vendredi 26 octobre 2012

Faux procès en sexisme ?

L'Express s'est retrouvé ces derniers jours sous les feux des féministes au sujet de plusieurs couvertures jugées misogynes par différents sites et blogs. Je les ai évoquées ici même deux billets plus bas dans "Rhétorique de la calomnie, du viol et de la violence". Cette semaine, excédée par les attaques, dans sa rubrique "Express yourself", la Rédactrice en Chef de l'Express Service Société (le service politique est réservé aux hommes comme m'a un jour expliqué entrequatzyeux une journaliste de Libération) se fend d'un article pour la défense de Stéphane le Fol, Ministre de l'Agriculture, pris à partie lui aussi par ces viragos de féministes pour avoir prononcé la malheureuse phrase suivante : "J'ai tenté de promouvoir des femmes le plus possible [au ministère de l'agriculture], bien que nos dossiers soient très techniques" ! Et effectivement, son cabinet est paritaire, malgré les dossiers tekniks où les femmes ne seraient pas compétentes.

"Madame, chez nous, c'est très technique et très spécifique" est la phrase que j'ai le plus entendue dans ma carrière d'ingénieure commerciale. Dans les industries, les bureaux d'études, les SSII, les services de R&D, toutes les sociétés de technologies des technopoles de l'Ouest (Rennes Atalante, Nantes Atlanpole, Brest, Caen, Angers, Lannion Technopoles...) que j'ai rencontrées dans ma pratique professionnelle, soit comme chargée d'affaires, soit comme candidate à un emploi de commerciale B2B, je l'ai entendue jusqu'à la nausée, et je n'ai pas fini de l'entendre, vu le backlash sévissant. Il faut dire que, candidate à un poste de technico-commerciale ou manageure commerciale, je suis généralement la seule femme à avoir postulé et que j'ai donc droit à une visite gratuite (pour eux), la curiosité étant la plus forte. Comment ça ? Une bonne femme a le culot de candidater ? Mais on veut la voir ! A ses frais bien entendu, tant que ça ne mange pas de pain... Trois en un comme chez les lessiviers : sexistes, ploucs ET radins ! Pour mes recommandations / propales de 40 pages d'ingénieure commerciale ayant rapporté une affaire (oui, je gaze, j'ai la faiblesse de penser que je suis compétente et les prescripteurs-acheteurs, ces pauvres poussins, ne voient jamais de femmes, donc ça me sert !), le directEUR teknik a tendance à surveiller de près mes pages d'écriture (où je suis cent fois meilleure que lui, au moins les miennes ne sont pas bourrées de fotes dortograf ni de fransais), pour le cas où je profèrerais une énormité technique. Qu'ils se rassurent tous : je ne suis pas comme les mecs, moi, quand je ne sais pas, JE DEMANDE ! Ce qu'eux ne font jamais.

Je rassure Stéphane Le Fol : l'agriculture m'a épargnée. OUF. Mais au fait, pourquoi donc ? Cette profession n'est pas connue pour ses pratiques paritaires, j'ai également eu l'occasion de l'évoquer ici. Et je n'ai aucune formation agricole. Réponse : parce que j'y travaille en bénévolat pour deux ou trois ONG d'activistes de protection animale. ONG qui me demandent de temps en temps d'aller (je cite une action parmi d'autres) au SPACE à une conférence de l'ITP-IFIP (Institut Technique du Porc, dirigé par une femme d'ailleurs, qui sera la conférencière) sur, tenez-vous bien : les différentes techniques et pratiques de castration à vif des porcelets dans l'Union Européenne. Et les méthodes substitutives à mettre en place dans le cas d'un ban demandé par les lobbyistes des ONG précitées. Plus teknik, tu meurs. Comme je suis sérieuse moi, en tous cas plus que certains mecs, je ne vais pas y aller sans munitions, question de professionnalisme, les animaux le valent bien. Plusieurs heures de préparation (bénévole gratuite) plus tard, après avoir trouvé sur Internet et lu de la documentation et des statistiques en anglais (l'UE pond ses documents sur ces sujets en anglais, pas une ligne en français), après m'être coltiné le droit européen (je n'ai pas non plus de formation de juriste) et les différentes directives, notamment la Directive porcs, plus les documents commerciaux de la très américaine firme Pfizer qui est la première à proposer un vaccin anti-couilles de porcelets à base d'hormones -elle est aussi l'inventrice du Viagra, produit nettement plus pro-couilles, quand il s'agit de celles de l'espèce humaine !) je suis fin prête. Je passe la journée au SPACE, vais à la conférence, pose mes questions, m'intéresse, note en buvant du petit lait que nos ONG sont craintes par le lobby, reviens avec des pages de notes, les synthétise et les mets au propre. Les envoie au bon endroit. Qui me remercie. Deux jours plus tard, j'ai des commandes de Belgique et de Hollande pour des envois supplémentaires. Mais à part cela, les bonnes femmes sont des nouilles incompétentes en teknik.

Conclusion : les femmes ne sont compétentes que quand elles travaillent pour la peau. Le larbinat féminin a de l'avenir. Les différentes remarques sexistes et injustes des ministres, de leurs cabinets, et des journalistes qui les soutiennent et défendent ne sont proférées que pour maintenir le statu quo : à la cuisine les femmes, the place where they belong ! Il va de soi que je ne regrette pas ces travaux et bien d'autres, pour des associations qui défendent une cause juste et bonne. Je signale juste l'habituel double standard. Mais fini de parler de moi. Ça m'a tellement énervée, cette histoire...

Je vous mets un cadeau bonus, en guise d'excuses pour ce billet malpoli, une vidéo de l'espiègle Bridget Kyoto, que je dédicace spécialement aux Ministres de l'Agriculture et de l'Elevage, passés, présent et à venir :



* B2B : Business to business - Propale : Proposition commerciale. 

samedi 20 octobre 2012

NDDL - Notre-Dame des Landes : Vinci et le front des bétonneurs

















Mardi 16 octobre au matin à 6 H 45, sur le site de la ZAD (Zone à défendre) où est prévue par Vinci, le groupe de travaux publics, la construction contestée de l'aéroport Notre Dame des Landes entre Rennes et Nantes, 500 CRS ont délogé les militants et squatteurs qui occupent le site depuis trois ans. Dans l'indifférence des grands médias nationaux.
France 2 l'a mentionné furtivement le mardi midi, les télés locales concernées, comme RennesTV dans ce film ont rapporté quelques images, mais à part cela, rien. L'ex-maire de Nantes, actuel Premier Ministre Jean Marc Ayrault, promoteur du projet, était en Indonésie pendant que son préfet évacuait les opposants.

Les opposants sont de deux sortes : les agriculteurs historiquement installés sur le site de 2000 ha qui seront expropriés par l'état, leur terres rachetées pour des clopinettes, et différents squatteurs, refusants, environnementalistes, alternatifs, qui sont venus occuper le terrain. Selon ce film réalisé par deux militants écologistes Notre-Dame des landes, au coeur de la lutte, les paysans interrogés évoquent des tracasseries telles des contrôles sanitaires à répétition qui n'arrivaient pas dans le passé, et la suppression de leurs aides PAC (aides européennes). Ces procédés mesquins sont utilisés pour les décourager et les faire partir le plus vite possible. L'agitation des peurs avec l'argument de la dangerosité de l'actuel aéroport de Nantes Atlantique, ainsi que sa saturation (il n'accueille que 3,8 millions de passagers / an et est de même taille que l'aéroport de Genève qui en accueille 12 millions !) sont de faux arguments utilisés par les bétonneurs qui veulent le déménager à N/Dame des landes, artificialisant ainsi 2000 ha de terres en détruisant encore plus la biodiversité de ce lieu remarquable (on y trouve des tritons et salamandres, ces amphibiens protégés que les CRS ont d'ailleurs écrasés sur les chemins lors de cette intervention). La Loire-Atlantique fait déjà disparaître sous le béton et le bitume l'équivalent de ce même aéroport chaque année. Sources : les spécialistes du film en lien ci-dessus, dont un pilote de ligne et une Conseillère Générale, ex-maire de Bouguenais, Loire-Atlantique.


















En trois ans, les occupants se sont organisés : une cabane confortable à un étage avec vue imprenable sur la forêt a été construite, Le Sabot, un potager collectif produit de quoi nourrir 100 personnes à l'année. Un boulanger s'est même installé sur le site pour fournir du pain aux 150 habitants de la ZAD. Aujourd'hui, la cabane est détruite, le potager est pollué par 2H30 de dispersion de gaz lacrymogènes, les militants se sont réfugiés dans les arbres de la forêt de Rohanne où les conditions de vie en cabane sont difficiles : il pleut depuis le début du mois, ils manquent de vêtements chauds et de chaussettes notamment, et il faut se nourrir sans le potager. Les accès ont été bloqués (sauf pour les téméraires qui connaissent la topographie de la forêt et peuvent y crapahuter de nuit à leurs risques et périls) et les militants n'osent pas sortir car ils ne pourront pas revenir, selon cet article du Télégramme La résistance s'organise, et le film de 14 minutes NDDL : la forêt de Rohanne au troisième jour de la résistance. Vous y remarquerez que des femmes environnementalistes sont là, très engagées dans la défense de la biodiversité.

Source des photos : Blog du Collectif de lutte contre L'Aéroport NDDL

Liens : Un (bon) billet éditorialisé de Superno :
Assourdissant silence médiatique sur la guerre civile contre l'écologie
Le fil d'infos du portail breton 7seizh Infos
Le Scoopit des vidéos de l'ACIPA, remis à jour régulièrement
La revue de presse de l'ACIPA, actualisé en permanence


Le début des travaux par Vinci est prévu pour 2017. En attendant, les choses ne sont pas réglées : selon cet article de Terraeco, bien que soutenu depuis longtemps par l'état, le projet pourrait être retoqué par Bruxelles et sa loi sur l'eau. En effet, construit sur des zones humides avec biodiversité remarquable, il ne respecte pas la législation européenne sur l'eau et les milieux aquatiques. Mais cela fera-t-il reculer un édile local qui en a sans doute fait le grand œuvre de sa carrière politique, une sorte de couronnement coulé dans le béton, cadeau empoisonné pour les générations futures ?


Actualisation 24/10/2012 : Coûts de l'expulsion des habitants de la ZAD (Zone d'aménagement différé selon les autorités, Zone à défendre, selon les opposants) : au bas mot 500 000 euros. Salaires de 1200 policiers, frais d'hôtel et de logistique, hélicoptère à visée nocturne, etc... L'article de Presse-Océan.

La résistance se réorganise : pendant que Jean-Marc Ayrault était chez Patrick Cohen sur France Inter ce mercredi matin, le collectif Ile de France des opposants occupait les ondes de France Culture à la même heure (vers 15 ' 40).

Et sur le site Zone à défendre, Tritons crété-e-s contre béton armé, des propositions d'action allant de modèles de lettres aux élus, au Président de la République, de modèles de banderoles à mettre sur vos fenêtres et balcons pour celleux qui sont ou pas dans la région, et des propositions d'aides aux opposants si vous résidez en Bretagne ou en Pays de Loire. Des associations de protection de la nature cherchent également des photos de salamandres écrasées sur le site par les CRS. Merci de votre soutien.

dimanche 14 octobre 2012

Rhétorique de la calomnie, du viol et de la violence





























Calomniez, violentez, dégradez, il en restera toujours quelque chose et ça pourra resservir pour justifier les pires actes. La couverture de Vogue Homme de septembre montrait un mannequin homme étouffant Stephanie Seymour et lui agrippant le sein en guise d'acte d'amour selon cet article de MailOnLine. Des associations féministes, toujours selon l'article, ont demandé le retrait du numéro des kiosques à Conde Nast, l'éditeur du magazine, en invoquant une image perturbante de violence contre les femmes envoyant le signal désastreux que l'étouffement serait un signe de passion et pas de violence. De plus, le photographe, Terry Richardson qui a réalisé le cliché a été accusé en 2010 de harcèlement sexuel sur un autre modèle pendant des séances de photographie. Cette photo nous rappelle en France une affiche contre le viol (bas d'écran) où une femme est agrippée de la même façon par son agresseur. Plus de doute, le message est clair, il s'agit de la glamourisation d'une agression sexuelle par Vogue Hommes.


Pas en reste, l'actuelle campagne de publicité de France 3 utilise la calomnie en parodiant au « deuxième degré » les émissions de télé-réalité, suivez le lien  La nouvelle pub de France 3 qui pique les yeux. Parmi trois autres, il y a le visuel ci-dessus « communiquant » sur l'émission 30 Millions d'Amis, émission consensuelle et familiale s'il en est, montrant de gentilles bébètes, chats, vaches, ânes, chiens, toutes sortes d'animaux bien sympas, surtout quand ils sont au service de l'espèce humaine, tels les fidèles chiens de chasse, les Saint Bernard ou les chiens d'avalanches, et ces braves malinois qui cherchent de la drogue, des explosifs et des armes planqués sur les délinquants ! Message : regardez comme ils nous rendent des services, ces gentils animaux, en flattant l'utilitarisme borné de l'espèce humaine ! Malheur aux animaux sauvages en fond de décor : on peut les braconner sans vergogne et sans pitié puisqu'ils ne « servent à rien » ou qu'ils "sont nuisibles", eux ! Bref, dans une série de trois noms d'animaux (j'allais dire d'oiseaux !) deux sont au masculin : cochons, porcs, et un au féminin : chiennes. Et d'aucuns se demandent si c'est sexiste ? Bien sûr que c'est sexiste, chienne a une connotation sexuelle torride, en plus, une insulte au féminin est toujours plus stigmatisante. C'est absolument sexiste mais c'est aussi spéciste : cochons, porcs, progression de la saleté corporelle à la saleté des moeurs. Tant pis si le visuel montre deux lapins ! Note à France 3, les cochons ne sont pas sales : ayez-en un chez vous, laissez le organiser son intérieur lui-même, et vous allez voir son ingéniosité à mettre son coin pipi contre le vent pour que cela ne lui reflue pas dans le groin qu'il a délicat ! Stupéfiant et intelligent cochon à mauvaise réputation, calomnie taillée sur mesure pour mieux le tuer pour nos besoins : spécisme et sexisme, cela marche tellement bien ensemble. Animalisation des femmes et ostracisation des animaux : coup double.

L'Express en rajoute une couche. Le photomontage est emprunté à Arrêt sur images. Les Nouvelles News en a fait un article à lire en suivant ce lien Ces unes qui détestent les femmes.Tout ça pour faire de l'audience et augmenter les ventes au numéro. Objectif atteint pour les ventes ? Je ne sais pas, mais ça a bien agité les réseaux sociaux qui y ont exprimé leur indignation !




















Et un dernier lien édifiant de La Libre Belgique vers un article qui parle de 4 policiers inculpés de viol collectif. Leur syndicat précise que les policiers ont d'excellents états de service, mais que leur présumée victime en revanche a "un certain pedigree au sein de leur zone de police". Outre le fait qu'ils l'animalisent (ce sont les animaux qui ont un pedigree) cela signifierait qu'elle est menteuse, affabulatrice, malhonnête, pire ? On se doute que ce n'est pas une remarque flatteuse, en tous cas. Après le verdict désastreux du procès des viols collectifs de Fontenay sous bois, on se doute que ce champ lexical dégradant pour les femmes est bien destiné à nier les crimes commis et à décrédibiliser la parole des victimes.
Sale temps pour les femmes, décidément.

Une pétition des Féministes en mouvement est en ligne : 
Après le verdict de Créteil, nous exigeons une réponse politique #contreleviol

lundi 8 octobre 2012

Marche de nuit non-mixte pour l'appropriation de l'espace public par les femmes

Vendredi soir 5/10/12, marche de nuit non mixte femmes et lesbiennes à Rennes comme je l'avais annoncé dans un précédent billet. Le Mensuel de Rennes en a parlé ici.


Évidemment, ayant écrit un billet sur les milices du patriarcat, je ne pouvais qu'en être, comme environ 120 à 130 autres femmes. Nous avons marché deux bonnes heures dans le centre ville, parmi les fêtards du vendredi soir, sans incident notable, hormis un type qui a essayé de briser le cortège avec sa voiture, parce que son feu passait au vert. Vingt minutes plus tard, il n'avait pas bougé d'un pouce, immobilisé par nous, femmes en colère, et c'est lui qui était vert !

Thème : toutes ensemble n'ayons plus peur de sortir la nuit. Extrait du manuel du Collectif féministe à l'initiative de la Marche :

"Marre d'être matée, interpelée, importunée, sifflée, insultée et ce, dans la rue, les transports, les cafés, les jardins publics, quand nous sommes à pied, en vélo, seule ou avec des copines. Chaque jour, en traversant l'espace public, nous recevons des milliers de signaux qui nous confirment que nous vivons bel et bien dans une société où la rue devrait appartenir aux hommes. Il est parfois difficile de réagir car nous n'avons pas toujours les ressources physiques et mentales pour riposter à celui/ceux qui nous agressent. Ce que l'on sait, en revanche, c'est qu'opposer un geste ou une parole de résistance, même minime, à qui veut vous réduire à l'état de morceau de viande jugé bon à consommer, ça fait du bien au moral ! S'interdire de banaliser le machisme quotidien, ça aide à conserver son amour propre. Bien sûr, si on répond, il faudra s'attendre à recevoir des "salopes" que l'on lance aux femmes insoumises, mais cela créera surtout de la surprise et de la déstabilisation."

Les banderoles



Les pochoirs (nous aussi, nous avons laissé nos marques de passage sur le territoire parcouru) : 


Et très poétique, le clitoris ailé qui vole ! 

La qualité des photos n'est pas extraordinaire, mais je n'ai pas pu faire mieux : j'ai un petit appareil numérique et la nuit, avec des éclairages calamiteux comme place de l'Hôtel de Ville, ce n'est pas facile.
Selon cet article du Monde, La rue, fief des mâles alors que les femmes s'y déplacent plus, les besoins de hommes et des garçons prévalent : terrains de foot, street parks, tous ces lieux bétonnés et artificialisés grignotent partout la biodiversité et accaparent l'espace. Notez qu'ils ne les empêchent pas d'envahir de leur jeux de ballons et de leur planches les espaces non dédiés : ils sont les maîtres partout dans l'espace public, alors que les filles et les femmes ne vont pas plus sur les street parks qu'elles ne fréquentent les terrains de foot. Pour mémoire, le dernier street park à Rennes a coûté 500 000 euros, payés par TOUS les contribuables, mâles comme femelles. Et jamais une rue ne porte le nom d'une femme, ce qui n'incite pas à l'assertivité quand il faut, en plus, faire face au harcèlement de rues. Une autre façon d'envahir l'espace public, mais que personne ne relève jamais, ce sont les gros engins foreurs et bétonneurs qu'ils nous inflignent sur les rues et sur les trottoirs : nounous à poussettes 4 places, vieilles femmes à chiens ou déambulateurs, mères de familles à trolleys et paniers à provisions, vous êtes priées de changer de trottoir à vos risques et périls et comme vous pouvez. Eux ont une caution en béton : ils travaillent la preuve, c'est qu'ils sont payés, vous, c'est plus douteux, vous oeuvrez surtout dans le bénévolat familial et la gratuité ! Et ce qui est gratuit ne vaut rien, c'est archi connu.

PS : Je rajoute que la rue appartient aux mâles à statut social et grosse caisse polluante, pères de familles opulents ; en effet, voulant prendre une photo d'un pochoir sous les arcades de la poste, j'ai dû affronter une de ces grosses ampoules aveuglantes fichées dans le sol et rangées à 50 cm d'intervalle sur le passage. Devant ma protestation contre ce matériel urbain aveuglant, une des manifestantes m'a expliqué qu'elles servaient à éloigner les SDF des lieux, comme les bancs à accoudoirs au milieu, et sièges-coque où il est impossible de s'allonger pour dormir, ou encore les "décorations" en faux pots de fleurs ou fausses jardinières dans les recoins d'immeubles destinés, eux, à empêcher les SDF de s'asseoir. La rue est inhospitalière aussi aux mecs déchus de la société patriarcale, incapables d'atteindre les hauteurs sociales que les mâles s'imposent et imposent à tous. Malheurs aux déchus et aux faibles, pas de pitié ! 

Je mets aussi un lien sur l'intérêt de la non-mixité et des espaces non-mixtes pour les femmes : quand les femmes se mettent ensemble pour se libérer de la domination et de l'occupation des hommes, elles font bouger des montagnes ! C'est sans doute la raison pour laquelle ils tentent par tous les moyens de maintenir la division parmi nous.

mercredi 3 octobre 2012

Tube de rouge

Je ne vous fais pas le coup de la célèbre définition cruciverbiste :
tube de rouge en 14 lettres, I-n-t-e-r-n-a-t-i-o-n-a-l-e !
Non, il s'agit ici d'un autre tube de rouge, sensé être un concentré de féminité. En tous cas selon le ministère de la Défense Colombien qui a pondu un film de publicité pour inciter les guerilleras des FARC à déposer les armes. Hélas, son agence de communication brille surtout par son conservatisme. Film transmis par une de mes abonnées Twitter : c'est en espagnol, mais vous allez comprendre, ça descend  comme une sangria :



Le bonheur est dans la famille, guerillera, rejoins le camp des femmes, dépose les armes ! Les armes c'est un truc de mec, tu gagnerais à porter des décolletés en dentelle, à parer tes lèvres pulpeuses d'un joli rouge à lèvres, et à fonder une famille. Allez, s'il te plaît, guerillera, rentre dans le rang, et accessoirement, à la cuisine et au gynécée, ta vraie place. 
Je ne vais pas faire ma méchante, en disant aux femmes de se jeter elles aussi sur les guns phalliques, ni défendre les FARC, dont je rappelle toutefois qu'à leur origine en 1930, elles sont un mouvement révolutionnaire rural. Que, hormis quelques exceptions, le recrutement y est basé sur le volontariat, qu'elles sont peuplées de 40 % de femmes selon le lien Wikipedia ici, et que même si leur sort n'est pas tous les jours enviable, toujours selon le même lien, ces femmes ont montré qu'elles sont motivées pour la lutte à l'exemple de Tamara Bunke, guerillera Est-Allemande morte les armes à la main en 1967 et membre du Groupe de Guevara en Bolivie. Ou, plus contemporaine, de cette cadre des FARC, surnommée Nury, arrêtée le 27 juin dernier par la Police Colombienne car en lien avec l'enlèvement d'un journaliste de France 24.

Pour voir à quoi ressemblent les guerilleras colombiennes aujourd'hui, suivez ce lien Flickr où on les voit dans leur vie quotidienne : photos prises en 2007. Malgré leurs treillis et leurs tenues de camouflage, il est indiscutable qu'elles sont des femmes. Mais auront-elles envie de rentrer à la cuisine pour faire plaisir au ministre colombien de la Défense après avoir vu son film ? J'ai des doutes. Il aurait été plus intelligent (mais l'intelligence préside-t-elle les instances masculines du pouvoir ?) d'inciter les FARC à renoncer à la violence et à rejoindre le combat politique en se constituant une assise populaire basée sur la défense non violente des intérêts des paysans.

PS La Page "Animots" de mon blog ne répond plus. J'ai voulu y faire un changement, Blogger en a profité pour la détruire. Il y avait des textes philosophiques de Descartes, Derrida, des citations d'Adorno..., plus des vidéos et des liens. Je soupçonne un attentat charcutier et spéciste de Blogger : ils doivent manger du boudin, des côtes de boeuf et du foie de veau. Merci Blogger. Je vais la refaire, mais ça va prendre un peu de temps, et ça m'apprendra à faire des sauvegardes. Merci de votre compréhension.

jeudi 27 septembre 2012

Le syndrome Bridget Jones

Les héritières du féminisme combattant des seventies auraient tout
gagné : elles font carrière comme les hommes, elles contrôlent leur fécondité, les lois et le droit les protègeraient parfaitement, l'électroménager les aurait sorties de leurs cuisines (merci Moulinex !) et la deuxième petite voiture -Monsieur conduit le Nissan Qashqai- de la famille leur donne une voluptueuse sensation d'autonomie -les pubs pour marques de bagnoles petites mais malignes ne montrent d'ailleurs que des Wonderwomen ! Mais elles sont toujours à la recherche du Prince Charmant et le syndrome de la loseuse menace. Elles ont oublié que le féminisme c'est dénoncer toujours que les fondations de la société reposent sur des rapports inégaux et injustes entre les deux sexes, c'est à dire qu'UN des deux est mieux loti, que les hommes s'en sortent toujours mieux, et qu'une carrière de femme successful ça se paie par une double journée de sprinteuse entre le boulot, l'école, la crèche, le pédiatre et le travail domestique à la maison qui ne se fait pas tout seul... et qu'elles sont toujours seules à assurer. Le privé est politique disaient les féministes des années 70. Elles avaient raison. Cadeau Bonus : si son travail la passionne et qu'elle ne souhaite pas d'adjuvant boulet-domestique, elle passe pour une solitaire inadaptée ayant raté sa vie de fâme et de mèère, un repoussoir n'ayant pas trouvé son Prince, et très désireuse de s'en trouver un, comme Bridget Jones. Femmes toutes puissantes, gagnantes, successful, mais elles ont toujours besoin d'une béquille : un mari à chouchouter et à assister à la maison, selon l'éternel refrain du patriarcat en bruit de fond.

Bref, c'est l'anti-féminisme qui a gagné : cette vidéo du Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir veut s'attacher aux représentations des femmes dans les programmes télévisés, mais au-delà de la fiction, dans le monde réel, elle montre parfaitement les injonctions sociétales faites aux femmes d'aujourd'hui, injonctions auxquelles elles adhèrent puisque le mot féministe est devenu un gros mot : Mais qu'est-ce qu'elles pourraient vouloir encore ?


Les femmes dans les programmes télévisés, les... par GENRIMAGES

Vidéo sur Genrimages, un site du Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir.

Actualisation 2/10/12 : Blogger m'a détruit ma page "Animots" alors que je tentais de la modifier. Merci Blogger. Je demande à mes lectrices de m'en excuser. J'espère que je vais être dépannée et/ou que je vais pouvoir la rétablir avec les textes philosophiques qu'elle contenait. Encore un attentat charcutier spéciste ? Chez Blogger on mange du boudin, des côtes de bœuf et du foie de veau ?

jeudi 20 septembre 2012

Les miliciens du patriarcat

Une organisation d'hommes canadiens Walk a mile in her shoes a créé une marche pour lutter contre les violences faites aux femmes, impliquant ainsi les hommes dans la solution au problème : ils marchent un mile chaussés de stilettos comme on dit en anglais, ou talons aiguilles en français. Ci-dessous l'affiche de Toronto pour cette année :


















et la vidéo de promotion de la marche :




En attendant le jour béni de l'éradication de ces violences, il faut bien dire que sur notre passage dans la rue, cela ressemble à du harcèlement.

La première fois dont je me souvienne, c'était à Saint-Brieuc, en face de la gare, il y a très longtemps. Un mec a trouvé que ma tenue vestimentaire ne lui convenait pas : il l'a braillé à la cantonade dans la rue. J'en suis restée transie (j'étais très jeune) et je n'ai pas eu de répartie. Il y a eu les compliments intéressés dans les rues des différentes villes où je suis passée professionnellement ou en vacances, puis surtout les insultes, pas gratuites du tout non plus, puisqu'elles sont destinées à nous rappeler que l'espace public appartient aux mâles et que nous y sommes juste tolérées ; les mots qui revenaient le plus souvent : morue, salope ! Les insulteurs sont les miliciens du Patriarcat qui écument l'espace public et maintiennent la terreur pour que nous y limitions nos déplacements, et ça marche bien auprès de certaines. Pour eux, la place d'une femme est à la cuisine, selon son statut de larbine bénévole du Patriarcat. J'ai commencé à trouver que la moutarde me montait au nez vers l'âge de 40 ans, trop tardivement. J'ai riposté au moins aussi violemment dans un premier temps, puis je suis allée me plaindre à la police pour ne pas mourir idiote. Il faut essayer de voir si les institutions chargées de maintenir l'ordre et payées pour nous protéger font leur boulot, nom de nom : je suis adepte d'expériences extrêmes !

Fin des années 90, début 2000, le fils d'une de mes voisines d'immeuble, a trouvé intéressant pendant des mois de m'abreuver d'injures quand je passais à sa portée dans mon quartier, MAIS UNIQUEMENT quand il était accompagné de 3 ou 4 camarades, seul, il n'a jamais moufté, ce grand courageux. J'ai évidemment répondu sur le même ton, ce qui a contribué à l'exciter. Les gars qui l'accompagnaient ne semblaient pas tellement d'accord avec lui, mais leur lâcheté les a toujours empêchés de s'opposer. J'ai évidemment prévenu mon propriétaire plusieurs fois, qui n'a pas bougé non plus. Illes doivent encore penser que c'était forcément de ma faute et que mon comportement avait provoqué les agressions, alors que je ne voyais jamais arriver ce type ! Je les méprise tous pour leur absence de réaction et leur manque d'empathie, et pour leur collaborationnisme, en ce qui concerne les employées femmes. Le commissariat de police n'a daigné remuer son (gros) derrière que lorsque j'ai signalé des exhibitionnistes sur le bord de la rivière : le reste selon eux n'est que vétilles, forfanterie adolescente de mâles bourrés d'hormones, pas de quoi fouetter un chat ni surtout déranger un flic !

Depuis que je suis équipée d'un aérosol anti-agression, on me fiche la paix en matière de braguettes ouvertes. Courageux mais pas téméraires ! Il y en a encore qui se trouvent sur mon passage pris d'une soudaine envie de pisser et qui la sortent sans complexe. Je leur rappelle haut et fort à la cantonade -c'est mieux quand il y a du public- que les chiottes ne sont pas faites pour les chiens et qu'en plus c'est dégueulasse ! Pour les insultes, je suis au moins aussi mal embouchée qu'eux, pire même, mais sans utiliser d'insultes spécistes -les animaux leur sont supérieurs, et traiter un mec de "gros porc" n'est pas productif, c'est le sortir de l'espèce humaine alors qu'il en est le nec/mec plus ultra, selon leur prétentieuse littérature : Ecce Homo ! Comme ils sont habitués à ce que les femmes fassent le gros dos et mettent l'humiliation dans leur poche sans répliquer, ça leur fait bizarre, donc ils s'esbignent sans demander leur reste, ces mâles alpha territoriaux, ou prétendus tels.

En résumé : inutile de compter sur la solidarité des passants ni des passantes habituées à toutes sortes d'humiliation et les mettant sur le dos de la fatalité. Inutile non plus de compter sur la maréchaussée : elle est occupée à surveiller les édifices publics, mairie, préfecture ou palais de justice, tâches bien plus importantes. Dixit le commissariat : "non, madame, nous ne prenons pas ce type de plainte". Donc, bien obligée de se débrouiller seule. Comme je suis une militante avec personnalité éruptive (le Vésuve en face d'Herculanum en gros), je trouve cette scène de Thelma et Louise très inspirante. La vidéo est en anglais avec les vraies voix de Suzan Sarandon et de Geena Davis, donc pour celles qui ne le comprennent pas voici ce que ça dit en résumé : toutes deux fuient la police après une tentative de viol sur Thelma et un meurtre car Louise abat l'agresseur. Durant leur périple à travers le Sud des USA, elles rencontrent toujours le même camionneur (une sorte de running gag pas drôle) qui leur montre son entrejambe et leur fait des gestes obscènes avec sa langue à chaque fois qu'il les croise, croyant sans doute vanter la marchandise ! Jusqu'à une dernière fois où, foutu pour foutu, mort et re-mort, elles décident de lui infliger une punition. Elles lui demandent de les suivre, ce que le mec croyant à une bonne aubaine, va faire, pour son malheur. Elles demandent des excuses, il répond par l'insulte : il faut dire qu'il n'a manifestement pas l'électricité à tous les étages, surtout aux derniers, ce qui n'est pas une excuse. En plein écran, c'est mieux. C'est sublimement mis en scène par Ridley Scott. 



Il est hors de question de limiter mes déplacements ou de passer par des chemins détournés ; les gars qui tiennent les murs de ma bibliothèque municipale depuis 3 semaines, et qui crachent sur mon passage peuvent s'attendre à des plaintes aux bons endroits ; de même pour les brutaux jeux de ballons et les mobylettes dans les espaces piétons et les squares où ils sont interdits MAIS tolérés par une société patriarcale couchée devant les démonstrations machistes, pire même, les encourageant, ils ne passeront pas davantage. Casse-burnes jusqu'au bout, je relance quand je n'obtiens pas de réponse. Mes impôts valent ceux des mecs et l'administration fiscale ne m'a jamais refusé mon argent au motif qu'il proviendrait d'un sous-citoyen ! Puisque je paie, j'ai droit aux mêmes égards que les mâles.  
Les mâles suprémacistes ne passeront pas.

Lien : Les marches exploratoires pour la sécurité des femmes dans l'espace public.

samedi 15 septembre 2012

L'escroquerie nucléaire & It's a Girl !

Je fais ne fais pas de publicité sur mon blog mais, pour une fois, je vous recommande de façon désintéressée la lecture de ce spécial hors-série de Charlie-Hebdo. Il coûte 6 euros dans les bons kiosques mais il les vaut.


Vous ne mourrez pas idiots, vous serez irradiés quand même (malgré les pastilles d'iode que vous stockez quelque part ocazou), mais vous saurez comment, pourquoi et par qui ! Ca change tout, non ?
Evidemment, c'est du Charlie pur sucre (4ème de couv') :

Achetez, volez CHARLIE et enfermez la télé à double tour. Eternellement jeune, tout comme le nucléaire, l'équipe de Charlie saute à pieds joints sur EDF, AREVA et tous les petits salopards qui nous ont légué 58 réacteurs nucléaires. Au programme, des histoires, des révélations, des coups de projecteurs dans les coins les plus sombres de l'industrie la plus folle de tous les temps.
Embarquez ! Et n'oubliez pas vos pastilles d'iode. Ca ne sert strictement à rien, surtout au milieu du grand bordel d'une catastrophe, mais ça fera plaisir à notre belle Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Embarquez ! Et n'allez pas vous plaindre de ne pas être au courant. Ce hors-série de Charlie contient tout ce qu'il faut savoir pour détester les atomistes associés. A punaiser partout où c'est possible. Et même ailleurs.

J'habite à 200 km à vol d'oiseau de la centrale de Flamanville et je suis sous les vents dominants (Nord- Nord Ouest) ; même situation pour Paris qui est à 80 km de la centrale de Nogent sur Seine. Imaginez une catastrophe rendant Paris inhabitable pendant des siècles. Le nucléaire est une technique militaire venue de la bombe dans l'immédiat après-guerre. Le CEA (Commissariat à l'Energie Atomique) est l'ancien nom d'AREVA, d'où l'opacité de cette industrie de la guerre froide qui nous a été imposée sans concertation démocratique par une caste au pouvoir, dans un pays colbertiste. Elle date définitivement du siècle dernier : issue des années de l'après-guerre et des plans décennaux gaulliens : barrages hydro-électriques, projets ponts et auto-routiers, puissantes entreprises nationales comme EDF dirigées par le corps des Mines pour les patrons, et la CGT pour les ouvriers. Une industrie obsolète, dangereuse et sur le déclin, dont les peuples ne veulent plus.

Liens refusants :
Les deux premiers contre la poubelle de Bure- : Bure stop, Bure Zone libre, Réseau Sortir du Nucléaire, Observatoire du nucléaire, CRII-Rad, World Nuclear Industry Status Report, Greenpeace, Le nucléaire près de chez vous@GreenpeaceCherb le Twitter de Greenpeace Cherbourg.

Et un lien féministe militant qui n'a rien à voir. It's a girl - C'est une fille, les 3 mots les plus mortels dans certaines parties du monde. Si vous voulez la soutenir, rajoutez votre nom (à droite de l'écran) à la campagne contre le génocide des filles. Signez pour arrêter le génocide des filles !

mardi 11 septembre 2012

Sexisme - Girlcott / Boycott de l'industrie du cuir

Cuir Center a trouvé drôle de commettre ce film publicitaire pour promouvoir ses canapés en cuir de buffle :



Les industries de la mort-abattoirs et tanneries- ont toujours la sale habitude de renvoyer les femmes et les animaux à la même altérité. Les hyènes sont de splendides animaux sociaux qui, devant la réduction de leur espace vital et la destruction de leur habitat, pour certaines transformées en clochardes, doivent se contenter pour survivre dans les bidonvilles africains d'écumer les poubelles des humains. Les femmes, elles, doivent se contenter des miettes des sociétés viriarcales et patriarcales après une vie de labeur et de bénévolat comme on peut lire dans le billet ci-dessous : "Elle concilie, il se met les pieds sous la table", le tout pour une retraite de moins 48 %, quand ce n'est pas le minimum vieillesse dont les femmes sont récipiendaires majoritaires.

Évidemment, cet assommoir culturel diffamatoire de la pub n'est pas innocent, il sert à cela : nous maintenir, nous les femmes, dans les basses zones de l'économie et nier notre potentiel, nos talents et nos contributions à la société. Les animaux sauvages, eux, sont condamnés à une disparition rapide devant l'égoïste pression démographique humaine. Donc, tout bénéfice. Calomniez, il en restera toujours quelque chose. 

Girlcottez les industries de la mort ! Go vegan, vous leur rendrez la monnaie de leur petite pièce : pas de viande, pas de cuir. Faites passer.

vendredi 7 septembre 2012

Elle concilie, il se met les pieds sous la table

Je jette de temps en temps un oeil sur le portail Synagri pour des raisons de protection des animaux et de l'environnement, car il est plein de ressources sur l'agriculture et l'élevage, et d'annonces diverses qui m'intéressent à ces titres. J'ai déjà écrit un billet sur les stéréotypes de genre en trouvant sur Synagri la page Facebook toute rose spéciale fiiiiiiiilles des agricultrices bretonnes ; il y figurait même des bobottes roses Barbie. Trouvées chez Aigle ? Moi je ne trouve chez Aigle que des bottes marine ou kaki, mais bon. Il se trouve donc que le 15 octobre prochain, La Chambre organise la Journée des Agricultrices : "femme, maman, cheF d'entreprise, Responsable, un beau défi à relever !". Bigre. Effectivement :



Mais où sont les mecs dans tout ça ? Ils ne concilient pas eux ? Ils ne sont pas "hommes", "pères de famille/papas", "responsables" et "professionnels" en même temps ? L'exemple choisi dans la vidéo est celui de la femme producTEUR de lait : en effet, inutile d'espérer que malgré les 4 journées en une, elles parlent d'elles au féminin en plus ! Producteur, même de lait (les femmes dedans à la laiterie et les mecs dehors aux champs ?) est une fonction éminemment masculine, bien sûr, pas question de se l'approprier en la féminisant en producTRICE de lait !

Toutes catégories professionnelles confondues, les pensions des femmes à la retraite sont de moitié inférieures à celles des hommes selon l'INSEE en suivant ce lien récent. Mobile invoqué, comme disent les policiers pour expliquer un crime, "En moyenne nos études montrent que les femmes travaillent [professionnellement] 2/3 du temps total des hommes" ! Fermez les guillemets. Vous noterez que le [entre crochets] est d'importance capitale. Le travail de "femme", de "maman" et de "responsable" compte, j'en ai peur, pour du beurre comme on dit dans les laiteries. Le producteur, c'est un mâle, la production mâle est la seule qui compte dans le PIB (Produit Intérieur Brut), tout le reste est tricot, occupation de femmes, passe-temps, élevage des enfants de Raoul, vous avez encore bien de la chance qu'on vous organise UNE journée pour en parler entre copines et partager vos expériences. C'est vrai quoi à la fin, que demande le peuple ?
Concilier est vraiment le pire mot de la langue française. Juste après patriarcat et parasite.