"Oh, my dog !" est le dernier film publicitaire de la marque Longchamp, maroquinier fabriquant de sacs à main moyen/haut de gamme, c'est à dire chers.
J'ai eu, il y a quelques temps maintenant, un professeur de marketing qui enseignait à sa classe qu'il était déconseillé, lors d'une création, de dévaloriser son entreprise ou son produit en lui donnant un nom péjoratif, par exemple "La feuille de Chou" pour un journal d'information, ou "La Tambouille" pour un nom de restaurant. Cela donne au produit ou au service une mauvaise image, et c'est de mauvais augure pour l'avenir de la marque et de l'entreprise. Nous prenions tous des notes, je me souviens, dans un silence studieux.
Apparemment, cela ne s'applique pas à la cliente. La dévaloriser en la faisant passer pour une nunuche promenée par un jeune chien fou doit être la l'exception à la règle. C'est vrai que c'est une femme, la cliente. Donc, elle a (en tous cas, pour les créatifs marketeurs de la marque Longchamp) vocation à être menée par le bout du nez et de la laisse par tout le monde, y compris son chien.
Je vais me permettre un conseil au DirectEUR général de Longchamp : une cliente capable d'aligner 5 biffetons de 100 euros pour acheter ses sacs -en peaux et poils d'animaux-, ça mérite tout de même un peu de
considération non ? En effet, d'après mes recherches un de leurs sacs coûte en moyenne entre 300 euros à plus de 600 euros.
Actualisation : ce film publicitaire ici en version longue, est une succession de plans-séquences, ce qui suggère que la réalisatrice de Oh my dog ! a du talent malgré sa façon de traiter les femmes, traitement préconisé par l'agence de communication en charge du budget de l'annonceur Longchamp ; même si elle n'a pas de sac à main, si c'est beaucoup plus lent, mélancolique et en noir et blanc, il a tout de même, dans la forme, un air du début d'Ascenseur pour l'échafaud de Louis Malle, où on voit Jeanne Moreau errer au petit matin dans Paris, sur le mythique air de Miles Davis.
vendredi 27 janvier 2012
samedi 21 janvier 2012
Glossaire pour comprendre le sexisme et la misogynie
Je propose la traduction du glossaire paru en anglais dans The Feminist Wire sous la plume de Soraya Chemaly, après qu'un membre du staff de Rick Santorum, un candidat conservateur aux élections primaires US ait dit à haute voix "qu'une femme ne devrait pas être candidate parce c'est contre la volonté de Dieu" (article en anglais) !
Antédiluvien : appartenant au temps avant l'inondation biblique, le déluge, lorsqu'avaient cours de ridicules idées dépassées, souvent basées sur des stéréotypes de genre et de race.
Code : Système de mots utilisés pour fausser d'autres mots ou représentations. Par exemple "bréhaigne ménopausée" pour désigner une femme plus âgée, désormais infertile et donc d'aucune utilité pour les hommes ; "hystérique" ou "revendicative" pour désigner une femme qui "asticote" les hommes, ou encore "soixante-huitarde attardée", féministe "aigrie et agressive", pour subvertir l'autorité et l'assertivité des femmes.
Complémentarisme : une vision des rôles de genre prescrits par la bible comme différents mais complémentaires, dans lesquels des obligations sont prescrites aux hommes et des restrictions sont imposées aux femmes.
Domination : Le pouvoir sur autrui.
Droit à une sphère privée : le droit d'être libérée de toute intrusion non sanctionnée.
Droits reproductifs : Droits et libertés légaux liés à la reproduction ou à la santé de la reproduction. Y sont inclus le droit de prendre toute décision concernant la reproduction, libre de toute coercition, violence ou discrimination.
Egalité : Le fait d'être égaux en droits, statuts, pouvoirs, privilèges et opportunités.
Femme : Humain en possession de deux chromosomes X dans le noyau cellulaire et pourvue d'un vagin, d'un utérus et de deux ovaires.
Homophobie : Attitudes négatives, ressenti et actes contre l'homosexualité, les homosexuels et les transgenres. La misogynie, l'homophobie sont des phénomènes basés sur la peur de la dissolution de principes rigides, de stéréotypes de genre qui informent des hiérarchies sexistes et résultent en la péjoration des femmes, de leurs qualités, et le rejet des personnes qui s'identifient à un genre "non-traditionnel".
Logos : Le principe rationnel qui développe et gouverne l'univers. Concerne la définition "Mâle" ci-après.
Maison : Domicile, habitation. Lieu que certains pensent réservé aux femmes, hors de la sphère publique.
Mâle : Humain portant une paire de chromosomes X et Y dans le noyau cellulaire, et normalement un pénis, un scrotum, des testicules et des poils sur le visage.
Misogynie : La base de l'oppression des femmes dans les sociétés dominées par les hommes. Mickael Flood, sociologue australien la décrit de cette façon : "La misogynie fonctionne comme une idéologie ou un système de croyances... [qui place les] femmes dans une position subordonnée avec accès limité au pouvoir et à la prise de décision". Et cela n'aurait rien à voir avec les hiérarchies religieuses, corporate ou politiques, bandes d'idiots ?
Mythes : Un système sous-jacent de croyances, notamment celles concernées par le surnaturel, caractéristique d'un groupe particulier. Typiquement ancrés dans le passé.
Oppression : Usage prolongé de l'autorité imposant des restrictions injustes sur autrui, comme les tenir sous contrôle par la force.
Oppression des femmes : L'utilisation injuste de l'autorité pour maintenir dans la subordination les personnes pourvues d'un vagin, d'un utérus et d'ovaires.
Paternalisme : Notion interférant avec la liberté, dont l'intention est de démontrer qu'elle est bénéfique pour ceux dont la liberté est sous contrôle.
Patriarcat : Système social dans lequel les mâles sont les figures d'autorité. Typiquement, les pères ont autorité sur les femmes, les enfants, les chiens (qu'ils peuvent attacher sur des capots de voiture par exemple) et la propriété. Rien à voir (non plus bien sûr ?) avec un parlement mâle à 82 %, un sénat à 78 %, les médias à 85 %, ou encore les hommes détenant 90 % des postes dans les administrations des entreprises, ou dans les hiérarchies religieuses (au choix, n'importe laquelle des religions abrahamique) entièrement dominées par les mâles* ?
Patriarche : Mâle dirigeant d'une maisonnée ou d'une tribu, souvent le plus âgé ou le plus vénéré, comme dans l'expression "les débats ressemblent à un concile de patriarches antédiluviens".
Privé : L'état d'être libre de toute intrusion ou dérangement dans ses affaires privées.
Privilège : Droit ou statut spécial. Par exemple : bénéfices invisibles conférés à un individu par la race, le genre ou l'orientation sexuelle.
Sexisme : Attitude ou comportement basés sur les stéréotypes traditionnels des rôles sexuels. Également, discrimination et dévaluation basées sur le sexe de la personne, comme les restrictions d'opportunités de carrière en entreprise ou en politique, discriminations spécialement dirigées contre les femmes.
Soumission : Acte de soumettre quelqu'un au pouvoir d'autrui. Comme dans "Le Seigneur dit soumets-toi" ; "Femmes, soyez soumises à vos maris".
And last but not least :
Féminisme : Théorie politique, économique, religieuse et culturelle de l'égalité entre les sexes. Les féministes, hommes et femmes, luttent pour les droits des femmes.
En illustration de tout ce qui précède, cette vidéo du Laboratoire de l'Egalité montre des situations corporate que toutes, nous avons expérimentées d'innombrables fois.
Alors, les femmes, on continue à s'asseoir dessus ?
Laboratoire de l'égalité par laboratoiredelegalite
* J'ai remplacé les chiffres US par les chiffres français.
Antédiluvien : appartenant au temps avant l'inondation biblique, le déluge, lorsqu'avaient cours de ridicules idées dépassées, souvent basées sur des stéréotypes de genre et de race.
Code : Système de mots utilisés pour fausser d'autres mots ou représentations. Par exemple "bréhaigne ménopausée" pour désigner une femme plus âgée, désormais infertile et donc d'aucune utilité pour les hommes ; "hystérique" ou "revendicative" pour désigner une femme qui "asticote" les hommes, ou encore "soixante-huitarde attardée", féministe "aigrie et agressive", pour subvertir l'autorité et l'assertivité des femmes.
Complémentarisme : une vision des rôles de genre prescrits par la bible comme différents mais complémentaires, dans lesquels des obligations sont prescrites aux hommes et des restrictions sont imposées aux femmes.
Domination : Le pouvoir sur autrui.
Droit à une sphère privée : le droit d'être libérée de toute intrusion non sanctionnée.
Droits reproductifs : Droits et libertés légaux liés à la reproduction ou à la santé de la reproduction. Y sont inclus le droit de prendre toute décision concernant la reproduction, libre de toute coercition, violence ou discrimination.
Egalité : Le fait d'être égaux en droits, statuts, pouvoirs, privilèges et opportunités.
Femme : Humain en possession de deux chromosomes X dans le noyau cellulaire et pourvue d'un vagin, d'un utérus et de deux ovaires.
Homophobie : Attitudes négatives, ressenti et actes contre l'homosexualité, les homosexuels et les transgenres. La misogynie, l'homophobie sont des phénomènes basés sur la peur de la dissolution de principes rigides, de stéréotypes de genre qui informent des hiérarchies sexistes et résultent en la péjoration des femmes, de leurs qualités, et le rejet des personnes qui s'identifient à un genre "non-traditionnel".
Logos : Le principe rationnel qui développe et gouverne l'univers. Concerne la définition "Mâle" ci-après.
Maison : Domicile, habitation. Lieu que certains pensent réservé aux femmes, hors de la sphère publique.
Mâle : Humain portant une paire de chromosomes X et Y dans le noyau cellulaire, et normalement un pénis, un scrotum, des testicules et des poils sur le visage.
Misogynie : La base de l'oppression des femmes dans les sociétés dominées par les hommes. Mickael Flood, sociologue australien la décrit de cette façon : "La misogynie fonctionne comme une idéologie ou un système de croyances... [qui place les] femmes dans une position subordonnée avec accès limité au pouvoir et à la prise de décision". Et cela n'aurait rien à voir avec les hiérarchies religieuses, corporate ou politiques, bandes d'idiots ?
Mythes : Un système sous-jacent de croyances, notamment celles concernées par le surnaturel, caractéristique d'un groupe particulier. Typiquement ancrés dans le passé.
Oppression : Usage prolongé de l'autorité imposant des restrictions injustes sur autrui, comme les tenir sous contrôle par la force.
Oppression des femmes : L'utilisation injuste de l'autorité pour maintenir dans la subordination les personnes pourvues d'un vagin, d'un utérus et d'ovaires.
Paternalisme : Notion interférant avec la liberté, dont l'intention est de démontrer qu'elle est bénéfique pour ceux dont la liberté est sous contrôle.
Patriarcat : Système social dans lequel les mâles sont les figures d'autorité. Typiquement, les pères ont autorité sur les femmes, les enfants, les chiens (qu'ils peuvent attacher sur des capots de voiture par exemple) et la propriété. Rien à voir (non plus bien sûr ?) avec un parlement mâle à 82 %, un sénat à 78 %, les médias à 85 %, ou encore les hommes détenant 90 % des postes dans les administrations des entreprises, ou dans les hiérarchies religieuses (au choix, n'importe laquelle des religions abrahamique) entièrement dominées par les mâles* ?
Patriarche : Mâle dirigeant d'une maisonnée ou d'une tribu, souvent le plus âgé ou le plus vénéré, comme dans l'expression "les débats ressemblent à un concile de patriarches antédiluviens".
Privé : L'état d'être libre de toute intrusion ou dérangement dans ses affaires privées.
Privilège : Droit ou statut spécial. Par exemple : bénéfices invisibles conférés à un individu par la race, le genre ou l'orientation sexuelle.
Sexisme : Attitude ou comportement basés sur les stéréotypes traditionnels des rôles sexuels. Également, discrimination et dévaluation basées sur le sexe de la personne, comme les restrictions d'opportunités de carrière en entreprise ou en politique, discriminations spécialement dirigées contre les femmes.
Soumission : Acte de soumettre quelqu'un au pouvoir d'autrui. Comme dans "Le Seigneur dit soumets-toi" ; "Femmes, soyez soumises à vos maris".
And last but not least :
Féminisme : Théorie politique, économique, religieuse et culturelle de l'égalité entre les sexes. Les féministes, hommes et femmes, luttent pour les droits des femmes.
En illustration de tout ce qui précède, cette vidéo du Laboratoire de l'Egalité montre des situations corporate que toutes, nous avons expérimentées d'innombrables fois.
Alors, les femmes, on continue à s'asseoir dessus ?
Laboratoire de l'égalité par laboratoiredelegalite
* J'ai remplacé les chiffres US par les chiffres français.
vendredi 13 janvier 2012
Stéréotypes de genre
A tout saigneur, tout honneur : le carniste viril qui ne mange pas de salade car il est un homme et il a trop faim pour se contenter d'une nourriture de gonzesse : mange comme un homme, homme ! (I am a man and I am way too hungry to settle to chick food : Eat like a man, man !)
Ce film est référencé dans un article du Guardian qui se demande puisque la viande (de boeuf) serait de la nourriture d'hommes, et la salade de la nourriture de femmes, c'est quoi le "régime gay" ? A chaque genre son régime alimentaire, ne pas tout mélanger s'il vous plaît. The "gay diet", ce seraient les sushis, un bon compromis entre le double whopper gras à base de boeuf et le régime végétal-salade féminin, le mâle gay lui mangerait des sushis ! Même si la conclusion adoucit son propos, l'article ne dit pas ce qu'on doit offrir en repas à une lesbienne (c'est vrai quoi, tant qu'on y est) ni par exemple au hasard, à un végétarien mâle (gay ou hétéro, on s'en fiche) qui fait de la soudure ou de l'électronique aux Chantiers de Saint Nazaire ? Sur nos écrans en ce moment, on a les mêmes en France avec la campagne Mac Do sur les big Mac : Mac Farmer et Mac Timber (Mac Fermier contre Mac Bûcheron) où deux super mâles font concours du plus fort et casse-cou. Un bel exemple du genre appliqué à la nourriture comme construction de la différence.
Les agricultrices de Bretagne se sont ouvert une page Facebook : excellente idée car on peut dire qu'elles sont elles aussi invisibles -et extrêmement minoritaires comme cheffes d'exploitation-, mais peut être que ce site est dédié aux femmes d'agriculteurs, ce n'est pas très clair. Leur mur est envahi de rose : logo rose, bottes roses et même un tracteur rose ! Je doute qu'on trouve des tracteurs roses -d'ailleurs si une femme va s'acheter un tracteur chez un distributeur de matériel agricole, je ne suis pas sûre qu'elle ne se fasse pas répondre de revenir "avec son mari" ! Quand aux bottes roses, pas pratique, la bouse de vache doit particulièrement se voir dessus ! J'ai les mêmes en kaki : elles tiennent mieux le coup quand je vais patouiller dans la boue et le fumier. Donc, Mesdames les agricultrices, il n'est pas utile de genrer votre page Facebook en la saturant de rose, assumez-vous, les métiers n'ont pas de genre : vous conduisez des gros tracteurs, vous utilisez des robots de traite ? N'ayez aucun complexe, vous n'avez pas de gages de féminité à donner, soyez vous-mêmes.
Je l'ai déjà mis en lien dans mon précédent billet, mais comme il me fait toujours mourir de rire, je vous propose le film où on entend Monsieur Normal à propos du gendeur (gender avec l'accent français) trouvé sur Du goudron et des Plumes, site que je vous recommande de mettre dans vos favoris, car son teaser est prometteur :
"A valeurs féodales, supplice médiéval" !
Le gender, une menace ? interview de M. Normal from Du goudron et des plumes on Vimeo.
Actualisation 14/1/12 : LEGO, le génial inventeur de jouets non genrés, puisqu'ils consistaient en blocs plastiques colorés à empiler pour développer la créativité de l'enfant, est contraint de segmenter son marché comme on dit en marketing, pour augmenter ses ventes et renouveler sa gamme. Cela donne des figurines genrées de petites filles qui rompent avec la neutralité qui caractérisait la marque. A lire chez Ca fait genre - Remettre chacune à sa place et chez Une heure de peine - Le sexisme fait-il vendre ?
Ce film est référencé dans un article du Guardian qui se demande puisque la viande (de boeuf) serait de la nourriture d'hommes, et la salade de la nourriture de femmes, c'est quoi le "régime gay" ? A chaque genre son régime alimentaire, ne pas tout mélanger s'il vous plaît. The "gay diet", ce seraient les sushis, un bon compromis entre le double whopper gras à base de boeuf et le régime végétal-salade féminin, le mâle gay lui mangerait des sushis ! Même si la conclusion adoucit son propos, l'article ne dit pas ce qu'on doit offrir en repas à une lesbienne (c'est vrai quoi, tant qu'on y est) ni par exemple au hasard, à un végétarien mâle (gay ou hétéro, on s'en fiche) qui fait de la soudure ou de l'électronique aux Chantiers de Saint Nazaire ? Sur nos écrans en ce moment, on a les mêmes en France avec la campagne Mac Do sur les big Mac : Mac Farmer et Mac Timber (Mac Fermier contre Mac Bûcheron) où deux super mâles font concours du plus fort et casse-cou. Un bel exemple du genre appliqué à la nourriture comme construction de la différence.
Les agricultrices de Bretagne se sont ouvert une page Facebook : excellente idée car on peut dire qu'elles sont elles aussi invisibles -et extrêmement minoritaires comme cheffes d'exploitation-, mais peut être que ce site est dédié aux femmes d'agriculteurs, ce n'est pas très clair. Leur mur est envahi de rose : logo rose, bottes roses et même un tracteur rose ! Je doute qu'on trouve des tracteurs roses -d'ailleurs si une femme va s'acheter un tracteur chez un distributeur de matériel agricole, je ne suis pas sûre qu'elle ne se fasse pas répondre de revenir "avec son mari" ! Quand aux bottes roses, pas pratique, la bouse de vache doit particulièrement se voir dessus ! J'ai les mêmes en kaki : elles tiennent mieux le coup quand je vais patouiller dans la boue et le fumier. Donc, Mesdames les agricultrices, il n'est pas utile de genrer votre page Facebook en la saturant de rose, assumez-vous, les métiers n'ont pas de genre : vous conduisez des gros tracteurs, vous utilisez des robots de traite ? N'ayez aucun complexe, vous n'avez pas de gages de féminité à donner, soyez vous-mêmes.
Je l'ai déjà mis en lien dans mon précédent billet, mais comme il me fait toujours mourir de rire, je vous propose le film où on entend Monsieur Normal à propos du gendeur (gender avec l'accent français) trouvé sur Du goudron et des Plumes, site que je vous recommande de mettre dans vos favoris, car son teaser est prometteur :
"A valeurs féodales, supplice médiéval" !
Le gender, une menace ? interview de M. Normal from Du goudron et des plumes on Vimeo.
Actualisation 14/1/12 : LEGO, le génial inventeur de jouets non genrés, puisqu'ils consistaient en blocs plastiques colorés à empiler pour développer la créativité de l'enfant, est contraint de segmenter son marché comme on dit en marketing, pour augmenter ses ventes et renouveler sa gamme. Cela donne des figurines genrées de petites filles qui rompent avec la neutralité qui caractérisait la marque. A lire chez Ca fait genre - Remettre chacune à sa place et chez Une heure de peine - Le sexisme fait-il vendre ?
dimanche 8 janvier 2012
Trendy : L'homme féministe
L 'homme féministe arrive, il est là, décomplexé, il affiche son féminisme tout neuf. Bonne nouvelle ?
Stade #1 - Le patriarcal incurable calcifié dans les habitudes et les certitudes inébranlables : l'hétérosexualité est "naturelle", les femmes sont "faites pour avoir des enfants" et elles sont inférieures : physiquement et intellectuellement ! La preuve -irréfutable ? "Il n'y a pas de femme philosophe !" (SIC). Notez que c'est le même qui vient nous les briser menu lors des tables d'information sur le végétarisme et nous expliquer que les "animaux sont fait pour être mangés". Inutile de discuter : il ne perçoit jamais les signaux faibles (il n'est pas le seul) et pour lui les choses sont immuables. Cela Est, Immanent, Inquestionnable.
Voici son portrait ICI et ICI (en plus rigolo !).
Stade #2 - Le paternaliste doucereux : il trouve que les femmes "sur un chantier de bâtiment ou de travaux publics, dans la boue, franchement...", et qu'au volant d'un gros camion, "ce n'est vraiment pas féminin". Vous avez beau lui dire que la manutention est faite par des machines, il tient mordicus à son idée de la décence et de la vraie place des fragiles femmes. (Leurs grands-pères partis s'entretuer pendant la 1ère guerre mondiale en laissant les femmes les remplacer aux champs, et dans les usines ne s'étaient curieusement pas inquiétés de savoir si nos manucures tiendraient le coup malgré les dures circonstances !). Pour lui, notre place est plutôt au foyer que dans la politique, et plutôt ayant des enfants "parce que ce n'est que du bonheur" ! Je l'ai entendu plusieurs fois... en entretien d'embauche.
Si vous voulez un aperçu des stupidités qu'il profère, c'est par ICI (attention, ça tache !).
Stade #3 - L'homme féministe. Les femmes hésitent en majorité à se proclamer féministes (en arrière plan, l'image de la mégère poilue qu'on nous a collée) mais certains hommes, plus du tout, tel Jean-Yves Le Drian Président du Conseil Régional Bretagne, ou l'assistant parlementaire de la Députée Danielle Bousquet, ou encore Daniel Mouriès militant à OLF et NPNS qui se revendique féministe radical !
Féministe, épithète plus flatteur pour un homme que pour une femme ? Ou créneau porteur ? Aspirateur à voix lors des élections ? L'adjectif -car du coup, ça devient un adjectif- deviendrait esthétique car c'est un homme qui le porte. La majorité des femmes qui pensent encore que le féminisme désigne des viragos poilues, anti-mecs et désagréables, pourraient se laisser tenter, la parole des hommes est tellement plus puissante et PRESCRIPTRICE que la nôtre. Soucieux de radicalité, ils peuvent même reprocher à des femmes de ne pas être assez féministe selon cet article du Collectif LMSI. Le problème est qu'ils ont démontré avoir une fâcheuse tendance à pervertir le langage, et à s'emparer des idées les plus généreuses pour les mettre au service de leurs intérêts catégoriels étroits. Donc prudence.
Le féminisme est un combat de femmes, personne d'autre que les femmes ne peut le porter. Même si, malgré le backlash que nous pouvons toutes constater, le Jacky hétéro fossilisé fait tache dans une société plus libérale et métrosexuelle, il est hautement improbable que les hommes renoncent aussi facilement à tous leurs privilèges de mâles. Et si certains hommes se rangent à nos côtés, il doivent être nommés pro-féministes. Pour se prétendre pro-féministe, il faut aussi avoir lu les textes féministes, et s'être fait une culture féministe. Il ne faudrait pas que dans le féminisme aussi, les hommes prennent le pouvoir !
Liens :
Le dossier d'EGALITES - Les hommes des féministes comme les autres. (Edit 21/6/13 : Liens vers Egalités-Infos supprimés, le site soit n'existe plus, soit il est en refonte).
Le Blog de Patric Jean
Zero Macho, des hommes contre la prostitution
Stade #1 - Le patriarcal incurable calcifié dans les habitudes et les certitudes inébranlables : l'hétérosexualité est "naturelle", les femmes sont "faites pour avoir des enfants" et elles sont inférieures : physiquement et intellectuellement ! La preuve -irréfutable ? "Il n'y a pas de femme philosophe !" (SIC). Notez que c'est le même qui vient nous les briser menu lors des tables d'information sur le végétarisme et nous expliquer que les "animaux sont fait pour être mangés". Inutile de discuter : il ne perçoit jamais les signaux faibles (il n'est pas le seul) et pour lui les choses sont immuables. Cela Est, Immanent, Inquestionnable.
Voici son portrait ICI et ICI (en plus rigolo !).
Stade #2 - Le paternaliste doucereux : il trouve que les femmes "sur un chantier de bâtiment ou de travaux publics, dans la boue, franchement...", et qu'au volant d'un gros camion, "ce n'est vraiment pas féminin". Vous avez beau lui dire que la manutention est faite par des machines, il tient mordicus à son idée de la décence et de la vraie place des fragiles femmes. (Leurs grands-pères partis s'entretuer pendant la 1ère guerre mondiale en laissant les femmes les remplacer aux champs, et dans les usines ne s'étaient curieusement pas inquiétés de savoir si nos manucures tiendraient le coup malgré les dures circonstances !). Pour lui, notre place est plutôt au foyer que dans la politique, et plutôt ayant des enfants "parce que ce n'est que du bonheur" ! Je l'ai entendu plusieurs fois... en entretien d'embauche.
Si vous voulez un aperçu des stupidités qu'il profère, c'est par ICI (attention, ça tache !).
Stade #3 - L'homme féministe. Les femmes hésitent en majorité à se proclamer féministes (en arrière plan, l'image de la mégère poilue qu'on nous a collée) mais certains hommes, plus du tout, tel Jean-Yves Le Drian Président du Conseil Régional Bretagne, ou l'assistant parlementaire de la Députée Danielle Bousquet, ou encore Daniel Mouriès militant à OLF et NPNS qui se revendique féministe radical !
Féministe, épithète plus flatteur pour un homme que pour une femme ? Ou créneau porteur ? Aspirateur à voix lors des élections ? L'adjectif -car du coup, ça devient un adjectif- deviendrait esthétique car c'est un homme qui le porte. La majorité des femmes qui pensent encore que le féminisme désigne des viragos poilues, anti-mecs et désagréables, pourraient se laisser tenter, la parole des hommes est tellement plus puissante et PRESCRIPTRICE que la nôtre. Soucieux de radicalité, ils peuvent même reprocher à des femmes de ne pas être assez féministe selon cet article du Collectif LMSI. Le problème est qu'ils ont démontré avoir une fâcheuse tendance à pervertir le langage, et à s'emparer des idées les plus généreuses pour les mettre au service de leurs intérêts catégoriels étroits. Donc prudence.
Le féminisme est un combat de femmes, personne d'autre que les femmes ne peut le porter. Même si, malgré le backlash que nous pouvons toutes constater, le Jacky hétéro fossilisé fait tache dans une société plus libérale et métrosexuelle, il est hautement improbable que les hommes renoncent aussi facilement à tous leurs privilèges de mâles. Et si certains hommes se rangent à nos côtés, il doivent être nommés pro-féministes. Pour se prétendre pro-féministe, il faut aussi avoir lu les textes féministes, et s'être fait une culture féministe. Il ne faudrait pas que dans le féminisme aussi, les hommes prennent le pouvoir !
Liens :
Le dossier d'EGALITES - Les hommes des féministes comme les autres. (Edit 21/6/13 : Liens vers Egalités-Infos supprimés, le site soit n'existe plus, soit il est en refonte).
Le Blog de Patric Jean
Zero Macho, des hommes contre la prostitution
dimanche 1 janvier 2012
What a wonderful world !
David Attenborough - Wonderful World - BBC par Spi0n
Quelle magnifique planète ! Pour combien de temps encore ?
Les PIB (Produits Intérieurs Brut : agrégation des richesses produites par un pays) masculins sont basés sur la destruction. La destruction des ressources naturelles, la non prise en compte des services rendus par la nature, ceux rendus par les insectes pollinisateurs très mal en point entre autres..., et le travail non marchand des femmes -élevage des enfants, soins aux âgés, travail domestique gratuit dans le mariage, agriculture vivrière dans les pays en développement- sans parler des "accidents industriels" type Fukushima, tout ceci implique pillage, dégradation de l'environnement et parasitisme.
Les destructions imposées par la nature, comme les inondations, les raz de marée, les tremblements de terre permettent de relancer le bâtiment, de relever les primes d'assurance, donc d'augmenter les chiffres d'affaires des entreprises concernées par le remplacement, les réparations et les remboursements. Les PIB masculins ne font que des additions, jamais de soustractions ! Tout bénef finalement. Cependant, les épisodes météorologiques extrêmes sont, on le sait maintenant, provoqués par les activités humaines et ils seront donc de plus en plus fréquents. Leur impact sera plus dur en fonction de l'ethnie et du genre : ils toucheront et touchent déjà les pays pauvres et les femmes.
"A présent que les meilleures machines ne peuvent qu'exiber les profondeurs béantes de la Terre",
espérons que nous réussirons à passer "ce funeste tournant"* !
Aussi, je souhaite à tout-e-s, si possible, une excellente année 2012 ! Équité, égalité et justice.
*La citation est tirée du roman Brut de Dalibor Frioux - Editions Seuil.
dimanche 25 décembre 2011
Le pouvoir de nommer : le nommer faux
"If God is male, then male is God"
Mary Daly
(Si Dieu est mâle, alors, le mâle est Dieu).
"Le mythe de la Chute peut être envisagé comme le prototype du nommer faux. Elizabeth Cady Stanton a vu juste en montrant le rôle clé du mythe du mal féminin comme fondement de la structure entière de l'idéologie phallique chrétienne. Comme je l'ai indiqué le mythe prend des proportions cosmiques puisque le point de vue mâle se métamorphose en point de vue de Dieu. Cela aboutit à un nommer faux cosmique. Il nomme faussement le mystère du mal, le jetant dans le moule déformé du mythe du mal incarné en femme. De sorte que les images et les concepts du mal sont rejetés hors de vue et ses implications profondes ne sont pas réellement confrontées. Ce colossal nommer faux du mal implique le nommer faux des femmes, des hommes et du bien. La conséquence de cette dislocation du mystère du mal a été la dislocation de la "solution" chrétienne, point que je développerai dans un prochain chapitre. A partir de l'émergence de la conscience des femmes, on réalise que la controverse sur le basique nommer faux patriarcal du mal doit venir en priorité des femmes. En nous délogeant nous-mêmes du rôle de "l'Autre", en disant intérieurement et extérieurement nos propres noms, nous les femmes en extrayons le mystère du mal, de son contexte faux, et ainsi ouvrons-nous la voie à voir et nommer de façon plus adéquate le Mal.
En tant qu'êtres contradictoires et divisés, les opprimés n'appréhendent pas entièrement le fait paralysant que l'oppresseur ayant envahi la psyché de ses victimes, il existe maintenant en elles. Ils sont pris dans un comportement d'auto-reniement.
Ce problème qui a été perçu comme le dilemme de tous les groupes opprimés, est plus tragiquement encore le cas des femmes, êtres divisés par excellence*. [....] Ayant été séparées de leur moi, les femmes veulent parler mais elles restent silencieuses. Leur désir d'action est globalement réduit à agir par procuration à travers les hommes. A la place de vivre leur propre dynamique, les femmes sont submergées de rôles supposés plaire aux mâles. Quand une rebelle essaie de montrer son identité, c'est à dire créer sa propre image, elle s'expose à une existence menacée dans une société sexiste. C'est en partie pourquoi les hommes et les femmes s'identifient aux objectifs d'un groupe supérieur, et voient les femmes rebelles comme "l'ennemi". Il est aussi possible qu'en attaquant la rebelle, les femmes attaquent aussi les hommes, au sens où la rebelle est la victime par procuration, objet plus vulnérable d'un ressentiment réprimé. Il semble qu'une société sexiste génère une instabilité chronique à localiser le problème, à appréhender les causes de la destruction. La religion patriarcale ajoute au problème en intensifiant le process à travers lequel les femmes intériorisent la conscience de l'oppresseur. Le jugement des mâles ayant été métamorphosé en jugement de Dieu, le devoir religieux des femmes est d'accepter le fardeau de la culpabilité, puisqu'elles se voient à travers les yeux du chauvinisme mâle. Le process d'intériorisation de ces images ne s'arrête pas à l'exigence religieuse. Il semble bien que conditionnées à se voir "mauvaises" ou "malades", elles le deviennent réellement. Les femmes assignées à vivre le rôle abject assigné au sexe femelle paraissent réellement "mériter" le mépris accumulé sur le deuxième sexe.
LE "PECHE ORIGINEL" DES FEMMES
[...] Quand j'écris sur la complicité des femmes, je veux dire complicité qui a été dans une large mesure, imposée par le conditionnement. L'expression "péché originel" est alors détournée de son contexte sémantique originel. Le nouveau sens retient la connotation d'un défaut hérité. Cependant, on comprend que le "péché" est hérité à travers un processus de socialisation, c'est le fardeau d'un être condamné à vivre le rôle de "l'Autre". La faute ne doit pas être vue comme existant en premier dans les individus victimisés, mais plutôt dans les structures démoniaques du pouvoir qui induit les individus à intérioriser de fausses identités."
Mary Daly - Beyond God the Father (non traduit en français).
Mary Daly est une féministe, philosophe et théologienne américaine (1928 - 2010)
* En français dans le texte
"Enlevez le serpent, l'arbre fruitier et la femme du tableau, et vous n'avez pas de Chute, pas de Juge sourcilleux, pas d'enfer, pas de punition éternelle, - donc pas besoin d'un Sauveur. Ainsi tombe le fondement de toute la Théologie chrétienne. C'est la raison pour laquelle dans toutes les recherches bibliques, ses commentaires et critiques, les savants ne s'attaquent jamais à la position des femmes."
Elizabeth Cady Stanton
Mary Daly
(Si Dieu est mâle, alors, le mâle est Dieu).
"Le mythe de la Chute peut être envisagé comme le prototype du nommer faux. Elizabeth Cady Stanton a vu juste en montrant le rôle clé du mythe du mal féminin comme fondement de la structure entière de l'idéologie phallique chrétienne. Comme je l'ai indiqué le mythe prend des proportions cosmiques puisque le point de vue mâle se métamorphose en point de vue de Dieu. Cela aboutit à un nommer faux cosmique. Il nomme faussement le mystère du mal, le jetant dans le moule déformé du mythe du mal incarné en femme. De sorte que les images et les concepts du mal sont rejetés hors de vue et ses implications profondes ne sont pas réellement confrontées. Ce colossal nommer faux du mal implique le nommer faux des femmes, des hommes et du bien. La conséquence de cette dislocation du mystère du mal a été la dislocation de la "solution" chrétienne, point que je développerai dans un prochain chapitre. A partir de l'émergence de la conscience des femmes, on réalise que la controverse sur le basique nommer faux patriarcal du mal doit venir en priorité des femmes. En nous délogeant nous-mêmes du rôle de "l'Autre", en disant intérieurement et extérieurement nos propres noms, nous les femmes en extrayons le mystère du mal, de son contexte faux, et ainsi ouvrons-nous la voie à voir et nommer de façon plus adéquate le Mal.
LES EFFETS DU MYTHE
Comme le dit un auteur : "La chute de l'homme devrait plutôt être appelée la chute de la femme, car une fois de plus, le deuxième sexe est blâmé pour tout le mal dans le monde. L'attitude négative des mâles est dirigée contre les femmes. Clairement ceci est le climat psychologique qui a engendré le mythe et l'a maintenu crédible. Il y a plus cependant : le mythe a légitimé non seulement la haine de soi des hommes, extériorisée et dirigée contre les femmes, mais aussi une haine de soi intériorisée par les femmes. Aussi longtemps que le mythe du mal incarné en femme dominera la conscience humaine et ses arrangements sociaux, il permettra la victimisation des femmes, à la fois par les hommes et par les femmes. Il est maintenant reconnu que ce qui caractérise un groupe opprimé, c'est que ses membres souffrent d'une conscience divisée. Freire décrit ce phénomène :
Les opprimés souffrent de la dualité installée dans leur être intime. Ils découvrent que sans liberté, ils ne peuvent vivre authentiquement. Cependant, bien qu'ils aspirent à une existence authentique, ils la craignent. Ils sont en même temps eux-mêmes et en accord avec l'oppresseur dont ils ont intériorisé la conscience.
Ce problème qui a été perçu comme le dilemme de tous les groupes opprimés, est plus tragiquement encore le cas des femmes, êtres divisés par excellence*. [....] Ayant été séparées de leur moi, les femmes veulent parler mais elles restent silencieuses. Leur désir d'action est globalement réduit à agir par procuration à travers les hommes. A la place de vivre leur propre dynamique, les femmes sont submergées de rôles supposés plaire aux mâles. Quand une rebelle essaie de montrer son identité, c'est à dire créer sa propre image, elle s'expose à une existence menacée dans une société sexiste. C'est en partie pourquoi les hommes et les femmes s'identifient aux objectifs d'un groupe supérieur, et voient les femmes rebelles comme "l'ennemi". Il est aussi possible qu'en attaquant la rebelle, les femmes attaquent aussi les hommes, au sens où la rebelle est la victime par procuration, objet plus vulnérable d'un ressentiment réprimé. Il semble qu'une société sexiste génère une instabilité chronique à localiser le problème, à appréhender les causes de la destruction. La religion patriarcale ajoute au problème en intensifiant le process à travers lequel les femmes intériorisent la conscience de l'oppresseur. Le jugement des mâles ayant été métamorphosé en jugement de Dieu, le devoir religieux des femmes est d'accepter le fardeau de la culpabilité, puisqu'elles se voient à travers les yeux du chauvinisme mâle. Le process d'intériorisation de ces images ne s'arrête pas à l'exigence religieuse. Il semble bien que conditionnées à se voir "mauvaises" ou "malades", elles le deviennent réellement. Les femmes assignées à vivre le rôle abject assigné au sexe femelle paraissent réellement "mériter" le mépris accumulé sur le deuxième sexe.
LE "PECHE ORIGINEL" DES FEMMES
[...] Quand j'écris sur la complicité des femmes, je veux dire complicité qui a été dans une large mesure, imposée par le conditionnement. L'expression "péché originel" est alors détournée de son contexte sémantique originel. Le nouveau sens retient la connotation d'un défaut hérité. Cependant, on comprend que le "péché" est hérité à travers un processus de socialisation, c'est le fardeau d'un être condamné à vivre le rôle de "l'Autre". La faute ne doit pas être vue comme existant en premier dans les individus victimisés, mais plutôt dans les structures démoniaques du pouvoir qui induit les individus à intérioriser de fausses identités."
Mary Daly - Beyond God the Father (non traduit en français).
Mary Daly est une féministe, philosophe et théologienne américaine (1928 - 2010)
* En français dans le texte
"Enlevez le serpent, l'arbre fruitier et la femme du tableau, et vous n'avez pas de Chute, pas de Juge sourcilleux, pas d'enfer, pas de punition éternelle, - donc pas besoin d'un Sauveur. Ainsi tombe le fondement de toute la Théologie chrétienne. C'est la raison pour laquelle dans toutes les recherches bibliques, ses commentaires et critiques, les savants ne s'attaquent jamais à la position des femmes."
Elizabeth Cady Stanton
dimanche 18 décembre 2011
Les dents de la mer
Abdullahi Ahmed Guelleh est un pêcheur somalien, enfin, était un pêcheur somalien. Avec sa barque, tous les jours, il pratiquait pour se nourrir lui et sa famille, une pêche vivrière sur les côtes de son pays, la Somalie qu'il n'avait jamais quittée et qu'il ne demandait pas à quitter. Malheureusement pour Abdullahi Ahmed Guelleh, un jour, il y a trois ans, il s'est retrouvé avec sa petite barque, pris entre des pirates somaliens et la Marine française qui surveille la côte de l'Afrique et procure la sécurité aux pêcheurs bretons et français qui y pêchent eux avec des chalutiers, ou des bateaux-usines qui draguent les fonds marins, l'Europe achetant des quotas de pêche (il y a longtemps qu'il n'y a plus assez de poisson sur les côtes françaises livrées à la surpêche pour satisfaire notre avidité) aux pays africains.
Abdullahi Ahmed Guelleh a été arrêté par la Marine français comme pirate, emmené de force en France et emprisonné à la Santé pendant 3 ans. Il vient d'être acquitté par la justice française qui reconnaît qu'il est victime dans cette affaire, mais comme le Parquet de Paris fait appel du jugement, Abdullahi Ahmed Guelleh doit rester en France, libre : sans toit, sans papiers, sans argent, sans connaître la langue, perdu dans une ville immense, Paris, qui le terrorise. Douce France, "humaine" justice française. Son histoire poignante est racontée par Le Monde et par RTL.
La pêche industrielle est un carnage, pour les poissons, pour l'environnement marin et pour les humains qui comme Abdullahi Ahmed Guelleh, se trouvent pris dans la nasse, sans jeu de mot. On se doute depuis longtemps que les pirates somaliens ne sont pas génération spontanée : l'argent (des contribuables) payé par Bruxelles aux pêcheurs européens aux moyens disproportionnés, va à des chefs d'états tyrans qui détournent cet argent à leur profit, leurs pêcheurs n'en voyant jamais la couleur. Il y aurait donc un lien entre la piraterie somalienne et les quotas, ce qui fait écrire à Die Welt ici que la piraterie est fabriquée par l'Europe. Il est donc parfaitement choquant de voir, comme il m'est arrivé il y a quelques mois, au Journal de France3 Ouest, en se félicitant de leur coopération, un chalutier concarnois partir pêcher avec des militaires français à bord "pour assurer sa sécurité". La pêche avec des moyens de guerre, du matériel de guerre, bref, la guerre de tous contre tous.
Les bans de poissons sont détectés sans la moindre échappatoire possible par satellites et par sonars, technologies militaires ; "les océans sont hérissés de pièges : chaluts, filets maillants, harpons lancés depuis des navires, lignes porteuses de milliers d'hameçons garnis d'appâts vivants... Leurs innombrables victimes connaissent une agonie longue, angoissante et douloureuse." Je cite L214. Pire, il y a le bycatch (prises accessoires : poissons pris alors que nous les consommons pas et rejetés morts à la mer, gaspillage insensé) et la pêche fantôme, ces prises faites par des engins de pêche/engins de mort abandonnés dans les océans et qui continuent à pêcher seuls. Évidemment, cette casse concerne d'autres espèces telles tortues, poulpes, dauphins et baleines piégés eux aussi par les filets de ces abattoirs flottants. Selon L214, les poissons remontés vivants meurent par suffocation et éviscération, les poissons coincés au fond du chalut suffoquent, écrasés les uns contre les autres. Dans le cas de la pêche de grande profondeur, les poissons victimes de décompression à la remontée ont les viscères qui ressortent par la bouche, et leurs yeux sont éjectés des orbites.
60 milliards d'animaux terrestres sont abattus par an sur la planète. Les poissons ne sont pas inclus dans ce comptage ; en effet, les poissons ne sont jamais décomptés individuellement, mais par tonnage. Les poissons font partie du règne animal et à ce titre ils sont des être sensibles (Traité d'Amsterdam) capables de ressentir de la souffrance. Les poissons présentent un riche éventail de comportements complexes, et ils ont une mémoire à long terme impressionnante, comparable à celle des autres vertébrés.
La moitié des poissons pêchés en Mer du Nord sont rejetés morts dans la mer déclare Hugh's Fishfight dont vous pouvez signer la campagne ICI à destination de la Communauté Européenne via la Commissaire aux affaires maritimes et à la pêche Maria Damanaki en vue d'une réforme nécessaire de la pêche :
Greenpeace fait campagne en mer à bord de l'Arctic Sunrise, contre la pêche profonde (deep sea bottom trawling), ce qui a conduit la SCAPECHE, filiale lorientaise d'Intermarché et premier armement français pour la pêche en eau profonde, à déposer une plainte contre l'ONG. Greenpeace milite également contre les FADs (fish aggregating devices, dispositifs d'agrégation de poissons) et contre la pêche à la senne (purse seine) :
Évidemment, les dents de la mer, c'est nous, c'est un massacre et il est subventionné ; selon une une interview à Libération de Stéphane Beaucher "Aujourd'hui, la pêche française n'existe que par la volonté politique... La filière fait 1,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires et reçoit 875 millions d'euros de subventions publiques". La Commission Européenne n'est pas en reste : "Les citoyens européens paient deux fois leur poisson : une fois quand ils l'achètent et une deuxième fois par leurs impôts". La surpêche découle de la surcapitalisation de la flotte, en d'autres termes, trop de pêche à cause de trop de subventions, trop de bateaux et surtout trop gros bateaux égalent incitation à détruire la ressource, selon l'ONG OCEANA. A moins d'habiter une banquise gelée (eskimos) ou un désert de sable avec frontière maritime comme la Somalie, manger du poisson n'est absolument pas nécessaire à un régime alimentaire équilibré. Et en matière d'élevage, les fermes aquacoles sont des enclos à haute densité de poissons nourris avec des farines animales supplémentées en antibiotiques pour contrer les risques d'épizootie due à la grande promiscuité. Elles sont extrêmement polluantes.
Que faire de notre flotte de pêche alors ? Recycler la flotte pour nettoyer les océans ? Il y a de quoi faire en tous cas ! En direct du "continent de plastique" film trouvé sur le site de la Région Bretagne.
D'autant que Fukushima menace les américains : une masse de débris provenant des ravages du tsunami, faisant deux fois la France, se dirige vers les Etats-Unis et pourrait les atteindre avant 2013 pour repartir vers les îles d'Hawaï en 2014 et 2015. Je vous laisse imaginer la toxicité de ces débris.
Liens pour aller plus loin :
Quand la Somalie à faim, on vole son poisson
Fishcount (en anglais)
Greenpeace/Océans
Sea Shepherd
Les oiseaux marins victimes de la surpêche
Et comme j'en entends maugréer dans le fond, ben qu'est-ce qu'on mange alors si on ne peut plus manger de poisson ?
Voici un lien vers un e-book gratuit que vous pouvez feuilleter et où vous pouvez piquer des recettes !
Abdullahi Ahmed Guelleh a été arrêté par la Marine français comme pirate, emmené de force en France et emprisonné à la Santé pendant 3 ans. Il vient d'être acquitté par la justice française qui reconnaît qu'il est victime dans cette affaire, mais comme le Parquet de Paris fait appel du jugement, Abdullahi Ahmed Guelleh doit rester en France, libre : sans toit, sans papiers, sans argent, sans connaître la langue, perdu dans une ville immense, Paris, qui le terrorise. Douce France, "humaine" justice française. Son histoire poignante est racontée par Le Monde et par RTL.
La pêche industrielle est un carnage, pour les poissons, pour l'environnement marin et pour les humains qui comme Abdullahi Ahmed Guelleh, se trouvent pris dans la nasse, sans jeu de mot. On se doute depuis longtemps que les pirates somaliens ne sont pas génération spontanée : l'argent (des contribuables) payé par Bruxelles aux pêcheurs européens aux moyens disproportionnés, va à des chefs d'états tyrans qui détournent cet argent à leur profit, leurs pêcheurs n'en voyant jamais la couleur. Il y aurait donc un lien entre la piraterie somalienne et les quotas, ce qui fait écrire à Die Welt ici que la piraterie est fabriquée par l'Europe. Il est donc parfaitement choquant de voir, comme il m'est arrivé il y a quelques mois, au Journal de France3 Ouest, en se félicitant de leur coopération, un chalutier concarnois partir pêcher avec des militaires français à bord "pour assurer sa sécurité". La pêche avec des moyens de guerre, du matériel de guerre, bref, la guerre de tous contre tous.
Les bans de poissons sont détectés sans la moindre échappatoire possible par satellites et par sonars, technologies militaires ; "les océans sont hérissés de pièges : chaluts, filets maillants, harpons lancés depuis des navires, lignes porteuses de milliers d'hameçons garnis d'appâts vivants... Leurs innombrables victimes connaissent une agonie longue, angoissante et douloureuse." Je cite L214. Pire, il y a le bycatch (prises accessoires : poissons pris alors que nous les consommons pas et rejetés morts à la mer, gaspillage insensé) et la pêche fantôme, ces prises faites par des engins de pêche/engins de mort abandonnés dans les océans et qui continuent à pêcher seuls. Évidemment, cette casse concerne d'autres espèces telles tortues, poulpes, dauphins et baleines piégés eux aussi par les filets de ces abattoirs flottants. Selon L214, les poissons remontés vivants meurent par suffocation et éviscération, les poissons coincés au fond du chalut suffoquent, écrasés les uns contre les autres. Dans le cas de la pêche de grande profondeur, les poissons victimes de décompression à la remontée ont les viscères qui ressortent par la bouche, et leurs yeux sont éjectés des orbites.
60 milliards d'animaux terrestres sont abattus par an sur la planète. Les poissons ne sont pas inclus dans ce comptage ; en effet, les poissons ne sont jamais décomptés individuellement, mais par tonnage. Les poissons font partie du règne animal et à ce titre ils sont des être sensibles (Traité d'Amsterdam) capables de ressentir de la souffrance. Les poissons présentent un riche éventail de comportements complexes, et ils ont une mémoire à long terme impressionnante, comparable à celle des autres vertébrés.
La moitié des poissons pêchés en Mer du Nord sont rejetés morts dans la mer déclare Hugh's Fishfight dont vous pouvez signer la campagne ICI à destination de la Communauté Européenne via la Commissaire aux affaires maritimes et à la pêche Maria Damanaki en vue d'une réforme nécessaire de la pêche :
Greenpeace fait campagne en mer à bord de l'Arctic Sunrise, contre la pêche profonde (deep sea bottom trawling), ce qui a conduit la SCAPECHE, filiale lorientaise d'Intermarché et premier armement français pour la pêche en eau profonde, à déposer une plainte contre l'ONG. Greenpeace milite également contre les FADs (fish aggregating devices, dispositifs d'agrégation de poissons) et contre la pêche à la senne (purse seine) :
Évidemment, les dents de la mer, c'est nous, c'est un massacre et il est subventionné ; selon une une interview à Libération de Stéphane Beaucher "Aujourd'hui, la pêche française n'existe que par la volonté politique... La filière fait 1,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires et reçoit 875 millions d'euros de subventions publiques". La Commission Européenne n'est pas en reste : "Les citoyens européens paient deux fois leur poisson : une fois quand ils l'achètent et une deuxième fois par leurs impôts". La surpêche découle de la surcapitalisation de la flotte, en d'autres termes, trop de pêche à cause de trop de subventions, trop de bateaux et surtout trop gros bateaux égalent incitation à détruire la ressource, selon l'ONG OCEANA. A moins d'habiter une banquise gelée (eskimos) ou un désert de sable avec frontière maritime comme la Somalie, manger du poisson n'est absolument pas nécessaire à un régime alimentaire équilibré. Et en matière d'élevage, les fermes aquacoles sont des enclos à haute densité de poissons nourris avec des farines animales supplémentées en antibiotiques pour contrer les risques d'épizootie due à la grande promiscuité. Elles sont extrêmement polluantes.
Que faire de notre flotte de pêche alors ? Recycler la flotte pour nettoyer les océans ? Il y a de quoi faire en tous cas ! En direct du "continent de plastique" film trouvé sur le site de la Région Bretagne.
D'autant que Fukushima menace les américains : une masse de débris provenant des ravages du tsunami, faisant deux fois la France, se dirige vers les Etats-Unis et pourrait les atteindre avant 2013 pour repartir vers les îles d'Hawaï en 2014 et 2015. Je vous laisse imaginer la toxicité de ces débris.
Liens pour aller plus loin :
Quand la Somalie à faim, on vole son poisson
Fishcount (en anglais)
Greenpeace/Océans
Sea Shepherd
Les oiseaux marins victimes de la surpêche
Et comme j'en entends maugréer dans le fond, ben qu'est-ce qu'on mange alors si on ne peut plus manger de poisson ?
Voici un lien vers un e-book gratuit que vous pouvez feuilleter et où vous pouvez piquer des recettes !
lundi 12 décembre 2011
Billet saignant
Les chasseurs, ce lobby* de mâles dominants archaïques en voie de disparition par vieillissement et manque de relève a besoin de se refaire une image présentable dans une France de "néo-ruraux" et de "rurbains" peuplant les campagnes mais qui ne supportent plus rien, même pas un coq qui chante à pas d'heure, ni une cloche d'église sonnant Mâtines dès potron-minet. Il faut reconnaître que ça fait du potin et empêche les grass'mat' ! A fortiori ne sont-ils pas attirés par des vieux chasseurs qui peuvent venir traquer le gibier jusque sur leurs pelouses, dans leurs arrières-cours, leurs potagers et leurs alentours, alors qu'eux laissent les limaces et les taupes bouloter leurs radis pour éviter de faire du mal à quiconque ! Aussi, pour recruter du sang neuf, les chasseurs de l'Isère décident-ils de faire une soirée d'information sur la chasse, en fait (mais c'est mon mauvais esprit qui prend le dessus) une soirée de drague de nouveaux adhérents. Comme on n'attire pas les mouches avec du vinaigre, ils décident de mettre une femme sur l'affiche, c'est plus joli, plus gracieux, en deux mots, plus attirant et plus jeune que des vieux bonshommes de plus de 70 ans s'étant détruit la santé en mangeant du gibier et picolant après avoir couru tout l'hiver et semé des plombs toxiques dans les bois. Mais comme une femme à poil avec le canon de fusil phallique cassé sur l'avant-bras, ça fait tout de même too much,
"les chasseurs qui ont décidé de se mettre à nu", la promesse de la publicité, illustrent leur affiche promotionnelle avec une femme vêtue, qui pourrait peut-être se déshabiller, mais qui en attendant est vêtue de peaux de bêtes ! Le glissement sémantique est tout dans le message placé à côté -il faut toujours tenir ses promesses. C'est inouï comme on est subtil dans la vénerie ! Une femme à poil ou la promesse d'une, c'est réputé faire vendre tout et n'importe quoi ! Ou comment exploiter le corps des femmes dans un lobby où elles sont quasiment absentes !
Pas très éloigné du précédent sujet : dans un article vivement retiré du site si j'en crois le BisonTeint Blog, Le Figaro, pris d'une étonnante mais très courte crise de lucidité, assassinait dès le dimanche 4 décembre le concours Miss France en des termes peu plaisants et corrosifs : on y parlait de "potiche", de "concours de pouliches" à Flers de L'Orne (je rajoute mon piment personnel), d'archaïsme, et ça finit en apothéose : "l'être humain est ici réduit à sa plus simple expression : la viande" ! Je n'aurais pas écrit mieux dans mes jours de très mauvais poil ! Sauf que j'aurais précisé "l'être humain femme", parce que le concours Miss France, c'est un concours et un étalage de corps de femmes qui s'effeuillent pendant 3 heures.
Patatras : le concours étant très populaire, le Figaro s'est auto-censuré et a illico presto retiré l'article au vitriol de son site. Aussi pour le lire et en profiter pleinement, la fenêtre de tir comme diraient les chasseurs cités précédemment ayant été très réduite, des obstinés l'ont cherché, trouvé sur un moteur de recherche qui l'avait gardé en cache, et restauré ICI ; il est dans toute la beauté de son premier jet, ne vous privez surtout pas de sa lecture, il est saignant..., comme aiment les chasseurs.
Merci @entrailles et @LaMarquise_ de m'avoir soufflé le mot et l'affiche dans ma Tweet Line ! Si vous avez un compte Twitter, n'hésitez pas à les suivre.
* Les chasseurs sont environ 1 million cent mille en France, pays de 65 millions d'habitants. Ils sont nettement minoritaires dans la société, mais actifs, avec de puissants relais au parlement et au sénat. D'où leur toxicité, inversement proportionnelle à leur taille.
mardi 6 décembre 2011
50 million missing
Le même phénomène est observé en Chine ou la situation est désastreuse : cela double le nombre de femmes manquantes dans le monde, soit 100 millions ! Pire, le phénomène s'étend vers l'ouest puisque désormais L'Arménie, la Géorgie ex-URSS, et même les Balkans en sont atteints comme le constate cet article du journal La Croix ; en cause, la baisse des prix des échographies et des avortements, une survalorisation des garçons qui transmettent le nom de famille (fait généralement déploré uniquement parce qu'il appauvrit le patrimoine des noms tous
les 25 ans !), et évidemment la nécessité réelle ou supposée de réduire la surpopulation. Comme le rappelle un article de l'AFP, une planète où les hommes dominent (numériquement dans le cas évoqué, ils dominent partout culturellement, tout le monde a bien compris) est une planète invivable : instabilité, frustration et violence y sévissent !
Comme l'écrit Soraya Chemaly dans un billet pour le Huffington Post (en anglais) : la violence contre les femmes est une pandémie mondiale (ici en français, traduit par Martin Dufresne), depuis la réduction culturelle à la pornographie (!) de Lisbeth Salander décrite par Wikipedia (ou portrait plus icônique et plus en phase avec le roman chez Têtue), l'héroïne -dont je suis absolument fan- de la trilogie "Millenium" de Stieg Larsson dans Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, film devenu aux USA "The girl with the dragon tattoo", jusqu'à l'accablante liste de toutes les violences subies par les femmes dans le monde, l'article montre de façon panoramique et implacable que les femmes sont à peine tolérées sur cette planète, surtout comme bêtes de somme parasitées d'ailleurs, et qu'elles servent de défouloir à toutes les frustrations.
Autre lien sur le sujet vers un excellent article du blog Bombay Magic, une française qui vit à Bombay : les filles peuvent survivre selon le type d'agriculture pratiqué, car elles sont "utiles" à la culture ancestrale du riz où elles jouent un rôle prépondérant, utilitarisme qui fait froid dans le dos.
Lien vers le blog de 50millionmissing : Gender bytes (en anglais)
mercredi 30 novembre 2011
Le pouvoir de nommer par Andrea Dworkin
"...les hommes ont le pouvoir de nommer, un pouvoir immense et sublime.Ce pouvoir de nommer permet aux hommes de définir l'ensemble du champ de l'expérience, de déterminer limites et valeurs, d'assigner à chaque chose son domaine et ses attributs, de décider ce qui peut et ne peut pas être exprimé, de contrôler jusqu'à la perception. Comme l'écrit Mary Daly, la première à identifier ce pouvoir dans
Beyond God the Father, * "il faut bien comprendre le fait fondamental que nous, les femmes, nous sommes fait voler le pouvoir de nommer".
La suprématie masculine est fusionnée au langage, de sorte que chaque phrase la proclame et la renforce. La pensée, d'abord vécue comme langage est imprégnée des valeurs linguistiques et perceptives créées expressément afin de subordonner les femmes. Les hommes ont défini les paramètres de chaque sujet. Tout argument féministe, si radicales que soient ses intentions ou ses incidences se rallie ou se heurte à des énoncés ou à des prémisses implicites au système masculin, qui est rendu crédible ou authentique par le pouvoir qu'ont les hommes de nommer. Aucune transcendance du système masculin n'est possible tant que les hommes ont le pouvoir de nommer. Leurs noms résonnent en tout lieu habité. Comme Prométhée a volé le feu aux dieux, les féministes vont devoir voler aux hommes le pouvoir de nommer, pour en faire, espère-t-on un meilleur usage. Comme le feu, lorsqu'il appartenait aux dieux, le pouvoir de nommer semble magique ; l'homme donne le nom et le nom perdure, la femme donne le nom et le nom se perd. Mais cette magie n'est qu'illusion. Le pouvoir de nommer repose sur la force pure et simple. A lui seul, sans la force pour l'imposer, jugé à l'aune du réel, ce n'est plus un pouvoir mais un processus, chose plus modeste.
"L'ancien processus de nommer, écrit Mary Daly, ne résultait pas d'un dialogue, fait reconnu par mégarde dans le récit de la Genèse où Adam nomme les animaux et la femme." C'est le fait de nommer par décret qui est un pouvoir exercé sur et contre celles à qui on interdit de nommer leur propre vécu ; c'est ce décret, étayé par la violence, qui inscrit le nom en lettres de sang indélébiles dans la culture dominée par les hommes.
Le mâle ne se contente pas de nommer les femmes mauvaises : il extermine 9 millions de femmes comme sorcières parce qu'il a nommé les femmes mauvaises. Il ne fait pas que nommer les femmes faibles : il mutile le corps féminin, l'attache de façon à restreindre ses mouvements, s'en sert comme jouet ou ornement, le garde en cage ou atrophié parce qu'il a nommé les femmes faibles. Il affirme que la femme veut être violée : il viole. Elle résiste au viol, il doit la battre, la menacer de mort, l'enlever de force, l'attaquer de nuit, utiliser un couteau ou ses poings ; et malgré tout, il affirme qu'elle en veut, elles en veulent toutes. Elle dit non ; il prétend que cela veut dire oui. Il la nomme ignorante, puis il lui interdit de s'instruire. Il l'empêche d'exercer avec rigueur son esprit et son corps, puis il la nomme intuitive et émotive. Il définit la féminité, et lorsqu'elle ne s'y conforme pas, il l'appelle déviante, malade, il la bat, lui sectionne le clitoris (siège d'une masculinité pathologique), lui arrache la matrice (source de sa personnalité), la lobotomise ou la bourre de narcotiques (reconnaissance perverse de sa capacité de penser, bien que la pensée soit nommée déviante chez la femme).
Il nomme "sexe" un mélange variable d'antagonisme et de violence ; il la bat et nomme cela "preuve d'amour" (si elle est épouse), ou érotisme (si elle est maîtresse). Si elle veut de lui sexuellement, il la nomme salope ; si elle n'en veut pas, il la viole et dit qu'elle en veut ; si elle préfère étudier ou peindre, il la nomme frustrée et se vante de pouvoir guérir ses intérêts pathologique par le "bon coup" apocryphe. Il la nomme "ménagère" uniquement apte au travail de maison, et la tient dans la pauvreté et la dépendance totale ; mais si elle quitte la maison, il l'achète et puis la nomme putain. Il la nomme comme bon lui convient. Il fait ce qu'il veut et nomme cela à sa guise."
Andrea Dworkin
Pouvoir et Violence sexiste. Edition Sisyphe. 2007
Un lien vers un regard et une analyse féministes du viol et de meurtre d'Agnès Marin au lycée Cévenole
* Non traduit en français
Beyond God the Father, * "il faut bien comprendre le fait fondamental que nous, les femmes, nous sommes fait voler le pouvoir de nommer".
La suprématie masculine est fusionnée au langage, de sorte que chaque phrase la proclame et la renforce. La pensée, d'abord vécue comme langage est imprégnée des valeurs linguistiques et perceptives créées expressément afin de subordonner les femmes. Les hommes ont défini les paramètres de chaque sujet. Tout argument féministe, si radicales que soient ses intentions ou ses incidences se rallie ou se heurte à des énoncés ou à des prémisses implicites au système masculin, qui est rendu crédible ou authentique par le pouvoir qu'ont les hommes de nommer. Aucune transcendance du système masculin n'est possible tant que les hommes ont le pouvoir de nommer. Leurs noms résonnent en tout lieu habité. Comme Prométhée a volé le feu aux dieux, les féministes vont devoir voler aux hommes le pouvoir de nommer, pour en faire, espère-t-on un meilleur usage. Comme le feu, lorsqu'il appartenait aux dieux, le pouvoir de nommer semble magique ; l'homme donne le nom et le nom perdure, la femme donne le nom et le nom se perd. Mais cette magie n'est qu'illusion. Le pouvoir de nommer repose sur la force pure et simple. A lui seul, sans la force pour l'imposer, jugé à l'aune du réel, ce n'est plus un pouvoir mais un processus, chose plus modeste.
"L'ancien processus de nommer, écrit Mary Daly, ne résultait pas d'un dialogue, fait reconnu par mégarde dans le récit de la Genèse où Adam nomme les animaux et la femme." C'est le fait de nommer par décret qui est un pouvoir exercé sur et contre celles à qui on interdit de nommer leur propre vécu ; c'est ce décret, étayé par la violence, qui inscrit le nom en lettres de sang indélébiles dans la culture dominée par les hommes.
Le mâle ne se contente pas de nommer les femmes mauvaises : il extermine 9 millions de femmes comme sorcières parce qu'il a nommé les femmes mauvaises. Il ne fait pas que nommer les femmes faibles : il mutile le corps féminin, l'attache de façon à restreindre ses mouvements, s'en sert comme jouet ou ornement, le garde en cage ou atrophié parce qu'il a nommé les femmes faibles. Il affirme que la femme veut être violée : il viole. Elle résiste au viol, il doit la battre, la menacer de mort, l'enlever de force, l'attaquer de nuit, utiliser un couteau ou ses poings ; et malgré tout, il affirme qu'elle en veut, elles en veulent toutes. Elle dit non ; il prétend que cela veut dire oui. Il la nomme ignorante, puis il lui interdit de s'instruire. Il l'empêche d'exercer avec rigueur son esprit et son corps, puis il la nomme intuitive et émotive. Il définit la féminité, et lorsqu'elle ne s'y conforme pas, il l'appelle déviante, malade, il la bat, lui sectionne le clitoris (siège d'une masculinité pathologique), lui arrache la matrice (source de sa personnalité), la lobotomise ou la bourre de narcotiques (reconnaissance perverse de sa capacité de penser, bien que la pensée soit nommée déviante chez la femme).
Il nomme "sexe" un mélange variable d'antagonisme et de violence ; il la bat et nomme cela "preuve d'amour" (si elle est épouse), ou érotisme (si elle est maîtresse). Si elle veut de lui sexuellement, il la nomme salope ; si elle n'en veut pas, il la viole et dit qu'elle en veut ; si elle préfère étudier ou peindre, il la nomme frustrée et se vante de pouvoir guérir ses intérêts pathologique par le "bon coup" apocryphe. Il la nomme "ménagère" uniquement apte au travail de maison, et la tient dans la pauvreté et la dépendance totale ; mais si elle quitte la maison, il l'achète et puis la nomme putain. Il la nomme comme bon lui convient. Il fait ce qu'il veut et nomme cela à sa guise."
Andrea Dworkin
Pouvoir et Violence sexiste. Edition Sisyphe. 2007
Un lien vers un regard et une analyse féministes du viol et de meurtre d'Agnès Marin au lycée Cévenole
* Non traduit en français
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