraîchir les idées, un blog de mécanique :
Mécagirl, la mécanique pour les filles 
Il y a même des tutoriels !
Cesson Sévigné (Rennes) : La concession Nissan organise régulièrement des cours gratuits d'initation à la mécanique de 2 heures réservés aux femmes.
Pour être au courant abonnez-vous ou allez régulièrement voir leur compte Facebook.
Cherchez dans votre région : s'il n'y en a pas, c'est que le diable s'en mêle ! Et comme il n'existe pas...

lundi 12 juin 2017

Les hommes et la Sainte Vierge

Encore une procession masculine où on sort en grande pompe une déesse (de plâtre) couverte d'or et de broderies : démonstration de l'adoration masculine pour la mère de Dieu, vierge et mère. Inutile de leur faire remarquer que ça ne marche pas ensemble, ce serait en pure perte. Surdité sélective. Ils n'entendent pas.


Traduction : "Mère de Dieu, les machos."

C'est vrai qu'on préfère que ce soit une statue qui soit trimbalée de la sorte, mais quand même, c'est la démonstration d'une passion renversante. Notez qu'il n'y a pas une femme (hormis la Sainte Vierge bien sûr, pauvre femme !) dans la foule. Tant mieux. On en tremblerait pour elle.

jeudi 1 juin 2017

Ceci est mon sang : une histoire des règles

Avoir ses fleurs, ses coquelicots, ses jours, ses lunes, son rosaire, avoir ses ourses (allusion à la Déesse Artémis : étymologiquement ourse puissante ?), ses ragnagnas, les anglais ou les russes qui débarquent..., les expressions populaires pour désigner les règles ou menstrues abondent, toutes plus poétiques les unes que les autres.




Les femmes subissent l'écoulement involontaire du sang, les hommes feraient couler le sang volontairement, selon une interprétation anthropologique sexiste de la symbolique des règles. Lesquelles n'ont pas toujours été taboues : elles signalaient la puissance procréatrice des femmes, leur fécondité. A telle enseigne que selon certaines interprétations, la circoncision serait le pendant des règles des femmes : on fait saigner les petits garçons aussi.
Cette volonté des hommes de mimer le sang menstruel pour s'en approprier le pouvoir est attestée dans plusieurs sociétés et à plusieurs époques ". Des exemples anthopologiques le prouvent, où des hommes se mutilent le scrotum pour saigner eux aussi. Des rituels de subincision pratiqués sur les pénis des garçons chez des aborigènes australiens, des rituels de castration en Grèce antique autour des lieux de culte des déesses Cybèle et Artémis, en attestent.

Et puis, le sang des règles devient maudit, "mal dit au sens strict" : les trois religions monothéistes vont le déclarer impur et les femmes seront stigmatisées ou signalées impures pendant les règles. Certains juifs orthodoxes se signaleraient ainsi dans les réceptions : ils ne s'assoient jamais sur aucun siège de peur qu'il ait été souillé par une femme ayant ses règles ! En Islam, les femmes sont aussi déclarées impures, et interdites de prière et de mosquée ces jours-là. Chez les catholiques, le tabou du sang menstruel est moins strict, Paul proclamant qu'en Christ, il n'y a ni mâles ni femelles, ni grec ni juif, ni esclave ni homme libre. Nous ne faisons tous qu'un. Oui, bon, les femmes étaient quand même interdites de communion ces jours-là au moyen âge, et devaient attendre 40 jours après un accouchement pour pouvoir retourner à l'église. Et puis la Sainte Vierge n'avait pas de règles selon les clercs, n'a pas été souillée par le sperme d'un homme, les deux étant polluant.es pour le clergé chrétien. Il n'empêche, chassez les rituels anciens, ils reviennent au galop : "Prenez et buvez en tous car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l'alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés... [...] L'Eucharistie apparaît comme un nouveau tour de chaises musicales entre les divinités féminines et masculines" écrit Elise Thiébaut.

On apprend que les rituels d'exclusion, qui subsistent aujourd'hui (les filles réglées recluses dans une hutte ou une cabane insalubre qui paraissent tellement barbares à nos sociétés modernes dans certaines parties du monde), seraient la persistance d'une réclusion plus protectrice : le sang des règles aurait attiré les animaux sauvages qui auraient attaqué les hordes humaines, d'où la réclusion volontaire dans des grottes, le temps que tout cela s'écoule, pour protéger la tribu. Et tenez-vous bien : n'ayant rien d'autre à faire, elles y auraient développé une spiritualité chamanique et inventé l'art pariétal, dont des savants très sérieux se demandent aujourd'hui si les petites mains qu'on y voit ne seraient pas des mains de femmes ! Pour faire bon poids, l'os d'Ishango est également évoqué : plus vieil objet numérateur trouvé dans l'actuel Congo, il a entre 20 000 et 25 000 ans, il serait un calendrier lunaire de 6 mois, premier objet mathématique connu, inventé par les femmes pour mesurer le temps et numéroter les jours entre leurs règles pour connaître leurs périodes de fécondité.

Les règles sont une calamité pour les filles et femmes du Monde Tiers qui n'ont pas accès aux protections périodiques et doivent donc s'absenter de l'école quelques jours par mois. Cela devient un problème de santé publique tel que des entreprises sociales se préoccupent de la question. Les premières choses que demandent les femmes des pays en guerre et les femmes de la rue, ce sont des protections périodiques, nous signale Elise Thiébaut.

Drôle, sans tabous, plein de ressources, ce livre évoque toutes les problématiques des règles, mythologie, histoire, garnitures à travers les âges, et alternatives actuelles aux tampons, en réalité extrêmement polluants et très difficiles à dégrader, et les deux combats les plus récents menés par les femmes : la tampon taxe, et la composition des tampons. On expérimente la Moon Cup réutilisable qui laisse s'écouler le flux sainement, ce que les tampons ne font pas, et le "flux instinctif libre" ! Là, j'ai des doutes, mais il faut voir. Le syndrome pré-menstruel, la terrible endométriose ignorée par les médecins, sont bien décrits, notamment parce que l'auteure en a souffert elle-même. Enfin, Elise Thiébaut aborde le sujet des cellules souches que contiendraient les règles. Avec des expériences sur des rats, là je suis nettement moins d'accord ! Tout savoir sur l'utérus (ce tueur qui balance à la poubelle tout ce qui ne lui plaît pas, contrairement à ce que pensent les religieux obscurantistes de tous bois aha), vos trompes de Fallope, vos ovocytes, et votre endomètre qui "refait la déco, le papier peint et le carrelage" tous les 28 jours pour recevoir un nouvel hôte au cas où... Un conseil, quand votre fille vous dit qu'elle croit qu'elle a ses règles, au lieu de lui dire "eh ben, vla aut' chose" (la mère de l'auteure) faites une petite fête avec un gros gâteau (vegan) avec plein de rouge, et offrez-lui deux ou trois moon cups. Il n'y a aucune raison que nous n'ayons pas nos rites initiatiques nous aussi. Et les mecs qui passez par ici, arrêtez d'emmerder les femmes avec leurs "humeurs ragnagnas", vous avez vos propres humeurs vous aussi, et la plupart des femmes sont surprises chaque mois par le débarquement des anglais. Au point de devoir se précipiter à la pharmacie pour se trouver des protections périodiques.

Il est temps de réhabiliter les règles : Certaines artistes s'y emploient qui peignent avec leur sang menstruel, d'autres en font des performances "blasphématoires" en réponse au seul blasphème qui existe : haïr et nier les femmes, leurs contributions et leur capacité à donner (ou non) la vie. La blogueuse égyptienne Aliaa Magda Elmahdy publie une photo d'elle sur Facebook, dénudée, en train de répandre son sang menstruel sur le drapeau de l'Etat Islamique, acte hautement politique.


Joana Vasconcelos qui fait un lustre (La mariée) en tampons hygiéniques, refusé à Versailles pour une expo qui lui est pourtant consacrée ;


Les period pains de l'artiste lesbienne sud-africaine (Zulu) Zanele Muholi :


ainsi que le Tumblr Womanstruation de John Anna :


Enfin, en avril 2016, le magazine Newsweek, parodiant le titre du film de Paul Thomas Anderson (There will be blood, 2007 : Il va y avoir du sang) fait sa couverture sur un dossier complet en anglais "The fight to end period shaming is going mainstream" ! Espérons, espérons...


Aménorrhées

Jeanne d'Arc n'avait pas de règles, ce qui a conduit certains à prétendre qu'elle était un homme ! Ceci me rappelle l'anecdote professionnelle suivante : un jour, visitant un des médecins du travail d'une entreprise industrielle employant une infirmière et à qui je vendais des prestations, la conversation tombe sur ses (rares) femmes ingénieures qui, me dit-il "souffraient toutes d'aménorrhées". Et de m'expliquer que, dans un milieu exclusif d'hommes, elles refusaient d'être des femmes et que leur cerveau (notre premier organe sexuel) bloquait l'ovulation, donc le processus des règles. J'espère avoir eu à l'époque la présence d'esprit de lui souffler qu'il recommande à son DRH de recruter autant de femmes que d'hommes, qu'ainsi tout rentrerait dans l'ordre ! Jeanne d'Arc avait certainement le même genre de blocage au milieu de son armée de garçons. Et puis, elle devait se mal nourrir, ce qui est de forte incidence sur les menstrues des femmes. Aucune sorcellerie là-dedans, les femmes incarcérées ont, dans un milieu différent, le même problème, le temps de leur peine.

Réglées comme du papier à musique ?

" ... la régularité du cycle menstruel peut être perturbée par tout et n'importe quoi. Une femme qui mange à sa faim, n'est pas emprisonnée et ne produit pas d'efforts excessifs ovule plus ou moins régulièrement de la puberté à la ménopause. Mais si elle se prive de manger de façon prolongée, si elle voyage, si elle est une sportive de haut niveau et ne dispose pas suffisamment de réserves de graisse pour transmettre le message hormonal aux ovaires, si elle a été envoyée en prison ou, pire, en camp de concentration, elle cesse d'ovuler et donc, d'avoir ses règles. On sait qu'un grand stress peut soit déclencher un cycle, soit l'interrompre. Durant les guerres, des épreuves tragiques comme un exil ou une migration forcée, les femmes ont moins -voire plus du tout- leurs règles : leur corps se met en mode survie. C'est ce qu'on désigne sous le nom d'aménorrhée de guerre ou de famine, ou encore aménorrhée d'inanition. "
Les règles : le seul sang qui coule sans violence, mais le seul sang qui dégoûte les hommes"

Les citations du livre d'Elise Thiébaut sont en caractères gras et rouge.
Mon billet -images et texte- est composé pour Chrome : il peut présenter de mauvaises césures sur d'autres navigateurs.

vendredi 19 mai 2017

Bâton contre fusil : la construction sociale de l'inégalité des sexes

J'ai trouvé cette photo mise en scène, "ritualisée", datant selon les apparences de mai 2016, quoiqu'il faille toujours se méfier sur Twitter, on ne sait jamais d'où ça vient. Et je n'adhère pas au commentaire spéciste d'Emmanuel Foulon, traiter le chasseur de cochon n'est pas pertinent, mais ce n'est pas le sujet. D'abord, je me suis dit une de plus, et puis en y regardant à deux fois, elle est intéressante cette photo, très intéressante même. En la regardant, nous regardons le passé, celui de l'espèce humaine, 10 000 à 30 000 ans en arrière, c'est fascinant. En 2017, du fond du Néolithique, 30 000 ans de proto-histoire vous contemplent.
En premier plan un lion, devenu trophée de chasse, mort, assassiné ; posant fièrement avec son fusil, le chasseur qui a commis le forfait. Et derrière, la femme du chasseur avec... un bâton ! Sans arme, autrement dit. Voici ce qu'écrit Paola Tabet dans La construction sociale de l'inégalité des sexes :

" Chez les Aetas des Philippines, les femmes participent à la battue (de chasse) surtout si les chiens sont peu nombreux. Pendant la battue, [elles] courent ça et là dans la brousse en aboyant : elles n'ont jamais d'armes, lesquelles sont réservées aux hommes. " (citant Reed - 1904)

Elle continue : " Dans tous les cas... le rôle des femmes est indispensable et fait partie intégrante des opérations de chasse. Mais leur participation se fait à main nue : elles servent seulement de moyen sonore pour effrayer l'animal, elles sont une sorte d'épouvantail sans pouvoir offensif et en même temps sans protection ni moyen de défense personnel. Leur position reste subordonnée, elles ne capturent jamais directement l'animal. " [...]

" La chasse typiquement féminine se fait donc sans armes ou avec des armes improvisées : cailloux, bâtons..." Toujours Tabet.
Et
" Ce n'est pas la chasse qui est interdite aux femmes, ce sont bien les armes ; c'est bien l'accès aux armes, en tant que telles et en tant que concrétisation d'un développement technologique, qui leur est refusé "

Et comme les armes sont les premiers outils, voilà pourquoi les femmes n'ont pas accès aux outils non plus. 10 000 ans plus tard, les hommes conduisent l'auto le dimanche, le tracteur et la moissonneuse à la ferme, pissent du code dans les sociétés de services informatiques puisqu'on en a moins besoin au hardware qui était leur domaine réservé au début des calculateurs, font pilotes de chasse et longs courriers, et ont le quasi monopole du pilotage des camions, grues et des nacelles élévatrices sur les chantiers du bâtiment. La prohibition des outils nous interdit les gains de productivité, nous condamnant de fait aux tâches harassantes, répétitives et chronophages, pendant que les hommes qui ont, eux, des loisirs monopolisent ainsi le jeu et l'organisation de la Cité, la politique.

Le tabou des armes a aussi pour conséquence l'interdiction faite aux femmes de se défendre : sans accès aux armes on est à la merci des prédateurs, animaux comme humains. C'est plus facile de nous contraindre au servage, à la reproduction forcée et à la violence patriarcale. J'ai du mal à m'ôter de la tête que si Jacqueline Sauvage a été lourdement condamnée à deux reprises par deux instances à 10 ans ferme pour s'être défendue en tuant son bourreau de mari, c'est parce qu'elle l'a fait avec un fusil de chasse ! Meilleure coup de fusil que lui, la justice patriarcale française ne pouvait pas laisser passer. Ça ne la rend pas sympathique, je n'aime pas plus les chasseuses* que les chasseurs, ça donne juste l'envie de la défendre devant une telle adhésion aux constructions sociales héritées du Néolithique.

Pour en finir avec ces sociopathes - 
Tuer un rhinocéros en payant (cher) pour sauver les rhinocéros oui, ça existe, c'est encore une manifestation du parasitisme patriarcal



Cet article du Scottish Sun rapporte une partie de chasse entre milliardaires au luxueux resort écossais de Donald Trump en Ecosse mi-mai : massacre de 600 faisans et perdrix pendant un séjour de 6 jours dans l'hôtel 5 étoiles de Turnberry, Ayrshire, juste pour le plaisir de l'entresoi, contre enchère de 10 000 £ remportée à Dallas USA, au grand dam des défenseurs des animaux. Deux ans auparavant, le même Dallas Safari Club, avait payé 270 000 £ pour tuer un rhinocéros noir de Namibie, espèce en grand danger de disparition. Devinez le prétexte : sauver les rhinocéros ! Si. On verse près de 300 000 £ sterlings pour tuer un rhinocéros... à un fond de sauvegarde des... rhinocéros. Ces malades ne prennent même plus de précautions pour cacher leurs incohérences de sanglants suprémacistes mâles. Ce sont les incohérences du conservationnisme, qui n'est pas l'environnementalisme, puisqu'il a été inventé par des milliardaires pour préserver leurs terrains de chasse. On retrouve leur ADN dans les "ONG" de type Sierra Club et WWF. Faites attention à qui vous donnez.

Les chasseurs accumulateurs de trophées d'animaux sont des sociopathes : froids, sans empathie, ils tuent sans autre motif que la jouissance que leur procure la mort d'un être vivant, ils n'ont que peu de contrôle social sur eux-mêmes, et si vous pensez que pour l'instant il ne s'attaquent "qu'à des animaux, c'est que des bêtes après tout", ça peut changer. Il sont susceptibles de transgresser vers le haut, puisque nous sommes une espèce hiérarchique, en tuant femme et enfants. Voyez Pistorius et tant d'autres. Le meurtre animal reste encore toléré, voire accepté, cela ne veut pas dire qu'il n'est pas symptomatique de cruauté et de jouissance malsaine selon leur bon plaisir. Ils sont dangereux.

A lire absolument. Paola Tabet est anthropologue.


Lien :
IFAW International Fund For Animal Welfare écrit aux chasseurs de trophées -
Chasse sportive : l'amour de la nature morte

* La chasse en France : 98 % d'hommes, 2 % de femmes. Néolithique, donc.

vendredi 12 mai 2017

Pour en finir avec "même pas foutue de te trouver un mec" !

Billet pas consensuel sur les hommes qui nous parlent mal.


"Même pas foutue de te trouver un mec !" J'ai entendu ça le week-end de Pâques, devant chez moi, dit par deux types (enfin un, et l'autre derrière le premier -le courage n'est pas leur principale caractéristique) apparemment pas non plus capables de se trouver une nana (mais tant mieux, vu les deux spécimens) ; le contexte, un différend avec une voisine gravement toxique, collabote, contente de me les fourrer dans les pieds. Grossiers, mal élevés, l'insulte à la bouche, les insultes proférées sur mon passage, c'est l'histoire de ma vie, mais maintenant, c'est devant chez moi. Le sexisme et la haine des femmes n'ont pas de fond.

Donc, il FAUDRAIT se trouver un mec ? Et je n'en serais pas capable ? On nage en pleine science-fiction. Niveau cheptel, aucune pénurie. Des mecs, il y en a absolument partout : dans les rues, dans les entreprises, dans les cinémas, au boulot, même dans le désert et au sommet de l'Everest. Des jeunes, des vieux, des beaux, des so so, des moches, des petits, des moyens, des grands, des célibataires, des mariés, des veufs, et plein de divorcés qui aimeraient vraiment se recaser. Des lunettus, des à la vue perçante. Des chauves, des chevelus et des catastrophes capillaires. Des stupides, des intelligents, des cultivés, des chiants comme la pluie, des rigolos et spirituels, des timides, des tous terrains, des peureux. Et on n'en trouverait pas ?

Qu'une dame bovin ou équin ou caprin ou suidé se demande "Où sont les hommeuh ? " je comprendrais, vu que leurs mecs sont soit castrés, soit envoyés à l'abattoir, pour cause de "nuisibilité" "agressivité" et "parasitisme" (il mangent trop et ne rapportent rien selon les éleveurs, tous mâles, et comme c'est la chasse aux gains de productivité et aux prix bas...) je comprendrais, elles seraient fondées à poser la question. Mais pas dans notre espèce, même s'ils présentent à peu de chose près les mêmes défauts dont ils accusent les précédents, alors que personne ne pense par ailleurs à le leur reprocher ! Les femmes font 80% des travaux utiles de la planète, sous forme de corvées, définition ici, faut-il le rappeler ?

Et puis, qu'est-ce qu'ils sont serviables ! A peine êtes-vous posée sur une banc, dans la rue, à n'importe quel âge, qu'en moins de deux minutes, il y en a un qui se propose aimablement pour vous arroser votre fleur, même contre paiement au besoin. Ça vous dirait de gagner 60 € ? : un mec en voiture qui s'arrête sur le bord de la route, je vous assure. Euh, c'est déclaré à l'URSSAF ? ai-je questionné en retour. Du coup, il s'est enfui. Généreux, mais au noir. Ou, a minima, ils vous proposent d'aller ensemble boire un café, alors que le café vous énerve ! Alors, franchement, celles qui n'en trouvent pas, c'est qu'elles ne cherchent pas, ou alors qu'elles se mentent à elles-mêmes et aux autres, elles FONT MINE DE CHERCHER en priant le ciel de ne pas trouver, ce n'est pas possible autrement. Il faut arrêter la comédie.

Non, tout ça, c'est encore une inversion patriarcale : comme ils ont une trouille bleue de ne pas se trouver une femme, pour remplacer leur maman à l'entretien de leur ménage et de la famille, ils flippent et tentent de nous culpabiliser. Après des millénaires de bourrage de crane hétérosexuel et de contrainte au mariage et à la reproduction, -parce que l'enfantement est le but du mariage, sinon à quoi bon ?-  par tous moyens à leur disposition, les femmes sont sensibles à l'argument, on les a persuadées que "anatomie est destin" (Freud) et que, puisqu'elles ont un utérus, il DOIT servir, alors que ce n'est qu'une possibilité parmi d'autres. Et qu'une femme n'est pas entière seule, elle DOIT se trouver UNE MOITIE. Autrement, c'est le ratage, l'échec, la guigne. De désespoir, certaines vont même s'inscrire sur Meetic et ses cours de cuisine, ou se faire draguer au club Med, c'est dire la puissance de l'injonction.

Il y a arnaque, si vous voulez mon avis. 85 % des divorces sont demandés par les femmes, ce n'est pas eux qui partent, même s'ils ont mis des coups de canif dans le contrat. Ils n'y ont pas intérêt : ils ont tout à y perdre, et surtout les bénéfices et le confort, la respectabilité d'un foyer, les services ménagers et l'entretien y sont gratuits, et c'est plus porteur et surtout facilitateur pour leur carrière ! Pire, ils ne veulent pas qu'on les quitte. Lisez la presse : dans les cas extrêmes, tous les 3 jours environ, ils blessent, tuent leurs conjointes, enlèvent les enfants pour faire chanter la mère, s'attaquent aussi aux animaux de leurs compagnes. Titres euphémisants de la presse : "drame familial", "drame de la séparation", "crime passionnel" ! Le pire, le suicide accompagné (dit "altruiste" par les psys, gardiens du patriarcat) : ils tuent les enfants et se suicident après. Quelquefois en se ratant. Si le mariage était si désirable pour les femmes et si détestables pour les hommes, est-ce que ce ne serait pas l'inverse ? Posons la question, ça vaut le coup.

Je ne vais pas adhérer à ces injonctions pour "sauver ma peau devant l'opinion publique". Tant pis pour ma popularité auprès de (certain)s hommes, je n'ai pas le désir d'être approuvée par eux ni par la société : hommes souhaitant à tout prix conserver le statu quo, femmes n'aimant pas qu'on suggère que leurs choix sont orientés contre leurs intérêts par des injonctions, une propagande permanente, auxquelles on s'empresse d'obéir, la voie de troupeau étant toujours la plus confortable. Non, je n'ai jamais cherché à me conformer à la vision de ce "qui est correct" pour une femme en aliénant ma liberté. Ce qui ne veut pas dire que je n'ai pas eu ou n'ai pas de compagnons et d'amis de cœur, et sans chercher*, en plus. Mais chacun dans sa chacunière, je ne suis pas une princesse transformable en ménagère à balai dès le lendemain de l'union, je fais mes choix politiques et prophylactiques, librement, en en payant le prix au besoin. Et par-dessus tout, on ne vient pas me tendre un miroir déformant en mentant sur la réalité pour me vendre un truc que je n'ai jamais voulu acheter. Ils n'aiment pas les femmes libres. Ils ne veulent pas que les femmes aient le choix. Réponse à la hauteur du mensonge et de l'affront. La terreur doit changer de camp.


"Mal baisée" : variante entendue un de ces derniers dimanches en marchant au bord de l'eau. Des mecs avec écrit "NoKill"** sur le T-shirt, mais avec un treillis bien guerrier par-dessus, sont en train de monter leurs cannes à pêche sur une écluse où s'amoncellent des déchets plastiques, bouteilles et contenants alimentaires du McDo et du Stade Rennais, gros pourvoyeurs de saloperies tout proches. Le "NoKill" me paraît superflu car évidemment, s'ils prennent un de ces poissons tentant de survivre dans cette décharge, il ne sera pas mangeable, donc se parer d'un NoKill pseudo pacifiste alors qu'on emmerde et blesse "pour le plaisir" des poissons en mauvais état de santé au milieu de la pollution créée par les humains, ont fait que je m'en suis un peu mêlée. Discussion impossible, à la fin de laquelle on m'envoie dans le dos un "mal baisée" qui n'a rien à voir, mais destiné à déconsidérer l'ensemble de mes propos en faisant une diversion bienvenue. Le point Godwin habituel, quand on n'a pas d'arguments, on attaque la personne directement. Et les femmes c'est tellement facile, il suffit de les renvoyer à la position horizontale, celle qui selon ces sexistes, nous conviendrait le mieux.

* Entendu un jour, un monsieur, dans une boutique de brocante où j'étais entrée aussi, répondre au commerçant qui lui demandait s'il cherchait quelque chose de précis, répondre "je ne cherche pas, je trouve généralement !". C'est tout à fait ça, on ne cherche pas, on trouve, et si on ne trouve pas, on n'est pas frustré parce qu'on ne cherchait pas :))

** NoKill : pêche sans tuer, avec remise à l'eau de la prise forcément blessée.

vendredi 5 mai 2017

Une galerie d'images sexistes au sein du mouvement pro-animaux

Attention : images de violence envers les femmes

"Les images qui suivent, collectées depuis des sources de nouvelles et de sites d'activistes, chronique l'exploitation systématique des femmes pour des campagnes anti-spécistes. Bien que des personnes de tous genres soient actives dans le mouvement* (et que des non humains de tous sexes sont exploités), ce sont les femmes qui sont utilisées de façon disproportionnée comme moyen de protestation contre la violence infligée aux corps des animaux non humains. Il y a deux raisons à ce cliché. D'abord, dans une société misogyne, le public est déjà habitué aux images de femmes en souffrance. Deuxièmement, le mouvement de défense des animaux a une longue histoire de sexisme institutionnel. Des preuves scientifiques montrent que cette approche n'est pas efficace. Au contraire, elles repoussent le public, nous aliènent de potentiels alliés venant d'autres mouvements pour plus de justice sociale, et aggravent les niveaux épidémiques de violence contre les femmes et filles à travers le globe."
Corey Lee Wrenn - PhD - Vegan Feminist Network

* Les femmes sont largement majoritaires dans le mouvement pour la cause animale

J'ai sélectionné 15 images : Peta -People for Ethical Treatment of Animals- qu'on ne présente plus, est largement représentée, son sexisme est légendaire.


Peta (People for Ethical Treatment of Animals) : une campagne contre le cuir


AACT Tasmanie : campagne contre les tests sur les animaux


Une campagne allemande contre la fourrure


Une campagne allemande contre le marquage (branding)



Peta : deux campagnes Go Vegan ! La seconde destinée aux hommes à pannes.


Peta : Les hommes préfèrent les blondes sans fourrure !


Campagne Ne laissez pas votre chien dans la voiture


Peta : Campagne contre les carrioles tirées en ville par des chevaux : "la vérité nue". Franchement on ne voit pas le rapport.


Peta (qui n'en loupe jamais une !) Campagne de stérilisation de chats "Trop de chattes peuvent être une mauvaise chose".


Fishlove : Une campagne contre la surpêche qui rate son coup ! Mais qui les conseille ?


Sortez la peau nue, ne portez pas de fourrure : Peta encore !


Peta Allemagne : Campagne contre le foie gras. Notez que j'en ai vu une adaptation française chez Welfarm-PMAF.


Peta : campagne anti-fourrure : les bordures de fourrure sont inélégantes. D'un goût exquis, visant les femmes, éternellement.

Pour voir la liste complète, suivre le lien vers le billet de Corey Lee Wren : Vegan Feminist Network - Gallery of sexist imagery. Publié sur mon blog avec son aimable autorisation.

oOo

Toutes ces affiches pourraient aisément être déclinées au masculin, avec même des nus au besoin, et sans en changer le message. Mais apparemment une femme c'est toujours plus porteur, même (surtout) dans des situations scabreuses. J'ai cherché des images de campagnes françaises, mais on ne tombe que sur les habituels clichés sexistes de l'élevage. A propos d'élevage, justement, il y a actuellement une campagne européenne menée par plusieurs associations contre la castration à vif des porcelets mâles dans l'Union Européenne, pratiquée sur la quasi totalité du cheptel pour des raisons de mauvais goût de la viande perçu par 10 % des consommateurs, hommes généralement. En bonus, et pour faire contrepoids, (c'était difficile de mettre une femme de toutes façons !) je vous offre une affiche allemande, photo envoyée il y a quelques années par Euterpe, et qui me sert régulièrement à interpeller Stéphane Le Fol, actuel Ministre de l'Agriculture, et Phil Hogan, commissaire européen à l'agriculture, sur la souffrance des porcelets engendrée par cette pratique barbare. Mon message est le suivant : Vous tenez à vos bijoux de familles ? Eux aussi ! Accompagné de l'affiche que je trouve parfaite.


mercredi 26 avril 2017

L'ONU ou la Maison des hommes

Des nouvelles fraîches du Club masculin de la Lose
La "maison des hommes" est taboue aux femmes : en gros, c'est un endroit chez les primitifs (plusieurs cas répertoriés chez les Aborigènes d'Australie, mais il y en a ailleurs) où les mecs palabrent politique pendant que les femmes assurent l'intendance : cueillette (courses), cuisine, endroit dédié où on trouve du feu, des pots d'eau bouillante, des tranchoirs et des couteaux, etc, et bien sûr les enfants, puisque ce sont les femmes qui en sont accablées. Certaines anthropologistes femmes font remarquer que le pire endroit pour mettre des enfants c'est bien une cuisine, et que si on était une espèce responsable, ce serait soit les femmes à la cuisine et les mecs s'occupent des enfants, soit l'inverse. En pure perte. Ils parasitent, c'est leur justification sur cette terre. Evidemment, la "maison des hommes" n'a pas disparu et on ne la trouve pas que chez les Primitifs : elle perdure dans les clubs de chasse, écoles d'ingénieurs, Assemblée Nationale, Sénat, clubs de foot, exécutifs des entreprises du CAC 40, etc... tous les endroits à entresoi masculin en sont. L'ONU en est une : elle vient d'élire pour quatre ans l'Arabie Saoudite état membre de sa Commission des Droits de Femmes. Vous avez bien lu : l'Arabie Saoudite va peser sur les décisions prises par l'ONU sur les droits des femmes, un pays où les femmes sont des mineures, où elles doivent sortir accompagnées d'un mentor, où elles sont accompagnées chez le gynécologue par un homme de la  famille, où elles sont interdites de conduire une voiture dans ce pays où il n'y a aucun transport en commun ! L'Arabie saoudite où prévaut la Charia, ce droit coutumier dérivé ds préceptes religieux obscurantistes haineux des femmes.

L' ONU, ce "machin" disait de Gaulle, est une organisation diplomatique internationale où prévaut le consensus. Tractations, phrases calibrées à la virgule près, résolutions boiteuses..., où règne le compromis réduisant à l'impuissance : tu me fais une concession économique ou politique et je te donne un siège à la Commission des Droits des Femmes que tu aimerais bien obtenir, par exemple. Les droits des femmes sont LA commode variable d'ajustement sur laquelle tous les clubs mafieux mâles s'entendent pour faire leurs sales coups. Ils jouent sur du velours, plus c'est gros, plus ça passe, elles ne moufteront pas, elles n'en ont pas les moyens. C'est leur pari.

Lesquels ont fait le coup ? se demande un twittos qui liste et pose la question aux votants, parmi lesquels douze pays européens dont forcément 5 membres ont donné leur vote à ce forfait ?


Un irlandais s'énerve et pose carrément la question aux politiques irlandais via leur compte Twitter : pourquoi avez-vous voté pour cela, Irlande ?
Du coup, inspirée, je décide de poser la même question aux diplomates français à l'ONU : je présume que je vais attendre longtemps la réponse, mais c'est histoire de marquer le coup, bordel :

Le vote est-il secret ? J'ai trouvé un lien vers la charte des Nations Unies : l'Assemblée Générale ; sur les procédures de vote, article 18, je ne vois aucune mention de secret. Pourquoi le vote serait-il secret, qui vote pour qui demande l'activiste féministe Rita Banerji ?
L'ONG UN Watch donne l'explication (qui complète la mienne plus haut) dans cette video en anglais (hélas) où après avoir rappelé le statut de mineure des femmes saoudiennes en donnant des exemples, la journaliste de MSNBC Greta Van Susteren donne à la toute fin l'explication de cette mauvaise action : les Etats-Unis sont des alliés et partenaires de l'Arabie Saoudite, comme larrons en foire, ils s'entendent sur le dos des femmes ! 
Ainsi fonctionne la Maison des hommes. Le féminisme réformiste libéral montre là ses limites : on nous prend juste pour des imbéciles dans les plus hautes instances internationales qui se prétendent défenseuses des droits de l'homme, et donnent des leçons de morale au monde entier, par ailleurs. Droits de l'homme bien nommés, et entièrement assumés, sens littéral. Les femmes repasseront ! Ils tiennent solidement les commandes, ces fous dangereux.


3 couvertures éloquentes du magazine The Economist

Actualisation 3 mai 2017

Dans le Canard Enchaîné de ce mercredi, selon une conseillère du Ministère des Affaires Etrangères, la France a voté non à un siège en 2018 pour l'Arabie Saoudite ; la Suède refuse de divulguer sa position ; la Belgique a admis avoir voté oui, le Premier Ministre, Charles Michel, reconnaissant une faute, "rejetée sur un diplomate", mais le Ministre des Affaires Etrangères a affirmé ne "pas être au courant", tandis que l'opposition réclame sa démission. Il n'empêche que "47 états ont voté oui, à bulletins secrets, sur les 54 qui siègent au Conseil Economique et Social de l'ONU."
A lire en page 5 du Canard N° 5036.

Actualisation 4 mai 2017

Pétition @change au Secrétaire Général des Nations Unies : Non, l'Arabie Saoudite ne peut pas défendre les droits des femmes à l'ONU

vendredi 21 avril 2017

Les programmes des candidats à la présidentielle au prisme de l'écoféminisme

Pour éclairer votre choix pour l'élection présidentielle, voici quelques liens vers les sites qui ont travaillé à examiner les programmes des candidat.es, selon les sujets qui les intéressent chacun.es au premier chef. C'est un vrai travail, et à ce titre, je trouve bien d'en faire la promotion.

Féminisme - Droits de femmes et genre

Connaissances de causes

Les élections présidentielles au prisme du genre, des sexualités et du féminisme 
Les programmes des différent.es candidat.es par ordre alphabétique
Synthèse

Environnement :

Nucléaire
Les candidats les plus et les moins radio-actifs chez Sortir du nucléaire
Déroulez, faites défiler et passez-les au compteur Geiger

Agriculture - Agir pour l'environnement
Présidentielle : qui soutient une agriculture bio, locale et citoyenne ? 
Déroulez !

Santé des océans - Bloom Association
Qui se jette à l'eau pour nos océans et leur habitants ? 

Animaux 
Politique et animaux
Présidentielle 2017 : que feront-ils pour les animaux ?
30 millions d'amis 
Animaux : Que pense chaque candidat ? 
Alliance anticorrida
Les prises de position des différents candidats sur la corrida 

Voilà ! Bravo à toutes ces associations, et blogueuses/chercheuses pour leur travail et leur militantisme infatigable.

L'écoféminisme est un mouvement social et politique qui combine les problématiques écologistes et féministes en regardant les deux comme les résultantes de la domination des hommes sur la société.

vendredi 14 avril 2017

Pâques fête catholique, et de quelques autres inversions patriarcales

"Je suis la résurrection et la vie" - Jean 11, 25

A entendre les scies publicitaires de Carrefour et de Casino à la radio, les gigots d'agneaux de Pâques sont arrivés dans leurs boucheries ! Les abattoirs fonctionnent au maximum de leurs capacités un mois avant la fête : noria de camions sur les routes transportant des bébés animaux aux abattoirs, heures supplémentaires pour le personnel abatteur. On prépare Pâques chez les catholiques. Chaque fête religieuse a son animal ou ses animaux dédiés, ça varie les plaisirs de table : massacre de chapons, oies, dindes à Noël, d'agneaux de quelques semaines à Pâques ; le Cifog essaie même de vous vendre du foie gras, histoire de se sortir du créneau étroit des fêtes de fin d'année et d'élargir la période de consommation d'un produit qui n'est même plus dans la "distinction sociale" (Bourdieu), ni dans le luxe, puisqu'on le trouve chez les hard discounters. Pour le plus grand malheur des canards. L'Aïd el kebir (fête du mouton !) se solde par une hécatombe de moutons chez les musulmans. Pour les juifs je ne sais pas, leur dieu n'étant, au moins, pas un dieu d'amour. Mais la Torah est un catalogue d'interdits alimentaires et de prescriptions sur la façon d'abattre et consommer les animaux et leurs sous-produits. Se nourrir chez les humains : cette construction sociale réglée par Dieu himself !


Une couverture de Beef Magazine, édition US, l'affirme : "Les plus belles œuvres de Dieu ont toujours été faites avec des côtes", allusion fine à la version biblique de la création d’Ève, tirée de la côte d'Adam, comme si les êtres humains ne sortaient pas tous du ventre d'une femme. Encore une inversion patriarcale, ce sont les hommes mâles qui donneraient la vie, selon la Bible ! Vie qui ressemble diantrement à la mort en patriarcat.

Dans Le Royaume, Emmanuel Carrère écrit que les cultes anciens aux déesses primordiales étaient des cultes de plein air (il ne dit pas qu'on n'y faisait pas de sacrifices !), puis quand les dieux mâles ont remplacé les déesses, leur culte s'est déplacé dans des temples où on sacrifiait des animaux pour calmer leur colère. Oui, parce que les dieux mâles sont coléreux : Freud fait l'hypothèse que les déesses mères bienveillantes ont été destituées pour cause de faillite à protéger leurs enfants humains après quelques tremblements de terres, raz de marées, éruptions volcaniques qui tuaient pas mal de monde, il faut bien dire. Du coup, elles furent licenciées pour faute grave et remplacées par des mecs beaucoup plus compétents, mais de sale poil, qui veulent nous faire expier nos fautes. Jupiter représenté avec la foudre à la main et les sourcils froncés fait perpétuellement les gros yeux, un vrai père fouettard, et comme c'est lui le modèle étalon pour toute la suite... Mais revenons aux temples masculins d'Emmanuel Carrère : pour ne pas gâcher, et aussi pour payer les frais généraux, les grands prêtres vendaient ensuite la viande des animaux sacrifiés aux fidèles, ce qui fait que les temples aux dieux masculins étaient en fait de prospères boucheries. Et selon une contribution de Françoise d'Eaubonne dans Le féminisme ou la mort, le malheur des animaux vient aussi de Caïn, le doux agriculteur, et d'Abel l'éleveur. Abel, ce fayot, faisait des offrandes d'animaux sacrifiés à Dieu pour rester dans ses petits papiers, ce qui énervait Caïn qui le jalousait parce que, du coup, Dieu le préférait.  Résultat de cette rivalité de gamins jaloux : Caïn tue Abel et jette l'opprobre sur toute sa descendance d'agriculteurs. Abel victimisé, les éleveurs sacrificateurs avaient gagné : malheur aux animaux. C'est écrit dans la Bible, on ne peut pas lutter.

Du coup, CHARAL a le monopole du cœur. Pour l'éternité.


Voilà comment sont nées les boucheries patriarcales.

Joyeuses Pâques quand même, sans violence, si possible.

jeudi 6 avril 2017

Pause pipi, mais uniquement pour les garçons



Dans la continuité de la ville au masculin, conçue et faite pour les hommes avec l'argent de toustes les contribuables, j'ai trouvé cette invention qui prouve tout de même qu'on est en plein désespoir : les édiles s'arrachent les cheveux qui leur restent. C'est quoi ? C'est un uritrottoir ! Je serais tombée dessus un premier avril, j'aurais cru à un poisson. Mais non, c'est LA solution qu'auraient trouvée Rennes (Le Mensuel de Rennes en kiosques), Nantes, la Gare de Lyon (deux à 9 000 euros pièce installés) pour éviter les "pipis sauvages". A Rennes, à partir des jeudis soirs  durant tout le week-end, les riverains des rues à fêtards du centre historique (à touristes donc, ce qui la fiche mal) se plaignent tellement des odeurs d'urine, que la Mairie planche sur le sujet. Alors, les filles, on pisse contre les murs en sortant de bars ou de boîtes ? Ah mais non, zut, encore un truc pour les mecs, ces incontrôlables asociaux, mais c'est passé sous silence une fois de plus. Donc, là où ils se dézippaient la braguette contre leurs murs favoris, on va mettre des pots de fleurs où ils pourront se soulager : ils pourront donc sortir leur appareil uro-génital en plein jour ou nuit et surtout, en pleine rue. Encore une prime au délinquant, on dirait bien. Vous, Mesdames, pourrez attendre qu'ils aient fini, ou contourner le spectacle (ou vous rincer l’œil éventuellement en faisant des commentaires) et surtout en serrant les fesses pour stopper une envie pressante. Car RIEN n'a été prévu pour vous. C'est vrai que vous, vous feriez plutôt une dilatation de la vessie ou une cystite, et sans vous plaindre en plus : pas de pipi rooms dans les parages ou alors tellement sales que vous préférez généralement attendre d'être à la maison pour vous soulager. Et c'est nous qu'on traite de pisseuses ?

Il est impossible de les contraindre à uriner dans des toilettes publiques ou d'attendre d'être à la maison s'ils ne veulent pas y aller, comme font les femmes ? Ou de les verbaliser lourdement s'ils sont pris sur le fait, sachant qu'il faut envoyer la maréchaussée dans les endroits qu'ils salissent et aux moments où ils sont susceptibles de commettre le délit ? Imaginez de trouver une fille en train de pisser dans une rue où il y a du populo -même la nuit ? Que croyez-vous qu'il arriverait ? Toujours le même double standard : aux hommes les budgets pour recourir aux expédients -même désespérés-, aux femmes de se débrouiller avec la pénurie ou la saleté des "commodités" ! De toutes façons, vous voulez que je fasse une prophétie ? Ils vont pisser à côté, c'est inévitable. Juste pour emmerder le monde.

Et une fois de plus, on se trompe de prioritaire : ce sont les femmes et filles qu'il faut favoriser. Nous ne sommes pas leurs égales, là non plus. A l'école, dans nos pays, des enfants, surtout les filles, se retiennent d'aller aux toilettes pendant la journée pour des raisons de propreté, de non surveillance et de portes qui ne ferment pas, préférant attendre de rentrer à la maison pour se soulager !
Dans les pays du Monde Tiers où le manque de toilettes est criant, les femmes sont les plus pénalisées : les filles quittent l'école lors de la survenue de leurs règles, car elles n'ont pas de lieux où se changer -sans parler du fait qu'elles n'ont pas accès aux protections périodiques ; dans les mégapoles bidonvilles, elles doivent attendre la nuit et sortir se soulager en groupe, et rien n'empêche qu'elles soient attaquées par les hommes rôdeurs, cherchant une occasion de mauvaise action. L'intimité et la dignité élémentaires leur sont refusées.

Et, spéciale dédicace aux boîtes de mecs que j'ai fréquentées en qualité de commerciale consultante et qui n'avaient pas de toilettes séparées pour les femmes, et dont les standardiste, comptable et secrétaire attendaient de rentrer  chez elles les midis et soirs pour n'avoir pas à affronter les rangées d'hommes cramponnés à leur appareil uro-génital, la crasse aussi, pour se soulager : vous êtes en infraction avec le Code du travail. Je soupçonne même certaines de ces entreprises de décourager ainsi sournoisement les candidatures de femmes à un poste chez elles.

Ce n'est donc pas aux hommes qu'il faut réserver des budgets pour améliorer le confort aux toilettes, c'est une fois de plus les femmes qu'il faut favoriser. Ce sont toujours les femmes qui sont oubliées et finalement pénalisées. Les investissements sur les garçons se révèlent au bout du compte être à fonds perdus ; investir sur les filles, leur confort, leur santé est toujours bénéfique pour la société entière. Qu'est-ce qu'on attend ?