mercredi 27 juin 2012

Artemisia qui ?

 Euterpe, de passage à Paris pour ses vacances, s'étonne devant l'affiche de l'expo "ARTEMISIA" au musée Maillol qu'on n'y mentionne que le prénom de l'artiste ! Artemisia Gentileschi, comme Séraphine de Senlis, n'ont pas de nom, juste un prénom. Les noms eux, sans prénoms, sont réservés aux mâles : Picasso, Munch, Le Caravage, Soulages...

Mais ma chère Euterpe, les femmes en France n'ont pas de nom, voyons ! Elles passent du nom de leur père à celui de leurs maris ! C'est pire qu'une loi, c'est un usage ! D'ailleurs la loi interdit formellement de porter d'autre nom que celui inscrit à la naissance sur l'état civil, sauf pour les femmes qui, elles, ont une tolérance sur le sujet. Nom dont elles changent d'ailleurs comme de chemise en changeant de mari. 
Et les lois n'y peuvent RIEN. 

En 2005, devant la perte irrémédiable des noms du matrimoine (la moitié tous les 25 ans - dans quelques décennies, tous les français s'appelleront Martin, vive la diversité !) et pour tenter de réparer une injustice intolérable à l'égard des femmes, le législateur a fait une loi pour permettre aux femmes de transmettre leur matronyme. Loi largement restée lettre morte, le bide absolu, puisqu'à peine 5 % des parents concernés en on fait la demande en 2007 selon cet article du Figaro ! Personne, et même pas les femmes, n'en cherche les bénéfices. Exister sous son nom me paraît pourtant être la marque de l'indépendance et de la libération. Pouvoir choisir de transmettre son beau nom à ses enfants, éviter lors d'un divorce de devoir continuer à porter le nom de l'ex pour "avoir le même nom que celui de [s]es enfants", casse-tête que doivent résoudre toutes les femmes divorcées, même quand le divorce se passe mal et que la rupture est consommée entre les deux partenaires : les bénéfices seraient considérables à ce que la loi reçoive plus d'écho ! Il faudrait aussi évoquer le cas des veuves qui continuent à vivre sous le nom et quelquefois le prénom (!) d'un mort, un véritable tombeau symbolique. Nous sommes une espèce qui donne des noms, c'est même le premier rite dans toutes les sociétés humaines, baptiser / nommer un enfant qui arrive dans la communauté humaine, le fait de nommer n'est pas anodin, il est même fondateur !

Deux exemples emblématiques de la situation suffiront à ma démonstration. Notre féministe nationale, proue du féminisme universaliste français, Elizabeth Badinter porte le nom de Robert ! J'ai toujours trouvé (mais c'est personnel, entendez bien) que c'était assez disqualifiant. Et la compagne actuelle du Président de la République qui tient tant à ne pas œuvrer dans la poticherie selon ses dires et ceux des journalistes, Valérie Trierweiler porte en réalité le nom de son précédent mari dont elle est séparée. L'exemple vient d'en haut, comme on peut voir. Pas réjouissant, tout cela !

mercredi 20 juin 2012

Un message aux filles au sujet de la crainte que vous inspirez aux hommes religieux

J'ai traduit ce billet A message to girls about religious men who fear you de Soraya Chemaly paru le 21 mai dernier dans le Huffington Post. J'ai inclus les liens hypertextes qui sont évidemment en anglais, sans traduction, mais cela ne gène en aucun cas la lecture des non anglophones, mais permet un complément d'information aux anglophones qui le souhaitent.

"Chères filles,
Vous êtes puissantes au-delà des mots, parce que vous menacez de démystifier le contrôle d'hommes qui abusent de leur autorité.

Aux Etats-Unis la semaine dernière il y a eu des gens qui n'ont pas voulu laisser des garçons jouer la finale d'un championnat de baseball parce qu'il y avait une fille dans l'équipe opposée. Elle avait déjà dû se retirer de deux parties à cause de leurs exigences. Pourquoi ? Athlete compétitive et membre de son équipe, c'est elle qui a dû accéder à leurs exigences. Pourquoi ne leur a-t-on pas demandé à eux d'abandonner le jeu ? Quel message lui a été envoyé à elle et à ses équipières ? Ce n'est pas compliqué. Les messages envoyés était faux. Des messages confus et incohérents. Elle aurait dû avoir la permission de jouer et pas de se retirer de deux parties. Ces gens, et d'autres comme eux, partout dans le monde, conduits exclusivement par des religieux, ont peur de vous.

Vous les ennuyez sans arrêt. Si vous n'étiez pas puissantes, ils ne vous prendraient pas autant au sérieux et c'est ce qu'ils font, ils vous prennent très, très au sérieux. Vous devriez aussi. Vous pouvez mettre le monde en feu. Cela n'y ressemble pas, je sais. Si c'était vrai, pensez-vous, vous n'auriez pas à vous retirer d'une partie par respect pour des croyances religieuses qui requièrent votre soumission en appelant cela un cadeau. On ne vous refuserait pas de servir Dieu avec vos frères. On ne vous apprendrait pas que vous êtes une tentatrice maléfique ou la gardienne de la vertu des garçons. Votre virginité ne serait pas utilisée comme une arme contre vous et votre valeur déterminée par votre utérus. On ne vous cracherait pas dessus et des hommes ne vous appellerait pas putain à huit ans parce que vos bras sont nus. On ne vous empoisonnerait pas parce que vous allez à l'école. On ne vous forcerait pas dès l'âge de neuf ans à porter des jumeaux conçus par la torture. Vous n'auriez pas à vous suicider pour éviter d'épouser votre violeur. Si c'était vrai, ils poursuivraient vos violeurs plutôt que de vous lapider à mort pour leurs crimes, vous et des milliers d'autres, ils ne vous tueraient pas pour l'honneur.

Chères filles, ces choses arrivent car ils sont hommes de pouvoir qui vous craignent et veulent vous contrôler. Je sais que j'ai mis sur le même pied d'égalité de bénins jeux de baseball et de mortels meurtres d'honneur, qu'un cas est un type de micro-agression bénigne, et que l'autre est une macro-agression léthale, mais elles partagent les mêmes racines.  La base des deux, et l'escalade entre les deux est la même.  Il s'agit de vous apprendre ainsi qu'à toutes les filles sujettes de ces hommes et de leur autorité une leçon : « Saches où est ta place ». Je sais aussi qu'il y a des endroits qui ne sont pas religieux où les filles sont blessées et marginalisées. Mais partout dans le monde ces hommes hypocrites et pieux, dans leur honteuse et évidente tromperie, représentent le bord acéré de l'iceberg, la surface visible d'un mal profond et vaste. Ils emploient la totalité de l'influence terrestre et divine pour s'assurer le plus tôt possible que vous et les garçons autour de vous comprennent ce qu'ils souhaitent de vos rôles respectifs. Où il a des religions patriarcales, les filles, à des degrés variés et extrêmes, souffrent de façon disproportionnée. Comprenez ce que sont ces hommes : des molesteurs. N'intériorisez pas ce qu'ils veulent vous faire croire.

Votre existence même les rend anxieux. Et leur anxiété est particulièrement haute car vous avez quelque chose qu'aucune génération de filles n'a eu avant vous -des communautés globales connectées d'hommes et de femmes qui soutiennent vos droits à l'égalité et à la liberté. Comme dans « Effondrement, comment les sociétés décident de leur disparition et de leur survie » (Guns, germs and steel), cette technologie de la transformation qui me permet de vous écrire ici, altère la géographie, change les sociétés et démantèle les systèmes de contrôle- elle fait du monde un endroit plus petit, et crée même si c'est lentement en quelques endroits des changements positifs pour les filles comme vous. Voyez-vous, jusqu'à maintenant, ces hommes pouvaient vraiment compter sur le fait que vous et les femmes autour de vous étaient enfermées à la cuisine et isolées. Pas mal d'entre elles le sont encore. Mais maintenant, il y a des millions et des millions et des millions de gens qui pensent à vous et qui défient ces hommes chaque jour. La vitesse de la lumière est de votre côté et, à moins que quelqu'un éteigne la lumière de façon permanente, ces jours sont derrière vous. Aussi, même si vous pensez être seules, vous ne l'êtes plus.

Comment les menacez-vous ? Une fille, seule ? En étant capable, forte, confiante et oui, sans honte. Vous pouvez ne pas être « naturellement » intéressée par la domesticité, la piété, la pureté ou la soumission, alors qu'ils comptent sur votre engagement à ces choses pour ordonner leurs mondes. Leurs actions, d'un bout du spectre à l'autre, sont concues pour vous remplir de doute et enfin, de peur -physique ou spirituelle- car autrement vous et les jeunes garçons autour de vous seront pleinement conscients de votre force et de votre potentiel. A cause de cela, ils concentrent leur attention sur vous, votre corps, vos vêtements, vos cheveux, vos capacités, votre liberté physique. Quand leurs « manières » et leur « morale » ne sont pas universellement applicables, mais différentes pour les garçons et les filles, soyez sûres que c'en est la raison. Ils cherchent à vous apprendre subtilement, à travers de petites attentes de genre que vous êtes différentes, faibles, sans valeur, incapables. Ce qui est triste dans leur perception des choses, c'est que si vous n'êtes rien de tout cela, alors ils ne sont pas forts, valeureux ni capables. Ce n'est pas une excuse mais une explication. C'est pourquoi, ils trouvent d'infinies et bénignes façons de vous affaiblir et de vous déprécier, le tout au nom de la « parole de Dieu ». Quand cela ne marche plus, ils ont recours à la violence. Partout dans le monde, leur anxiété se manifeste dans un spectre d'actions qui vont du paternalisme bienveillant, respectueux de « frontières décentes » jusqu'à une mortelle application de leurs règles.

La peur est la raison pour laquelle les hommes font des enquêtes officielles sur des Girls scouts alors qu'ils abritent en toute perversité des violeurs d'enfants. C'est la raison pour laquelle ils sont obsédés par votre pureté. C'est pourquoi ils vous séparent dans les lieux publics et privés. C'est pourquoi ils instruisent les filles et les garçons que les corps des filles sont soit honteux et sales, ou sacrés et appartenant aux hommes. La peur les motive à enseigner que vous polluez les autres par votre nature même. Elle les fait s'assurer que vous restiez à la maison et que vous ne soyez pas pleinement engagées dans le monde. Elle les conduits à marier des filles de 8 ans à des vieillards. Elle les convainc que le viol et ses conséquences sont des « dons de Dieu ». Elle explique qu'ils donnent pouvoir à d'autres de vous lapider à mort et de vous défigurer à l'acide. Chaque attaque contre le gay chez les enfants, notamment les garçons qui sont « comme vous » vous est destinée. Car si les garçons sont « comme les filles » que ces hommes considèrent comme fondamentalement inférieures, alors vous pouvez aussi être « comme des garçons ». Cela induit une ambiguité et détruit leurs hiérarchies posément construites et cela leur est intolérable.

La peur justifie qu'ils insistent sur quelque chose de fondamentalement mauvais chez vous. Ne les croyez pas. Leur peur justifie que vous couvriez votre corps. Il n'y a rien de mauvais dans votre corps et il n'est pas à blâmer. Que vous choisissiez de l'exposer ou de le couvrir, examinez votre choix à l'aune de la réduction de votre caractère à une sexualité étroite par une culture qui refuse de tenir les hommes comptables de leurs actions et requiert de vous offrir au plaisir des hommes ou de vous retirer du monde et de vous tenir en réserve. Quoi qu'il en soit, demandez vous qui définit votre valeur et par quelle mesure. La peur leur fait dire que vous êtes tellement différentes des garçons. Vous, et les garçons que vous connaissez, comprenez que vos corps sont différents, mais que vous êtes plus similaires que dissemblables. Menacés, insécurisés, les hommes adultes disent autre chose. Ne vous rendez pas. Même si vous êtes tranquilles, sans vous sentir menacées. Les différences que les autorités religieuses exagèrent sont simplement les pilliers de l'oppression qu'ils utilisent pour apprendre aux garçons et aux filles que la soumission des femmes est « naturelle » et « divine ». Rejetez les ainsi que leurs idées. [...]

Les adultes autour de vous peuvent ne pas paraître vous soutenir quand vous voulez imposer votre humanité. Ne leur permettez pas de s'en tirer. Ne les laissez pas utiliser la "tradition" comme excuse, ou dire que "vraiment ça n'a pas d'importance". Ne les laissez pas s'en tirer quand ils vous demandent de vous "retirer du jeu", d'être "une bonne fille", de ne "pas faire d'histoires", ou de "vous mettre quelque chose sur le dos". Ce sont de micro-agressions qui résultent en macro-agressions. Vous pouvez dire "Je ne fais rien de mal. C'est vous et votre monde qui êtes mauvais".  [...]

You are not alone and you are brighter than the sun.
Vous n'êtes pas seules et vous êtes plus brillantes que le soleil."
Soraya Chemaly

jeudi 14 juin 2012

Il y a 50 ans, Rachel Carson : Printemps silencieux



"In nature, nothing exists alone"
"Dans la nature, rien n'existe seul"
Rachel Carson - Silent spring

Il y a 50 ans, peu de gens se préoccupaient de pollution, de déforestation ou de chasse à la baleine. Jusqu'à ce qu'arrive un livre remarquable, Printemps silencieux de Rachel Carson. A sa parution en juin 1962, il a profondément changé la façon dont nous voyons la Terre et notre place sur la planète. Beaucoup de gens ont célébré la Nature, mais c'est à ce livre que nous devons la prise de conscience que la planète est menacée et à besoin d'être défendue. Ces 50 dernières années de luttes contre la chasse à la baleine, la déforestation et le réchauffement planétaire en sont la conséquence directe. Publié en feuilleton en juin 1962 dans The New Yorker, Silent spring (son titre original en anglais) a  révélé à l'Amérique horrifiée que la vie sauvage était en train de disparaître à grande échelle à cause d'une nouvelle génération de pesticides synthétisés en laboratoire à la suite du premier d'entre eux, le DDT.

Plus aucun chant d'oiseaux dans les petites villes américaines à la suite d'épandages massifs de pesticides (par voie aérienne généralement), décidés dans les années 50 par le ministère de l'Agriculture américain afin de lutter contre les insectes "nuisibles". Des milliers d'hectares de campagne recouverts de poison (dieldrine) afin de se débarrasser du scarabée japonais, de la chenille des bourgeons ou encore du Bombyx disparate. Disparaissent du même coup dans les campagnes, les rouge-gorge, les truites de rivières et... les chats !

Biologiste de formation, Rachel Carson a 55 ans quand elle publie  
Silent spring. L'industrie chimique, ivre de colère et aidée par la presse américaine, lance alors contre elle une des pires campagnes de désinformation de l'après-guerre : des dizaines d'articles la présentent comme une taupe communiste, une hystérique, une folle furieuse. Célibataire et sans enfants, après une vie passée à s'occuper de sa mère et de ses neveux, Rachel Carson trouve consolation et solide amitié auprès de sa voisine de propriété de vacances du Maine Dorothy
Freeman : d'inévitables spéculations seront lancées sur sa sexualité. Vraie auteure talentueuse de trois précédents ouvrages sur l'environnement maritime, Rachel Carson, malgré les campagnes de dénigrement avait vendu un demi million d'exemplaires de son livre trois mois après sa publication ! Soutenue par le Président Kennedy, les épandages de poisons s'arrêtent, et le chant des rouge-gorge se fait réentendre dans les campagnes américaines. Le DDT est interdit en 1972. Rachel Carson ne le verra pas. Elle meurt d'un cancer en 1964. Sa réussite : avoir fait prendre conscience à l'opinion publique, en montrant la catastrophe en cours, que tout dans la nature est lié, que les humains en font partie, et qu'ils ont le pouvoir de détruire le fragile équilibre qu'elle a mis des millions d'années à bâtir.

Rachel Carson n'est pas particulièrement une femme effacée de l'Histoire (his story), elle est inscrite au National Women's Hall of Fame ; en revanche, certains continuent à lui tailler des costumes bien chauds pour les hivers à venir : le dénigrement continue. Considérée comme inspiratrice de la Deep Ecology (écologie profonde) dont on peut trouver l'historique ICI, fondé par Arne Naess, ce mouvement est régulièrement vilipendé par des philosophes et auteurs notamment français, tels Luc Ferry, Elizabeth Badinter ou encore Jean-Christophe Ruffin (dans Le parfum d'Adam) qui l'associent à un anti-humanisme et à "un totalitarisme vert" (Le nouvel ordre écologique Luc Ferry).

"Jusqu'à ce que nous ayons le courage de reconnaître la cruauté pour ce qu'elle est -que la victime soit humaine ou animale- nous ne pouvons pas attendre que les choses s'améliorent en ce monde... Nous ne pouvons pas être en paix parmi des humains dont le coeur se réjouit de tuer n'importe quelle créature vivante. Par chaque acte qui glorifie et même tolère de telles inepties, nous retardons le progrès de l'humanité"- Rachel Carson.

Sources : Safe World For Women, The Independent, Wikipedia, Hilobrow
Je mets un lien vers la dernière vidéo de Bridget Kyoto : courte, percutante et hilarante ! 

jeudi 7 juin 2012

Princesses Disney féministes

Depuis l'intéressante série d'Euterpe sur les princesses Disney et suivantes, j'ai trouvé sur le site I blame the kyriarchy des princesses Disney féministes -détournées évidemment !

Le Prince : ...et nous vivrions heureux
La Princesse : est-ce que cela signifie que j'aurais ma propre carrière et que je contrôlerai mes finances ?


La Princesse : Houah, pardon mais quelle partie de moi, alors que je dors ici seule, implique mon consentement ?

Blanche-Neige : Ils n'ont pas arrêté de me dire que je dois haïr les hommes, puisque je suis féministe. Ils n'ont rien voulu entendre de ce que j'ai dit à propos des rôles de genre qui oppriment les hommes et les femmes !


La Princesse : J'ai écrit un essai sur la théorie queer pour mon cours de littérature.
Le Prince : Habituellement, quand je jeur demande leurs centres d'intérêts, elles répondent "la couture".

On peut rêver que les princesses de Disney (et les autres) s'émancipent, et que les princes aient l'esprit large ouvert. La vebmistress de I blame the kyriarchy se proclame "Païenne, vegan et féministe". J'ai donc cherché ce que signifie kyriarchie.(Je pensais l'avoir trouvé en français, mais impossible de remette la main dessus. Enervant !). La racine vient de kyrie (cela vous évoque le kyrie eleison de vos messes d'antan ? Bien vu !) : seigneur en grec. Le mot kyriarchie a été créé par Elizabeth Schüssler Fiorenza. Après Patriarcat (la domination des vieux pères), le viriarcat (la domination des hommes -vir en latin), le kyriarcat plus global, propose une intersectionnalité de mutiples oppressions, une structure sociale pyramidale complexe de groupes suzerains et subordonnés interchangeables. En tout état de cause, et bien que le concept de kyriarcat soit très globalisant et "big picture" donc séduisant, le mot patriarcat va encore continuer à me servir longtemps de référence pour désigner toutes sortes de dominations au détriment de tout-e-s ses nombreux-ses dominé-e-s, soumis-e-s à ses diktats aliénants !

mercredi 30 mai 2012

Cannes, clap de fin


J'ai toujours considéré le cinéma de Cronenberg comme l'un des meilleurs. Lors de mes crises de cinéphilie aiguë, je pourrais même me relever la nuit pour en manger, tellement j'aime ! Les éprouvantes transformations corporelles de Jeff Goldblum dans La Mouche, les images biologiques d'eXistenZ et son plat de bidules gluants (et vomitifs) dans le restaurant chinois, les inquiétants jumeaux gynécologues de Faux-semblants, et surtout, plus proches, ses deux dernier films Eastern promises et A history of violence montraient une maîtrise parfaite de la mise en scène et leurs histoires d'anti-héros (mâles tout de même) faisaient froid dans le dos. Je suis donc allée, sans lire aucune critique, les yeux fermés, voir Cosmopolis, adapté du roman de Don DeLillo. Mais puisque les critiques, subjugués par le Maître et ne voulant pas se déjuger, n'ont pas osé dire que son dernier  film est une bouse, ça n'aurait rien changé.

Donc, Robert Pattinson, avait besoin de se sortir de 4 films de vampires pour minettes, par un emploi dans un vrai film d'auteur : il est servi. Il joue le rôle d'un spéculateur (sur le Yuan) de 28 ans, milliardaire, obsédé par la symétrie des équations mathématiques et accessoirement par l’asymétrie de sa prostate ! Nous vivons avec lui sa dernière journée dans sa limousine de 7 mètres de long, sorte de chambre anéchoïque bourrée de liège et blindée, qui lui épargne les bruits des émeutes venant de l'extérieur (le bas peuple se révolte) et sa rencontre avec différentes personnes (son associé -22 ans déjà, donc vieux, qui s'occupe de sa sécurité), sa gouroue économique, et deux autres femmes -dont Juliette Binoche qu'on ne voit jamais, dans sa courte prestation, ni assise ni debout mais toujours allongée- qui lui rendent des services sexuels (interminables les rapports) en essayant de lui vendre quelque chose. Il a enfin un troisième rapport sexuel, je le trouve filmé comme tel car pendant toute la longuissime scène il gémit : son médecin qui lui fait un toucher rectal et lui trouve une prostate asymétrique. Les dialogues du roman de DeLillo sont restitués à l'identique, ce qui donne un film verbeux et
statique ; pendant les trois premiers quarts d'heures, je me suis demandé si Cronenberg n'avait pas versé dans le cinéma bavard français, style Rohmer ou Honoré, où les héros font l'exégèse de leur vie, mais sans leur talent tant c'est factice. Je vous fais grâce des écrans tactiles qui saturent le cinéma actuel, de la laideur du cinéma numérique, et des restes de crème fouettée pendant les trois derniers quarts d'heure sur la joue de Pattinson qui s'est fait entarter lors d'une tentative de sortie hors de sa limousine !

OK, les hommes sont des héros décadents et déshumanisés, ils ont ruiné la planète avec leur appétits de gloutons insatiables et surpuissants, ils vampirisent et parasitent l'humanité, les femmes leur servent au mieux de défouloirs pour leur besoins sexuels, et donc les pauvres, ils sont très malheureux ! Je les plains. Mais franchement, est-ce que ça valait une sélection à Cannes ? Est-ce que ça leur donne le droit de nous emmerder avec leur vide existentiel et les productions "artistiques" que cela leur inspire ?

La presse pourtant pas suspecte de féminisme énervé a administré une volée de bois vert à ce festival et ses sélectionneurs : dans le Figaro ICI "Vieux festival cherche grands films"et Le Nouvel Obs ICI : un terne palmarès pour une édition sinistre !
Ce cinéma d'auteurs mâles est bel et bien à bout de souffle. Les dernières technologies mises au service du cinéma n'y changent rien. Et quelque chose me dit que l'année prochaine, les choses pourraient changer. C'est en tous cas ce que je souhaite au Festival de Cannes. Et même si le cinéma n'a pas de sexe (hormis le sexe masculin qui n'est pas un sexe, mais représente l'universel, pardon, l'Universel comme il se doit) le cinéma des femmes peut présenter une alternative à ce cinéma funéraire, comme l'explique Noémie Lvovsky dans la vidéo ci-dessous (la pub peut être arrêtée au bout de 4 secondes) :


Noémie Lvovsky répond à l'absence de femmes dans... par lesinrocks

Cosmopolis est un roman de Don DeLillo, excellent écrivain américain que j'aime énormément et dont je recommande la lecture. Dans Chien galeux (Running dog), il a écrit ceci :

"J'ai été mariée au même homme pendant onze ans de ma vie. J'étais à ses ordres. Sans bien m'en rendre compte. Ses ordres muets. D'une manière ou d'une autre mystérieusement, sans que ce soit jamais évoqué. C'est dans l'air entre nous. Cela passe par des ondes hertziennes, de galaxie à galaxie."

"Le génie absolu des hommes. Veux-tu savoir ce que c'est ? Les hommes veulent. Les femmes se contentent de traîner dans le coin. Les femmes croient qu'elles font une carrière de tonnerre de Dieu, tut, tuut. Rien, elles ne vont nulle part, je peux te le dire. Les hommes veulent. Bang, Crac, Boum. L'impact, nom de Dieu. Les hommes veulent tellement. Cela nous étourdit un peu, nous fait perdre les pédales. Que sommes-nous devant cet énorme désir, ce besoin éternel et buveur de sang qui les tient ainsi ?"

"Ils sont fous, c'est leur génie secondaire. Ils sont totalement fous. Fous furieux. Réfléchis. Pense un peu. Ils sont dingues. Et nous sommes leurs femmes. Nous vivons avec eux."
Running Dog - 1978

jeudi 24 mai 2012

La Belle (à la cuisine) et les brutes

Billet spécial week-end de Pentecôte, fête religieuse patriarcale obscurantiste, qui doit être célébrée comme les autres dans la violence aux animaux. A Noël, ce sont les dindes, oies, canards et saumons qui dérouillent ; à Pâques les agneaux trinquent pour fêter la Résurrection de l'Agneau de Dieu, curieux télescopage ! Bizarrement la Pentecôte "période traditionnellement calme" (anormalement calme ?) était libre, le lobby de la viande a tranché, c'est désormais établi, les veaux morfleront à la Pentecôte !

Du coup, ils se sont offert ce petit film publicitaire sur vos écrans en ce moment : une ménagère (cible traditionnelle de la pub) dans sa cuisine que des brutes pratiquant le foot américain  et sortant de nulle part envahissent ! Je ne sais si mes billets sur la politique sexuelle/sexiste de la viande influencent les marketeurs (j'ai le droit de rêver), mais ce n'est plus aussi explicite que les femmes doivent cuisiner de la viande pour les mecs assis à table, fourchette en l'air, attendant que ça leur tombe tout cuit dans l'assiette ! La virilité se manifeste d'autre manière, en saccageant le cabat de la ménagère. Elle sauve trois tomates cerises et un brin d'herbes aromatiques : le veau, c'est bon avec trois fois rien ! Les tenants de "5 fruits et légumes par jour" soutenus par le Ministère de la Santé apprécieront.

Comme elle se déclenche automatiquement, j'ai du enlever la vidéo qu'on peut voir ICI sur les site Bravo le veau.

Un festival de stéréotypes lourdement assaisonnés à la testostérone.
Bravo les mecs !

mercredi 16 mai 2012

Cannes, festival de stéréotypes !


Le 65ème festival de Cannes s'ouvre sur une sélection uniquement masculine, je ne vais pas y revenir, d'autres ont déjà traité le sujet. Je vais juste rappeler que le cinéma, comme tout autre production culturelle est une fabrique de normes sexuées et sociales. Les normes sociales sont non naturelles, elles fonctionnent par imprégnation, et modèlent les rôles masculins et féminins.

Le cinéma français, y inclus le cinéma d'auteur, est extrêmement misogyne sans que cela gène quiconque. Pour l'essentiel de la production des films dirigés par des metteurs en scène hommes, il est habituel de voir un vieil acteur de 58 ans en tête d'affiche avec une jeunette de 25, filant tous deux le parfait amour. Différence d'âge : 29  ans couramment. Tout le monde a l'air de trouver cela normal, alors que ce ne l'est pas dans la vie courante. Ces rôles au cinéma permettent aux hommes de conforter leur statut de mâles dominants sans s'embêter avec la concurrence de femmes mûres, plus challenging, à personnalité et caractère formés, réputées par la misogynie ambiante être des emmerdeuses et surtout des concurrentes, et ils n'aiment pas la concurrence ! Après 40 ans, la carrière d'une actrice stagne : on ne lui propose plus de rôles, car de jeunes actrices à la chair fraîche arrivent : le cinéma est une industrie anthropophage et carnassière qui mange de la chair fraîche, comme les vampires elle a besoin de sang neuf pour se renouveler, ceci dans une perspective masculine évidemment. Une des dernières arrivées est Léa Seydoux, fille et petite-fille-de, puisque décidément, il n'y a plus que cette façon d'y arriver désormais.

En revanche les mâles, eux se bonifient avec le temps comme le vin en fût de chêne : les vieux acteurs sont tous des Châteaux Margaux, plus ils vieillissent en cave, meilleurs ils sont. Qui emploie Chantal Lauby, Zabou Breitman, Anémone, Josiane Balasko, Muriel Robin, Nathalie Baye, Charlotte Rampling, Nicole Garcia, etc... sinon elles-mêmes, car elles sont obligées de se mettre en scène dans leurs propres films pour continuer à travailler ? En revanche, les Gérard Depardieu (64 ans), André Dussolier (66 ans), Daniel Auteuil (62 ans), Jean-Pierre Bacri (61 ans), Pierre Arditi (68 ans), Christian Clavier (60 ans), continuent leur carrière, pour certains d'entre eux, une carrière de séducteurs malgré la soixantaine bien tassée. Je rappelle qu'Alain Resnais, dans la sélection officielle 2012 a, lui, 90 ans cette année. Vivement qu'on voie une femme de 90 ans, après une vie de mise en scène dans le cinéma, à l'affiche d'une sélection à Cannes !

En attendant, nous avons Bérénice Béjo qui présente la cérémonie d'ouverture du 16 mai avec "une robe de princesse" et qui ne comprend rien "à la polémique" sur la sélection, comme le démontre le fichier sonore ci-dessous :

  Bérénice Béjo by franceinter

Des progrès restent à faire, et comme vous l'avez entendu, on n'en a pas fini avec les greluches. Aussi, vous pouvez aller signer la tribune de La Barbe demandant la parité dans le cinéma en suivant ce lien.

L'affiche de ce festival avec Marilyn Monroe est parfaitement choisie : Marilyn, un des destins maudits de Hollywood (avec Frances Farmer, Judy Garland et d'autres), a payé le prix fort pour atteindre l'immortalité figée dans une éternelle jeunesse. Incapable de faire face à l'âge dans une industrie qui consomme la beauté et la jeunesse des femmes, malgré les trois heures de préparation qu'il lui fallait pour devenir Marilyn, se donner la mort lui a paru préférable à vieillir.

Actualisation : j'ai trouvé de la documentation pour celleux intéressé-e-s par le sujet, notamment les travaux de Geneviève Sellier qui travaille sur le genre dans les films populaires et les séries télé : La nouvelle vague - Un cinéma au masculin et La drôle de guerre des sexes du cinéma français, ouvrage collaboratif. Et pour les spécialistes qui voudraient approfondir le sujet, une vidéo-conférence de Geneviève Sellier du 13 novembre 2012. Elle est venue donner à Rennes une conférence à laquelle j'ai assisté le 26 avril 2012.

Pop culture : et un lien vers le blog Chantier politique : une critique féministe de la série Buffy et du film The avengers.

jeudi 10 mai 2012

Chirikova et Brockovich

Dans le sillage de l'élection présidentielle, les journalistes français nous embêtent avec la biographie de la "Première Dame de France", trois pas derrière son époux ou compagnon, la place ancestrale des femmes. Dans le même temps, une femme russe Evguenia Chirikova obtient l'équivalent du Prix Nobel pour la Défense de l'environnement, le Goldman Environmental Prize dans la quasi indifférence des médias français.


Crédit image : Goldman Environmental Prize

Chirikova, c'est l'histoire d'une mère de famille qui décide de quitter Moscou pour s'installer dans un village du "poumon vert de Moscou", la forêt protégée de Khimki, et dont la vie tranquille va être contrariée par le projet de construction d'une autoroute reliant Moscou à Pétersbourg. Evguenia s'insurge, s'implique, mène l'enquête, obtient le soutien de Greenpeace, et finit par trouver que décidément les relations entre le pouvoir russe et le constructeur Vinci sont bien opaques. La Erin Brockovich russe, en somme. Le Nouvel-Obs en a parlé ici et Ecolo info donne ici un excellent article sur la bataille pour la préservation de la "ceinture verte" de Moscou. Justement, Vinci, entreprise multinationale de travaux publics, c'est la constructrice de l'aéroport Notre Dame des Landes, entre Rennes et Nantes, le gros aéroport que veulent les élus bretons, contre une partie de leur opinion publique. Evguenia Chirikova est venue soutenir les opposants à l'aéroport Notre Dame des Landes en juillet 2011 comme en témoigne cet article de Ouest-France dont la vidéo montre les liens consanguins entre Vinci et le pouvoir russe au plus haut niveau. Evguenia Chirikova n'a pour l'instant pas réussi à ébranler le projet d'autoroute ni le pouvoir de Poutine, mais elle y travaille en créant le premier parti écologiste de Russie. En revanche, l'activisme a marché pour les opposants à l'aéroport Notre Dame des landes, puisque les expulsions de paysans sont stoppées jusqu'à ce que tous les recours judiciaires soient épuisés.

Clean up your mess !
Clean the shit up !

Souvenez-vous de l'histoire de Erin Brockovich à travers un film mis en scène par Soderbergh en 2000. Mère de famille obligée de travailler pour élever ses enfants, Erin, qui n'a aucune formation en droit, prend un travail dans un cabinet d'avocats. En croisant des informations de demandes de soins médicaux et des indemnisations immobilières, elle fait le lien avec une pollution des eaux potables, instruit le dossier des victimes et leur obtient des millions de dollars d'indemnisation après un combat acharné. Elle est désormais à la tête de son cabinet de consulting où elle poursuit son travail d'instruction de dossiers de dommages à l'environnement. Elle refait parler d'elle et n'a pas perdu son pouvoir de conviction dans l'article qui suit et sa vidéo (en anglais) où elle explique continuer son combat contre la pollution des nappes phréatiques. L'accès à l'eau potable n'est pas qu'une préoccupation du monde en développement, comme elle le dit très bien en insistant sur la pollution au plomb ; mon intertitre vient de l'interview-vidéo (à environ 1'35"), les industriels ayant la détestable habitude de laisser derrière eux des friches et des sites gravement pollués pendant que le gouvernement et les magistrats regardent ailleurs. Son appel : "Nettoyez vos saletés" comme elle le rappelle sans cesse à ses enfants : "Nettoyez votre chambre" !


jeudi 3 mai 2012

PIB masculins : parasitisme et inhumanité

Les PIB masculins (Produits Intérieurs Bruts : chiffres d'affaires ou accumulation des richesses d'un pays donné en une année) sont basés sur la destruction et le pillage des ressources naturelles, sur le parasitage des espèces animales par l'élevage, la chasse, la pêche, les cirques, delphinariums, fourrure et cuir, l'expérimentation animale pour nos industries pharmaceutiques, parasitage exercé sans aucune espèce d'états d'âme, ni de questions sur l'éthique ou sur la responsabilité de notre espèce. Un des résultats le plus visiblement immédiat de cette irresponsabilité est la disparition des pollinisateurs dont les services sont tellement "naturels" qu'on les a fait disparaître en les bombardant de produits chimiques indiscriminants après avoir déclarés certains d'entre eux "nuisibles". Une folie, une inconscience caricaturales de notre espèce arrogante. Sur ce socle d'exploitation proto-historique, puis historique, et donc inquestionnable puisque considéré comme "naturel" (les constructions sociales et culturelles ont une facilité déconcertante à se faire passer pour naturelles), l'absence dans les comptabilités nationales du travail non-marchand des femmes est considéré comme "normale".
Il est donc gratuit et bénévole : soins à la domesticité, aux enfants, aux vieux,...etc. Il en résulte qu'après des vies de labeur incessant, les femmes doivent se contenter de demi-retraites (moins 40 % par rapport aux hommes en France) et elles fournissent les  gros bataillons du minimum vieillesse, ce prix du mépris du patriarcat pour leurs loyaux services gratuits. Ce qui reste pour moi un mystère insondable, c'est l'aveuglement et le déni des femmes devant un tel acharnement à les pressurer et les exploiter dans le mariage et dans tous les travaux dus bénévolement. Le manque d'empathie des mâles pour les êtres qu'ils considèrent être immémorialement à leur service est glaçant.

A propos de glaçant, voici une vidéo montrée récemment sur une télé néerlandaise, l'objectif (bien nommé ?) nous montre froidement un manque d'empathie peu commun, des techniciens à l’œuvre, efficaces mais inhumains :



Oui, les animaux (vaches, poulets, dindes, cochons, chevaux,...) ont des accidents de la route en allant en l'engraissement ou à l'abattoir, leur dernier voyage. Des camions versent dans des fossés, se couchent sur les autoroutes, sombrent dans des ravins, leur "cargaison" tuée ou gravement blessée, dispersée dans les alentours, souffrant et agonisant de graves blessures. C'est l'activiste d'une ONG humanitaire pour les animaux qui tient la caméra ; on peut donc imaginer que quelque chose a été fait après qu'on ait secouru les humains, et que des gendarmes, quoique hors champ, sont forcément sur place. En attendant, ça laisse une solide impression de désolation, d'abandon à leur triste sort d'animaux dit de "rapport" ou de "boucherie", maltraités dans les transports après avoir été maltraités dans un élevage hors-sol, par une société inhumaine.

"L'arrogance de l'humanité qui croit que le royaume animal est là pour son dîner ! Les animaux sont des miracles vivants, pleins d'espoir et de rêves, comme nous."
Citation anonyme

"Je suis un sauvage et je ne connais pas d'autre façon de vivre. J'ai vu un millier de bisons pourrissant sur la prairie, abandonnés par l'homme blanc qui les avait abattus d'un train qui passait. Je suis un sauvage et je ne comprends pas comment le cheval de fer fumant peut être plus important que le bison que nous ne tuons que pour subsister. 
Que sont les humains sans les bêtes ? Si toutes les bêtes disparaissaient, les humains mourraient dans une grande solitude de l'esprit. Car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt aux humains. Toutes choses se tiennent.
Citation prise dans la réponse de Chef Seatle en 1854 au gouvernement américain qui lui proposait d'abandonner sa terre aux blancs et promettait une "réserve" pour le peuple indien, à lire en entier sur le lien: 
La fin de la vie et le début de la survivance
La sage réflexion du colonisé opprimé, rejeté dans la sauvagerie et parqué dans une "réserve" par le colon blanc "civilisé" qui s'arroge tous les droits.

Rappel : l'empathie, c'est la capacité à écouter et entendre les autres, tous les autres.

Le Top-Model autoproclamé de la Création trouve normal d'exercer sans vergogne et sans pitié son parasitisme et sa prédation sur toutes les créatures qu'il a rejetées à dessein dans l'altérité : les primitifs "sauvages", les femmes, la nature qu'il a opportunément genrée au féminin ICI (et ICI aussi) alors qu'elle est évidemment neutre et non soluble dans notre romantisme, et les animaux, tous taillables et corvéables, exploitables à merci, pour ses intérêts étroits de caste dominante -voir mon billet précédent traduit de Mary Daly.

vendredi 27 avril 2012

Je suis toujours là !

See
That no matter what you have done
I am still here.
And it has made me dangerous, and wise.
And brother,
You cannot whore, perfume, and suppress
me anymore.
I have my own business in this skin
And on this planet.

Tu vois
Peu importe ce que tu as fait
Je suis toujours là.
Et ça m'a rendue dangereuse, et sage.
Et, frère,
Tu ne peux plus désormais me traiter de putain, me couvrir de parfums,
ni me supprimer.
J'ai mes propres choses à faire dans cette peau
Et sur cette planète.

Gail MURRAY (1970)

En écho au Dieu du carnage, le billet d'Euterpe.

Après avoir fait des recherches sur Gail Murray, je n'ai rien pu trouver sur elle, hormis des homonymes sur les réseaux sociaux. Ces vers sont cités en tête d'un chapitre de l'essai de Mary Daly "Beyond God the Father". Si quelqu'un-e à des informations sur cette auteure, ce serait sympathique de les partager dans les commentaires par exemple.

Actualisation : Finalement, Elihah que je remercie, a retrouvé Gail Murray, professeure d'histoire à Rhodes College, Memphis, Tennessee ; elle enseigne, entre autres choses, l'histoire des femmes du Sud des Etats Unis. Elle a publié une collection d'essais sur les femmes blanches du Sud des USA dans le Mouvement des Droits Civiques. Elle a participé de 1968 à 1973 à un journal féministe radical : No more fun and games - A Journal of Female Liberation. Liens en anglais dans les commentaires.

Autre lien : 2008, le krach financier, vous vous souvenez, l'Islande en cessation de paiement au point, pour un islandais en voyage, de ne pas pouvoir retirer un billet dans une banque à l'étranger ? Devant "cette faillite de la gouvernance masculine", l'Islande s'est dotée de femmes au pouvoir, à commencer par sa Première Ministre.
L'Islande tout feu tout femmes -Libération