Crédit Image SDIS 33 : au coeur de l'incendie en Gironde
On ne voit pas le bout de ce calamiteux été infernal, aux pointes de température jusqu'à 40 °C en Bretagne, sur des durées sans précédent, sur plusieurs périodes, depuis fin mai et en juin, mois où les journées sont les plus longues. Vivre dans le noir dans un appartement bouilloire thermique, volets descendus serrés dès 8 H 30, relevés si tout va bien vers 20 H, mais au pire à 22 H, quand on peut espérer un peu de fraîcheur pas toujours au rendez-vous. Rajouter trois nuits à l'hôtel climatisé pour faire baisser ma température et encaisser une nouvelle fournaise, en passant la journée sur la banquette arrière de ma voiture dans mon box de parking souterrain, lui à une température acceptable, permettant de passer les inconvénients du sous-sol. Et dormir les portes-fenêtres grandes ouvertes, volets remontés pour profiter du moindre souffle frais, au détriment de ma sécurité (la ville est peuplée de mauvais garçons à l'affût d'un mauvais coup), rassurée par un couteau de cuisine sous mon oreiller et par un mégaphone sur ma table de chevet.
Vivre au gré des mauvaises nouvelles : méga feux de forêts et pinèdes, populations déplacées, et surtout, ce que je ne supporte pas, voir des animaux totalement égarés, affolés, ne sachant où se diriger, car le feu est pour le coup à leur maison à eux. Quand ils ne sont pas morts empoisonnés ou étouffés par les fumées, alors qu'eux ne sont pour RIEN dans cette catastrophe climatique, générée par l'incurie de l'espèce humaine.
Entendre la ministre de la la FNSEA, pardon, de l'agriculture, donner le chiffre de neuf mille TONNES d'animaux d'élevage (surtout poulets et poules pondeuses, cailles, dindes et cochons) morts étouffés par la chaleur dans leurs tunnels industriels mal ventilés. On ne fait pas plus réifiant ni méprisant pour la vie animale, considérée sous l'angle du rapport et du retour sur investissement. Un système mortifère et délétère. Les éleveurs aux prairies asséchées sont déjà sur leur réserve de fourrage et d'ensilage de l'hiver, et la récolte de cet été est médiocre (maïs sans épis), -moins 35 %, selon un économiste cité par Charlie Hebdo du 19 août 2026. Et c'est valable pour tout le monde. Donc, il n'y aura aucune possibilité de réapprovisionner sur le marché même à prix haussier. Attendez-vous donc à un envoi massif d'animaux (bovins, caprins, moutons) aux abattoirs, prix de vente cassés par les éleveurs (on n'a pas fini de les entendre pleurer, voire manifester en cassant tout) qui ne se répercuteront pas sur vos prix d'achat à la boucherie, les cyniques hypermarchés en profiteront pour reconstituer leurs marges, garanti sur facture ! Le système est fini, mort, enterré. Manger de la viande par ces temps apocalyptiques, c'est comme se balader avec une boîte d'allumettes dans des herbes sèches !
Aussi, voici mes solutions (radicales) pour arrêter l'emballement de la montée des températures : elles ne vont pas plaire, mais si des politiques sans inspiration veulent s'en emparer, pas de problème, elles ne sont pas déposées, je leur en fais volontiers cadeau.
Fin de l'élevage et de la consommation de viande : les éleveurs devront se reconvertir à l'agriculture de subsistance, cultiver des céréales, des légumes, des légumineuses et des fruits, sur des ceintures de champs autour des villes (ce qui implique l'arrêt de la vitrification de terres pour y mettre des parkings et des centres commerciaux, et l'arrêt de l'agrandissement des métropoles barbares) pour les approvisionner en nourriture végétale de saison, en toutes saisons. Au besoin en en salariant quelques-uns au début pour approvisionner les collectivités (hôpitaux, maisons de retraite, écoles). En tant qu'antispéciste, je ne préconise pas d'envoyer tous ces animaux à l'abattoir : on les garde mais on ne leur demande plus rien, plus de petits, pas de viande, pas de lait..., seulement d'entretenir les prairies, fossés (les chèvres ont quasiment été sélectionnées pour cela) et débroussaillage des forêts par les chevaux de trait en les rentrant le soir ! Cela les changera de s'ennuyer et de faire du gras dans des prairies en regardant passer les randonneuses. Je ne suis pas ennemie de leur écrire une convention collective sur leurs droits de travailleurs. Pas question d'en laisser divaguer ni de faire proie pour les prédateurs. Ce sont des animaux d'élevage, aussi, on respecte le contrat : soins vétérinaires, vaccination, en attendant leur mort naturelle. Cela limitera les pétaradages masculins sur les gros engins thermiques qu'ils affectionnent tellement. Une chèvre vous débroussaille un fossé sans faire de potin ni sans émettre de pollution, hormis un peu de méthane (au passage 28 fois plus réchauffant que le C02, ce qui prouve que l'élevage est une hérésie). Ce sera un peu plus compliqué pour les poules, poulets, dindes et cochons, mais avec de l'imagination on peut résoudre la question. Si on les donne à des particuliers susceptibles de les accueillir ce sera contre bons soins, avec interdiction de les passer à la casserole.
Fin de la pêche hauturière et artisanale : les mers sont vides (en France, le Golfe de Gascogne typiquement), les pêcheurs consomment du pétrole (détaxé) pour aller vider les océans plus loin, et retour. C'est insensé. On désarmera donc les chalutiers, ou on leur demandera de dépolluer la mer, d'abord de leurs filets, palangres, et autres engins tueurs qui, quand ils sont perdus, continuent à pêcher passivement. En plus, ils sont en plastique ! Ils pourront ensuite s'attaquer au nettoyage des fonds des déchets que notre espèce insouciante a semés partout, macro et micro plastiques, engins de guerre, poisons divers.
Fin finale des hydrocarbures, on les laisse dans le sol, où ils étaient très bien et n'emmerdaient personne. On peut toutefois, en attendant une adaptation, en réserver pour les secours, soignants et autres urgences. Mais les ministres et chefs d'états ne sont pas des urgences, ils se déplaceront à pied, à vélo, en car ou en train. Les transports en commun et le télétravail deviennent prioritaires. Les sociétés humaines, très débrouillardes et industrieuses s'adapteront vite, à condition bien sûr d'accepter de vivre sobrement. Finis les week-end à Santorin d'un coup d'avion alors qu'on a La Baule à côté ! Sans rire, c'était le projet de l'aéroport de Notre-Dame des Landes. D'ailleurs, fini le transport aérien : le gros Trump va devoir se mettre aux conférences sur Zoom, ce qui ne va pas améliorer son tour de taille j'en conviens, mais comme il sera devenu végétalien, cela compensera. Fin aussi des sommets internationaux dans des villégiatures à la mer l'été, ou à la neige l'hiver. Les riches, comme les autres, feront ceinture et passeront à la sobriété.
Les machines, toutes sans exception, seront fabriquées pour durer une vie entière : on produira les pièces détachées qui remplaceront celles usées. Les smartphones deviennent des dumb phones, c'est bien assez pour être sonnée comme une domestique pour aller garder les petits-enfants, n'est-ce pas Mesdames ? Et on formera les gens pour les réparer eux-mêmes au besoin. On ne jette plus rien, on répare, on prête, on revend, on recycle. On arrête l'intelligence artificielle générative (elle consomme trop d'énergie et il faut refroidir ses supports machines) avant qu'elle nous double et nous trahisse, occurrence désormais sérieusement évoquée par ses promoteurs développeurs. Quand un système ou un organisme arrive à une grande complexité, il conquiert son autonomie, voyez le cas du cerveau humain. On la remplacera par l'intelligence naturelle qu'on fera servir pour des projets durables et utiles à tous. Evidemment les fermes à serveurs bourrées de photos de chats qui pètent, de vieilles échographies et de photos de vacances que personne ne regarde plus seront déclarés indésirables. L'eau sert à nous désaltérer, nous laver, à cuisiner, arroser les cultures, pas à refroidir des machines. Et, bonne nouvelle, les écoles arrêteront de fabriquer des crétins finis, pompant leurs devoirs sur l'IA !
Fin du tourisme consommateur de paysages et agrégateur de chair humaine sur les mêmes plages, îles paradisiaques, et sites remarquables. D'ailleurs, ce n'est déjà plus possible tous ces afflux de population excédentaire, leurs détritus à ramasser par les communes d'accueil, leur surconsommation d'eau devenue rare, comme en Bretagne cet été. Certains sites et villes limitent déjà le nombre de visites et de touristes par des quotas : Bréhat en Bretagne, Barcelone en Catalogne, Venise devient payante, certains monuments aussi, ce qui est dissuasif. L'espèce humaine est trop nombreuse, ses transhumances saisonnières sont insupportables pour l'environnement. On les a vus cet été aller vers des zones en feu parce qu'ils avaient réservé un séjour ! Pour être évacués après quelques jours et encombrer les salles mises à la disposition des réfugiés du cru. On les voit aussi fuir en maillot de bain, enfants et animaux dans les bras, les flammes leur léchant le derrière, comme en Grèce. Ce sont des vacances, vraiment ?
Fin des comptabilités basées sur les additions des PIB destructeurs des ressources naturelles, des humains et des animaux asservis. On calculera la richesse nationale en faisant aussi les soustractions qui s'imposent pour avoir diminué les ressources des générations à venir et avoir pollué durablement leur biotope. Fin de cette insouciance totalement incompréhensible quand on prétend mettre au monde des enfants et vouloir leur donner un avenir. Il est temps d'être sobre là aussi. Nos machines nous remplacent, a-t-on besoin de toute cette population qu'on ne sait pas employer ?
Fin de la globalisation qu'on nous a vendue dans les années 90 en nous faisant de fausses promesses. On relocalise tout ce qu'on peut et qui est vital pour notre survie. Dépendre de politiciens malintentionnés, d'empires qui se font perpétuellement la guerre, pour des ingrédients de médicaments, des masques en cas d'épidémie, de nourriture, le comble, c'est être au minimum léger, voire totalement incompétent.
Fin de la spéculation boursière sur les marchés à terme (futures) à étages : c'est un jeu de garçons qui parasitent l'économie en jouant au casino, s'enrichissant de façon inconvenante, tandis que la planète brûle et que les femmes se traînent dans la nécessité. Ces métiers boursiers sont indécents, qui créent des centaines de milliards de richesse virtuelle, donc qui n'existent pas dans la réalité et faussent le jeu économique.
On encouragera les femmes à l'autonomie et à l'auto-détermination par l'école, le collège, le lycée et l'université. Désarrimées de la reproduction, elles feront ce qu'elles font depuis toujours avec talent : ingénieures environnementalistes, agronomes, hydrologues, expertes en climat et météorologie, médecins, vétérinaires, psychologues pour animaux (et humains), ostéopathes pour chevaux, magistrates et avocates en droit de l'environnement et de l'animal, professeures d'université, journalistes, artistes. Ministres et présidentes de la République, parce qu'on a confiance en leurs talents et leurs compétences qui sont réelles. On fait enfin confiance aux femmes. Ce ne sera pas trop tôt ! Quand on voit l'état du monde, on aurait dû commencer bien avant.
Mon plan est radical, mais il est nécessaire. Si dès le dernier incendie éteint, la rentrée scolaire effectuée, on nous reparle de baisse ou hausse du prix de carburant à la pompe (il vaut mieux qu'il monte, on voit bien que les gens font des efforts pour s'en passer !), de pouvoir d'achat (pouvoir de destruction de la nature), et les mois qui viennent vont être rudes, les récoltes ont été très mauvaises à cause de la sécheresse, c'est qu'on n'aura rien appris de ce long été aride et trop chaud. Alors tant pis pour vos enfants. On aura beau "s'adapter", ils hériteront d'une planète quasi invivable. Une sorte de planète Mars aride et trop chaude. Nous devons stopper cet emballement. Nous avons créé les problèmes, à nous de réparer ce qui peut l'être. Nous avons réussi à nous entendre planétairement deux fois : dans les années 80 sur la fin des CFC pour stopper la destruction de la couche d'ozone, et pendant le COVID où il y a eu accord général pour arrêter la pandémie en arrêtant l'économie mondiale. Cela devrait être possible une troisième fois pour arrêter l'emballement climatique !
Au cours de cet été prévisible et prévu, nous avons vu l'Europe brûler, la France brûler, la Bretagne brûler et la Belgique aussi, nous avons perçu que notre maison est fragile et que nos premiers soins sont de la préserver et de modifier nos comportements illimitistes destructeurs.
" La crise climatique transforme le monde tel que nous le connaissons. Nous sommes conscients de ce qu'il se passe, nous savons ce qui doit changer et nous savons que le temps qui nous reste pour éviter le point de non retour se réduit de jour en jour. Et pourtant, tout en faisant le bilan de nos pertes, nous continuons à prendre des décisions qui ne font que les multiplier, car cette soif insatiable de croissance infinie continue de tout régir, même lorsqu'elle nous conduit au bord du précipice. Parviendrons-nous à trouver la force de regarder la réalité en face, et à changer le cours des choses avant que le déséquilibre écologique que nous avons créé ne devienne définitivement irréversible ? "
Cette citation est la conclusion de La mer en feu sur ARTE tv. Je ne mets pas le lien, appelé à être déplacé ou à se corrompre. Le documentaire est trouvable avec les mots-clés du titre.
Photo trouvée sur la plate forme Bluesky, compte @climatenews.bsky.social à qui je l'emprunte.




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