dimanche 25 novembre 2012
25 novembre - Contre les violences faites aux femmes
25 novembre, journée contre les violences faites aux femmes. Comme pour la journée internationale des droits des femmes, un petit jour pour dénoncer parmi 365 autres où les femmes sont battues, violées, castrées, mariées de force à des hommes pouvant être leur père ou grand-père, échangées comme des marchandises, obligées via la pauvreté entretenue et la violence fondatrice (par des viols, des incestes) à travailler pour l'industrie du sexe et de la pornographie, bref, niées dans leurs droits humains fondamentaux. Une journée alors que les 364 autres, les victimes de viol doivent subir les maltraitances de la police, de la justice et de leurs experts psychiatres, "et montrer pattes blanches et culottes propres" ; 364 jours par an, être retirées du domicile conjugal pour laisser la place au conjoint violent, et être placées dans un foyer avec leur enfants pour leur sécurité. Les violences maritales en France c'est 540 000 victimes et seulement 20 000 condamnations selon cet article des Nouvelles News. Le viriarcat garde ses privilèges et passe-droits, les policiers et gendarmes sont en majorité des hommes, parmi lesquels il y a parfois des violeurs, des proxénètes et des maris violents. Les deux assemblées qui font les lois sont peuplées d'hommes à multiples mandats renouvelables à vie, pour certains d'entre eux violeurs et harceleurs eux-mêmes. Dans ces conditions, comment espérer que les victimes soient entendues, traitées humainement et reconnues par la justice, victimes d'une société machiste, socialement violente aux femmes, sans empathie, donc inhumaine ?
Pourtant certaines s'accrochent, bravent le manque d'empathie et les insinuations des policiers, les interrogatoires de l'instruction et l'arrogance des magistrats, les contre-interrogatoires des auxiliaires de justice et des experts. Elles affrontent les lenteurs judiciaires, les pertes de dossiers (!) : justice de classe, dure aux faibles et douce aux puissants. 75 000 viols par an en France, 1 victime sur 10 porte plainte, quelques dossiers sont instruits et jugés, cela prend des années, 10 à 13 en moyenne, et si l'agresseur ou les agresseurs font appel (suspensif de la peine), un deuxième procès à lieu pendant lequel les plaies sont réouvertes.
96 % des violeurs sont de sexe masculin, 91 % des victimes sont de sexe féminin. En France, une femme est violée toutes les 7 minutes. Une femme sur 3 morte sous les coups de son conjoint en 2011 avait alerté les autorités ! Mais Valls et Ayrault, deux hommes promoteurs du béton de Vinci, préfèrent monopoliser quelques 500 à 1000 gendarmes pendant des jours pour jeter des grenades assourdissantes et des lacrymogènes sur de pacifiques squatteurs à Notre-Dame des Landes.Choix de priorités qui en dit long sur notre société.
Cependant des courageuses engagent le combat, car c'est un combat. Viol, victime, victoire :
Victimes, Levez-vous. from Viol Victime Victoire on Vimeo.
(Vimeo ne laissant pas toujours la possibilité d'afficher ses videos, si elle n'apparaît pas, merci de cliquer sur le lien ci-dessus au besoin. Avec mes excuses).
Victimes, levez-vous !
Pétition contre les lenteurs de la Justice à signer ICI
Liens :
Viol, le manifeste des 313
Contre le viol
Ministère des droits des femmes - Enjeux de la formation des professionnels
Muriel Salmona et Quatre dessins et un témoignage pour dénoncer la maltraitance des institutionnels.
Nos exigences et revendications pour enrayer le fléau
Et les dessins super drôles d'Emelire sur le sujet !
On a parfaitement le droit de rire de ces nazes de violeurs.
vendredi 23 novembre 2012
#17N - Gardarem Notre-Dame des landes ! (actualisé)
Actualisation 23/11/12
Ce vendredi matin à 6H30, 500 gendarmes ont surpris dans leur sommeil les zadistes et une opération d'évacuation et de destruction des habitations des opposants a eu lieu sur la future plateforme aéroportuaire ; les appels à la mobilisation et à la solidarité se multiplient. Comme ici (clin d’œil !) à Biarritz où a eu lieu une opération de solidarité entre la Vierge de Biarritz et Notre-Dame des Landes. ;)) Vivent l'activisme et la créativité !
Ayrault, t'est foutu, les Notre-Dames sont contre toi ? Car réincarnations de Déméter, mythe grec des moissons ? -voir explications d'Euterpe. Et l'argent public ne pourrait-il être mieux utilisé ? Dominique Voynet Maire de Montreuil a publié le Tweet suivant sur son compte :
Liens pour suivre les derniers développements (fidélité à ceux qui informent depuis le 16/10/12) :
Nadir - ZAD Flash Infos
Le Mensuel de Rennes
RennesTV
Notre Dame Des Luttes
Le Télégramme de Brest
Rue89 Planète
La façade de la Mairie :
Les gens se massent en attente du départ :
Marouflage. Keskecé ? A trois ou quatre féministes, on a décidé que ça ne valait pas le coup de s'énerver...
Autre jeu de mot ou poésie ? Ces installations titrées "Ver à béton" !
Du matos pour reconstruire :
Des musiciens :
Le bocage et quelques-uns de ses habitants :
Le temps était maussade mais on a évité les averses, les gens étaient joyeux, la journée a été un succès, près de 40 000 manifestants selon les organisateurs et 13 500 selon la préfecture comme d'habitude, il faudrait en finir avec ce folklore préfectoral ! Je dédie ce billet aux deux ânes adorables qui ont fait un bout de chemin avec nous, conduits par leur maîtresse, et au jeune coq timide et craquant, recroquevillé sous le bras de son propriétaire qui, j'espère, est bien arrivé chez les poules de la ZAD, où il va couler des jours heureux et pas finir à la casserole parce qu'il ne pond pas. Et bien sûr, à tous les autres participants de cette gigantesque manif.
Liens : Danactu résistance Reportage photo
Et celui de Nadir ZAD : Un petit récit de la manif de réoccupation.
Contre l'Opération César du 16/10 (mais qui leur conseille ces noms bon sang !) l'opération Astérix de réoccupation : sur RennesTV Film de 18 minutes.
Ce vendredi matin à 6H30, 500 gendarmes ont surpris dans leur sommeil les zadistes et une opération d'évacuation et de destruction des habitations des opposants a eu lieu sur la future plateforme aéroportuaire ; les appels à la mobilisation et à la solidarité se multiplient. Comme ici (clin d’œil !) à Biarritz où a eu lieu une opération de solidarité entre la Vierge de Biarritz et Notre-Dame des Landes. ;)) Vivent l'activisme et la créativité !
Ayrault, t'est foutu, les Notre-Dames sont contre toi ? Car réincarnations de Déméter, mythe grec des moissons ? -voir explications d'Euterpe. Et l'argent public ne pourrait-il être mieux utilisé ? Dominique Voynet Maire de Montreuil a publié le Tweet suivant sur son compte :
À #Montreuil, un commissariat en sous-effectifs chronique, des délinquants qui rigolent... À #NDDL, 500 policiers pour casser des cabanes...
— Dominique Voynet (@DominiqueVoynet) Novembre 23, 2012
Liens pour suivre les derniers développements (fidélité à ceux qui informent depuis le 16/10/12) :
Nadir - ZAD Flash Infos
Le Mensuel de Rennes
RennesTV
Notre Dame Des Luttes
Le Télégramme de Brest
Rue89 Planète
oOo
Samedi 17 novembre, après 1H 15 de route, et après avoir franchi le rond-point de sortie d'autoroute vers Héric, Loire-Atlantique, sous le regard peu amène de la gendarmerie nationale, avec comme toujours ses voitures garées à la diable, nous sommes convoyées le plus près possible du bourg de Notre-Dame des Landes et nous garons à un kilomètre, auprès d'un ensilage maïs dans une arrière-cour de ferme. Sans bloquer les accès des riverains, consigne de fer des organisateurs, qui sera respectée malgré l'afflux de voitures, camping-cars, bus, tracteurs sur la zone, ce samedi matin. Des milliers de personnes se massent sur la placette, dans l'attente du départ du cortège. Nous traverserons pendant presque trois heures de marche, avec des stops and go, sur une départementale remplie sur toute sa largeur et sa longueur de gens de toutes tranches d'âges et de toutes sociologies, des gens des villes et des gens des champs, des alsaciens, des toulousains, des belges..., bref tout le bocage, pendant 6 ou 7 kilomètres pour enfin arriver devant La Vache Rit, centre de la Zone à Défendre (ZAD). Les squatteurs (jeunes, les visages dissimulés sous des écharpes) sont devant, les tracteurs des agriculteurs ferment le cortège. On sait que les deux parties se sont bien fait la tronche les années précédentes, mais qu'elles ont été soudées par l'intervention policière brutale du 16 octobre.La façade de la Mairie :
Sur le parcours, différents jeux de mots avec le nom du bétonneur Vinci :
Marouflage. Keskecé ? A trois ou quatre féministes, on a décidé que ça ne valait pas le coup de s'énerver...
Autre jeu de mot ou poésie ? Ces installations titrées "Ver à béton" !
Du matos pour reconstruire :
Le bocage et quelques-uns de ses habitants :
Le temps était maussade mais on a évité les averses, les gens étaient joyeux, la journée a été un succès, près de 40 000 manifestants selon les organisateurs et 13 500 selon la préfecture comme d'habitude, il faudrait en finir avec ce folklore préfectoral ! Je dédie ce billet aux deux ânes adorables qui ont fait un bout de chemin avec nous, conduits par leur maîtresse, et au jeune coq timide et craquant, recroquevillé sous le bras de son propriétaire qui, j'espère, est bien arrivé chez les poules de la ZAD, où il va couler des jours heureux et pas finir à la casserole parce qu'il ne pond pas. Et bien sûr, à tous les autres participants de cette gigantesque manif.
Liens : Danactu résistance Reportage photo
Et celui de Nadir ZAD : Un petit récit de la manif de réoccupation.
Contre l'Opération César du 16/10 (mais qui leur conseille ces noms bon sang !) l'opération Astérix de réoccupation : sur RennesTV Film de 18 minutes.
vendredi 16 novembre 2012
Femme, produit de consommation qui se boit et se mange
Bien que son chiffre d'affaires chute depuis 3 ans (voir ici la plainte corporatiste habituelle), le Beaujolais nouveau est arrivé ! Sa publicité aussi : une femme objectifiée, sans tête -mais chapeautée- et qui se boit.
Tout est bon chez les femmes, sauf la tête. Car en effet, j'en ai déjà parlé sur ce blog, la femme habituellement se consomme ! Dans cette publicité de Burger King (fournisseur de barbaque issue d'animaux maltraités à la vie à la mort, entre deux tranches de pain), on voit un oeil maquillé en hamburger, soit juste un morceau de tête. Comme la viande, le corps des femmes se débite en morceaux : pornographie, politique sexuelle de la viande.
Femmes également consommables sous forme de légumes sexualisés chez Biocoop, dont il faut reconnaître qu'ils sont passés du militantisme à la grande distribution, à preuve, en plus de la pub ci-dessous, le rayon boucherie près du rayon légumes et les discussions bouchères à la caisse quand j'y vais acheter ma pâte de cacahuète, alternative au beurre sur mes tartines, que je ne trouve que chez eux. Je commence à chauffer.
Ou bien, femme animalisée, nous remplaçons le cochon dans un barbecue entre copains mâles, à l'image de ce T-shirt trouvée sur ce billet en anglais du blog de Carol J Adams dont l'illustration proclame que ce club universitaire masculin rôtit des gros-ses et gras-ses depuis 1847 ! La masculinité s'inscrit à travers la consommation en commun d'animaux morts. Pérennité (éternité ?) du pouvoir masculin où l'on se reproduit entre soi sans passer par les femmes, en exposant sans vergogne une misogynie qui justifie cet entre-soi masculin. La consommation consensuelle du corps des animaux et de celui des femmes renforce les liens et fraternités viriles. Après avoir consommé de la chair animale représentée sous forme de femme, on consomme ensuite réellement de la chair de femme en allant ensemble au bordel ?
Au fond, la plus belle réussite du Patriarcat est de faire croire que ce qui lui est bon et profitable doit aussi être désiré par ses opprimé-e-s et sacrifié-e-s, comme sur cette pub vintage où on voit un cochon prenant plaisir à se découper lui-même en rondelles ! Vomitif.
Tout est bon chez les femmes, sauf la tête. Car en effet, j'en ai déjà parlé sur ce blog, la femme habituellement se consomme ! Dans cette publicité de Burger King (fournisseur de barbaque issue d'animaux maltraités à la vie à la mort, entre deux tranches de pain), on voit un oeil maquillé en hamburger, soit juste un morceau de tête. Comme la viande, le corps des femmes se débite en morceaux : pornographie, politique sexuelle de la viande.
Femmes également consommables sous forme de légumes sexualisés chez Biocoop, dont il faut reconnaître qu'ils sont passés du militantisme à la grande distribution, à preuve, en plus de la pub ci-dessous, le rayon boucherie près du rayon légumes et les discussions bouchères à la caisse quand j'y vais acheter ma pâte de cacahuète, alternative au beurre sur mes tartines, que je ne trouve que chez eux. Je commence à chauffer.
Ou bien, femme animalisée, nous remplaçons le cochon dans un barbecue entre copains mâles, à l'image de ce T-shirt trouvée sur ce billet en anglais du blog de Carol J Adams dont l'illustration proclame que ce club universitaire masculin rôtit des gros-ses et gras-ses depuis 1847 ! La masculinité s'inscrit à travers la consommation en commun d'animaux morts. Pérennité (éternité ?) du pouvoir masculin où l'on se reproduit entre soi sans passer par les femmes, en exposant sans vergogne une misogynie qui justifie cet entre-soi masculin. La consommation consensuelle du corps des animaux et de celui des femmes renforce les liens et fraternités viriles. Après avoir consommé de la chair animale représentée sous forme de femme, on consomme ensuite réellement de la chair de femme en allant ensemble au bordel ?
Au fond, la plus belle réussite du Patriarcat est de faire croire que ce qui lui est bon et profitable doit aussi être désiré par ses opprimé-e-s et sacrifié-e-s, comme sur cette pub vintage où on voit un cochon prenant plaisir à se découper lui-même en rondelles ! Vomitif.
vendredi 9 novembre 2012
Pauvreté des femmes / Notre Dame des Landes
Le Secours Catholique vient, comme tous les ans, de révéler dans un rapport les chiffres de la pauvreté et de la grande pauvreté. Scandale permanent du sort fait aux femmes dans la société patriarcale, après des années de travail marchand et non marchand (non compté dans les PIB) : leur retraite est à moitié inférieure à celle des hommes et elles sont les principales récipiendaires du minimum vieillesse. Et je ne parle que de la tranche d'âge des plus de 55 ans. Elles peuvent, plus jeunes, se retrouver à la rue avec des enfants pour fuir un compagnon violent. Les "crises" qu'elles subissent mais ne provoquent pas, aggravent la situation.
J'étais cette semaine chez une femme de plus de 65 ans, militante de la cause animale avec laquelle j'ai travaillé sur quelques dossiers communs. Elle m'a parlé de ses aventures de militante bénévole : appelée au besoin par la gendarmerie quand ils arrêtent un samedi soir un mec alcoolisé et accidenté avec son chien blessé divaguant sur la route, elle arrive, prend l'animal en charge, lui trouve un véto, ou bien un refuge grâce à son carnet d'adresses ; s'il n'y a plus de place, elle loge la bête chez elle, car elle est incapable de refuser asile à un animal, quel qu'il soit. Ses services sont également appréciés lors d'interventions dans des élevages où des animaux en surnombre souffrent de délaissement et de manque de
soins : elle fait des photos, monte le dossier pour le procureur, appelle les services sanitaires, évacue vers des refuges. Quels sont ses revenus mensuels ? 350 euros royalement versés par la caisse de retraite, le minimum vieillesse, car elle n'a pas assez cotisé, sa carrière s'étant terminée en divers CES (contrats-emplois-solidarité de sinistre mémoire) où elle travaillait dans des collectivités locales, ces CES ne rajoutant pas de points à la retraite ! Les associations, les mairies et les hôpitaux ont largement bénéficié de cette main-d'oeuvre dévouée, qualifiée et bon marché, sans dire à leurs salariés qu'illes se faisaient ainsi flouer, les femmes en tête. Auxiliaire de police ou de gendarmerie pour pas un rond, après avoir été exploitée en famille, elle l'est maintenant en retraite car elle ne supporte pas la détresse des autres, fussent-ils animaux.
Mais je pourrais aussi bien vous parler des écoutantes de femmes violées, de femmes détruites par la prostitution, de femmes battues, tous ces services bénévoles dont l'état se défausse sur les associations car il estime qu'il ne sait pas faire ou que ce n'est pas son travail. Finalement, toutes ces femmes bénévoles rendent la société un peu moins dure en arrangeant bien les bidons du patriarcat qui estime en plus ne rien leur devoir.
Au fond, tout cela est juste un programme politique : cela permet de maintenir l'équilibre de la terreur. Vous avez arrêté votre carrière pour élever vos enfants ? Vous allez désormais assurer la flexibilité de l'économie et faire main d’œuvre d'appoint sur les crêtes d'activité ! Et puis, si vraiment vous crevez de faim, il vous reste toujours la possibilité de vendre les "services sexuels" dont certains hommes ont besoin contre modique somme et surtout sans se casser la tête à séduire et convaincre l'autre, une égale ! Un pool de main-d’œuvre bon marché et un pool de prostituées : voilà l'utilité du maintien des femmes dans la pauvreté par toutes les sociétés humaines, toujours organisées pour les besoins catégoriels des hommes. Moi, j'appelle ça du parasitisme.
La lutte continue à NOTRE DAME DES LANDES
#ZAD #NDDL "12h: on apprend qu’1 personne en garde à vue dps mercredi passe en comparution immédiate aujourd’hui à 14h au Trib. de Nantes"
— Flodechambé (@flodechambe) Novembre 9, 2012
et les médias Internet pure players, tels Mediapart ou Arrêt sur Images. Plus quelques pure players régionaux comme TV Rennes dont vous trouverez un reportage vidéo ci-dessous :
En attendant la manifestion de réoccupation du 17 novembre, plusieurs manifestations sont prévues partout en France (à trouver ici), dont une à Rennes samedi 10 novembre place de l'Hôtel de Ville à midi.
Liens pour aller plus loin :
Montréal-Mirabel, aéroport fantôme
Dominique Méda sur Reporterre : Pourquoi rien ne change-t-il alors que l'on sait qu'il faut tout changer ?
L'aéroport de l'angoisse
Le Pinterest de #NDDL
Le site de l'ACIPA
Actualisation : Une photo de la manifestion du 10 novembre à Rennes Place de la Mairie :
Actualisation 13/11/12 : 17 Novembre, tous à Notre-Dame des Landes !
samedi 3 novembre 2012
Obscurantisme et backlash
Cette photo date des années 1970 et représente des femmes kaboulies marchant librement dans la rue, habillées à l'occidentale. Kaboul, la ville cosmopolite des soixante-huitards, qui tentaient des expériences et des aventures nouvelles, lieu de passage vers Katmandou. On a l'impression d'un autre temps, alors que cela fait 40 ans, minijupes, cols pelle à tarte et sandales, il y a deux générations. Elles sont jolies, libres et heureuses de vivre, personne ne les entrave ni ne les menace, la vie et la ville leur appartiennent.
Aujourd'hui les femmes à Kaboul, c'est le code de la famille et des femmes voilées comme sur cette photo du Devoir, ou encore ces fantômes en burka, menacées par les exactions des Talibans et leur islam radical.
Les obscurantismes religieux représentent un vrai danger pour les femmes et leurs droits ; le catholicisme confit dans l'eau bénite et le vin de messe n'est pas en reste sur l'Islam. Jeudi soir, C à vous sur France5 faisait à 19 H, juste après Calvi, la promotion des deux derniers épisodes de Ainsi soient-ils, la série en 8 épisodes sur Arte. L'inamovible abbé de La Morandais (dont le téléphone traîne dans les carnets d'adresses de toutes les rédactrices en chef de toutes les émissions de télé, et qu'on a vraiment assez vu) était donc sur le plateau, invité à donner son avis sur la série. A la fin du sujet il a eu cette phrase : "Je ne crois pas à l'égalité hommes-femmes, c'est un mythe républicain, la femme est complémentaire de l'homme" ! Ben tiens, le bon vieux coup de la complémentarité : femme, bas morceau de l'espèce humaine, -rappelez-vous l'histoire de la côte d'Adam dans la Bible, il ressert à chaque fois. Tous ces mecs sont dangereux. Évidemment, le sujet arrivant à sa fin, le temps chronométré a fait le reste, La Morandais à parlé le dernier, et le dernier qui parle à raison.
Toutes ces rodomontades viriles ont un seul but : rester entre soi, se partager le pouvoir, cette chose sacraliséee par les hommes, interdite aux femmes qui le trivialiseraient. Je viens de terminer Brune de Nicole Avril (Editions PLON - 2012), roman écrit d'après les mémoires de Flora Tristan, féministe visionnaire française. Flora, en voyage à Londres vers 1839, se met en tête de visiter le Parlement anglais, la Chambre des Communes, autrement dit. Mais ce lieu où s'exerce la démocratie anglaise est à l'époque interdit (strictly forbidden) aux femmes. Rien n'arrêtant une féministe transgressive et obstinée, Flora Tristan convainc un ami turc (les autres se sont tous défaussés) de lui prêter des habits masculins -ottomans du coup : turban pour dissimuler sa longue chevelure noire et pantalon bouffant. L'intense et exaltée Flora est tellement émue en pénétrant aux Communes qu'elle manque tomber en se prenant les pieds dans sa culotte bouffante, et elle entre dans l'inviolé sanctuaire viril le turban en péril ! Mais la déception va être à la hauteur de l'attente, immense. Car elle témoigne ainsi de ce qu'elle y a vu (sous la plume de Nicole Avril d'après les mémoires de Flora Tristan, Promenades dans Londres) :
"Ce lieu sacré ne tenait aucune de ses promesses, Flora le découvrait petit, mesquin, bourgeois. La salle était à ses yeux tout juste digne d'une réunion d'épiciers, à peine d'une chapelle de village. En revanche, le laisser-aller et les mauvaises manières des parlementaires lui semblaient en accord avec la médiocrité architecturale. [...] Si le gentleman observait en société les règles de l'étiquette, s'il poussait jusqu'au raffinement son souci de l'élégance, le parlementaire en séance se conduisait comme un rustre. Loin du regard des électeurs, il arrivait tout crotté aux Communes, parfois en habit de chasse, la cravache à la main et le chapeau vissé sur la tête. Flora les avait surpris vautrés sur les bancs, lisant les journaux, se curant les dents ou dormant en plein débat, tandis que l'orateur égrenait, dans l'indifférence générale, un discours dépourvu d'intérêt. On avait l'esprit plus raffiné dans la taverne de Falstaff."
Sacré, le pouvoir masculin, je ne sais pas, mais classieux, indubitablement.
vendredi 26 octobre 2012
Faux procès en sexisme ?
L'Express s'est retrouvé ces derniers jours sous les feux des féministes au sujet de plusieurs couvertures jugées misogynes par différents sites et blogs. Je les ai évoquées ici même deux billets plus bas dans "Rhétorique de la calomnie, du viol et de la violence". Cette semaine, excédée par les attaques, dans sa rubrique "Express yourself", la Rédactrice en Chef de l'Express Service Société (le service politique est réservé aux hommes comme m'a un jour expliqué entrequatzyeux une journaliste de Libération) se fend d'un article pour la défense de Stéphane le Fol, Ministre de l'Agriculture, pris à partie lui aussi par ces viragos de féministes pour avoir prononcé la malheureuse phrase suivante : "J'ai tenté de promouvoir des femmes le plus possible [au ministère de l'agriculture], bien que nos dossiers soient très techniques" ! Et effectivement, son cabinet est paritaire, malgré les dossiers tekniks où les femmes ne seraient pas compétentes.
"Madame, chez nous, c'est très technique et très spécifique" est la phrase que j'ai le plus entendue dans ma carrière d'ingénieure commerciale. Dans les industries, les bureaux d'études, les SSII, les services de R&D, toutes les sociétés de technologies des technopoles de l'Ouest (Rennes Atalante, Nantes Atlanpole, Brest, Caen, Angers, Lannion Technopoles...) que j'ai rencontrées dans ma pratique professionnelle, soit comme chargée d'affaires, soit comme candidate à un emploi de commerciale B2B, je l'ai entendue jusqu'à la nausée, et je n'ai pas fini de l'entendre, vu le backlash sévissant. Il faut dire que, candidate à un poste de technico-commerciale ou manageure commerciale, je suis généralement la seule femme à avoir postulé et que j'ai donc droit à une visite gratuite (pour eux), la curiosité étant la plus forte. Comment ça ? Une bonne femme a le culot de candidater ? Mais on veut la voir ! A ses frais bien entendu, tant que ça ne mange pas de pain... Trois en un comme chez les lessiviers : sexistes, ploucs ET radins ! Pour mes recommandations / propales de 40 pages d'ingénieure commerciale ayant rapporté une affaire (oui, je gaze, j'ai la faiblesse de penser que je suis compétente et les prescripteurs-acheteurs, ces pauvres poussins, ne voient jamais de femmes, donc ça me sert !), le directEUR teknik a tendance à surveiller de près mes pages d'écriture (où je suis cent fois meilleure que lui, au moins les miennes ne sont pas bourrées de fotes dortograf ni de fransais), pour le cas où je profèrerais une énormité technique. Qu'ils se rassurent tous : je ne suis pas comme les mecs, moi, quand je ne sais pas, JE DEMANDE ! Ce qu'eux ne font jamais.
Je rassure Stéphane Le Fol : l'agriculture m'a épargnée. OUF. Mais au fait, pourquoi donc ? Cette profession n'est pas connue pour ses pratiques paritaires, j'ai également eu l'occasion de l'évoquer ici. Et je n'ai aucune formation agricole. Réponse : parce que j'y travaille en bénévolat pour deux ou trois ONG d'activistes de protection animale. ONG qui me demandent de temps en temps d'aller (je cite une action parmi d'autres) au SPACE à une conférence de l'ITP-IFIP (Institut Technique du Porc, dirigé par une femme d'ailleurs, qui sera la conférencière) sur, tenez-vous bien : les différentes techniques et pratiques de castration à vif des porcelets dans l'Union Européenne. Et les méthodes substitutives à mettre en place dans le cas d'un ban demandé par les lobbyistes des ONG précitées. Plus teknik, tu meurs. Comme je suis sérieuse moi, en tous cas plus que certains mecs, je ne vais pas y aller sans munitions, question de professionnalisme, les animaux le valent bien. Plusieurs heures de préparation (bénévole gratuite) plus tard, après avoir trouvé sur Internet et lu de la documentation et des statistiques en anglais (l'UE pond ses documents sur ces sujets en anglais, pas une ligne en français), après m'être coltiné le droit européen (je n'ai pas non plus de formation de juriste) et les différentes directives, notamment la Directive porcs, plus les documents commerciaux de la très américaine firme Pfizer qui est la première à proposer un vaccin anti-couilles de porcelets à base d'hormones -elle est aussi l'inventrice du Viagra, produit nettement plus pro-couilles, quand il s'agit de celles de l'espèce humaine !) je suis fin prête. Je passe la journée au SPACE, vais à la conférence, pose mes questions, m'intéresse, note en buvant du petit lait que nos ONG sont craintes par le lobby, reviens avec des pages de notes, les synthétise et les mets au propre. Les envoie au bon endroit. Qui me remercie. Deux jours plus tard, j'ai des commandes de Belgique et de Hollande pour des envois supplémentaires. Mais à part cela, les bonnes femmes sont des nouilles incompétentes en teknik.
Conclusion : les femmes ne sont compétentes que quand elles travaillent pour la peau. Le larbinat féminin a de l'avenir. Les différentes remarques sexistes et injustes des ministres, de leurs cabinets, et des journalistes qui les soutiennent et défendent ne sont proférées que pour maintenir le statu quo : à la cuisine les femmes, the place where they belong ! Il va de soi que je ne regrette pas ces travaux et bien d'autres, pour des associations qui défendent une cause juste et bonne. Je signale juste l'habituel double standard. Mais fini de parler de moi. Ça m'a tellement énervée, cette histoire...
Je vous mets un cadeau bonus, en guise d'excuses pour ce billet malpoli, une vidéo de l'espiègle Bridget Kyoto, que je dédicace spécialement aux Ministres de l'Agriculture et de l'Elevage, passés, présent et à venir :
* B2B : Business to business - Propale : Proposition commerciale.
"Madame, chez nous, c'est très technique et très spécifique" est la phrase que j'ai le plus entendue dans ma carrière d'ingénieure commerciale. Dans les industries, les bureaux d'études, les SSII, les services de R&D, toutes les sociétés de technologies des technopoles de l'Ouest (Rennes Atalante, Nantes Atlanpole, Brest, Caen, Angers, Lannion Technopoles...) que j'ai rencontrées dans ma pratique professionnelle, soit comme chargée d'affaires, soit comme candidate à un emploi de commerciale B2B, je l'ai entendue jusqu'à la nausée, et je n'ai pas fini de l'entendre, vu le backlash sévissant. Il faut dire que, candidate à un poste de technico-commerciale ou manageure commerciale, je suis généralement la seule femme à avoir postulé et que j'ai donc droit à une visite gratuite (pour eux), la curiosité étant la plus forte. Comment ça ? Une bonne femme a le culot de candidater ? Mais on veut la voir ! A ses frais bien entendu, tant que ça ne mange pas de pain... Trois en un comme chez les lessiviers : sexistes, ploucs ET radins ! Pour mes recommandations / propales de 40 pages d'ingénieure commerciale ayant rapporté une affaire (oui, je gaze, j'ai la faiblesse de penser que je suis compétente et les prescripteurs-acheteurs, ces pauvres poussins, ne voient jamais de femmes, donc ça me sert !), le directEUR teknik a tendance à surveiller de près mes pages d'écriture (où je suis cent fois meilleure que lui, au moins les miennes ne sont pas bourrées de fotes dortograf ni de fransais), pour le cas où je profèrerais une énormité technique. Qu'ils se rassurent tous : je ne suis pas comme les mecs, moi, quand je ne sais pas, JE DEMANDE ! Ce qu'eux ne font jamais.
Je rassure Stéphane Le Fol : l'agriculture m'a épargnée. OUF. Mais au fait, pourquoi donc ? Cette profession n'est pas connue pour ses pratiques paritaires, j'ai également eu l'occasion de l'évoquer ici. Et je n'ai aucune formation agricole. Réponse : parce que j'y travaille en bénévolat pour deux ou trois ONG d'activistes de protection animale. ONG qui me demandent de temps en temps d'aller (je cite une action parmi d'autres) au SPACE à une conférence de l'ITP-IFIP (Institut Technique du Porc, dirigé par une femme d'ailleurs, qui sera la conférencière) sur, tenez-vous bien : les différentes techniques et pratiques de castration à vif des porcelets dans l'Union Européenne. Et les méthodes substitutives à mettre en place dans le cas d'un ban demandé par les lobbyistes des ONG précitées. Plus teknik, tu meurs. Comme je suis sérieuse moi, en tous cas plus que certains mecs, je ne vais pas y aller sans munitions, question de professionnalisme, les animaux le valent bien. Plusieurs heures de préparation (bénévole gratuite) plus tard, après avoir trouvé sur Internet et lu de la documentation et des statistiques en anglais (l'UE pond ses documents sur ces sujets en anglais, pas une ligne en français), après m'être coltiné le droit européen (je n'ai pas non plus de formation de juriste) et les différentes directives, notamment la Directive porcs, plus les documents commerciaux de la très américaine firme Pfizer qui est la première à proposer un vaccin anti-couilles de porcelets à base d'hormones -elle est aussi l'inventrice du Viagra, produit nettement plus pro-couilles, quand il s'agit de celles de l'espèce humaine !) je suis fin prête. Je passe la journée au SPACE, vais à la conférence, pose mes questions, m'intéresse, note en buvant du petit lait que nos ONG sont craintes par le lobby, reviens avec des pages de notes, les synthétise et les mets au propre. Les envoie au bon endroit. Qui me remercie. Deux jours plus tard, j'ai des commandes de Belgique et de Hollande pour des envois supplémentaires. Mais à part cela, les bonnes femmes sont des nouilles incompétentes en teknik.
Conclusion : les femmes ne sont compétentes que quand elles travaillent pour la peau. Le larbinat féminin a de l'avenir. Les différentes remarques sexistes et injustes des ministres, de leurs cabinets, et des journalistes qui les soutiennent et défendent ne sont proférées que pour maintenir le statu quo : à la cuisine les femmes, the place where they belong ! Il va de soi que je ne regrette pas ces travaux et bien d'autres, pour des associations qui défendent une cause juste et bonne. Je signale juste l'habituel double standard. Mais fini de parler de moi. Ça m'a tellement énervée, cette histoire...
Je vous mets un cadeau bonus, en guise d'excuses pour ce billet malpoli, une vidéo de l'espiègle Bridget Kyoto, que je dédicace spécialement aux Ministres de l'Agriculture et de l'Elevage, passés, présent et à venir :
* B2B : Business to business - Propale : Proposition commerciale.
samedi 20 octobre 2012
NDDL - Notre-Dame des Landes : Vinci et le front des bétonneurs
Mardi 16 octobre au matin à 6 H 45, sur le site de la ZAD (Zone à défendre) où est prévue par Vinci, le groupe de travaux publics, la construction contestée de l'aéroport Notre Dame des Landes entre Rennes et Nantes, 500 CRS ont délogé les militants et squatteurs qui occupent le site depuis trois ans. Dans l'indifférence des grands médias nationaux.
France 2 l'a mentionné furtivement le mardi midi, les télés locales concernées, comme RennesTV dans ce film ont rapporté quelques images, mais à part cela, rien. L'ex-maire de Nantes, actuel Premier Ministre Jean Marc Ayrault, promoteur du projet, était en Indonésie pendant que son préfet évacuait les opposants.
Les opposants sont de deux sortes : les agriculteurs historiquement installés sur le site de 2000 ha qui seront expropriés par l'état, leur terres rachetées pour des clopinettes, et différents squatteurs, refusants, environnementalistes, alternatifs, qui sont venus occuper le terrain. Selon ce film réalisé par deux militants écologistes Notre-Dame des landes, au coeur de la lutte, les paysans interrogés évoquent des tracasseries telles des contrôles sanitaires à répétition qui n'arrivaient pas dans le passé, et la suppression de leurs aides PAC (aides européennes). Ces procédés mesquins sont utilisés pour les décourager et les faire partir le plus vite possible. L'agitation des peurs avec l'argument de la dangerosité de l'actuel aéroport de Nantes Atlantique, ainsi que sa saturation (il n'accueille que 3,8 millions de passagers / an et est de même taille que l'aéroport de Genève qui en accueille 12 millions !) sont de faux arguments utilisés par les bétonneurs qui veulent le déménager à N/Dame des landes, artificialisant ainsi 2000 ha de terres en détruisant encore plus la biodiversité de ce lieu remarquable (on y trouve des tritons et salamandres, ces amphibiens protégés que les CRS ont d'ailleurs écrasés sur les chemins lors de cette intervention). La Loire-Atlantique fait déjà disparaître sous le béton et le bitume l'équivalent de ce même aéroport chaque année. Sources : les spécialistes du film en lien ci-dessus, dont un pilote de ligne et une Conseillère Générale, ex-maire de Bouguenais, Loire-Atlantique.
En trois ans, les occupants se sont organisés : une cabane confortable à un étage avec vue imprenable sur la forêt a été construite, Le Sabot, un potager collectif produit de quoi nourrir 100 personnes à l'année. Un boulanger s'est même installé sur le site pour fournir du pain aux 150 habitants de la ZAD. Aujourd'hui, la cabane est détruite, le potager est pollué par 2H30 de dispersion de gaz lacrymogènes, les militants se sont réfugiés dans les arbres de la forêt de Rohanne où les conditions de vie en cabane sont difficiles : il pleut depuis le début du mois, ils manquent de vêtements chauds et de chaussettes notamment, et il faut se nourrir sans le potager. Les accès ont été bloqués (sauf pour les téméraires qui connaissent la topographie de la forêt et peuvent y crapahuter de nuit à leurs risques et périls) et les militants n'osent pas sortir car ils ne pourront pas revenir, selon cet article du Télégramme La résistance s'organise, et le film de 14 minutes NDDL : la forêt de Rohanne au troisième jour de la résistance. Vous y remarquerez que des femmes environnementalistes sont là, très engagées dans la défense de la biodiversité.
Source des photos : Blog du Collectif de lutte contre L'Aéroport NDDL
Liens : Un (bon) billet éditorialisé de Superno :
Assourdissant silence médiatique sur la guerre civile contre l'écologie
Le fil d'infos du portail breton 7seizh Infos
Le Scoopit des vidéos de l'ACIPA, remis à jour régulièrement
La revue de presse de l'ACIPA, actualisé en permanence
Le début des travaux par Vinci est prévu pour 2017. En attendant, les choses ne sont pas réglées : selon cet article de Terraeco, bien que soutenu depuis longtemps par l'état, le projet pourrait être retoqué par Bruxelles et sa loi sur l'eau. En effet, construit sur des zones humides avec biodiversité remarquable, il ne respecte pas la législation européenne sur l'eau et les milieux aquatiques. Mais cela fera-t-il reculer un édile local qui en a sans doute fait le grand œuvre de sa carrière politique, une sorte de couronnement coulé dans le béton, cadeau empoisonné pour les générations futures ?
Actualisation 24/10/2012 : Coûts de l'expulsion des habitants de la ZAD (Zone d'aménagement différé selon les autorités, Zone à défendre, selon les opposants) : au bas mot 500 000 euros. Salaires de 1200 policiers, frais d'hôtel et de logistique, hélicoptère à visée nocturne, etc... L'article de Presse-Océan.
La résistance se réorganise : pendant que Jean-Marc Ayrault était chez Patrick Cohen sur France Inter ce mercredi matin, le collectif Ile de France des opposants occupait les ondes de France Culture à la même heure (vers 15 ' 40).
Et sur le site Zone à défendre, Tritons crété-e-s contre béton armé, des propositions d'action allant de modèles de lettres aux élus, au Président de la République, de modèles de banderoles à mettre sur vos fenêtres et balcons pour celleux qui sont ou pas dans la région, et des propositions d'aides aux opposants si vous résidez en Bretagne ou en Pays de Loire. Des associations de protection de la nature cherchent également des photos de salamandres écrasées sur le site par les CRS. Merci de votre soutien.
dimanche 14 octobre 2012
Rhétorique de la calomnie, du viol et de la violence
Calomniez, violentez, dégradez, il en restera toujours quelque chose et ça pourra resservir pour justifier les pires actes. La couverture de Vogue Homme de septembre montrait un mannequin homme étouffant Stephanie Seymour et lui agrippant le sein en guise d'acte d'amour selon cet article de MailOnLine. Des associations féministes, toujours selon l'article, ont demandé le retrait du numéro des kiosques à Conde Nast, l'éditeur du magazine, en invoquant une image perturbante de violence contre les femmes envoyant le signal désastreux que l'étouffement serait un signe de passion et pas de violence. De plus, le photographe, Terry Richardson qui a réalisé le cliché a été accusé en 2010 de harcèlement sexuel sur un autre modèle pendant des séances de photographie. Cette photo nous rappelle en France une affiche contre le viol (bas d'écran) où une femme est agrippée de la même façon par son agresseur. Plus de doute, le message est clair, il s'agit de la glamourisation d'une agression sexuelle par Vogue Hommes.
Pas en reste, l'actuelle campagne de publicité de France 3 utilise la calomnie en parodiant au « deuxième degré » les émissions de télé-réalité, suivez le lien La nouvelle pub de France 3 qui pique les yeux. Parmi trois autres, il y a le visuel ci-dessus « communiquant » sur l'émission 30 Millions d'Amis, émission consensuelle et familiale s'il en est, montrant de gentilles bébètes, chats, vaches, ânes, chiens, toutes sortes d'animaux bien sympas, surtout quand ils sont au service de l'espèce humaine, tels les fidèles chiens de chasse, les Saint Bernard ou les chiens d'avalanches, et ces braves malinois qui cherchent de la drogue, des explosifs et des armes planqués sur les délinquants ! Message : regardez comme ils nous rendent des services, ces gentils animaux, en flattant l'utilitarisme borné de l'espèce humaine ! Malheur aux animaux sauvages en fond de décor : on peut les braconner sans vergogne et sans pitié puisqu'ils ne « servent à rien » ou qu'ils "sont nuisibles", eux ! Bref, dans une série de trois noms d'animaux (j'allais dire d'oiseaux !) deux sont au masculin : cochons, porcs, et un au féminin : chiennes. Et d'aucuns se demandent si c'est sexiste ? Bien sûr que c'est sexiste, chienne a une connotation sexuelle torride, en plus, une insulte au féminin est toujours plus stigmatisante. C'est absolument sexiste mais c'est aussi spéciste : cochons, porcs, progression de la saleté corporelle à la saleté des moeurs. Tant pis si le visuel montre deux lapins ! Note à France 3, les cochons ne sont pas sales : ayez-en un chez vous, laissez le organiser son intérieur lui-même, et vous allez voir son ingéniosité à mettre son coin pipi contre le vent pour que cela ne lui reflue pas dans le groin qu'il a délicat ! Stupéfiant et intelligent cochon à mauvaise réputation, calomnie taillée sur mesure pour mieux le tuer pour nos besoins : spécisme et sexisme, cela marche tellement bien ensemble. Animalisation des femmes et ostracisation des animaux : coup double.
L'Express en rajoute une couche. Le photomontage est
emprunté à Arrêt sur images. Les Nouvelles News en a fait un article à lire en suivant ce lien Ces unes qui détestent les femmes.Tout ça pour faire de l'audience et augmenter les ventes au numéro. Objectif atteint pour les ventes ? Je ne sais pas, mais ça a bien agité les réseaux sociaux qui y ont exprimé leur indignation !
Et un dernier lien édifiant de La Libre Belgique vers un article qui parle de 4 policiers inculpés de viol collectif. Leur syndicat précise que les policiers ont d'excellents états de service, mais que leur présumée victime en revanche a "un certain pedigree au sein de leur zone de police". Outre le fait qu'ils l'animalisent (ce sont les animaux qui ont un pedigree) cela signifierait qu'elle est menteuse, affabulatrice, malhonnête, pire ? On se doute que ce n'est pas une remarque flatteuse, en tous cas. Après le verdict désastreux du procès des viols collectifs de Fontenay sous bois, on se doute que ce champ lexical dégradant pour les femmes est bien destiné à nier les crimes commis et à décrédibiliser la parole des victimes.
Sale temps pour les femmes, décidément.
Une pétition des Féministes en mouvement est en ligne :
Après le verdict de Créteil, nous exigeons une réponse politique #contreleviol
Et un dernier lien édifiant de La Libre Belgique vers un article qui parle de 4 policiers inculpés de viol collectif. Leur syndicat précise que les policiers ont d'excellents états de service, mais que leur présumée victime en revanche a "un certain pedigree au sein de leur zone de police". Outre le fait qu'ils l'animalisent (ce sont les animaux qui ont un pedigree) cela signifierait qu'elle est menteuse, affabulatrice, malhonnête, pire ? On se doute que ce n'est pas une remarque flatteuse, en tous cas. Après le verdict désastreux du procès des viols collectifs de Fontenay sous bois, on se doute que ce champ lexical dégradant pour les femmes est bien destiné à nier les crimes commis et à décrédibiliser la parole des victimes.
Sale temps pour les femmes, décidément.
Une pétition des Féministes en mouvement est en ligne :
Après le verdict de Créteil, nous exigeons une réponse politique #contreleviol
lundi 8 octobre 2012
Marche de nuit non-mixte pour l'appropriation de l'espace public par les femmes
Vendredi soir 5/10/12, marche de nuit non mixte femmes et lesbiennes à Rennes comme je l'avais annoncé dans un précédent billet. Le Mensuel de Rennes en a parlé ici.
Évidemment, ayant écrit un billet sur les milices du patriarcat, je ne pouvais qu'en être, comme environ 120 à 130 autres femmes. Nous avons marché deux bonnes heures dans le centre ville, parmi les fêtards du vendredi soir, sans incident notable, hormis un type qui a essayé de briser le cortège avec sa voiture, parce que son feu passait au vert. Vingt minutes plus tard, il n'avait pas bougé d'un pouce, immobilisé par nous, femmes en colère, et c'est lui qui était vert !
Thème : toutes ensemble n'ayons plus peur de sortir la nuit. Extrait du manuel du Collectif féministe à l'initiative de la Marche :
"Marre d'être matée, interpelée, importunée, sifflée, insultée et ce, dans la rue, les transports, les cafés, les jardins publics, quand nous sommes à pied, en vélo, seule ou avec des copines. Chaque jour, en traversant l'espace public, nous recevons des milliers de signaux qui nous confirment que nous vivons bel et bien dans une société où la rue devrait appartenir aux hommes. Il est parfois difficile de réagir car nous n'avons pas toujours les ressources physiques et mentales pour riposter à celui/ceux qui nous agressent. Ce que l'on sait, en revanche, c'est qu'opposer un geste ou une parole de résistance, même minime, à qui veut vous réduire à l'état de morceau de viande jugé bon à consommer, ça fait du bien au moral ! S'interdire de banaliser le machisme quotidien, ça aide à conserver son amour propre. Bien sûr, si on répond, il faudra s'attendre à recevoir des "salopes" que l'on lance aux femmes insoumises, mais cela créera surtout de la surprise et de la déstabilisation."
Les banderoles :
PS : Je rajoute que la rue appartient aux mâles à statut social et grosse caisse polluante, pères de familles opulents ; en effet, voulant prendre une photo d'un pochoir sous les arcades de la poste, j'ai dû affronter une de ces grosses ampoules aveuglantes fichées dans le sol et rangées à 50 cm d'intervalle sur le passage. Devant ma protestation contre ce matériel urbain aveuglant, une des manifestantes m'a expliqué qu'elles servaient à éloigner les SDF des lieux, comme les bancs à accoudoirs au milieu, et sièges-coque où il est impossible de s'allonger pour dormir, ou encore les "décorations" en faux pots de fleurs ou fausses jardinières dans les recoins d'immeubles destinés, eux, à empêcher les SDF de s'asseoir. La rue est inhospitalière aussi aux mecs déchus de la société patriarcale, incapables d'atteindre les hauteurs sociales que les mâles s'imposent et imposent à tous. Malheurs aux déchus et aux faibles, pas de pitié !
Je mets aussi un lien sur l'intérêt de la non-mixité et des espaces non-mixtes pour les femmes : quand les femmes se mettent ensemble pour se libérer de la domination et de l'occupation des hommes, elles font bouger des montagnes ! C'est sans doute la raison pour laquelle ils tentent par tous les moyens de maintenir la division parmi nous.
Évidemment, ayant écrit un billet sur les milices du patriarcat, je ne pouvais qu'en être, comme environ 120 à 130 autres femmes. Nous avons marché deux bonnes heures dans le centre ville, parmi les fêtards du vendredi soir, sans incident notable, hormis un type qui a essayé de briser le cortège avec sa voiture, parce que son feu passait au vert. Vingt minutes plus tard, il n'avait pas bougé d'un pouce, immobilisé par nous, femmes en colère, et c'est lui qui était vert !
Thème : toutes ensemble n'ayons plus peur de sortir la nuit. Extrait du manuel du Collectif féministe à l'initiative de la Marche :
"Marre d'être matée, interpelée, importunée, sifflée, insultée et ce, dans la rue, les transports, les cafés, les jardins publics, quand nous sommes à pied, en vélo, seule ou avec des copines. Chaque jour, en traversant l'espace public, nous recevons des milliers de signaux qui nous confirment que nous vivons bel et bien dans une société où la rue devrait appartenir aux hommes. Il est parfois difficile de réagir car nous n'avons pas toujours les ressources physiques et mentales pour riposter à celui/ceux qui nous agressent. Ce que l'on sait, en revanche, c'est qu'opposer un geste ou une parole de résistance, même minime, à qui veut vous réduire à l'état de morceau de viande jugé bon à consommer, ça fait du bien au moral ! S'interdire de banaliser le machisme quotidien, ça aide à conserver son amour propre. Bien sûr, si on répond, il faudra s'attendre à recevoir des "salopes" que l'on lance aux femmes insoumises, mais cela créera surtout de la surprise et de la déstabilisation."
Les banderoles :
Les pochoirs (nous aussi, nous avons laissé nos marques de passage sur le territoire parcouru) :
Et très poétique, le clitoris ailé qui vole !
La qualité des photos n'est pas extraordinaire, mais je n'ai pas pu faire mieux : j'ai un petit appareil numérique et la nuit, avec des éclairages calamiteux comme place de l'Hôtel de Ville, ce n'est pas facile.
Selon cet article du Monde, La rue, fief des mâles alors que les femmes s'y déplacent plus, les besoins de hommes et des garçons prévalent : terrains de foot, street parks, tous ces lieux bétonnés et artificialisés grignotent partout la biodiversité et accaparent l'espace. Notez qu'ils ne les empêchent pas d'envahir de leur jeux de ballons et de leur planches les espaces non dédiés : ils sont les maîtres partout dans l'espace public, alors que les filles et les femmes ne vont pas plus sur les street parks qu'elles ne fréquentent les terrains de foot. Pour mémoire, le dernier street park à Rennes a coûté 500 000 euros, payés par TOUS les contribuables, mâles comme femelles. Et jamais une rue ne porte le nom d'une femme, ce qui n'incite pas à l'assertivité quand il faut, en plus, faire face au harcèlement de rues. Une autre façon d'envahir l'espace public, mais que personne ne relève jamais, ce sont les gros engins foreurs et bétonneurs qu'ils nous inflignent sur les rues et sur les trottoirs : nounous à poussettes 4 places, vieilles femmes à chiens ou déambulateurs, mères de familles à trolleys et paniers à provisions, vous êtes priées de changer de trottoir à vos risques et périls et comme vous pouvez. Eux ont une caution en béton : ils travaillent la preuve, c'est qu'ils sont payés, vous, c'est plus douteux, vous oeuvrez surtout dans le bénévolat familial et la gratuité ! Et ce qui est gratuit ne vaut rien, c'est archi connu.PS : Je rajoute que la rue appartient aux mâles à statut social et grosse caisse polluante, pères de familles opulents ; en effet, voulant prendre une photo d'un pochoir sous les arcades de la poste, j'ai dû affronter une de ces grosses ampoules aveuglantes fichées dans le sol et rangées à 50 cm d'intervalle sur le passage. Devant ma protestation contre ce matériel urbain aveuglant, une des manifestantes m'a expliqué qu'elles servaient à éloigner les SDF des lieux, comme les bancs à accoudoirs au milieu, et sièges-coque où il est impossible de s'allonger pour dormir, ou encore les "décorations" en faux pots de fleurs ou fausses jardinières dans les recoins d'immeubles destinés, eux, à empêcher les SDF de s'asseoir. La rue est inhospitalière aussi aux mecs déchus de la société patriarcale, incapables d'atteindre les hauteurs sociales que les mâles s'imposent et imposent à tous. Malheurs aux déchus et aux faibles, pas de pitié !
Je mets aussi un lien sur l'intérêt de la non-mixité et des espaces non-mixtes pour les femmes : quand les femmes se mettent ensemble pour se libérer de la domination et de l'occupation des hommes, elles font bouger des montagnes ! C'est sans doute la raison pour laquelle ils tentent par tous les moyens de maintenir la division parmi nous.
mercredi 3 octobre 2012
Tube de rouge
Je ne vous fais pas le coup de la célèbre définition cruciverbiste :
tube de rouge en 14 lettres, I-n-t-e-r-n-a-t-i-o-n-a-l-e !
Non, il s'agit ici d'un autre tube de rouge, sensé être un concentré de féminité. En tous cas selon le ministère de la Défense Colombien qui a pondu un film de publicité pour inciter les guerilleras des FARC à déposer les armes. Hélas, son agence de communication brille surtout par son conservatisme. Film transmis par une de mes abonnées Twitter : c'est en espagnol, mais vous allez comprendre, ça descend comme une sangria :
Le bonheur est dans la famille, guerillera, rejoins le camp des femmes, dépose les armes ! Les armes c'est un truc de mec, tu gagnerais à porter des décolletés en dentelle, à parer tes lèvres pulpeuses d'un joli rouge à lèvres, et à fonder une famille. Allez, s'il te plaît, guerillera, rentre dans le rang, et accessoirement, à la cuisine et au gynécée, ta vraie place.
Je ne vais pas faire ma méchante, en disant aux femmes de se jeter elles aussi sur les guns phalliques, ni défendre les FARC, dont je rappelle toutefois qu'à leur origine en 1930, elles sont un mouvement révolutionnaire rural. Que, hormis quelques exceptions, le recrutement y est basé sur le volontariat, qu'elles sont peuplées de 40 % de femmes selon le lien Wikipedia ici, et que même si leur sort n'est pas tous les jours enviable, toujours selon le même lien, ces femmes ont montré qu'elles sont motivées pour la lutte à l'exemple de Tamara Bunke, guerillera Est-Allemande morte les armes à la main en 1967 et membre du Groupe de Guevara en Bolivie. Ou, plus contemporaine, de cette cadre des FARC, surnommée Nury, arrêtée le 27 juin dernier par la Police Colombienne car en lien avec l'enlèvement d'un journaliste de France 24.
Pour voir à quoi ressemblent les guerilleras colombiennes aujourd'hui, suivez ce lien Flickr où on les voit dans leur vie quotidienne : photos prises en 2007. Malgré leurs treillis et leurs tenues de camouflage, il est indiscutable qu'elles sont des femmes. Mais auront-elles envie de rentrer à la cuisine pour faire plaisir au ministre colombien de la Défense après avoir vu son film ? J'ai des doutes. Il aurait été plus intelligent (mais l'intelligence préside-t-elle les instances masculines du pouvoir ?) d'inciter les FARC à renoncer à la violence et à rejoindre le combat politique en se constituant une assise populaire basée sur la défense non violente des intérêts des paysans.
PS La Page "Animots" de mon blog ne répond plus. J'ai voulu y faire un changement, Blogger en a profité pour la détruire. Il y avait des textes philosophiques de Descartes, Derrida, des citations d'Adorno..., plus des vidéos et des liens. Je soupçonne un attentat charcutier et spéciste de Blogger : ils doivent manger du boudin, des côtes de boeuf et du foie de veau. Merci Blogger. Je vais la refaire, mais ça va prendre un peu de temps, et ça m'apprendra à faire des sauvegardes. Merci de votre compréhension.
tube de rouge en 14 lettres, I-n-t-e-r-n-a-t-i-o-n-a-l-e !
Non, il s'agit ici d'un autre tube de rouge, sensé être un concentré de féminité. En tous cas selon le ministère de la Défense Colombien qui a pondu un film de publicité pour inciter les guerilleras des FARC à déposer les armes. Hélas, son agence de communication brille surtout par son conservatisme. Film transmis par une de mes abonnées Twitter : c'est en espagnol, mais vous allez comprendre, ça descend comme une sangria :
Le bonheur est dans la famille, guerillera, rejoins le camp des femmes, dépose les armes ! Les armes c'est un truc de mec, tu gagnerais à porter des décolletés en dentelle, à parer tes lèvres pulpeuses d'un joli rouge à lèvres, et à fonder une famille. Allez, s'il te plaît, guerillera, rentre dans le rang, et accessoirement, à la cuisine et au gynécée, ta vraie place.
Je ne vais pas faire ma méchante, en disant aux femmes de se jeter elles aussi sur les guns phalliques, ni défendre les FARC, dont je rappelle toutefois qu'à leur origine en 1930, elles sont un mouvement révolutionnaire rural. Que, hormis quelques exceptions, le recrutement y est basé sur le volontariat, qu'elles sont peuplées de 40 % de femmes selon le lien Wikipedia ici, et que même si leur sort n'est pas tous les jours enviable, toujours selon le même lien, ces femmes ont montré qu'elles sont motivées pour la lutte à l'exemple de Tamara Bunke, guerillera Est-Allemande morte les armes à la main en 1967 et membre du Groupe de Guevara en Bolivie. Ou, plus contemporaine, de cette cadre des FARC, surnommée Nury, arrêtée le 27 juin dernier par la Police Colombienne car en lien avec l'enlèvement d'un journaliste de France 24.
Pour voir à quoi ressemblent les guerilleras colombiennes aujourd'hui, suivez ce lien Flickr où on les voit dans leur vie quotidienne : photos prises en 2007. Malgré leurs treillis et leurs tenues de camouflage, il est indiscutable qu'elles sont des femmes. Mais auront-elles envie de rentrer à la cuisine pour faire plaisir au ministre colombien de la Défense après avoir vu son film ? J'ai des doutes. Il aurait été plus intelligent (mais l'intelligence préside-t-elle les instances masculines du pouvoir ?) d'inciter les FARC à renoncer à la violence et à rejoindre le combat politique en se constituant une assise populaire basée sur la défense non violente des intérêts des paysans.
PS La Page "Animots" de mon blog ne répond plus. J'ai voulu y faire un changement, Blogger en a profité pour la détruire. Il y avait des textes philosophiques de Descartes, Derrida, des citations d'Adorno..., plus des vidéos et des liens. Je soupçonne un attentat charcutier et spéciste de Blogger : ils doivent manger du boudin, des côtes de boeuf et du foie de veau. Merci Blogger. Je vais la refaire, mais ça va prendre un peu de temps, et ça m'apprendra à faire des sauvegardes. Merci de votre compréhension.
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