dimanche 26 février 2012

Guérillères 3


"Dans la légende de Sophie Ménade, il est question d'un verger planté d'arbres de toutes les couleurs. Une femme nue y marche. Son beau corps est noir et brillant. Ses cheveux sont des serpents fins et mobiles qui produisent une musique à chacun de ses mouvements. C'est la chevelure conseillère. On l'appelle ainsi parce qu'elle communique par la bouche de ses cent mille serpents avec la femme porteuse de la chevelure.
Orphée, le serpent préféré de la femme qui marche dans le jardin, sans cesse lui conseille de manger du fruit de l'arbre du milieu du jardin. La femme goûte du fruit de chacun des arbres en demandant à Orphée le serpent comment reconnaître le bon. Il lui est répondu qu'il est étincelant, qu'à le regarder simplement on a la joie au cœur. Ou bien il lui est répondu que, dès qu'elle aura mangé le fruit, sa taille se développera, elle grandira, ses pieds ne quitteront pas le sol tandis que son front touchera les étoiles. Et lui Orphée et les cent mille serpents de sa chevelure s'étendront de part et d'autre de son visage, ils lui feront une couronne brillante, ses yeux deviendront pâles comme des lunes, elle aura la connaissance. Elles alors pressent Sophie Ménade de questions. Sophie Ménade dit que la femme du verger aura la vraie connaissance du mythe solaire que tous les textes ont a dessein obscurci. Elles alors la pressent de questions. Sophie Ménade dit, soleil qui épouvante et ravit / insecte multicolore, chatoyant / tu te consumes dans la mémoire nocturne / sexe qui flamboie / le cercle est ton symbole / de toute éternité tu es / de toute éternité tu seras. Elles, à ces paroles se mettent à danser, en frappant la terre de leurs pieds. Elles commencent une danse circulaire, en battant des mains, en faisant entendre un chant dont il ne sort pas une phrase logique."


















Photo de Monique Wittig en 1964
Copyright : Peinture ci-dessus chez : Woaki

"Elle disent qu'elles ne pourraient pas manger du lièvre du veau ou de l'oiseau, elles disent que des animaux elles ne pourraient pas en manger, mais que de l'homme oui, elles peuvent. Il leur dit en redressant la tête avec orgueil, pauvres malheureuses, si vous le mangez, qui ira travailler dans les champs, qui produira la nourriture les biens de consommation, qui fera des avions, qui les pilotera, qui fournira les spermatozoïdes, qui écrira les livres, qui gouvernera enfin ? Elles alors rient en découvrant leurs dents le plus qu'elles peuvent.

Extraits de Les guérillères Monique Wittig 1969 
Les Éditions de Minuit

mardi 21 février 2012

Women only

Je suis plutôt habituellement une citoyenne du village global à la Mac Luhan et je ne souffre d'aucune crispation identitaire, mais pour une fois, je vais faire une promotion locale, puisqu'il s'agit d'un  festival de femmes artistes chanteuses et musiciennes, et que la programmation me paraît vraiment tentante !
So let's get parochial -soyons clocher : ça se passe à Rennes et Rennes Métropole début mars prochain.

























La bande-annonce avec la désormais traditionnelle faute, c'est Journée Internationale des Femmes qu'il faut entendre - et le site Jazz 35 :



A l'attention des rennaises, il y a toutes sortes de tarifs et quelques concerts gratuits.

Audio : Sunny de Elizabeth Kontomanou, une des artistes du festival : elle parle d'amour, mais dans le genre, c'est inévitable.

mercredi 15 février 2012

Pornographie de la viande... et des concombres ?

Une moisson de publicités aperçues ici ou là sur le Réseau :
La saucisse de Morteau, produit du terroir français, symbole phallique apparemment (quoique 20 centimètres c'est tout de même très exagéré !) fait sa pub : gaudriole et vantardise.

























Un fou de hamburger "Jack in the box" (film en anglais, donc je traduis) annonce à sa mère qu'il va se marier, Maman excitée demande qui est la fille, il répond que ce n'est pas une fille mais du bacon ; voix off  "Si vous aimez le bacon, officialisez ! " Le curé après avoir marié l'homme et son sandwich au bacon (je n'y peux rien, c'est affligeant mais c'est le texte) dit "Vous pouvez maintenant manger la mariée - You may now eat the bride !". Bref, rien que de la consommation consensuelle dans une société de consommation, consommation sexuelle de femmes-objet, et cannibale de femmes-viande. Certains vont encore me dire que c'est marrant, et qu'y voir malice c'est vraiment avoir l'esprit mal tourné et surtout manquer de sens de l'humour ! Je l'admets, voir assimiler femme avec jambon, morceau de cadavre, viande froide et morte, ça m'énerve.



Dans le même ordre d'idée, voici la publicité d'un restaurant québécois pour la Saint-Valentin : Avez-vous déjà choisi votre viande ? (SIC). Avec femme à poil devant une côte de bœuf !
Critique d'un publicitaire et consultant en marketing ICI.


Des féministes espagnoles Ciudad de Mujeres ont lancé une pétition contre le restaurant La Campana qui propose en attraction des femmes pratiquant la lutte dans la boue et le nu intégral pour faire venir les clients.
Pour celleux qui lisent l'espagnol suivre le lien : Denuncia la práctica sexista del restaurante "La Campana" para captar clientes. (Dénoncez les pratiques sexistes du restaurant "La Campana" pour attirer les clients).
L'auteure y dénonce la chosification des femmes, induisant une apologie directe de la violence contre les femmes.

L'industrie publicitaire se renouvelle nettement et sa propagande sexiste se diffuse partout ! L'assommoir culturel et la péjoration des femmes continuent leurs ravages.

Actualisation :  Hélas, les carnistes n'ont pas le monopole du sexisme. Ce billet aussitôt posté, un lien arrive sur mon compte Twitter, lien renvoyant vers l'un des sites de PETA (People for Ethical Treatment of Animals) dont les provocations permanentes sont sensées sensibiliser le public aux souffrances réelles générées par l'exploitation animale et au véganisme ; le film de 36" montrant l'état dans lequel se retrouve une femme après des galipettes sexuelles avec son fiancé devenu vegan est irresponsable de sexisme et contre-productif. Le reste du site est à l'avenant. La cause animale est suffisamment noble pour qu'on change de paradigme ; ce n'est certainement pas en montrant une supposée puissance ou des pulsion sexuelles irrépressibles des hommes décuplée par une alimentation prenant en compte l'exploitation des animaux référents absents dans la viande, en abimant l'image des femmes réceptacle à pulsions, qu'on sert la cause de ceux qui n'ont pas de voix parce qu'ils n'ont pas accès à notre langage ! Je veux croire que le mouvement végétarien et les défenseurs des animaux sont avant tout compatissants, non violents, refusant toute forme d'oppression et d'exploitation au motif de la différence. Illes pensent que le spécisme, le racisme et le sexisme sont de la même essence, car ils stigmatisent la différence. C'est la raison pour laquelle la campagne PETA est irrecevable, choquante et contre-productive. A preuve, cette image qui n'a rien à envier aux précédentes dans l'inacceptable (et la vulgarité).

mercredi 8 février 2012

Le test de Bechdel

Si vous êtes comme moi cinéphiles et que vous pensez que Hollywood nous offre les plus grands metteurs en scène vivants, (je vais aussi voir des films roumains, bulgares, israéliens et palestiniens...), c'est décevant de constater la place qu'il laisse aux femmes et de voir la façon dont elles y sont traitées : en mère de famille-repos du guerrier-gage de stabilité et d'honorabilité, éternelles secondes comme dans Lord of war, ou assurant une présence minimum comme petites amies valorisant les délinquants des films de Scorsese, de Ford Coppola, de Cimino ou de Ferrara ! Tous ces metteurs en scène, c'est vrai, racontent des histoires vraies ou fictionnelles de mauvais garçons : mafieux, délinquants, hommes de main, trafiquants, avocats véreux, et les femmes ne se sont jamais encore rendues coupables de "massacres de la Saint-Valentin" entre gangs de mafieux. Ceci explique peut-être cela ? Et la légende (violente) des hommes prospère-t-elle sur les sagas des Parrains, des Scarface des Baby Face, des Al Capone ?
J'ai trouvé la description de ce test et sa vidéo sur le site espagnol Heroinas, présence active de personnage féminins dans les films. Le blog est espagnol et la vidéo en anglais.



Traduction.
"Le test de Bechdel évalue la présence des femmes dans les films. Son origine vient d'une bande dessinée de 1985 "Dykes to watch out for" d'Alice Bechdel. Voici comment il marche : un film doit répondre à trois questions :
1) Y a -t-il deux femmes ou plus, et ont-elles des noms, 
2) Se parlent-elles entre elles,
3) Parlent-elles entre elles d'autre chose que d'hommes ?
Il est extraordinaire de voir comme les films ne réussissent pas ce test. Ce test ne montre pas s'il s'agit de films féministes ou si ce sont de bons films, il montre juste qu'il y a des femmes dans le film et qu'elles s'engagent sur des sujets autres que le sujet des hommes. Pour prouver que c'est un problème systémique et pas seulement le fait d'un ou deux films par-ci par-là, je vais juste montrer des films qui ne réussissent pas le test."

Suit une série impressionnante de films caricaturaux dont les pires dans le genre sont District 9, Lord of War, Blood diamonds, même Démineurs de Kathryn Bigelow, une metteuse en scène, bref presque toute la production hollywoodienne.

"Il n'y a que quelques films minoritaires qui réussissent le test de Bechdel. Ce que j'appelle un problème systémique, c'est que ce ne sont pas quelques personnes ici ou là qui n'aiment pas les femmes ou ne veulent pas qu'on leur raconte d'histoires de femmes, mais plutôt que l'industrie entière est bâtie sur la création de films qui se nourrissent d'histoires d'hommes ! La prochaine fois que vous allez au cinéma posez-vous ces trois questions : y a-t-il deux ou plusieurs femmes dedans, ont-elles des noms, se parlent-elles entre elles, et parlent-elles d'autres sujets que d'hommes ?".

Lien : Feminist Frequency

Le deuxième film adaptant le premier épisode de la trilogie Millenium de Stieg Larsson, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes (The girl with the dragon tattoo), à propos d'un journaliste engagé pour enquêter sur une disparition familiale, confirme que les femmes et Hollywood c'est une histoire compliquée. Dans Millenium de Larsson, le héros journaliste est vite rattrapé au milieu du premier roman par la vraie héroïne de la trilogie, héroïne cathartique pour Stieg Larsson, témoin impuissant lorsqu'il avait 17 ans d'un viol collectif d'une camarade nommée aussi Lisbeth (lien en anglais) : Lisbeth Salander, le personnage fictif est bisexuelle, asociale car autiste, génie de l'informatique et hackeuse, et surtout vengeresse des malheurs que lui ont causé son père et les différents pères de substitution abuseurs qui lui ont été imposés par la société et un corps médical aveugle. Elle est glamourisée et sexualisée, et finalement désamorcée, affaiblie (less empowered en anglais) dans le film de David Fincher, film par ailleurs illustration plutôt pesante du roman (peut-être non transposable au cinéma), mais surtout trahison de la volonté de l'auteur qui, mort à 50 ans après avoir déposé ses romans chez son éditeur, n'est plus là pour rectifier ni donner son point de vue.  Cette affiche du film en est la caricature.






jeudi 2 février 2012

Mâlebouffe

Euterpe m'a soufflé ce mot-valise, je le réemploie parce que je le trouve bien vu : mâlebouffe, à base de pavés de viande au centre de l'assiette et trois légumes ciselés en décoration autour, perdus sur un étalement de sauce au beurre en dessous, style feue la "nouvelle cuisine" des années 80, comme nous l'a encore montré la nouvelle saison de Topchef ce lundi. Mais ici, il s'agit de hamburgers. Jacques Borel est le promoteur en 1961, en France, de la restauration rapide dite "fast food", en copiant un concept américain. Il a ouvert le marché, et 20 ans plus tard, les chaînes américaines de restauration rapide et pas chère n'ont plus eu qu'à s'installer massivement.

On le voit ci-dessous dans un extrait d'un film qui sort cette semaine et dont Rue89 fait la promotion, film que je n'ai pas encore vu donc je ne vais pas lui faire de procès d'intention, mais j'en ai vu tant d'autres et j'ai peur que le concept de malbouffe (mâlebouffe) dénonce, mais ne propose jamais une (r)évolution dans nos façons de manger.
Vous êtes prévenues, c'est du brut de fonderie :


Le hamburger selon Jacques Borel, extrait de "La... par rue89

Sédentaires, chauffés, travaillant assis devant des écrans ou assistés en permanence par des machines, voyageant en voiture ou transports en commun motorisés, à 7 milliards (chiffre croissant) sur une planète aux ressources inévitablement limitées, on ne peut pas compter sur ces bons apôtres pour nous dire que c'est suicidaire à deux titres au moins :
1) utiliser les terres cultivables pour nourrir des telles quantités d'animaux avec des protéines végétales que nous pouvons manger nous-mêmes, parce que les animaux qui ne mangent et n'existent que pour eux-mêmes sont de mauvais transformateurs, c'est en réalité un gaspillage sans nom,
et 2) que nos modes de vie ayant dramatiquement changé, manger autant de viande et autant de graisses, c'est la porte ouverte à une épidémie planétaire d'obésité et de maladies dites de "civilisation". (Le mot civilisation me fait mourir de rire).
Mais puisque tout ça, c'est au fond "la faute des femmes qui n'ont plus le temps de cuisiner puisqu'elles travaillent" -dans le secteur marchand, sous-entendu : faire à manger pour sa famille n'a jamais été un travail pour Borel et ses semblables, ça compte pour des prunes puisque ce non-travail (selon lui) est inclus gratuitement dans le contrat de mariage !-  je ne crois pas un instant que ces promoteurs de la "bonne-bouffe-des-familles-quand-maman-faisait-la-cuisine-du-ménage" soient des progressistes, ils cherchent juste à préserver leur privilèges de mâles conservateurs. Ça tombe on ne peut mieux en ce moment : il n'y a pas de boulot pour tout le monde dans le secteur marchand ! Aussi bien, le développement du travail marchand des femmes contre salaire, créant de fait un besoin de restauration hors foyer, aurait pu déboucher sur la création de restaurants végétariens en franchise, ou sur une chaîne de sandwicherie végane ? Quelque chose me dit que Monsieur Borel n'y a pas pensé !

Il faut aussi mentionner le malheur animal dans les élevages hors-sol, transportés sur des milliers de kilomètres, puis abattus industriellement par milliards dans des abattoirs, et celui des ouvriers d'abattoirs, sale boulot que plus personne ne veut faire, donc délégué aux moins mobiles et moins diplômés de nos sociétés non solidaires. Quand on est à court de main-d’œuvre, on peut même aller en chercher en Afrique en ventant une intégration effectivement réussie puisque nous allons les chercher au gré des besoins, pour faire les sales boulots dont nous ne voulons plus ! Notez l'indispensable mention du "Père Eternel" et l'allusion au boeuf, en réalité "une vieille vache qui à fait 8 veaux", ce qui est techniquement faux ; elle est essorée et épuisée par les vêlages mais très jeune, car elle part à l'abattoir à 3 ans et demi environ (au bout de 8 vêlages), mais l'espérance de vie d'une vache qui ne serait pas considérée comme un objet industriel à produire du ROI (Return On Investment = retour sur investissement) est d'environ 30 ans !
Tout est relatif, Monsieur Borel.

Liens :
République de la malbouffe  
Le dossier de Rue89
Illustré avec un corps de femme en barquette de viande : mettre un corps d'homme à la place ne leur vient pas plus à l'idée que de proposer des sandwicheries véganes, à ces carnistes.
Bande annonce du film

Liens végétariens :
Végébon
Biogourmand
Mangez végétarien

vendredi 27 janvier 2012

Intermède nunuche

"Oh, my dog !" est le dernier film publicitaire de la marque Longchamp, maroquinier fabriquant de sacs à main moyen/haut de gamme, c'est à dire chers.
J'ai eu, il y a quelques temps maintenant, un professeur de marketing qui enseignait à sa classe qu'il était déconseillé, lors d'une création, de dévaloriser son entreprise ou son produit en lui donnant un nom péjoratif, par exemple "La feuille de Chou" pour un journal d'information, ou "La Tambouille" pour un nom de restaurant. Cela donne au produit ou au service une mauvaise image, et c'est de mauvais augure pour l'avenir de la marque et de l'entreprise. Nous prenions tous des notes, je me souviens, dans un silence studieux.
Apparemment, cela ne s'applique pas à la cliente. La dévaloriser en la faisant passer pour une nunuche promenée par un jeune chien fou doit être la l'exception à la règle. C'est vrai que c'est une femme, la cliente. Donc, elle a (en tous cas, pour les créatifs marketeurs de la marque Longchamp) vocation à être menée par le bout du nez et de la laisse par tout le monde, y compris son chien.



Je vais me permettre un conseil au DirectEUR général de Longchamp : une cliente capable d'aligner 5 biffetons de 100 euros pour acheter ses sacs -en peaux et poils d'animaux-, ça mérite tout de même un peu de
considération non ? En effet, d'après mes recherches un de leurs sacs coûte en moyenne entre 300 euros à plus de 600 euros.

Actualisation : ce film publicitaire ici en version longue, est une succession de plans-séquences, ce qui suggère que la réalisatrice de Oh my dog ! a du talent malgré sa façon de traiter les femmes, traitement préconisé par l'agence de communication en charge du budget de l'annonceur Longchamp ; même si elle n'a pas de sac à main, si c'est beaucoup plus lent, mélancolique et en noir et blanc, il a tout de même, dans la forme, un air du début d'Ascenseur pour l'échafaud de Louis Malle, où on voit Jeanne Moreau errer au petit matin dans Paris, sur le mythique air de Miles Davis.

samedi 21 janvier 2012

Glossaire pour comprendre le sexisme et la misogynie

Je propose la traduction du glossaire paru en anglais dans The Feminist Wire sous la plume de Soraya Chemaly, après qu'un membre du staff de Rick Santorum, un candidat conservateur aux élections primaires US ait dit à haute voix "qu'une femme ne devrait pas être candidate parce c'est contre la volonté de Dieu" (article en anglais) !

Antédiluvien :  appartenant au temps avant l'inondation biblique, le déluge, lorsqu'avaient cours de  ridicules idées dépassées, souvent basées sur des stéréotypes de genre et de race.
Code : Système de mots utilisés pour fausser d'autres mots ou représentations. Par exemple "bréhaigne ménopausée" pour désigner une femme plus âgée, désormais infertile et donc d'aucune utilité pour les hommes ; "hystérique" ou "revendicative" pour désigner une femme qui "asticote" les hommes, ou encore "soixante-huitarde attardée", féministe "aigrie et agressive", pour subvertir l'autorité et l'assertivité des femmes.
Complémentarisme : une vision des rôles de genre prescrits par la bible comme différents mais complémentaires, dans lesquels des obligations sont prescrites aux hommes et des restrictions sont imposées aux femmes.
Domination : Le pouvoir sur autrui.
Droit à une sphère privée : le droit d'être libérée de toute intrusion non sanctionnée.
Droits reproductifs : Droits et libertés légaux liés à la reproduction ou à la santé de la reproduction. Y sont inclus le droit de prendre toute décision concernant la reproduction, libre de toute coercition, violence ou discrimination.
Egalité : Le fait d'être égaux en droits, statuts, pouvoirs, privilèges et opportunités.
Femme : Humain en possession de deux chromosomes X dans le noyau cellulaire et pourvue d'un vagin, d'un utérus et de deux ovaires.
Homophobie : Attitudes négatives, ressenti et actes contre l'homosexualité, les homosexuels et les transgenres. La misogynie, l'homophobie sont des phénomènes basés sur la peur de la dissolution de principes rigides, de stéréotypes de genre qui informent des hiérarchies sexistes et résultent en la péjoration des femmes, de leurs qualités, et le rejet des personnes qui s'identifient à un genre "non-traditionnel".
Logos : Le principe rationnel qui développe et gouverne l'univers. Concerne la définition "Mâle" ci-après.
Maison : Domicile, habitation. Lieu que certains pensent réservé aux femmes, hors de la sphère publique. 
Mâle : Humain portant une paire de chromosomes X et Y dans le noyau cellulaire, et normalement un pénis, un scrotum, des testicules et des poils sur le visage.
Misogynie : La base de l'oppression des femmes dans les sociétés dominées par les hommes. Mickael Flood, sociologue australien la décrit de cette façon : "La misogynie fonctionne comme une idéologie ou un système de croyances... [qui place les] femmes dans une position subordonnée avec accès limité au pouvoir et à la prise de décision". Et cela n'aurait rien à voir avec les hiérarchies religieuses, corporate ou politiques, bandes d'idiots ?
Mythes : Un système sous-jacent de croyances, notamment celles concernées par le surnaturel, caractéristique d'un groupe particulier. Typiquement ancrés dans le passé.
Oppression : Usage prolongé de l'autorité imposant des restrictions injustes sur autrui, comme les tenir sous contrôle par la force.
Oppression des femmes : L'utilisation injuste de l'autorité pour maintenir dans la subordination les personnes pourvues d'un vagin, d'un utérus et d'ovaires.
Paternalisme : Notion interférant avec la liberté, dont l'intention est de démontrer qu'elle est bénéfique pour ceux dont la liberté est sous contrôle.
Patriarcat : Système social dans lequel les mâles sont les figures d'autorité. Typiquement, les pères ont autorité sur les femmes, les enfants, les chiens (qu'ils peuvent attacher sur des capots de voiture par exemple) et la propriété. Rien à voir (non plus bien sûr ?) avec un parlement mâle à 82 %, un sénat à 78 %, les médias à 85 %, ou encore les hommes détenant 90 % des postes dans les administrations des entreprises, ou dans les hiérarchies religieuses (au choix, n'importe laquelle des religions abrahamique) entièrement dominées par les mâles* ?
Patriarche :  Mâle dirigeant d'une maisonnée ou d'une tribu, souvent le plus âgé ou le plus vénéré, comme dans l'expression "les débats ressemblent à un concile de patriarches antédiluviens".
Privé : L'état d'être libre de toute intrusion ou dérangement dans ses affaires privées.
Privilège : Droit ou statut spécial. Par exemple : bénéfices invisibles conférés à un individu par la race, le genre ou l'orientation sexuelle.
Sexisme : Attitude ou comportement basés sur les stéréotypes traditionnels des rôles sexuels. Également, discrimination et dévaluation basées sur le sexe de la personne, comme les restrictions d'opportunités de carrière en entreprise ou en politique, discriminations spécialement dirigées contre les femmes.
Soumission : Acte de soumettre quelqu'un au pouvoir d'autrui. Comme dans "Le Seigneur dit soumets-toi" ; "Femmes, soyez soumises à vos maris".

And last but not least  :

Féminisme : Théorie politique, économique, religieuse et culturelle de l'égalité entre les sexes. Les féministes, hommes et femmes, luttent pour les droits des femmes.

En illustration de tout ce qui précède, cette vidéo du Laboratoire de l'Egalité montre des situations corporate que toutes, nous avons expérimentées d'innombrables fois.
Alors, les femmes, on continue à s'asseoir dessus ?



Laboratoire de l'égalité par laboratoiredelegalite

* J'ai remplacé les chiffres US par les chiffres français.

vendredi 13 janvier 2012

Stéréotypes de genre

A tout saigneur, tout honneur : le carniste viril qui ne mange pas de salade car il est un homme et il a trop faim pour se contenter d'une nourriture de gonzesse : mange comme un homme, homme ! (I am a man and I am way too hungry to settle to chick food : Eat like a man, man !)



Ce film est référencé dans un article du Guardian qui se demande puisque la viande (de boeuf) serait de la nourriture d'hommes, et la salade de la nourriture de femmes, c'est quoi le "régime gay" ? A chaque genre son régime alimentaire, ne pas tout mélanger s'il vous plaît. The "gay diet", ce seraient les sushis, un bon compromis entre le double whopper gras à base de boeuf et le régime végétal-salade féminin, le mâle gay lui mangerait des sushis ! Même si la conclusion adoucit son propos, l'article ne dit pas ce qu'on doit offrir en repas à une lesbienne (c'est vrai quoi, tant qu'on y est) ni par exemple au hasard, à un végétarien mâle (gay ou hétéro, on s'en fiche) qui fait de la soudure ou de l'électronique aux Chantiers de Saint Nazaire ? Sur nos écrans en ce moment, on a les mêmes en France avec la campagne Mac Do sur les big Mac : Mac Farmer et Mac Timber (Mac Fermier contre Mac Bûcheron) où deux super mâles font concours du plus fort et casse-cou. Un bel exemple du genre appliqué à la nourriture comme construction de la différence.

Les agricultrices de Bretagne se sont ouvert une page Facebook : excellente idée car on peut dire qu'elles sont elles aussi invisibles -et extrêmement minoritaires comme cheffes d'exploitation-, mais peut être que ce site est dédié aux femmes d'agriculteurs, ce n'est pas très clair. Leur mur est envahi de rose : logo rose, bottes roses et même un tracteur rose ! Je doute qu'on trouve des tracteurs roses -d'ailleurs si une femme va s'acheter un tracteur chez un distributeur de matériel agricole, je ne suis pas sûre qu'elle ne se fasse pas répondre de revenir "avec son mari" ! Quand aux bottes roses, pas pratique, la bouse de vache doit particulièrement se voir dessus ! J'ai les mêmes en kaki : elles tiennent mieux le coup quand je vais patouiller dans la boue et le fumier. Donc, Mesdames les agricultrices, il n'est pas utile de genrer votre page Facebook en la saturant de rose, assumez-vous, les métiers n'ont pas de genre : vous conduisez des gros tracteurs, vous utilisez des robots de traite ? N'ayez aucun complexe, vous n'avez pas de gages de féminité à donner, soyez vous-mêmes.






































Je l'ai déjà mis en lien dans mon précédent billet, mais comme il me fait toujours mourir de rire, je vous propose le film où on entend Monsieur Normal à propos du gendeur (gender avec l'accent français) trouvé sur Du goudron et des Plumes, site que je vous recommande de mettre dans vos favoris, car son teaser est prometteur :
"A valeurs féodales, supplice médiéval" !


Le gender, une menace ? interview de M. Normal from Du goudron et des plumes on Vimeo.

Actualisation 14/1/12 : LEGO, le génial inventeur de jouets non genrés, puisqu'ils consistaient en blocs plastiques colorés à empiler pour développer la créativité de l'enfant, est contraint de segmenter son marché comme on dit en marketing, pour augmenter ses ventes et renouveler sa gamme. Cela donne des figurines genrées de petites filles qui  rompent avec la neutralité qui caractérisait la marque. A lire chez Ca fait genre - Remettre chacune à sa place et chez Une heure de peine - Le sexisme fait-il vendre ?

dimanche 8 janvier 2012

Trendy : L'homme féministe

L 'homme féministe arrive, il est là, décomplexé, il affiche son féminisme tout neuf. Bonne nouvelle ?

Stade #1 - Le patriarcal incurable calcifié dans les habitudes et les certitudes inébranlables : l'hétérosexualité est "naturelle", les femmes sont "faites pour avoir des enfants" et elles sont inférieures : physiquement et intellectuellement ! La preuve -irréfutable ? "Il n'y a pas de femme philosophe !" (SIC). Notez que c'est le même qui vient nous les briser menu lors des tables d'information sur le végétarisme et nous expliquer que les "animaux sont fait pour être mangés". Inutile de discuter : il ne perçoit jamais les signaux faibles (il n'est pas le seul) et pour lui les choses sont immuables. Cela Est, Immanent, Inquestionnable.
Voici son portrait ICI et ICI (en plus rigolo !).
Stade #2 - Le paternaliste doucereux : il trouve que les femmes "sur un chantier de bâtiment ou de travaux publics, dans la boue, franchement...", et qu'au volant d'un gros camion, "ce n'est vraiment pas féminin". Vous avez beau lui dire que la manutention est faite par des machines, il tient mordicus à son idée de la décence et de la vraie place des fragiles femmes. (Leurs grands-pères partis s'entretuer pendant la 1ère guerre mondiale en laissant les femmes les remplacer aux champs, et dans les usines ne s'étaient curieusement pas inquiétés de savoir si nos manucures tiendraient le coup malgré les dures circonstances !). Pour lui, notre place est plutôt au foyer que dans la politique, et plutôt ayant des enfants "parce que ce n'est que du bonheur" ! Je l'ai entendu plusieurs fois... en entretien d'embauche.
Si vous voulez un aperçu des stupidités qu'il profère, c'est par ICI (attention, ça tache !).
Stade #3 - L'homme féministe. Les femmes hésitent en majorité à se proclamer féministes (en arrière plan, l'image de la mégère poilue qu'on nous a collée) mais certains hommes, plus du tout, tel Jean-Yves Le Drian Président du Conseil Régional Bretagne, ou l'assistant parlementaire de la Députée Danielle Bousquet, ou encore Daniel Mouriès militant à OLF et NPNS qui se revendique féministe radical !

Féministe, épithète plus flatteur pour un homme que pour une femme ? Ou créneau porteur ? Aspirateur à voix lors des élections ? L'adjectif -car du coup, ça devient un adjectif- deviendrait esthétique car c'est un homme qui le porte. La majorité des femmes qui pensent encore que le féminisme désigne des viragos poilues, anti-mecs et désagréables, pourraient se laisser tenter, la parole des hommes est tellement plus puissante et PRESCRIPTRICE que la nôtre. Soucieux de radicalité, ils peuvent même reprocher à des femmes de ne pas être assez féministe selon cet article du Collectif LMSI. Le problème est qu'ils ont démontré avoir une fâcheuse tendance à pervertir le langage, et à s'emparer des idées les plus généreuses pour les mettre au service de leurs intérêts catégoriels étroits. Donc prudence.

Le féminisme est un combat de femmes, personne d'autre que les femmes ne peut le porter. Même si, malgré le backlash que nous pouvons toutes constater, le Jacky hétéro fossilisé fait tache dans une société plus libérale et métrosexuelle, il est hautement improbable que les hommes renoncent aussi facilement à tous leurs privilèges de mâles. Et si certains hommes se rangent à nos côtés, il doivent être nommés pro-féministes. Pour se prétendre pro-féministe, il faut aussi avoir lu les textes féministes, et s'être fait une culture féministe. Il ne faudrait pas que dans le féminisme aussi, les hommes prennent le pouvoir !

Liens :
Le dossier d'EGALITES - Les hommes des féministes comme les autres. (Edit 21/6/13 : Liens vers Egalités-Infos supprimés, le site soit n'existe plus, soit il est en refonte).
Le Blog de Patric Jean
Zero Macho, des hommes contre la prostitution

dimanche 1 janvier 2012

What a wonderful world !


David Attenborough  - Wonderful World - BBC par Spi0n

Quelle magnifique planète ! Pour combien de temps encore ?
Les PIB (Produits Intérieurs Brut : agrégation des richesses produites par un pays) masculins sont basés sur la destruction. La destruction des ressources naturelles, la non prise en compte des services rendus par la nature, ceux rendus par les insectes pollinisateurs très mal en point entre autres..., et le travail non marchand des femmes -élevage des enfants, soins aux âgés, travail domestique gratuit dans le mariage, agriculture vivrière dans les pays en développement- sans parler des "accidents industriels" type Fukushima, tout ceci implique pillage, dégradation de l'environnement et parasitisme.
Les destructions imposées par la nature, comme les inondations, les raz de marée, les tremblements de terre permettent de relancer le bâtiment, de relever les primes d'assurance, donc d'augmenter les chiffres d'affaires des entreprises concernées par le remplacement, les réparations et les remboursements. Les PIB masculins ne font que des additions, jamais de soustractions ! Tout bénef finalement. Cependant, les épisodes météorologiques extrêmes sont, on le sait maintenant, provoqués par les activités humaines et ils seront donc de plus en plus fréquents. Leur impact sera plus dur en fonction de l'ethnie et du genre : ils toucheront et touchent déjà les pays pauvres et les femmes.

"A présent que les meilleures machines ne peuvent qu'exiber les profondeurs béantes de la Terre", 
espérons que nous réussirons à passer "ce funeste tournant"* !
Aussi, je souhaite à tout-e-s, si possible, une excellente année 2012 ! Équité, égalité et justice.

*La citation est tirée du roman Brut de Dalibor Frioux - Editions Seuil.