vendredi 21 avril 2017

Les programmes des candidats à la présidentielle au prisme de l'écoféminisme

Pour éclairer votre choix pour l'élection présidentielle, voici quelques liens vers les sites qui ont travaillé à examiner les programmes des candidat.es, selon les sujets qui les intéressent chacun.es au premier chef. C'est un vrai travail, et à ce titre, je trouve bien d'en faire la promotion.

Féminisme - Droits de femmes et genre

Connaissances de causes

Les élections présidentielles au prisme du genre, des sexualités et du féminisme 
Les programmes des différent.es candidat.es par ordre alphabétique
Synthèse

Environnement :

Nucléaire
Les candidats les plus et les moins radio-actifs chez Sortir du nucléaire
Déroulez, faites défiler et passez-les au compteur Geiger

Agriculture - Agir pour l'environnement
Présidentielle : qui soutient une agriculture bio, locale et citoyenne ? 
Déroulez !

Santé des océans - Bloom Association
Qui se jette à l'eau pour nos océans et leur habitants ? 

Animaux 
Politique et animaux
Présidentielle 2017 : que feront-ils pour les animaux ?
30 millions d'amis 
Animaux : Que pense chaque candidat ? 
Alliance anticorrida
Les prises de position des différents candidats sur la corrida 

Voilà ! Bravo à toutes ces associations, et blogueuses/chercheuses pour leur travail et leur militantisme infatigable.

L'écoféminisme est un mouvement social et politique qui combine les problématiques écologistes et féministes en regardant les deux comme les résultantes de la domination des hommes sur la société.

vendredi 14 avril 2017

Pâques fête catholique, et de quelques autres inversions patriarcales

"Je suis la résurrection et la vie" - Jean 11, 25

A entendre les scies publicitaires de Carrefour et de Casino à la radio, les gigots d'agneaux de Pâques sont arrivés dans leurs boucheries ! Les abattoirs fonctionnent au maximum de leurs capacités un mois avant la fête : noria de camions sur les routes transportant des bébés animaux aux abattoirs, heures supplémentaires pour le personnel abatteur. On prépare Pâques chez les catholiques. Chaque fête religieuse a son animal ou ses animaux dédiés, ça varie les plaisirs de table : massacre de chapons, oies, dindes à Noël, d'agneaux de quelques semaines à Pâques ; le Cifog essaie même de vous vendre du foie gras, histoire de se sortir du créneau étroit des fêtes de fin d'année et d'élargir la période de consommation d'un produit qui n'est même plus dans la "distinction sociale" (Bourdieu), ni dans le luxe, puisqu'on le trouve chez les hard discounters. Pour le plus grand malheur des canards. L'Aïd el kebir (fête du mouton !) se solde par une hécatombe de moutons chez les musulmans. Pour les juifs je ne sais pas, leur dieu n'étant, au moins, pas un dieu d'amour. Mais la Torah est un catalogue d'interdits alimentaires et de prescriptions sur la façon d'abattre et consommer les animaux et leurs sous-produits. Se nourrir chez les humains : cette construction sociale réglée par Dieu himself !


Une couverture de Beef Magazine, édition US, l'affirme : "Les plus belles œuvres de Dieu ont toujours été faites avec des côtes", allusion fine à la version biblique de la création d’Ève, tirée de la côte d'Adam, comme si les êtres humains ne sortaient pas tous du ventre d'une femme. Encore une inversion patriarcale, ce sont les hommes mâles qui donneraint la vie, selon la Bible ! Vie qui ressemble diantrement à la mort en patriarcat.

Dans Le Royaume, Emmanuel Carrère écrit que les cultes anciens aux déesses primordiales étaient des cultes de plein air (il ne dit pas qu'on n'y faisait pas de sacrifices !), puis quand les dieux mâles ont remplacé les déesses, leur culte s'est déplacé dans des temples où on sacrifiait des animaux pour calmer leur colère. Oui, parce que les dieux mâles sont coléreux : Freud fait l'hypothèse que les déesses mères bienveillantes ont été destituées pour cause de faillite à protéger leurs enfants humains après quelques tremblements de terres, raz de marées, éruptions volcaniques qui tuaient pas mal de monde, il faut bien dire. Du coup, elles furent licenciées pour faute grave et remplacées par des mecs beaucoup plus compétents, mais de sale poil, qui veulent nous faire expier nos fautes. Jupiter représenté avec la foudre à la main et les sourcils froncés fait perpétuellement les gros yeux, un vrai père fouettard, et comme c'est lui le modèle étalon pour toute la suite... Mais revenons aux temples masculins d'Emmanuel Carrère : pour ne pas gâcher, et aussi pour payer les frais généraux, les grands prêtres vendaient ensuite la viande des animaux sacrifiés aux fidèles, ce qui fait que les temples aux dieux masculins étaient en fait de prospères boucheries. Et selon une contribution de Françoise d'Eaubonne dans Le féminisme ou la mort, le malheur des animaux vient aussi de Caïn, le doux agriculteur, et d'Abel l'éleveur. Abel, ce fayot, faisait des offrandes d'animaux sacrifiés à Dieu pour rester dans ses petits papiers, ce qui énervait Caïn qui le jalousait parce que, du coup, Dieu le préférait.  Résultat de cette rivalité de gamins jaloux : Caïn tue Abel et jette l'opprobre sur toute sa descendance d'agriculteurs. Abel victimisé, les éleveurs sacrificateurs avaient gagné : malheur aux animaux. C'est écrit dans la Bible, on ne peut pas lutter.

Du coup, CHARAL a le monopole du cœur. Pour l'éternité.


Voilà comment sont nées les boucheries patriarcales.

Joyeuses Pâques quand même, sans violence, si possible.

jeudi 6 avril 2017

Pause pipi, mais uniquement pour les garçons



Dans la continuité de la ville au masculin, conçue et faite pour les hommes avec l'argent de toustes les contribuables, j'ai trouvé cette invention qui prouve tout de même qu'on est en plein désespoir : les édiles s'arrachent les cheveux qui leur restent. C'est quoi ? C'est un uritrottoir ! Je serais tombée dessus un premier avril, j'aurais cru à un poisson. Mais non, c'est LA solution qu'auraient trouvée Rennes (Le Mensuel de Rennes en kiosques), Nantes, la Gare de Lyon (deux à 9 000 euros pièce installés) pour éviter les "pipis sauvages". A Rennes, à partir des jeudis soirs  durant tout le week-end, les riverains des rues à fêtards du centre historique (à touristes donc, ce qui la fiche mal) se plaignent tellement des odeurs d'urine, que la Mairie planche sur le sujet. Alors, les filles, on pisse contre les murs en sortant de bars ou de boîtes ? Ah mais non, zut, encore un truc pour les mecs, ces incontrôlables asociaux, mais c'est passé sous silence une fois de plus. Donc, là où ils se dézippaient la braguette contre leurs murs favoris, on va mettre des pots de fleurs où ils pourront se soulager : ils pourront donc sortir leur appareil uro-génital en plein jour ou nuit et surtout, en pleine rue. Encore une prime au délinquant, on dirait bien. Vous, Mesdames, pourrez attendre qu'ils aient fini, ou contourner le spectacle (ou vous rincer l’œil éventuellement en faisant des commentaires) et surtout en serrant les fesses pour stopper une envie pressante. Car RIEN n'a été prévu pour vous. C'est vrai que vous, vous feriez plutôt une dilatation de la vessie ou une cystite, et sans vous plaindre en plus : pas de pipi rooms dans les parages ou alors tellement sales que vous préférez généralement attendre d'être à la maison pour vous soulager. Et c'est nous qu'on traite de pisseuses ?

Il est impossible de les contraindre à uriner dans des toilettes publiques ou d'attendre d'être à la maison s'ils ne veulent pas y aller, comme font les femmes ? Ou de les verbaliser lourdement s'ils sont pris sur le fait, sachant qu'il faut envoyer la maréchaussée dans les endroits qu'ils salissent et aux moments où ils sont susceptibles de commettre le délit ? Imaginez de trouver une fille en train de pisser dans une rue où il y a du populo -même la nuit ? Que croyez-vous qu'il arriverait ? Toujours le même double standard : aux hommes les budgets pour recourir aux expédients -même désespérés-, aux femmes de se débrouiller avec la pénurie ou la saleté des "commodités" ! De toutes façons, vous voulez que je fasse une prophétie ? Ils vont pisser à côté, c'est inévitable. Juste pour emmerder le monde.

Et une fois de plus, on se trompe de prioritaire : ce sont les femmes et filles qu'il faut favoriser. Nous ne sommes pas leurs égales, là non plus. A l'école, dans nos pays, des enfants, surtout les filles, se retiennent d'aller aux toilettes pendant la journée pour des raisons de propreté, de non surveillance et de portes qui ne ferment pas, préférant attendre de rentrer à la maison pour se soulager !
Dans les pays du Monde Tiers où le manque de toilettes est criant, les femmes sont les plus pénalisées : les filles quittent l'école lors de la survenue de leurs règles, car elles n'ont pas de lieux où se changer -sans parler du fait qu'elles n'ont pas accès aux protections périodiques ; dans les mégapoles bidonvilles, elles doivent attendre la nuit et sortir se soulager en groupe, et rien n'empêche qu'elles soient attaquées par les hommes rôdeurs, cherchant une occasion de mauvaise action. L'intimité et la dignité élémentaires leur sont refusées.

Et, spéciale dédicace aux boîtes de mecs que j'ai fréquentées en qualité de commerciale consultante et qui n'avaient pas de toilettes séparées pour les femmes, et dont les standardiste, comptable et secrétaire attendaient de rentrer  chez elles les midis et soirs pour n'avoir pas à affronter les rangées d'hommes cramponnés à leur appareil uro-génital, la crasse aussi, pour se soulager : vous êtes en infraction avec le Code du travail. Je soupçonne même certaines de ces entreprises de décourager ainsi sournoisement les candidatures de femmes à un poste chez elles.

Ce n'est donc pas aux hommes qu'il faut réserver des budgets pour améliorer le confort aux toilettes, c'est une fois de plus les femmes qu'il faut favoriser. Ce sont toujours les femmes qui sont oubliées et finalement pénalisées. Les investissements sur les garçons se révèlent au bout du compte être à fonds perdus ; investir sur les filles, leur confort, leur santé est toujours bénéfique pour la société entière. Qu'est-ce qu'on attend ?