jeudi 29 août 2013

Féministe et végétarienne


Pourquoi suis-je végétarienne (ou vegan) et féministe ? Pourquoi le féminisme et le végétarisme me paraissent-ils aller de pair ?

Le sexisme et le spécisme sont à l'origine de deux sortes d'objectivations et d'exploitations, ils sont tous deux des racismes, sans doute les premiers, puisque ce sont les deux différences qu'on a sous les yeux sans être jamais sorti de chez soi. Les féministes s'opposent à la misogynie et aux hiérarchies patriarcales : nous réclamons l'égalité plutôt que le contrôle. Les antispécistes végétariens rejettent ces mêmes objectivations et subjugations pour les animaux. Ils en dénoncent l'exploitation, au motif qu'ils ne nous appartiennent pas et que leur exploitation pose une question de morale.

Les femmes, sans doute affamées durant la proto-histoire, puis servant les hommes, se tenant debout pendant qu'ils mangent et qui, ensuite, prennent leur repas avec les restes quand ces derniers ont quitté la table : cela se passait ainsi dans les campagnes françaises au début du siècle dernier. Aux hommes la part du lion, aux femmes les restes, quand les hommes sont nourris et repus.

Stéréotypes sexistes autour de la nourriture : les femmes cuisent au four, les hommes grillent, occasionnellement, car de tous temps, la cuisine est la place dévolue aux femmes. Et, bien entendu, nous préfèrerions les salades et les pâtisseries au chocolat, pendant qu'eux auraient BESOIN de nourritures plus viriles, plus corsées et pimentées : sexisme de la nourriture.

Corps des femmes soumis aux diktats des structures patriarcales : diktat de la minceur, voire de la maigreur, anathème sur les "grosses", soupçonnées de non-contrôle et d'intempérance, de mauvaise santé. Les hommes peuvent s'empiffrer, les femmes doivent "garder la ligne" sous peine de jugements moraux humiliants. Le corps des femmes (leur champ de bataille à table aussi : il n'y a pas que le contrôle sexuel) est entièrement livré aux structures patriarcales  : presse féminine, publicité, médecine, cinéma..., toutes les productions culturelles véhiculent ce message. Trop ceci, trop cela, jamais bien. Femmes réduites à une apparence, avec les troubles alimentaires que cela provoque : anorexies, boulimies, modes idiotes comme en ce moment le thigh gap, recours à la chirurgie esthétique pour ressembler à des standards inaccessibles, car générés par une imagerie faite de retouches informatiques, l'arnaque absolue.

Corps de femmes objectivés et déréalisés -comme celui des animaux dans la viande. Corps réduits à la marchandise, fractionnés en morceaux dans l'industrie du sexe : pornographie et prostitution. Corps de femmes sans tête de la publicité.

"Nous n'allons plus pendre les femmes comme des pièces de viande"- Larry Flint
Dernier numéro tout viande de Hustler Magazine Juin 1978

Viande érotisée : femmes se léchant les lèvres ou les doigts de façon lascive dans toutes les publicités alimentaires, à moins qu'un rappel péremptoire ne leur ordonne de nourrir correctement (avec des steaks Charal) leurs garçons "qui font du sport et se dépensent, eux" !

L'élevage est l'exploitation exclusive du corps des femelles animales, les mâles étant considérés comme inutiles, voire parasites et gênants, ils sont massivement mis à mort dès leur naissance, quand on ne peut les utiliser (jeunes) pour leur viande. Femelles animales entassées dans des espaces concentrationnaires : poules pondeuses et truies en cage, vaches en bâtiments, assignées à la reproduction , violées, inséminées par un technicien, coincées dans une stalle, puis impitoyablement envoyées à l'abattoir (leur seul voyage où elle verront une seule et unique fois le soleil) quand elles seront bien épuisées par les gestations et les mise-bas, leur corps fatigués déclassés en plats cuisinés, bouillons et ingrédients culinaires. Les vaches, très maternelles, sont privées de leur veau dès la naissance pour que l'éleveur puisse bénéficier du lait.
Les veaux sont envoyés à l'abattoir, maltraités par des hommes insensibles, déshumanisés, sans empathie, qui les frappent, comme dans la vidéo ci-dessous prise par une caméra australienne : elle est en anglais mais les images parlent d'elles-mêmes !



Alors oui, il existe bien une superposition d'oppressions : sexisme, spécisme, renvoi à l'altérité par la création de l'Autre (cf billet prédédent), négation de sa qualité d'être sensible, souffrant, (humain pour les femmes), l'exploitation infernale de la force de travail des femmes et du corps des femelles animales forment consensus. Ils ne valent rien : une fois épuisés au travail, on les jette pour les remplacer par de plus jeunes et de plus alertes. D'ailleurs, on organise des concours de beauté et des foirails où l'on montre les plus beaux spécimens, avec distribution de prix et d'écharpes ! Et le cycle infernal peut recommencer.

Oui, la question de comment nourrir l'humanité à 9 milliards, alors que 70 à 80 % des femmes de la planète sont des productrices agricoles, sans accès à la propriété, aux financements ni aux machines qui permettent une meilleure productivité, oui, cette question est une question féministe. Est-ce raisonnable de nourrir des milliards d'animaux avec des céréales et des légumineuses que nous pouvons manger nous-mêmes, accaparant les meilleures terres, détruisant des paysages et polluant l'environnement comme le fait l'agriculture industrielle productiviste dominée par les hommes ? Est-ce raisonnable de faire couler le sang de milliards d'animaux juste pour manger sa côte de bœuf ou de porc, égoïstement, tous les jours, au titre d'ayant droit de la classe moyenne ? Les animaux, la terre et l'environnement peuvent-ils supporter un tel fardeau ?

La réponse est évidemment non. Tant pis pour la virilité mal pendue des hommes qui auraient besoin de se nourrir de chair animale pour se rassurer ! Tant pis pour les chasseurs qu'ils pensent être, ce qui reste à prouver, bien entendu, et qui est parfaitement douteux*. Je suis féministe depuis plus longtemps que je ne suis végétarienne : je ne suis pas née végétarienne, car mes parents ne se posaient pas la question. Il faut du temps pour apercevoir la big picture, la vision panoramique de l'oppression. Mais aujourd'hui, les deux, féminisme et végétarisme chez moi se superposent exactement : je suis végétarienne pour les animaux, mais sûrement AUSSI parce que je suis féministe.

* Le chasseur carnivore tue sa proie et la dévore sur place. Le charognard se nourrit de proies tuées pas d'autres : manger de la viande d'animaux abattus par d'autres correspond donc à la définition du charognard. Désolée pour la blessure narcissique !

Billet inspiré par les travaux de Carol J Adams, liens ci-dessous, et de The Opinioness of the world.

LIENS :
Viande info
Association végétarienne de France
Le blog de Carol J Adams
Politique sexuelle de la viande
Un élevage industriel : Hypathie à la ferme
Léviathan , l'horreur de la pêche intensive, au cinéma en ce moment.


jeudi 22 août 2013

Du bûcher des sorcières à la lobotomie - Mary Daly

Détruire la victime : du bûcher des sorcières à la lobotomie
Beyond God the Father - Mary Daly (suite)

"Les femmes en tant que caste, donc, sont "Eve", soumises par un ensemble de lois, coutumes et arrangements sociaux, qui imposent un insidieux double standard. Toutefois, étant donné l'identification ambiguë des hommes avec "leurs" femmes en état d'impuissance, le mythe du mal féminin ne peut être poussé jusqu'à sa conclusion logique qui serait la destruction totale. La société telle que nous la connaissons, craint et essaie de détruire "l'Autre". Dans le cas de l'Allemagne nazie, cette dynamique était poussée jusqu'à la "solution finale", dans un effort d'extermination complète. Dans le cas des femmes, alors que toutes sont outrageusement mutilées, le "privilège" de la destruction complète est réservé à un segment de la population des femmes à qui est imposée la pire part d'une logique entièrement consistante. Cela a notamment été le cas pour les pauvres et ignorantes femmes qui, sous le système létal prévalent, entraînées par leur condition de femmes incapables de mener une grossesse à terme, pour toutes sortes de raisons, sont mortes d'avortements clandestins barbares, en mettant les enfants au monde, ou de fragilités relatives à la grossesse.

L'exemple le plus frappant d'une destruction totale sélective d'un grand nombre de femmes, fut la torture puis la condamnation au bûcher comme sorcières par l'Eglise. Le plus important livre médiéval sur le sujet, le Malleus Maleficarum, écrit par deux prêtres dominicains (Sprenger et Krämer) au 15ème siècle proclame que ce sont "les femmes les principales à souffrir d'addiction au mal". Il n'y a rien d'autre à en attendre, car "toute sorcellerie vient du désir charnel, lequel est chez les femmes insatiable". Selon les auteurs, les hommes sont protégés de cet horrible crime, car Jésus était un homme. Au contraire de la mythique Eve, les sorcières étaient des personnes réelles condamnées par la hiérarchie de l'Eglise, menacée par leurs pouvoirs. "Pouvoir" est le mot-clé pour comprendre pourquoi certaines et pas les autres étaient sélectionnées pour cet horrible destin. Les auteurs du Malleus Maleficarum affirmaient que parmi les femmes, les sage-femmes surpassaient les autres en malignité. Comme Michelet le souligne, il y avait une raison de croire que les sage-femmes qui guérissaient étaient grandement craintes par l'Eglise, car leur pouvoir menaçait la suprématie du Clergé.

Des universitaires comme Margaret A. Murray, en examinant les archives des sorcières, remarquent que nous sommes en face des vestiges d'une religion païenne que les chrétiens étaient déterminés à éradiquer. Les universitaires estiment que le nombre des sorcières victimes des bûchers varient énormément : de 30 000 à plusieurs millions. Etant donné l'inexactitude des archives, il est impossible d'exiger la précision. Malgré les déclarations de Spranger et Krämer, il est certain qu'il y avait aussi des sorciers mâles, adhérents eux aussi à la vieille religion païenne. Il est cependant clair que les femmes étaient les cibles spéciales de la haine de l'Eglise. La frénésie du combat contre la sorcellerie commence à gagner en intensité au 16ème siècle et elle s'épuise au tout début du 18ème siècle. Nous savons également que la méthodologie de la chasse aux sorcières avait un principe de base (quoique jamais admis en ces termes) : l'accusée ne pouvait pas gagner. Un test consistait à jeter dans l'eau l'accusée ligotée, car une sorcière ayant renié son baptême serait repoussée par l'eau, elle flotterait et ne coulerait pas. Si elle était innocente, elle coulerait. A l'évidence, le "test" était arrangé d'une manière ou d'une autre.

[...] Le rôle de sorcières était attribué à des déviants sociaux dont le pouvoir était craint. Toutes les femmes sont des déviantes de la norme mâle de l'humanité (un point souligné par la théorie de "l'homme illégitime" d'Aristote et Thomas d'Aquin, le dogme de "l'envie du pénis" des freudiens, et d'autres théories psychologiques telles que "l'espace intérieur" d'Erikson et "l'anima" de Jung). Cependant, celles désignées comme sorcières étaient fréquemment caractérisées par le fait qu'elles avaient ou étaient suspectées d'avoir un pouvoir provenant d'une sorte de savoir particulier, comme dans le cas des "sages' femmes qui connaissaient le pouvoir curatif des herbes, et auprès de qui les gens venaient chercher conseils et aide. Définies comme le mal, elles devinrent les boucs émissaires de la société, et ce faisant, la morale dominante en fut renforcée. L'Inquisiteur fonctionnait comme le protecteur de la société contre la déviance -contre les comportements déviants menaçants, car puissants.

(Photo de Frances Farmer - 1913-1970 - Comédienne américaine détruite par des traitements psychiatriques)

Dans les temps modernes, l'idéologie psychiatrique a largement remplacé la théologie comme gardienne des valeurs de la société. Clairement, la sémantique du "bien" et du "mal" a été remplacée partiellement par "santé" et "maladie mentale". Aujourd'hui, une femme définie comme malade, car elle veut du pouvoir sur sa propre vie, ne peut pas gagner selon les règles du jeu de l'institution psychiatrique.  Comme Szasz l'a démontré, les tortures sont plus subtiles mais le modèle est le même. Son analyse montre une analogie entre l'institution psychiatrique et l'Inquisition, analyse faite préalablement par Elizabeth Packard, une femme emprisonnée à l'asile psychiatrique au 19ème siècle pour "folie" par son mari, lequel n'était pas d'accord avec ses idées théologiques. Les femmes particulièrement, bien que pas exclusivement, sont les victimes de la barbarie psychiatrique, et spécialement de la neurochirurgie, laquelle est, de façon intéressante, contemporaine de la deuxième vague du féminisme. Cela inclut les opérations dans lesquelles les tissus cérébraux sains sont mutilés pour changer la conduite et les émotions d'une personne. La vague actuelle de neurochirurgie (texte écrit en 1971) s'adresse non seulement aux patients des hôpitaux d'état, mais à des "névrosées" fonctionnant relativement bien, particulièrement des femmes. Le 24 février 1972, l'article "Le retour de la lobotomie et de la neurochirurgie" du Docteur Breggin fut lu au Congressional Record. Discutant la large proportion de femmes lobotomisées, le Docteur Breggin explique que c'est plus socialement acceptable de lobotomiser les femmes, car la créativité, que l'opération détruit totalement est, pour la société, "une qualité sacrifiable chez les femmes". Un célèbre neurochirurgien (Freeman, "le doyen des lobotomiseurs) est cité disant que les femmes lobotomisées font de bonnes ménagères. Sur le phénomène, la Docteure Barbara Roberts, une féministe, observe que le conditionnement psycho-social n'est plus aussi efficace qu'il l'était à supprimer l'angoisse féminine : Mais toujours pleine de ressources, la société patriarcale de classes est en train de développer ce qui pourrait être la "solution finale" au "problème de la femme" (et aux problèmes causés par tous les autres groupes opprimés). Cette arme est la neurochirurgie.

Les armes que les technologies modernes développent pour le contrôle des déviants, particulièrement les femmes, sont plus subtiles que les bûchers. Elles détruisent l'esprit, la capacité de créativité, l'imagination et la rébellion, en laissant les mains et les utérus intacts pour produire les services du travail manuel et ceux de la reproduction."

Mary Daly - Beyond God the Father - 1971
Suite de Le syndrome du Bouc Emissaire et de Le pouvoir de nommer : le nommer-faux.

LIENS
Charcot et ses expériences sur l'hystérie transposées dans une fiction qui rétablit la vérité sur les "hystéries".
Frances Farmer, comédienne, lobotomisée.
Frances, la vraie histoire, film de 1982 avec Jessica Lange.
Frances, rebelle (Dieu est mort !), dans Libération
Essai : Camille Claudel, une mise au tombeau.

Plus besoin de lobotomie, cette chirurgie barbare, la pharmacopée prend le relais :
Consommateurs de psychotropes, les femmes en majorité.
Psychotropes, anxiolytiques : une étude de l'Assurance Maladie.

Illustration trouvée chez Lisa Congdon.

vendredi 16 août 2013

Deux bouses publicitaires estivales !

Invictus : Le nouveau jus de Paco Rabanne sous le signe de l'épique (SIC) selon la presse économique qui n'émet jamais la moindre critique. Inspiré de Ben-Hur, film péplum de 1959, donc très moderne : voici le pitch du parfum : "Inhalez les effluves de la victoire Invictus (redondant, si je puis me permettre) : sensations submergeantes et valeurs majuscules, l'extase et la dépendance, cette odeur fraîche et sensuelle offre à la virilité un cadre moderne". Voyons si nous sommes "submergées de valeurs majuscules" :



La virilité, c'est moderne ? On en lacèrerait l'écran d'être ainsi "submergées" dans la surpuissance virile ! Débauche de superlatifs. J'espère que vous avez noté le regard du mâle qui se choisit une favorite dans le troupeau des femelles consentantes, toutes voiles gonflées (tu peux mettre les ventilateurs sur la position maxi, coco ?), qui attendent avec impatience qu'il les honore de son bâton de berger, métaphoriquement montré dans le film !

LIENS : Challenges et Invictus

Vous vous souvenez sûrement avoir vu sur vos écrans la pub bollywoodienne, images saturées en rouge, Uma Thurman maquillée à la truelle, le mec en face d'elle au bord de l'explosion apoplectique qui dit "You mean sex, right, Uma ?" alors qu'elle a dit "I love Schweppes", et bien, le sequel est dessous ! Ça ne s'arrange vraiment pas : j'espère qu'elle a été bien payée pour se mettre en position gynécologique, tout ça pour vendre un soda chimique !

Des femmes offertes aux mâles, éternellement subjuguées et soumises, ainsi fonctionnent les structures patriarcales de la société, dont cet assommoir culturel qu'est l'industrie publicitaire. 



Pour avoir une idée de la façon (à peine satirique) dont se concoctent les pubs attrape-couillon, entre l'image du produit à vendre, un casque audio Seinnheiser Momentum black comme celui-ci

et l'affiche qui sera finalement retenue, avec, entre les deux, le débrief de la réunion des "créatifs" (on ne rit pas !) suivre ce lien édifiant : "Petite leçon de sexisme ordinaire".

La pub nous prend vraiment pour des andouilles.

jeudi 8 août 2013

Harcèlement de rue - Comment réagir ?

Nous avons toutes été confrontées à ces beaufs hétéros et à leurs appels, insultes ou propositions indécentes dans la rue : cela s'appelle du harcèlement de rue. Le sous-texte de ces comportements, c'est de réaffirmer que les femmes ne sont pas légitimes dans l'espace public : selon eux, et la société qui cautionne, il appartient aux mâles, et toute femme qui s'y aventure prend ses risques et s'expose à toutes sortes d'inconvénients, elle n'aurait donc aucune raison de se plaindre puisque c'est sa faute. J'ai trouvé cette vignette sur un site féministe : je la trouve didactique sur l'attitude à adopter face à ces comportements inciviques, aussi la voici, traduite.



D'abord et avant toute chose, EVALUEZ LA SITUATION :
Si vous vous sentez en insécurité, ignorez le harceleur, fuyez ou appelez à l'aide.

Si vous décidez d'affronter le harceleur :
1- Usez d'un langage corporel fort ;
Regardez le harceleur dans les yeux
Parlez d'une voix forte et claire ;
Mains sur les hanches, épaules rejetées en arrière, jamais de sourire ;
Projetez  votre confiance en vous (même si vous ne l'êtes pas tout à fait) ;

2- Soyez directe
Nommez le comportement de votre harceleur et dites que c'est inacceptable ;
Au lieu de dire "Excusez-moi", "Je suis désolée", ou S'il vous plaît", formules à proscrire, dites de façon directe "STOP, arrêtez ça !" ;
Ne jurez pas et ne perdez pas votre sang froid, évitez l'escalade de la situation ;

3Mettez vous en avant
N'entrez pas dans un dialogue avec les harceleurs, n'essayez pas de les raisonner, et ne vous sentez pas obligée de répondre à leurs questions ;
C'est vous qui décidez quand vous avez terminé, c'est vous qui décidez du moment de votre succès.

Exemple : - Hé, la chaudasse, où est-ce que tu vas ?
- Dis donc, me crier dessus depuis ta voiture est du harcèlement ! Je n'aime pas ça, personne n'aime ça ! STOP. Arrête ça ! 

Source : Stop Street Harassement

Les harceleurs sont des lâches, ils ne sont pas si gaillards que ça quand ils trouvent une opposition, cela les surprend, c'est tellement rare : en général, ils s'en vont exercer leurs mauvais traitements plus loin. L'assertivité, la confiance en soi, ça se travaille ; ne rasez pas les murs, personne ne doit vous dicter votre conduite, personne n'a le droit de vous mettre en danger ni de vous menacer. Et n'hésitez pas à appeler au secours, ni à déposer une plainte si vous estimez que les harceleurs ont dépassé les bornes -définies par vous. C'est une agression commise par des lâches.

vendredi 2 août 2013

Notre Dame des Landes et autres liens militants (actualisé)




Pour l'abandon définitif du projet d'aéroport, week-end à Notre Dame des Landes les 3 et 4 août : le programme des deux jours est  ICI au format PDF.

Notez également pour celleux qui sont en vacances et veulent / peuvent rester à NDDL, qu'une semaine pour la libération animale se tiendra du 5 au 11 août 2013.

Lien vers la présentation de la semaine.




Oui, parce que, en gros à NDDL, il y a deux sociologies : les natifs du lieu,  agriculteurs-éleveurs, conventionnels hors-sol pour certains, et des zadistes, les autres habitants de la ZAD (Zone à défendre), refusants, militants alternatifs, plutôt jeunes et citadins qui sont arrivés par solidarité, choix de vie, choix d'expérimenter autre chose, et qui sont là depuis moins longtemps. Ce texte rapporte les difficultés de s'installer pour les nouveau arrivants. D'autant que tous ne mangent pas la même chose et ne font surtout pas la fête autour des mêmes plats ! Cet article publié sur La Terre d'Abord dit les difficultés à porter des valeurs de libération animale dans un contexte d'élevage, dans une région agricole. Vivre sur la ZAD est fait de compromis.

Lien vers la présentation de la semaine.

Actualisation 4/8/13 : Quelques photos prise dans la journée sur le site des Ardillères :

















Une excellente nouvelle : l'activisme et la solidarité pour faire libérer Amina, la Femen tunisienne, ont marché : elle est libre depuis Jeudi 1er août, bien que restant inculpée.
Lien vers l'article de l'Express.

Photo ci-dessous du Facebook de Lina Ben Mhenni, Tunisian Girl. N'oublions pas les deux Pussy Riot enfermées dans un camp en Sibérie. On peut signer chez Amnesty International.


samedi 27 juillet 2013

Esthétique de la violence

"Dans le culte de la violence l'homme, le vrai, aime l'esthétique de la violence. Le vrai guerrier, le vrai mâle n'aime pas la violence laide et triviale. Celle là, il la laisse aux besogneux de la violence ordinaire, aux garçons d'abattoir, aux petits soldats au fond des tranchées... Pour l'homme, le vrai, la violence se doit d'être belle, car elle est un culte. C'est ça la 
tauromachie, c'est une violence esthétisée, comme celle de la messe qui esthétise la crucifixion, comme la pornographie esthétise le viol, comme les défilés militaires esthétisent la guerre. Le vrai guerrier est beau sur son cheval blanc, et le torero est magnifique dans son habit de lumière ! L'esthétique est très importante dans le culte viril de la violence/puissance. Le guerrier se doit d'être beau, le torero se doit d'être beau. Le sacrificateur de moutons se doit d'être beau, car tous remplissent un devoir sacré, un culte, un sacrifice rituel nécessaire à l'ordre du monde.

Dans les ferias, dans la tauromachie, c'est l'esthétique de la violence qui les fascine. Mais sans doute les mêmes qui glorifient la tauromachie se scandaliseraient-ils de la violence des abattoirs parce qu'elle n'est pas du tout esthétique, cette violence-là. La tauromachie, avec tous ses rituels archaïques, c'est un culte rendu aux Dieux de la virilité vraie, celle qui a forgé le monde par la force totale. La tauromachie est un culte, une religion et les massacres esthétisés servent avant tout à nourrir les Dieux virils qui se repaissent de chairs soumises, et de gloire, et de sabres, et de lances, et de pénis et de phallus, brandis en éten-dards. On retrouve aussi cette esthétisation de la violence et du viol dans la pornographie et en cela, oui, il y a une forme de pornographie collective, il y a une sorte de grande partouze orgiaque dans la pratique de la tauromachie.

La jouissance procurée par la violence, cette jouissance sadique, cette jouissance du pouvoir total trouve sans doute son couronnement, son achèvement suprême dans l'exercice du pouvoir politique. Le pouvoir politique est indissociable du pouvoir sexuel violent et de toutes violences, je crois. Alors pourquoi au fond les politiques condamneraient-ils tous ces meurtres rituels collectifs ? Transformer le monde, c'est leur ambition, et le meilleur outil pour cette transformation est la violence sous toutes ses formes. Mais il y a dans la tauromachie tout un culte archaïque de la violence qui les fascine sans doute encore plus parce qu'elle leur rappelle que leur violence est éternelle, traditionnelle et donc "naturelle", glorieuse, et sans doute voulue par leur DIEU en personne, depuis la création de leur monde d'HOMMES.

La violence est indispensable au fonctionnement des sociétés patriarcales. Toutes les violences sont des instruments entre les mains du patriarcat, depuis la nuit des temps, pour façonner le monde à sa guise et à sa convenance. Mais LA VIOLENCE est laide, son visage est horrible. C'est pourquoi le patriarcat a sacralisé et esthétisé toutes ses indispensables violences par l'art."

Ce texte est issu de commentaires-réponses (j'ai seulement ajusté la ponctuation et ajouté un mot dans le premier §) laissés par une de mes lectrices, Stéphanie, sur mon billet précédent "Ferias : sexisme et spécisme main dans la main", et comme ils m'ont semblé plein d'intérêt et que j'y adhère, j'ai préféré les publier dans un billet "Invitée" plutôt que sous mon billet précédent, où ils auraient été moins en valeur.

samedi 20 juillet 2013

Ferias : sexisme et spécisme main dans la main

Les traditions et les fêtes qui les célèbrent sont d'essence patriarcale. Les traditions sont des permanences du passé qui célèbrent le temps cyclique, l'éternel rythme des saisons, des labours et des récoltes. Sur les différentes perceptions du temps, on peut lire La société du Spectacle de Guy Debord. Les hommes -mâles- n'ayant aucun intérêt à ce que les choses évoluent, puisque tout est fait par la société pour les favoriser et les conforter dans leurs privilèges, le conservatisme fait rage, ne vous étonnez donc pas qu'il faille être solide pour tenter d'ébranler ce cycle infernal et immuable des traditions, notamment les plus délétères et maltraitantes d'entre elles. Ajoutez à cela un manque certain d'imagination et vous obtenez les ferias du Sud de la France et d'Espagne, notamment l'encierro, la course des taureaux jusqu'à l'arène où ils vont être torturés et massacrés. En effet, l'encierro précède la corrida. Des mecs "intrépides" se mesurent à la course avec les taureaux, montrant ainsi leur stupidité bornée courage en rivalisant avec la bête !

Cette année à la fête de San Firmin à Pampelune,  un taureau s'est acharné sur un coureur, 23 en tout ont été encornés. Ne comptez pas sur moi pour plaindre ces imbéciles : s'ils veulent se suicider, pas de problème, j'aurais même tendance à les encourager ! La planète est saturée de cruels idiots à front bas. Je ne parle pas des taureaux : le sort qui les attend n'est pas enviable, c'est un massacre :



Certains de ces imbéciles osent appeler cela une civilisation ! Ce "spectacle" de la torture et de la mise à mort des taureaux désinhibe les spectateurs et les rend à leur sauvagerie naturelle, laquelle n'est jamais très loin.. C'est le contraire de l'apaisement, la violence appelle la violence, le sang appelle le sang, les barrières civilisationnelles sont renversées. L'agression sexuelle peut commencer :



Cette vidéo (transmise par un de mes abonnés/abonnements espagnols sur Twitter) fonctionne bien, les arrêts image et son font partie du montage -qu'un de mes lecteurs sur twitter a jugé grossier ! Pas une protestation en revanche sur le sort fait aux jeunes femmes, littéralement traitées en bouts de viande. Le journal espagnol El Mundo en parle dans cet article "San Fermin sexista" (y especista, si je puis me permettre). Régulièrement des viols et des agressions sexuelles (qualifiés de "dérapages" notez au passage les euphémismes) ponctuent et signent ces ferias barbares où tout le monde n'est pas à la fête ! Comme à Bayonne en 2011, où deux plaintes pour viol ont été déposées selon cet article de Sud-ouest.

Les politiques, jamais en reste d'une occasion d'aller dans le sens des pires courants sociétaux, se précipitent pour montrer au bon peuple qu'eux aussi sont des virils avec des couilles ! Ça vous pose un homme, surtout quand celui-ci prévoit d'être un futur candidat à la Présidence de la République. Le pouvoir est au bout du phallus ! Donc, Manuel Valls, d'origine catalane, est allé faire iech les taureaux lui aussi, pour montrer qu'il était de la fête de la virilité : il a participé à une "ferrade", c'est à dire à un marquage au fer rouge d'un taureau comme le relate cet article paru sur le site électronique de RTL ! Les générations se remplacent, les sales habitudes de cette archaïque classe politique demeurent.

vendredi 12 juillet 2013

Guide pour les alliés masculins

J'ai trouvé ce texte sur le site Deep Green Resistance, site d'écologie radicale qui lutte contre toutes les formes d'oppression, celle des femmes aussi, et qui veut mettre fin au suprémacisme humain sur la planète, entendez le suprémacisme patriarcal, puisque les deux se confondent. J'ai trouvé intéressant de le verser au dossier. Évidemment, j'entends déjà d'ici les tenants de Luc Ferry et de Jean-Christophe Rufin râler : rappelons que le râle est le bruit émis par les mourants sur leur lit de mort, ce qui est un bon signe si on se positionne autrement et ailleurs qu'eux. Selon eux (évidemment tous les arguments qui suivent sont faux et spécieux puisque tout progrès humain bénéficie nécessairement à tout le monde), donner des droits aux noirs au XIXème siècle, c'était en retirer aux blancs, donner des droits aux femmes, c'est FORCEMENT pour les conservateurs en retirer aux hommes, et enfin en donner à la nature ou en tous cas la protéger de l'avidité humaine, c'est en retirer définitivement aux mêmes ! Sacrilège ! La plus belle créature de dieu (e?), rendez-vous compte, quel affront ! Voici la traduction (évidemment, je publie ce texte avec leur accord) de Male Ally Guidelines :


Guide pour les alliés masculins
(Développé par les alliés hommes de Deep Green Resistance Group, avec l'aide des femmes des Women's Caucus.)

Introduction
En tant que classe, nous, hommes, avons développé une position de force dans le système de pouvoir appelé patriarcat, en vue de naturaliser l'exploitation du corps des femmes, de leur travail, de leur temps, de leurs enfants, etc... Le partriarcat consiste en un système coordonné de structures sociales, économiques, politiques, légales et culturelles conçues pour opprimer les femmes au profit des hommes. Ce système pourvoit les hommes en privilèges dans chacun des aspects de leur vie ; nous en sommes les bénéficiaires directs. En tant qu'hommes, nous confondons souvent ces privilèges avec des droits naturels.

Ce n'est pas assez pour nous d'être de « bons garçons ». Ce n'est pas assez de nous interdire personnellement d'exploiter les femmes. Ce n'est pas suffisant d'être consciencieux et respectueux des femmes. Ce n'est pas assez d'entretenir l'égalité dans nos relations avec les femmes. Toutes ces choses sont importantes, mais s'abstenir en personne d'un comportement notoire d'oppression des femmes n'affronte pas le patriarcat en tant que système de pouvoir. La décence commande que nous travaillions avec les femmes à déraciner et démanteler entièrement ce système, entre nous, entre groupes et communautés, dans toutes les institutions et la culture au sens large.

Les lignes suivantes sont destinées à encourager les activistes hommes du mouvement DGR à changer leur comportement pour mieux s'allier aux femmes. En tant qu'activistes mâles, nous avons été socialisés dans une culture de domination, et nous sommes juste capables de porter, pratiquer et reproduire le patriarcat. Souvenez-vous : être un allié est un processus au long cours plutôt qu'un titre à posséder ; il doit toujours être défini par les femmes qui détermineront quelles actions et comportements quotidiens feront qu'un homme est un réel allié.

GUIDE 

1 – Apprends à être silencieux, retiens ta parole, sois humble et écoute la voix des femmes. Sois conscient des subtiles façons qui te permettent de dévaluer les femmes et de les traiter injustement. 
2 – Écoute ce que les femmes disent. Accuse réception de ce qu'elles disent et réponds de façon appropriée. Respecte les femmes assez pour ne pas être d'accord avec elles, plutôt que de prétendre adhérer à une chose avec laquelle tu es en désaccord ; quand tu es d'accord, dis-le.
3 – Nous devons suivre le « lead » des femmes et donner priorité aux questions mises en avant par les femmes et tout ce qui les concerne. La culture où nous voulons aller sera centrée sur les femmes : nous devons aller dans cette direction nous-mêmes. Donnez priorité à avoir les femmes en position de pouvoir, priorité à générer de nouvelles femmes leaders. Cela implique de reconnaître comment les femmes leaders sont objectifiées et tenues au silence, et d'avoir zéro tolérance envers une telle attitude.
4 – Il n'est pas approprié que nous parlions d'autorité sur des sujets que les femmes expérimentent directement. En tant qu'hommes, nous ne devons ni ne pouvons comprendre ces expériences. Si nous devons parler sur ces sujets, ce sera seulement après les femmes ou si les femmes nous le demandent, jamais selon notre propre perspective.
5 – Nous devons nous défier de notre propre comportement patriarcal, telles ces façons de faire taire ou de dévaluer les femmes, d'utiliser d'un langage patriarcal (comme des discours de haine, des plaisanteries basées sur l'humiliation et la dégradation, et de s'identifier par des généralités telles que « l'Homme », « homme au travail », l'homme en tant que référence universelle, etc...
6 – Ne soyez pas client de la pornographie ni de la prostitution. Libérez votre sexualité des structures patriarcales capitalistes qui exploitent les femmes. Donnez de la voix contre l'industrie exploiteuse du sexe.
7 – Ne vous comportez pas en « ayant-droit ». Les femmes ne doivent rien aux hommes, y compris un sourire, une conversation, une étreinte ou une relation, aucune intimité d'aucune sorte. Les hommes n'ont pas le droit de prendre l'espace des femmes au détriment de leur confort et de leur frontières personnelles.
8 – Combattez les comportements sexistes des vos amis, familles, associés et alliés politiques. Mettez un terme aux relations masculines qui encouragent et pratiquent le sexisme. Nous n'avons pas besoin de permission pour interpeller les autres hommes sur les comportements patriarcaux; c'est notre responsabilité de base. Interpeller les hommes dans leurs espaces et groupes exclusifs est une priorité.
9 – Le « mansplaining » n'est pas toléré. Par ceci, nous entendons toute parole masculine arrogante, hautaine et condescendante, ainsi que tout autre façon de parler de manière autoritaire ou de mettre la parole masculine sur un piédestal.
10 – Bien que le patriarcat fasse du tort aux hommes d'une certaine façon, sa cible intentionnelle ce sont les femmes. Ainsi, bien que nous puissions nous sentir blessé par la masculinité, nous ne sommes pas opprimés par celle-ci. 
11 – Nous devons nous familiariser nous-mêmes sur les questions affectant les femmes, et sur la théorie et l'histoire féministes. Nous ne devons pas nous attendre à être biberonnés en matière de féminisme.
12 – Dans la culture dominante, les hommes sont les perpétrateurs de harcèlement et de violence. De nombreuses femmes sont les survivantes de cette violence – des études estiment que pratiquement 1/3 des femmes ont été sexuellement agressées ou battues par des hommes, et beaucoup de femmes estiment que ces chiffres sont sous-estimés. Il n'est donc pas de la responsabilité des femmes d'assurer que les hommes des environs sont en sécurité. 
13 – Nous ne sommes pas là pour sauver les femmes. Nous ne sommes pas là pour être des héros. Nous ne sommes pas là pour être des protecteurs des femmes, les femmes peuvent se protéger elles-mêmes. Notre travail n'est pas de protéger les femmes, il est de respecter leurs souhaits et de travailler en solidarité avec elles pour démanteler le patriarcat. Si nous endossons ces rôles contre les souhaits des femmes impliquées dans une situation donnée, nous franchissons les limites. 
14 - Le guide ci-dessus représente une base pour un comportement acceptable. En suivre les prescriptions n'est pas exceptionnel, et ne mérite pas de récompense. En revanche, choisir d'ignorer les comportements sexistes sera considéré comme un acte de collaboration avec la culture masculine dominante. 

Lien supplémentaire : Les hommes et les masculinités dans les mouvements d'émancipation des femmes

vendredi 5 juillet 2013

L'aaamourrr, toujours, l'amourrr !

J'espère que vous avez un sac à vomi sous la main, car le sujet traité aujourd'hui, c'est l'amitié, voire l'amour que certains hommes portent aux femmes.

Agriculture, département élevage : "Le Texas n'a pas besoin d'une autre vache". Ils se sont mis à deux pour faire ça. Photo prise par Carol J Adams dans un quartier riche de Dallas, sur sa route vers un rallye de Madame Clinton lors des primaires de 2008. Élégant et classieux. Et suurtout, ça donne envie de revenir chez ces cul-terreux !






Toujours contre Madame Clinton dans une réunion où elle tente de parler malgré le slogan et la pancarte "Iron my shirt" (Repasse ma chemise) d'un patriarcal visiblement emmerdé qu'une femme tente l'investiture démocrate aux Présidentielles de 2008. Les femmes à l'entretien des chemises des mecs, au repassage et à la cuisine, l'horizon indépassable de leur destin, selon eux ! Le pouvoir c'est un truc de mec, vous n'avez pas le bon équipement, les filles, retour dans vos cuisines en sous-texte.



"Le club des hommes gagne toujours en politique" : Julia Gillard, première Première Ministre d'Australie pendant 3 ans en a fait largement les frais, qui a dû subir de son propre camp (Labor Party) et du camp adverse (Parti Libéral), les pires insultes sexistes "grosses fesses et vestes mal coupées", puis un menu adhérents du Parti Libéral, des "cailles façon Julia Gillard" (politique sexuelle de la viande, les femmes assimilées à cette dernière) : petits seins, cuisses énormes et grosse boîte rouge".

Elle vient d'être renvoyée par son parti et remplacée par son prédécesseur au poste, Kevin Rudd, moumoute et lunette grises, bref, nettement MIEUX ! Sa prostate n'étant pas visible, je ne me prononce pas, mais j'ai un mauvais pressentiment.  
Lien : Julia Gillard rudoyée par Rudd et consorts.

Une twittas @LiseBouvet, Fée-ministe, activiste-militante sur Twitter contre le sexisme et la prostitution relève-telle un article qui ne lui plaît pas sur Ragemag (ils ont dû l'enlever de leur site, le lien ne conduit plus nulle
part) ? Une vague de tweets sexistes, injurieux et gynophobes (dont je rapporte ci-dessous quelques images) envahissent sa tweet line. On peut trouver la totalité de ces échanges haineux sur ce blog.



Même les rédacteurs du site s'y mettent !
















En France, au gouvernement, les ministres de l'écologie (Bricq puis Batho) sont virées sans ménagement pour avoir voulu résister au lobbies industriels ? On nomme à la place un socialiste qui défend le patrimoine français maltraitant voire tortureur : foie gras, chasse et corridas ! Il est pour toutes ces "traditions" françaises fleurant le terroir !  L'écologie, comme le féminisme, c'est des trucs de gonzesses : back to seriousness, l'élevage industriel hors-sol, Philippe Martin n'est pas contre comme le montre cet article, les bonnes vieilles traditions patriarcales, il n'y a que ça de vrai. Surtout quand on n'a pas d'imagination et qu'on est fossilisé dans les pires mauvaises habitudes. Ils ont tant à perdre, les hommes en laissant le pouvoir aux femmes... Leurs attaques sur le physique et la tenue vestimentaire (non mais, ils se sont regardés, sans rigoler ?), c'est Cécile Duflot et sa robe bleue à fleurs qui en feront les frais. C'est gras et ça tache, c'est français.
Liens : Sexisme ordinaire, quand les politiques dérapent.
L'original sur le site du Guardian en anglais : Top 10 sexist moments in politics, Julia Gillard, Hillary Clinton and more...

Actualisation 7/713
Impossible de faire l'impasse sur les remarques sexistes concernant l'apparence physique de Marion Bartoli, championne de Wimbledon : la vénérable BBC anglaise a été obligée de s'excuser auprès de ses auditeurs pour avoir déploré que Bartoli ne soit pas "un canon" ICI en anglais et ICI en français. Plus les inévitables twittos haineux ICI (en anglais ) sur le site Everyday Sexism Project, des amateurs mâles de tennis. Gardez bien en mains votre sac à vomi, ça tache et c'est anglais. 

Comme il ne faut pas minimiser le pouvoir de nuisance des religieux de toutes barbes et de toutes robes, je signale aussi que des cathos intégristes ont obtenu le décrochage d'une exposition de la plasticienne nantaise Soisig Chamaillard d'une galerie de Toulouse pour atteinte à la vierge Marie. Pour une religion où il n'y a que les mecs, faire du pop art avec leurs vieux plâtres de mauvais goût représentant la vierge de Lourdes (Soisig Chamaillard travaille sur des vieilles statues de plâtre chinées dans des brocantes), c'est plus qu'ils n'en peuvent supporter ! Voici une œuvre de Soisig Chamaillard après restauration et réinterprétation.  
Lien : Le site internet de Soisig Chamaillard.


vendredi 28 juin 2013

Un exemple de la façon dont sont traitées les victimes de viol

Une jeune femme a été violée il y a 7 mois à Rennes à la sortie d'une boîte de nuit. Elle a les bons réflexes et le courage d'aller déposer une plainte au commissariat de police. Les policiers font leur travail de prélèvements gynécologiques sur la victime, gardent ses vêtements et sous-vêtements en vue d'une recherche de l'ADN de l'agresseur. Mais le Procureur de la République ne l'entend pas de cette oreille : il refuse de faire les analyses, alors que l'enquête continue.

Six mois plus tard, les policiers rennais apprennent qu'un agresseur de femmes a été arrêté à Toulouse, après un viol où la victime a "été laissée pour morte dans une benne à ordures" ai-je entendu Maître Franck Berton dire ce matin sur Europe 1. Finalement, les policiers obtiennent du Parquet de Rennes qu'une analyse ADN (à 340 euros l'analyse) soit faite. Le violeur est confondu, il est dans les fichiers de la police : il est bien l'agresseur de Rennes. Il a eu le temps de commettre TROIS AUTRES VIOLS à Niort, La Rochelle et Toulouse, dont un avec tentative de meurtre ! Voici ce que dit de l'affaire le journal Ouest-France : le Procureur se défend que ce soit une affaire d'argent, il n'a pas jugé, tenez-vous bien, qu'il y ait des chances sérieuses de trouver un ADN masculin sur la petite culotte de la victime ! On se pince.

Le syndicat de la magistrature se défend maladroitement et à contre-temps du Parquet de Rennes, en agitant l'habituel manque de moyens de la Justice, réflexe corporatiste qu'on nous sert à chaque fois, pour tenter de trouver des justifications à l'incurie qui règne en matière de viols et d'agressions sexuelles. Le viol n'est pas dans les priorités des mecs : si vous franchissez le cap de la maltraitance des commissariats, vous allez tâter de l'inhumanité de la Justice et du Parquet.
Sur le site de France Bleu, le témoignage de la victime rennaise suivi de la défense du syndicat de la Magistrature, invoquant son "manque de moyens" :


Débourser 340 €uros pour trouver un violeur, ce serait trop cher ? Ou plus sûrement, les affaires de viols, ce n'est pas dans les priorités de la société, Franck Berton le dit tout net. La violence machiste permet de tenir les femmes en laisse, de faire régner la terreur. C'est même comme ça que fonctionne le terrorisme, le terrorisme machiste en l'occurrence.

Du pognon, il y en a en Ille et Vilaine : figurez-vous que quand on est des Côtes d'Armor, on s'appelle un costarmoricain, quand on habite le Finistère on est un finistérien, et le Morbihan un morbihannais. Mais enfer et damnation, les habitants d'Ille et Vilaine ne s'appellent pas, pas plus que ceux de Loire-Atlantique, d'ailleurs. Ça ne pouvait plus durer. Je sais que les budgets ne sont pas les mêmes, mais tout de même 15 000 €uros pour "phosphorer" sur un nom, par un comité de "personnalités locales" présidées par l'Administrateur du Stade Rennais himself, ex patron d'une agence de pub de surcroît, là ça mérite qu'on y consacre du temps et du pognon ! Le lien vers cette information est ICI. Les footeux, décidément, démontrent tous les jours les priorités du pouvoir masculin : parasiter et détourner les ressources de la société à leur profit. Ils sont emblématiques du pouvoir de nuisance du sempiternel pouvoir mâle et de ses priorités. Ah oui, j'oubliais, le Conseil Général d'Ille et Vilaine est un organe à majorité masculine : 13 femmes sur 53 sièges.