Men at work ! Les zomes au travail : on ne passe pas ! Just my day job : mon travail de tous les jours, dig dirt, gettin' dirty, creuser la boue et se salir. J'aime ce boulot, it's a dirty job, c'est un boulot salissant ! But somebody's gotta do it, mais quelqu'un doit bien le faire ! I love the smell of concrete in the morning : j'adore l'odeur du béton au petit matin ! Hey Babe ! On drague les filles au passage : de toutes façons, on est les rois du bitume, on occupe l'espace public, poussez vos cabas les ménagères, ou rentrez dans vos cuisines.
LEGO, ses packagings, son hyper-virilité.
D'ailleurs, on aime tellement ça, creuser la terre, c'est tellement dans notre nature de la maltraiter avec nos gros engins, qu'on va couvrir la planète de béton. Toute cette nature, ça fait désordre, c'est incontrôlable, avec des "nuisibles" et des "mauvaises herbes" partout ! A mort la nature.
Men at work, ça fait du boucan, comme ça on montre qu'on travaille, nous, avec nos moteurs vrombissants : plus on fait de boucan, plus on est contents ! Le boucan, le potin sont notre véritable nature. Si on demandait à n'importe quel service de R&D (Recherche et Développement), en y mettant le paquet et les moyens, d'assourdir les moteurs, ils y arriveraient en 6 mois, mais pas question. On aurait l'air de quoi avec nos gros engins sans potin, hein ?
Et puis travailler sans faire de boucan, tout le monde se demande si vous n'êtes pas en train de roupiller sur votre clavier ! Travailler, ça doit s'entendre et se voir, suivez mon regard. D'ailleurs, les médias ne s'y trompent pas : montrer des mecs chagrin portant casques de sécurité et gilets fluos à bandes réfléchissantes pour illustrer les plans sociaux (à faible poids sur les statistiques du chômage selon cet article du Monde), avec le photogénique Edouard Martin de Florange, ça a quand même plus d'allure que le licenciement de milliers de femmes employées de commerce qui alimentent une à une, chaque mois, la tragédie du chômage. Dans un silence assourdissant. Sous-texte : le travail des femmes n'est finalement pas si légitime, elles font salaire d'appoint, le vrai travail qui compte c'est celui des hommes. Vieilles pesanteurs sociologiques et sexistes : on peut même dire qu'en temps de "crise" elles sont soupçonnées de piquer le travail des mecs, puisqu'il n'y a pas assez de place pour tout le monde !
lundi 29 avril 2013
jeudi 25 avril 2013
Les pépites de ma revue de web de la semaine
Les boutiques Disney Store vendent deux T-shirts : un bleu pour les garçons avec l'injonction brutale "Sois un héros !" illustrée d'un dessin agressif, et un pour les filles qui elles auraient "besoin d'un héros". Le site Change a donc mis en ligne une pétition demandant à Disney d'arrêter de vendre des T-shits de vengeurs sexistes, les femmes peuvent être des héros aussi, arrêtez de maltraiter tout le monde ! Stop Bullying Pascal Brutal ! Stop aux stupides stéréotypes de genre !
Mur du çon franchi cette semaine par le Syndicat de la Magistrature avec son Mur des çons : je l'écris à la manière du Canard Enchaîné, le mot "con" pour désigner la stupidité humaine me pique les yeux et les oreilles par son sexisme ordinaire. Le tweet de BigBrowser :
PUNAISE – Le « mur des cons » du Syndicat de la magistrature bit.ly/12fUXMn
— Big Browser (@big_browser) 24 avril 2013
Une féministe a trouvé que la parité n'était pas appliquée sur le mur des çons :
47 hommes, 5 femmes. Même sur un #murdescons, on oublie les femmes. #viedemeuf Poke @smagistraturehuffingtonpost.fr/mobileweb/2013…
— Féministe (@fem_iniste) 24 avril 2013
C'est évidemment dû à la faible présence des femmes parmi les décideurs politiques ou à la perception qu'en ont les magistrats, puisque les femmes sont décidément invisibles comme le démontre encore cette année la virile sélection de Cannes, mais franchement si les mecs franchissent plus souvent que nous le mur du çon, je ne vais pas pleurer ni protester : je leur laisse l'exclusivité de l'exploit ! Autre sujet qui fâche trouvé chez Déesse Diké : la végéphobie ordinaire à la française comme le démontre une circulaire de cantine d'école : (agrandissez l'image en cliquant sur pic.twitter)
Au nom de la Sainte Laïcité, vous mangerez de la viande, c'est compris les végétariens ? #France RT @parachuuut twitter.com/parachuuut/sta…
— Diké The Riveter (@DikeJu) 24 avril 2013
Devant une telle intolérance envers les protéines végétales, interdisant par la même occasion aux musulmans et aux israélites de remplacer par des protéines de légumineuses les viandes qu'ils refusent de manger, j'en profite pour faire la promo gratuite du dernier hors-série de Charlie Hebdo "Bon appétit, le pire de la malbouffe est à venir" avec sur ce lien l'éditorial de Fabrice Nicolino, suivi du sommaire. L'industrie de la bouffe est en France intouchable avec ses 500 000 emplois directs, écrit Nicolino, et la viande est au cœur du système !
Le mythe entretenu sciemment par le lobby de la viande, des protéines qui ne seraient qu'animales a la vie dure : il faut bien fourguer sans étiquetage aux consommatrices/teurs les sous-produits des abattoirs, c'est même tout le sujet du récent scandale de la "viande de cheval" ! Il faut dire aussi que nous revenons de loin, comme en témoigne l'affiche vintage ci-dessous, qui proclame en montrant un morceau de cadavre "C'est la vie" ! On en reste sans voix.
Affiche vintage trouvée sur le site Human-Animal Studies Images.
Devant une telle propagande mensongère (le végétarisme n'est pas un tabou alimentaire religieux mais un mouvement pacifiste), une journaliste-reporteure végétarienne a décidé d'un projet de documentaire de 26 minutes sur la végéphobie à la française : si cela vous intéresse de la soutenir, visitez son appel à financement, et n'ésitez pas à le partager sur vos réseaux !
vendredi 19 avril 2013
Eléments d'une politique abolitionniste
Le 23 mars 2013, Najat Vallaud-Belkacem retraçait devant le sénat l'histoire de l'évolution des lois contre l'exploitation sexuelle des femmes et posait les éléments d'une politique abolitionniste.
Najat Vallaud-Belkacem pose les éléments d’une... par Najat-Belkacem
Pute ! Une insulte que les enfants des cours d'école s'envoient à la figure sans en comprendre réellement le sens. Pute ! Une insulte que les hommes violents utilisent pour réduire les femmes à un objet sexuel instrumentalisé, à un objet sexuel consommable, pour leur projeter à la figure des siècles d'asservissement, comme dans les bordels militaires qui fournissaient des corps de femmes pour faire oublier aux hommes l'horreur des combats : chair à viol et chair à canon, jusqu'à la loi Marthe Richard de mars 1946 qui interdit les maisons closes-prisons insalubres où les prostituées travaillaient dans des conditions sanitaires déplorables, première loi qui criminalise le proxénétisme. Mais les maisons closes ont-elles définitivement fermé leurs portes ?
Aujourd'hui les clients de prostitué-e-s mineures sont sanctionnés partout sur la planète. La ministre rappelle que la prostitution commence au collège et que des étudiantes sont tentées de vendre des "services sexuels" pour poursuivre leurs études ou payer leur loyer, que la prostitution évolue avec la mondialisation et les nouvelles technologies : prostitution low cost massive des femmes des pays tiers ou pauvres, accompagnée de privation de liberté et de violences, exercée dans des conditions sanitaires déplorables, et plus rare prostitution "volontaire" ou occasionnelle favorisée par Internet. Les réseaux de trafic, rappellent la Ministre, guettent les failles et ne comprennent que la fermeté. Il faut répondre par la fermeté pénale et l'insertion sociale, c'est cela l'abolitionnisme. La Ministre rappelle que le taux de mortalité des femmes prostituées travaillant dans la rue est deux fois plus élevé que celui des autres femmes d'âge comparable !
En mars 2013, la loi sur le délit de racolage passif qui punit les victimes prostituées a été abrogée.L'abolition de la prostitution n'est pas son interdiction ni sa prohibition : c'est considérer que la personne prostituée est en danger et que la société lui doit aide et protection. Najat Vallaud Belkacem rappelle que la France compte 10 à 20 fois moins de prostituées que l'Allemagne, pays réglementariste : il y a 20 000 à 40 000 prostituées en France contre 400 000 outre Rhin.
Sanctionner le proxénétisme, démanteler les réseaux, agir contre la traite, renforcer la coopération internationale, former les policiers, INCLURE, INSERER. Et demander des comptes aux clients acheteurs de "services sexuels". Dans ce domaine, c'est la demande qui détermine l'offre. Avec la condition indispensable à la contrainte à se prostituer : l'état de pauvreté et de faiblesse économique dans lesquels sont maintenues les femmes partout sur la planète ! Non au tout marchandise, non à la marchandisation du corps humain.
La prostitution, plus vieux métier du monde ? Non, la prostitution est la plus vieille histoire du monde, une histoire d'asservissement des femmes aux "besoins irrépressibles" des hommes, deux vieux clichés aussi faux l'un que l'autre. 90 % des personnes prostituées sont des femmes ou des filles, 100 % des clients de personnes prostituées, qu'ils soient hommes, femmes, enfants ou transgenres, sont des hommes !
Liens - Directive européenne contre le trafic d'êtres humains : l'Europe rappelle que les 27 avaient jusqu'au 6 avril pour se mettre en conformité. Comme toujours, la France traîne les pieds !
Coup de gueule d'une ex-pute chez Mauvaise Herbe.
Najat Vallaud-Belkacem pose les éléments d’une... par Najat-Belkacem
Pute ! Une insulte que les enfants des cours d'école s'envoient à la figure sans en comprendre réellement le sens. Pute ! Une insulte que les hommes violents utilisent pour réduire les femmes à un objet sexuel instrumentalisé, à un objet sexuel consommable, pour leur projeter à la figure des siècles d'asservissement, comme dans les bordels militaires qui fournissaient des corps de femmes pour faire oublier aux hommes l'horreur des combats : chair à viol et chair à canon, jusqu'à la loi Marthe Richard de mars 1946 qui interdit les maisons closes-prisons insalubres où les prostituées travaillaient dans des conditions sanitaires déplorables, première loi qui criminalise le proxénétisme. Mais les maisons closes ont-elles définitivement fermé leurs portes ?
Aujourd'hui les clients de prostitué-e-s mineures sont sanctionnés partout sur la planète. La ministre rappelle que la prostitution commence au collège et que des étudiantes sont tentées de vendre des "services sexuels" pour poursuivre leurs études ou payer leur loyer, que la prostitution évolue avec la mondialisation et les nouvelles technologies : prostitution low cost massive des femmes des pays tiers ou pauvres, accompagnée de privation de liberté et de violences, exercée dans des conditions sanitaires déplorables, et plus rare prostitution "volontaire" ou occasionnelle favorisée par Internet. Les réseaux de trafic, rappellent la Ministre, guettent les failles et ne comprennent que la fermeté. Il faut répondre par la fermeté pénale et l'insertion sociale, c'est cela l'abolitionnisme. La Ministre rappelle que le taux de mortalité des femmes prostituées travaillant dans la rue est deux fois plus élevé que celui des autres femmes d'âge comparable !
En mars 2013, la loi sur le délit de racolage passif qui punit les victimes prostituées a été abrogée.L'abolition de la prostitution n'est pas son interdiction ni sa prohibition : c'est considérer que la personne prostituée est en danger et que la société lui doit aide et protection. Najat Vallaud Belkacem rappelle que la France compte 10 à 20 fois moins de prostituées que l'Allemagne, pays réglementariste : il y a 20 000 à 40 000 prostituées en France contre 400 000 outre Rhin.
Sanctionner le proxénétisme, démanteler les réseaux, agir contre la traite, renforcer la coopération internationale, former les policiers, INCLURE, INSERER. Et demander des comptes aux clients acheteurs de "services sexuels". Dans ce domaine, c'est la demande qui détermine l'offre. Avec la condition indispensable à la contrainte à se prostituer : l'état de pauvreté et de faiblesse économique dans lesquels sont maintenues les femmes partout sur la planète ! Non au tout marchandise, non à la marchandisation du corps humain.
La prostitution, plus vieux métier du monde ? Non, la prostitution est la plus vieille histoire du monde, une histoire d'asservissement des femmes aux "besoins irrépressibles" des hommes, deux vieux clichés aussi faux l'un que l'autre. 90 % des personnes prostituées sont des femmes ou des filles, 100 % des clients de personnes prostituées, qu'ils soient hommes, femmes, enfants ou transgenres, sont des hommes !
Liens - Directive européenne contre le trafic d'êtres humains : l'Europe rappelle que les 27 avaient jusqu'au 6 avril pour se mettre en conformité. Comme toujours, la France traîne les pieds !
Coup de gueule d'une ex-pute chez Mauvaise Herbe.
vendredi 12 avril 2013
Un océan de tristesse
MIDWAY : trailer : a film by Chris Jordan from Midway on Vimeo.
(Vous pouvez regarder la vidéo en plus grand en cliquant sur le lien en dessous)
"Aurons-nous le courage d'affronter les réalités de notre temps ?" demande le réalisateur. Midway est un atoll du Pacifique, dans le vortex du continent de plastique.
Les animaux sauvages, les oiseaux surtout paient un lourd tribut à notre incurie. Le low cost produit non seulement de l'ouvrier jetable, mais des tonnes de déchets provenant des produits jetables à courte vie qu'on nous vend à bas prix et qui ne se réparent plus. Les déchets plastiques jonchent la nature, les plages et les rivières. Voici le spectacle que présente en ce moment la Vilaine, rivière qui traverse Rennes, où entre autres les jeudis, des mecs gravement pochetronnés et ivre-morts balancent des poubelles jaunes et vertes dans la rivière : c'est un tel spectacle navrant cette pollution, que j'évite ces berges lors de mes déplacements :
Inutile de vous dire que tout cela finit dans les océans ! Dans l'indifférence générale : les administrations concernées averties le service environnement de Rennes Métropole et le Service des Voies Navigables se renvoient la responsabilité du nettoyage. Après nous le déluge. Les oiseaux en meurent mais apparemment, c'est le concours du plus inefficace : les administrations se renvoient la responsabilité du nettoyage, le premier qui bouge à perdu !
Deux liens militants pour le week-end :
Manifestation à Guéret samedi à 13 H contre la construction d'un abattoir. Il y a trop d'abattoirs en France, notamment en Bretagne où deux sont en cessation de paiement et vont licencier leurs salariés sans repreneurs : Gad et Doux. La consommation de viande rouge baisse et les établissements d'abattage sont surdimentionnés, il est donc inutile d'en construire d'autres. Ces industries emploient les salariés les moins mobiles et les moins diplômés, donc une main-d’œuvre qui n'a pas vraiment d'autre choix que celui d'un travail déshumanisé, dévalorisé et méprisé. Ces entreprises voyouses utilisent toutes les failles de la loi pour faire du dumping social : elles vont se chercher des salariés low cost dans d'autres pays de l'Union Européenne où le droit social est moins protecteur (un article du Monde Diplomatique : Bouchers roumains pour abattoirs bretons, les abattoirs belges aussi, comme dans cet article en anglais), salariés qui travaillent pour des conditions de salaire et de protection sociale nettement moins favorables, merci l'Europe de la dérégulation et de la disharmonie sociale ! Des places sont réservées dans tous les abattoirs pour les abattages rituels, abattages contingentés et dérogatoires à la loi française qui prévoit l'étourdissement de l'animal avant saignée. Les dérogations et les périodes d'abattage sont accordées par les préfectures sur présentation des bons de commande des bouchers concernés. C'est la loi.C'est le printemps à Notre Dame des Landes ce samedi 13 avril à partir de 10 H, manifestation Sème ta ZAD : remise en culture et réoccupation de la Zone à défendre !
Enfin, trouvé sur Internet cette vidéo qui a eu un beau succès, et qui réagit aux affaires de viols collectifs sur des jeunes femmes ivres dans des fêtes, comme dans l'affaire de Steubenville ou dans celle de Rehteah Parsons qui s'est suicidée dimanche dernier à Halifax, Canada. Un mec allume ce qui paraît être une camera et dit "Hey, les gars, regardez sur le sofa ! Devinez ce que je vais lui faire". Puis : "Les vrais hommes traitent les femmes avec respect". Didactique, même si l'expression "vrais hommes" (real men) m'énerve un peu. Ça me semble le bon sens de s'occuper de quelqu'un-e malade et d'appeler les secours ! Mais puisqu'il faut tout expliquer à Pascal Brutal...
lundi 8 avril 2013
Poil aux bras : suite mais pas fin de la beaufitude décomplexée
LEVRAT, craignant sans doute que son "second degré provocateur" n'écorne son image de professionnel, retire le rédactionnel de son annonce et le remplace par des excuses plates sans même se fendre d'un H/F devant l'intitulé des postes à pourvoir maintenus. La pression de la blogosphère et des autres médias a fait son effet. Vous noterez que la violation du Code du travail et de son article L 1132-1 prohibant toute discrimination à la publication d'offre d'emploi et à l'embauche est passée sous silence, les critiques n'émanant que de mauvais-es coucheuses qui n'ont décidément aucun sens de l'humour, ou qui ne comprennent pas celui des dirigeants de Levrat, société qui emploie 65 % de femmes ! Mais dans quels types de postes, au fait ? On aimerait en savoir plus...
Mais la beaufitude décomplexée qui frappe en ce moment dans les entreprises ne s'arrête pas pour autant ! Comme sur le site commercial
d' ASPIRATERRE FRANCE, Location d'aspiratrices-excavatrices sur Paris, région parisienne et France entière, surnommées
Mais la beaufitude décomplexée qui frappe en ce moment dans les entreprises ne s'arrête pas pour autant ! Comme sur le site commercial
d' ASPIRATERRE FRANCE, Location d'aspiratrices-excavatrices sur Paris, région parisienne et France entière, surnommées
Nos aspiratrices-excavatrices Janine, Monica, Linda et les autres sont prêtes à intervenir dès que vous le souhaiterez !
Des machines aspiratrices-excavatrices roses et à nom de femmes, comparées à des prostituées : le vocabulaire est à l'avenant "Bras vigoureux", "puissance d'aspiration méga" et pour finir "vidage de la benne" ! Si les clients n'ont pas compris la subtile allusion couplée avec le titre "suceuses", c'est que vraiment, on est bouché à l'émeri dans le BTP, d'autant que le clin d'oeil éléphantesque est là pour souligner le fameux second degré !
Le syndrome du gars à marcel transpirant sous les bras a frappé ici aussi. Tant pis pour les salariés de la corporation qui ne se voient pas en clients de prostituées, même pas pour une petite pipe occasionnelle ! Curieuse façon de promouvoir des services en dénigrant systématiquement les clients. Et persistance des stéréotypes machistes chez les dirigeants du BTP ! Mais bordel, les mecs, achetez-vous un Kotler-Dubois et révisez vos cours de marketing et de communication ! Et lâchez-nous.
vendredi 5 avril 2013
Poil aux bras, Levrat recrute !
En ces temps de pénurie de vrais mecs et de contrefaçons en tous genres, j'ai décidé de donner exceptionnellement un coup de main (bénévole, gratuit, et désintéressé comme toute vraie femme qui se respecte) aux mâles de l'industrie !
Today : visserie, boulonnerie et colles (sic).
Le texte de l'annonce ci-dessous est une copie conforme de leur écran Internet. (Modifié 8/4 : voir mon billet du dessus plus récent !)

Today : visserie, boulonnerie et colles (sic).
Le texte de l'annonce ci-dessous est une copie conforme de leur écran Internet. (Modifié 8/4 : voir mon billet du dessus plus récent !)
NOUS RECRUTONS QUI ?
LEVRAT Recrute
Ce que la société Levrat
recherche, ce sont des hommes, des vrais ! Pas des rabougris, des minets
immatures, des paresseux ni des arrivés, pas des comptables d'heures
supplémentaires, pas des complexés, des inhibés, des anxieux, des
bilieux dévorés d'inquiétude, des timorés. Pas des surnuméraires, des
amateurs ou des bénévoles. Pas des fil-à-la-patte. Pas non plus des
velléitaires, des tranches-montagnes, des braves à trois poils, des
matamores, des hyperexcités ou des débraillés sympathiques. Pas des
jambes molles, des délicats ou des fins de carrière, des soupçonneux ou
des désincarnés ou bien encore des télépathes de l'action commerciale...
mais des grands, des carrés, des solides, des énergiques, des
efficaces, des hommes qui ont de l'estomac, du nerf, du coeur au ventre
et du sang dans les veines, des hommes décidés, énergiques, disponibles.
Des ogres.
N'hésitez pas à nous envoyer votre CV par Mail. (Non surtout, n'hésitez
pas ! Il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous et de laisser aller son imagination et son indignation).
Nous recherchons des Attachés Commerciaux Sédentaires et Itinérants sur tout le territoire.
Contactez nous
Pas de fiottes, pas de femmelettes, ni de chochottes chez Levrat, visserie-boulonnerie ! Pas de "désincarnés", pas de "jambes molles" (tiens, ça me rappelle Markale dans La Femme Celte : le héros des légendes est toujours blessé à la jambe ou à la cuisse pour figurer son impuissance, le membre sexuel étant toujours transposé en jambe), pas de vieux non plus, et les bonnes femmes, allez vous faire voir ailleurs que chez Levrat ! Avec au moins 5 millions de chômeurs, ils osent tout, même une annonce illégale ! L'Inspection du Travail et le Défenseur des Droits pensent-ils quelque chose, au fait, de cette prose-ramassis de clichés virilistes et ringards dans lesquels la plupart des mecs ne se reconnaissent sans doute même plus ? C'est aussi un mauvais coup contre les commerciaux, dans un pays d'ingénieurs et de techniciens à courte vue où ils ont mauvaise réputation. Bien joué, Levrat !
J'ai personnellement trouvé la dénonciation de cette offre d'emploi sur le Canard Enchaîné du 3 avril, dans un encadré page 5. Mais les Nouvelles News en parlent ICI, et Déesse Diké leur répond ICI.
Ci-dessous, images de Rosie la Riveteuse / Rosie the Riveter, icône populaire de la culture américaine symbolisant les 6 millions de femmes qui travaillèrent dans l'industrie de l'armement et produisirent le matériel de guerre durant la 2ème Guerre mondiale, pendant que les hommes étaient sur les champs de bataille.
N'hésitez pas à nous envoyer votre CV par Mail. (Non surtout, n'hésitez
pas ! Il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous et de laisser aller son imagination et son indignation).
Nous recherchons des Attachés Commerciaux Sédentaires et Itinérants sur tout le territoire.
Contactez nous
Pas de fiottes, pas de femmelettes, ni de chochottes chez Levrat, visserie-boulonnerie ! Pas de "désincarnés", pas de "jambes molles" (tiens, ça me rappelle Markale dans La Femme Celte : le héros des légendes est toujours blessé à la jambe ou à la cuisse pour figurer son impuissance, le membre sexuel étant toujours transposé en jambe), pas de vieux non plus, et les bonnes femmes, allez vous faire voir ailleurs que chez Levrat ! Avec au moins 5 millions de chômeurs, ils osent tout, même une annonce illégale ! L'Inspection du Travail et le Défenseur des Droits pensent-ils quelque chose, au fait, de cette prose-ramassis de clichés virilistes et ringards dans lesquels la plupart des mecs ne se reconnaissent sans doute même plus ? C'est aussi un mauvais coup contre les commerciaux, dans un pays d'ingénieurs et de techniciens à courte vue où ils ont mauvaise réputation. Bien joué, Levrat !
J'ai personnellement trouvé la dénonciation de cette offre d'emploi sur le Canard Enchaîné du 3 avril, dans un encadré page 5. Mais les Nouvelles News en parlent ICI, et Déesse Diké leur répond ICI.
Ci-dessous, images de Rosie la Riveteuse / Rosie the Riveter, icône populaire de la culture américaine symbolisant les 6 millions de femmes qui travaillèrent dans l'industrie de l'armement et produisirent le matériel de guerre durant la 2ème Guerre mondiale, pendant que les hommes étaient sur les champs de bataille.
dimanche 31 mars 2013
Le modèle de la Ferme
J'ai relevé sur le compte Twitter de Carol J Adams, auteure de La Politique Sexuelle de la Viande quelques publicités de "créateurs" maquignons, de quoi illustrer le modèle de la Ferme décrit par Andrea Dworkin dans Les femmes de droite. Attention, c'est subtil, genre gros sabots pleins de paille.
Une très classieuse affiche de pub d'une clinique de Bucarest pour vous faire perdre du poids et sculpter votre corps : sexisme et spécisme main dans la main ! Men come from apes, women from cows ! Les hommes (qui n'ont jamais aimé les singes par ailleurs) se tiennent sur leurs pattes de derrière, comme les singes donc, tandis que les femmes sont figurées en quadrupèdes. Sous-texte, faut-il le préciser : si vous ne voulez pas ressembler à une grosse vache, vous savez ce qu'il vous reste à faire. Difficile de faire pire dans le sexisme et l'animalisation des femmes. J'ai trouvé ces images sur le blog Human-Animal Studies Images
Pub copiée de cette célèbre image que vous avez reconnue du singe primitif évoluant dans la savane et qui va donner ce superbe spécimen, l'homme -mâle, ça va sans dire ; les femmes, elles, descendent des vaches, c'est moins glorieux ! Sexisme, spécisme qui hiérarchise les animaux, même ornière.
Les blogs féministes dénoncent sans relâche les concours de beauté, à raison, vu qu'ils sont furieusement connotés "foire à la jument à Flers de l'Orne" ou "Comice agricole de Bruz, Ille et Vilaine", comme vous pouvez en juger par ces deux illustrations trouvées sur le site anglophone Sociological images : Guide à destination des juges des concours de beauté ; traduction : épaules tombantes, bustes insuffisamment développés, genoux bovins ou hanches trop larges..., recalées impitoyablement !
Ces règles sont directement inspirées des concours de beauté de bovins ! Ici un guide pour juger du taurillon idéal
Pas de doute, on est dans les standards du Salon International de l'Agriculture !
En ces jours pénibles (surtout pour les omnivores) de scandale de viande de cheval dans les lasagnes, on ne pouvait pas rater ce magnifique visuel pour la Mini
Beef (viande de bœuf normalement) devient en anglais informel virilité, force ; virilité -bœuf- avec plein de chevaux cachés dedans ! On se tue à vous le dire : le boeuf, c'est de la virilité en barre, les végéta*iens sont des femmelettes ! Les vrais mecs se trimbalent en grosses caisses polluantes qui font vroom vroom ! Bœuf égale puissance. La marque n'a pas hésité une seconde à se gausser des soucis de lasagnes des
omnis !
Toujours en matière d'exploits publicitaires, la boulette de Ford India (retirée devant les protestations des féministes indiennes) : après des viols dont la société indienne commence à peine à parler, et en pleine discussion de leur Parlement sur un durcissement des peines pour agression sexuelle, voici un des visuels publicitaires que proposait Ford pour vendre ses bagnoles à super grand coffre aux indiens : Berlusconi au volant de sa Ford avec des femmes attachées dedans ! Les pubeux ne doivent pas vivre le même monde que nous. Ou alors leur cynisme surpasse leur créativité.
Si vous voulez voir les détails, toutes ces images peuvent être agrandies en cliquant dessus.
Une très classieuse affiche de pub d'une clinique de Bucarest pour vous faire perdre du poids et sculpter votre corps : sexisme et spécisme main dans la main ! Men come from apes, women from cows ! Les hommes (qui n'ont jamais aimé les singes par ailleurs) se tiennent sur leurs pattes de derrière, comme les singes donc, tandis que les femmes sont figurées en quadrupèdes. Sous-texte, faut-il le préciser : si vous ne voulez pas ressembler à une grosse vache, vous savez ce qu'il vous reste à faire. Difficile de faire pire dans le sexisme et l'animalisation des femmes. J'ai trouvé ces images sur le blog Human-Animal Studies Images
Pub copiée de cette célèbre image que vous avez reconnue du singe primitif évoluant dans la savane et qui va donner ce superbe spécimen, l'homme -mâle, ça va sans dire ; les femmes, elles, descendent des vaches, c'est moins glorieux ! Sexisme, spécisme qui hiérarchise les animaux, même ornière.
Les blogs féministes dénoncent sans relâche les concours de beauté, à raison, vu qu'ils sont furieusement connotés "foire à la jument à Flers de l'Orne" ou "Comice agricole de Bruz, Ille et Vilaine", comme vous pouvez en juger par ces deux illustrations trouvées sur le site anglophone Sociological images : Guide à destination des juges des concours de beauté ; traduction : épaules tombantes, bustes insuffisamment développés, genoux bovins ou hanches trop larges..., recalées impitoyablement !
Ces règles sont directement inspirées des concours de beauté de bovins ! Ici un guide pour juger du taurillon idéal
Pas de doute, on est dans les standards du Salon International de l'Agriculture !
En ces jours pénibles (surtout pour les omnivores) de scandale de viande de cheval dans les lasagnes, on ne pouvait pas rater ce magnifique visuel pour la Mini
Beef (viande de bœuf normalement) devient en anglais informel virilité, force ; virilité -bœuf- avec plein de chevaux cachés dedans ! On se tue à vous le dire : le boeuf, c'est de la virilité en barre, les végéta*iens sont des femmelettes ! Les vrais mecs se trimbalent en grosses caisses polluantes qui font vroom vroom ! Bœuf égale puissance. La marque n'a pas hésité une seconde à se gausser des soucis de lasagnes des
omnis !
Toujours en matière d'exploits publicitaires, la boulette de Ford India (retirée devant les protestations des féministes indiennes) : après des viols dont la société indienne commence à peine à parler, et en pleine discussion de leur Parlement sur un durcissement des peines pour agression sexuelle, voici un des visuels publicitaires que proposait Ford pour vendre ses bagnoles à super grand coffre aux indiens : Berlusconi au volant de sa Ford avec des femmes attachées dedans ! Les pubeux ne doivent pas vivre le même monde que nous. Ou alors leur cynisme surpasse leur créativité.
Si vous voulez voir les détails, toutes ces images peuvent être agrandies en cliquant dessus.
lundi 25 mars 2013
Les masques torturés de l'héroïsme phallique
"En qualité de féministes, nous habitons le monde d'une façon nouvelle. Nous voyons le monde autrement. Nous menaçons de le chambouler de haut en bas, de le retourner de l'intérieur vers l'extérieur. Nous avons le projet de le changer si totalement qu'un jour prochain les textes des écrivains masculinistes seront des curiosités anthropologiques. De quoi parlait Mailer*, demanderont nos descendants en tombant sur son travail en quelque obscure archive. Et ils s'étonneront, émerveillés, tristes, devant la masculine glorification de la guerre ; les mystifications masculines des tueries, des blessures, de la violence et de la souffrance ; les masques torturés de l'héroïsme phallique ; la vaine arrogance de la suprémacie phallique ; les interprétations appauvries des mères et des filles, et aussi de la vie elle-même. Ils demanderont, est-ce que ces gens croyaient réellement en ces dieux ?"
Andrea Dworkin (1946 - 2005)
*Norman Mailer, marié 6 fois, 9 enfants, "immense" écrivain américain était aussi un mâle suprémaciste : des citations de Mailer sur les femmes parsèment les écrits d'Andrea Dworkin et Kate Millet lui consacre un chapitre entier dans "La politique du Mâle". Personnellement j'ai lu « Un rêve américain » (un type défenestre sa femme parce qu'il n'arrive pas à la dominer et tente de maquiller le meurtre en suicide -le policier qui mène l'enquête bat sa femme- roman écrit après que Mailer, un soir de beuverie -toujours la bonne excuse- ait tenté de tuer sa seconde femme avec un canif), et « Le chant du bourreau », un récit fleuve impressionnant sur l'histoire vraie de Gary Gilmore, meurtrier condamné à la peine de mort en 1976, exécuté en 1977, qui refuse tout recours et insiste pour être exécuté. Mailer a répondu au mouvement de libération des femmes par un livre pamphlet "The prisoner of sex", où il exprime son opinion défavorable au mouvement des femmes et attaque violemment Kate Millet et d'autres féministes.
Lien : Un misogyne est mort, il s'appelait Norman Mailer.
dimanche 17 mars 2013
Les femmes de droite - Andrea Dworkin
Les femmes de droite d'Andrea Dworkin a été publié pour la première fois en 1978 aux USA dans le contexte d'une des batailles pour l'Equal Rights Amendment (ERA) qui rencontra une opposition forte des femmes conservatrices, notamment de l'activiste conservatrice Phyllis Schlafly. Le texte de Dworkin, je vous rassure, n'est pas un comte-rendu de la bataille pour l'ERA, mais une analyse au rayons X du fonctionnement de la société hétéro-patriarcale et de sa réduction des femmes à la baise (fucking) et à la reproduction. Vous noterez qu'il faut à peu près 40 ans pour qu'un livre d'Andrea Dworkin soit traduit en français et encore, heureusement que nous avons les québécois-es pour faire le travail !
J'ai lu le livre dans cette édition :
Andrea Dworkin est une féministe radicale, son propos n'est pas l'égalité des salaires avec les hommes (payés de 20 à 50 % de plus à qualification égale et diplômes généralement inférieurs à ceux des femmes, faut-il le rappeler ?), ni la parité en politique, ni le partage des tâches ménagères, tous combats parfaitement légitimes ; elle ne demande pas non plus que les hommes rejoignent le combat féministe, car "nous ne pourrions rien sans eux" ! Bref, elle n'est pas une réformiste cherchant un illusoire aménagement du patriarcat : elle le dissèque au scalpel et ça remue vraiment.
Alors pourquoi les femmes de droite, selon l'analyse de Dworkin, sont-elles pour le status quo ante ? Parce qu'elles ont l'intelligence des femmes sur la situation qui leur est réservée dans une société dominée par les hommes : elles se marient et elles subissent la violence maritale, elles sont battues, maintenues dans la dépendance familiale et économique à la disposition des hommes, valorisées uniquement par la reproduction et la baise (fucking, le terme de Dworkin), elles avortent dans la clandestinité avec les risques que cela comporte pour leur santé et leur vie ; elles savent aussi l'illusoire liberté des mœurs des années 60, pseudo années de libération sexuelle où le corps des femmes n'était plus refusable aux hommes sous peine d'être traitée de "prude", ou de "coincée", insulte suprême dans une société prétendue sexuellement libérée ; elles savent la contrainte à la sexualité, aux échanges entre multiples partenaires et aux maternités désirées ou non qui s'ensuivent de ces années-là, le fardeau de devoir avorter dans l'opprobre et le danger ; elles savent l'illusion du travail des femmes hors de la maison : reléguées et exploitées dans les tâches dont les hommes ne veulent pas, cyniquement ségréguées dans des emplois-ghettos spéciaux femmes sous des apparences d'égalité (separate-but-equal model), sous-payées, exploitées à l'extérieur comme à l'intérieur dans un "modèle égal mais séparé" ; elles savent la condition indigne réservée aux vieilles femmes qui ne sont plus utiles à la reproduction et à la baise : droguées, (les femmes sont, dans l'hémisphère nord comme aux États-Unis, les principales consommatrices de tranquillisants et de neuroleptiques, en proportions jamais égalées chez les hommes !), elles savent la situation d'abandon des femmes (devenues inutiles) pauvres reléguées, parquées dans des maisons de retraite misérables sous le régime Medicaid (Sécurité sociale minimum pour les pauvres sans assurance privée aux USA, dont les femmes sont les principales récipiendaires), les femmes de droite savent que "sans la reproduction les femmes, en tant que classe sociale, n'ont rien".
Et pour elles tout changement, accès à la pilule, droit à l'avortement, émancipation de la sphère familiale par le travail..., sont des menaces. Le droit à la contraception et à l'avortement est un appel d'air à l'accès sans restriction des hommes au corps des femmes contraintes à la baise sans frein et à la chute du dernier rempart qui les protège (plutôt mal, mais elles pensent que conserver vaut mieux que se risquer à moins de contraintes pour les hommes) ; la sphère familiale et son moralisme bourgeois (fait d'innombrables coups de canifs, elles ne sont pas dupes) est encore le meilleur rempart des femmes contre l'hyper exploitation / prédation masculine.Elles se croient relativement à l'abri au sein de leurs foyers, donc elles tiennent à leur abri. Les hommes de gauche pro-ERA sont accusés de la même manière, car ils profitent aussi de la "libération sexuelle" et dans un système de castes, la caste dominante est toujours favorisée quelle que soit sa couleur politique.
Hors-contexte du vote sur l'ERA, ce texte est une formidable analyse des rapports de domination entre sexes : domination incontestée et incontestable des hommes, et asservissement des femmes dans deux modèles exclusifs proposés : le modèle du Bordel et le modèle de la Ferme.
Le modèle du Bordel : le corps des femmes est livré en morceau (à la découpe) à la pornographie et à la prostitution, puisque les hommes auraient des "besoins" particuliers à assouvir sans passer par les sentiments humains ni la séduction, besoins réputés "irrépressibles", il leur faut donc un stock renouvelable de chair fraîche de femmes à consommer.
Le modèle de la Ferme : le corps des femmes est destiné à la reproduction. Fournir autant de garçons qu'il en faut pour la guerre, la main-d’œuvre de production dans les usines et l'agriculture, et bien sûr, quelques filles pour assurer la reproduction du modèle exclusif de la société patriarcale. D'ailleurs se profile déjà à l'horizon de ces années 70, la location-vente des ventres des femmes pour la GPA (gestation pour autrui), ce qui est tout de même le modèle ultime de la ferme (et de l'élevage hors-sol).
On le voit, même aujourd'hui, ces deux modèles perdurent, malgré les "progrès" relatifs arrachés par le féminisme réformiste. La contrainte au mariage et à la reproduction sont toujours d'actualité : essayez juste de vous revendiquer childfree en société, juste pour entendre "le mépris et le dédain", les objections et les anathèmes les plus éculés provenant des deux sexes ! La marchandisation des corps des femmes est en marche : dans l'industrie de la pornographie comme dans celle à venir de la reproduction dominée par "un troisième acteur, scientifique ou médecin" : il sera très tentant pour les riches couples stériles, pour toutes sortes de raisons, de louer l'utérus des femmes pauvres qui seront contentes de gagner un peu d'argent (surtout leurs maris : plus elles sont pauvres et plus leur destin est contrôlé par les hommes !) en portant les enfants des autres. Les thèses de Dworkin sont bel et bien d'actualité en ce début de 21ème siècle.
Quelques citations (selon ma traduction) :
"L'exploitation est un crime-clé contre les femmes, mais ce n'est pas la même exploitation économique que celle expérimentée par les hommes".
"Les hommes violent, les femmes sont violées ; même dans ces rares cas statistiques où des garçons et des hommes sont violés, les violeurs sont des hommes".
"Le féminisme est la reconnaissance que chaque être humain vit une vie séparée dans un corps séparé, et meurt seul"[...]. C'est la plus simple idée révolutionnaire jamais conçue, et la plus méprisée".
"Le féminisme est la position radicale contre tous les double standards en droits et responsabilités, le féminisme est le soutien révolutionnaire sans faille à un seul standard de liberté humaine".
J'espère que ce résumé vous donnera envie de le lire ! "Les femmes de droite" est officiellement lancé en France Mercredi 20 mars 2013 à la Librairie Violette and Co à Paris 11ème. Et votre libraire en régions ne peut pas vous en refuser la commande chez l'éditeur. La traduction est de Michèle Briand et de Martin Dufresne, relecture de Rachel Bédard et de Christine Delphy, préface de Christine Delphy.
Liens : Le billet d'Anti-sexism sur Les femmes de droite
Son forum féministe où vous trouverez de nombreuses citations.
Tous les textes d'Andrea Dworkin sont en accès libre et gratuit sur Internet en suivant le lien :
Feminist archive, The complete works of Andrea Dworkin. Evidemment, c'est en anglais.
J'ai lu le livre dans cette édition :
Andrea Dworkin est une féministe radicale, son propos n'est pas l'égalité des salaires avec les hommes (payés de 20 à 50 % de plus à qualification égale et diplômes généralement inférieurs à ceux des femmes, faut-il le rappeler ?), ni la parité en politique, ni le partage des tâches ménagères, tous combats parfaitement légitimes ; elle ne demande pas non plus que les hommes rejoignent le combat féministe, car "nous ne pourrions rien sans eux" ! Bref, elle n'est pas une réformiste cherchant un illusoire aménagement du patriarcat : elle le dissèque au scalpel et ça remue vraiment.
Alors pourquoi les femmes de droite, selon l'analyse de Dworkin, sont-elles pour le status quo ante ? Parce qu'elles ont l'intelligence des femmes sur la situation qui leur est réservée dans une société dominée par les hommes : elles se marient et elles subissent la violence maritale, elles sont battues, maintenues dans la dépendance familiale et économique à la disposition des hommes, valorisées uniquement par la reproduction et la baise (fucking, le terme de Dworkin), elles avortent dans la clandestinité avec les risques que cela comporte pour leur santé et leur vie ; elles savent aussi l'illusoire liberté des mœurs des années 60, pseudo années de libération sexuelle où le corps des femmes n'était plus refusable aux hommes sous peine d'être traitée de "prude", ou de "coincée", insulte suprême dans une société prétendue sexuellement libérée ; elles savent la contrainte à la sexualité, aux échanges entre multiples partenaires et aux maternités désirées ou non qui s'ensuivent de ces années-là, le fardeau de devoir avorter dans l'opprobre et le danger ; elles savent l'illusion du travail des femmes hors de la maison : reléguées et exploitées dans les tâches dont les hommes ne veulent pas, cyniquement ségréguées dans des emplois-ghettos spéciaux femmes sous des apparences d'égalité (separate-but-equal model), sous-payées, exploitées à l'extérieur comme à l'intérieur dans un "modèle égal mais séparé" ; elles savent la condition indigne réservée aux vieilles femmes qui ne sont plus utiles à la reproduction et à la baise : droguées, (les femmes sont, dans l'hémisphère nord comme aux États-Unis, les principales consommatrices de tranquillisants et de neuroleptiques, en proportions jamais égalées chez les hommes !), elles savent la situation d'abandon des femmes (devenues inutiles) pauvres reléguées, parquées dans des maisons de retraite misérables sous le régime Medicaid (Sécurité sociale minimum pour les pauvres sans assurance privée aux USA, dont les femmes sont les principales récipiendaires), les femmes de droite savent que "sans la reproduction les femmes, en tant que classe sociale, n'ont rien".
Et pour elles tout changement, accès à la pilule, droit à l'avortement, émancipation de la sphère familiale par le travail..., sont des menaces. Le droit à la contraception et à l'avortement est un appel d'air à l'accès sans restriction des hommes au corps des femmes contraintes à la baise sans frein et à la chute du dernier rempart qui les protège (plutôt mal, mais elles pensent que conserver vaut mieux que se risquer à moins de contraintes pour les hommes) ; la sphère familiale et son moralisme bourgeois (fait d'innombrables coups de canifs, elles ne sont pas dupes) est encore le meilleur rempart des femmes contre l'hyper exploitation / prédation masculine.Elles se croient relativement à l'abri au sein de leurs foyers, donc elles tiennent à leur abri. Les hommes de gauche pro-ERA sont accusés de la même manière, car ils profitent aussi de la "libération sexuelle" et dans un système de castes, la caste dominante est toujours favorisée quelle que soit sa couleur politique.
Hors-contexte du vote sur l'ERA, ce texte est une formidable analyse des rapports de domination entre sexes : domination incontestée et incontestable des hommes, et asservissement des femmes dans deux modèles exclusifs proposés : le modèle du Bordel et le modèle de la Ferme.
Le modèle du Bordel : le corps des femmes est livré en morceau (à la découpe) à la pornographie et à la prostitution, puisque les hommes auraient des "besoins" particuliers à assouvir sans passer par les sentiments humains ni la séduction, besoins réputés "irrépressibles", il leur faut donc un stock renouvelable de chair fraîche de femmes à consommer.
Le modèle de la Ferme : le corps des femmes est destiné à la reproduction. Fournir autant de garçons qu'il en faut pour la guerre, la main-d’œuvre de production dans les usines et l'agriculture, et bien sûr, quelques filles pour assurer la reproduction du modèle exclusif de la société patriarcale. D'ailleurs se profile déjà à l'horizon de ces années 70, la location-vente des ventres des femmes pour la GPA (gestation pour autrui), ce qui est tout de même le modèle ultime de la ferme (et de l'élevage hors-sol).
On le voit, même aujourd'hui, ces deux modèles perdurent, malgré les "progrès" relatifs arrachés par le féminisme réformiste. La contrainte au mariage et à la reproduction sont toujours d'actualité : essayez juste de vous revendiquer childfree en société, juste pour entendre "le mépris et le dédain", les objections et les anathèmes les plus éculés provenant des deux sexes ! La marchandisation des corps des femmes est en marche : dans l'industrie de la pornographie comme dans celle à venir de la reproduction dominée par "un troisième acteur, scientifique ou médecin" : il sera très tentant pour les riches couples stériles, pour toutes sortes de raisons, de louer l'utérus des femmes pauvres qui seront contentes de gagner un peu d'argent (surtout leurs maris : plus elles sont pauvres et plus leur destin est contrôlé par les hommes !) en portant les enfants des autres. Les thèses de Dworkin sont bel et bien d'actualité en ce début de 21ème siècle.
Quelques citations (selon ma traduction) :
"L'exploitation est un crime-clé contre les femmes, mais ce n'est pas la même exploitation économique que celle expérimentée par les hommes".
"Les hommes violent, les femmes sont violées ; même dans ces rares cas statistiques où des garçons et des hommes sont violés, les violeurs sont des hommes".
"Le féminisme est la reconnaissance que chaque être humain vit une vie séparée dans un corps séparé, et meurt seul"[...]. C'est la plus simple idée révolutionnaire jamais conçue, et la plus méprisée".
"Le féminisme est la position radicale contre tous les double standards en droits et responsabilités, le féminisme est le soutien révolutionnaire sans faille à un seul standard de liberté humaine".
J'espère que ce résumé vous donnera envie de le lire ! "Les femmes de droite" est officiellement lancé en France Mercredi 20 mars 2013 à la Librairie Violette and Co à Paris 11ème. Et votre libraire en régions ne peut pas vous en refuser la commande chez l'éditeur. La traduction est de Michèle Briand et de Martin Dufresne, relecture de Rachel Bédard et de Christine Delphy, préface de Christine Delphy.
Liens : Le billet d'Anti-sexism sur Les femmes de droite
Son forum féministe où vous trouverez de nombreuses citations.
Tous les textes d'Andrea Dworkin sont en accès libre et gratuit sur Internet en suivant le lien :
Feminist archive, The complete works of Andrea Dworkin. Evidemment, c'est en anglais.
lundi 11 mars 2013
Marche et Happening du 8 mars
#8mars - Retour sur quelques évènements : une marche de nuit non mixte à Lyon, assez héroïque, compte-rendu à lire sur le lien "Libres, majeures et vaccinées, pas besoin d'être escortées".
Liens : sur l'historique des Marches de Nuit non mixtes :
Marcher la nuit pour ne plus nous faire marcher dessus le jour !
Marche de nuit à Rennes le 8 octobre 2012
Reprenons la nuit, reprenons la rue !
"La culture graffiti est née dans les stéréoptypes masculins misogynes où les femmes sont dévalorisées, présentées comme soumises, et surtout incapables de percer dans ce milieu" !
Liens inspirants : Wall of femmes.
Getting noticed (Se faire remarquer) :
"Les stencils représentent la critique des rues couvertes de publicités exploitant l'image des femmes. Une réponse populaire avec des images de femmes, de leurs actions leurs mots et leur vies remplies, qui défient les leviers patriarcaux de contrôle de la société. Le graffiti est aussi une opportunité d'éducation,... de s'affirmer visuellement".
Well behaved women seldom make history ! Les femmes polies font rarement l'histoire !
A vos stencils et pochoirs ! Investissez le street art et la rue !
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