vendredi 7 septembre 2012

Elle concilie, il se met les pieds sous la table

Je jette de temps en temps un oeil sur le portail Synagri pour des raisons de protection des animaux et de l'environnement, car il est plein de ressources sur l'agriculture et l'élevage, et d'annonces diverses qui m'intéressent à ces titres. J'ai déjà écrit un billet sur les stéréotypes de genre en trouvant sur Synagri la page Facebook toute rose spéciale fiiiiiiiilles des agricultrices bretonnes ; il y figurait même des bobottes roses Barbie. Trouvées chez Aigle ? Moi je ne trouve chez Aigle que des bottes marine ou kaki, mais bon. Il se trouve donc que le 15 octobre prochain, La Chambre organise la Journée des Agricultrices : "femme, maman, cheF d'entreprise, Responsable, un beau défi à relever !". Bigre. Effectivement :



Mais où sont les mecs dans tout ça ? Ils ne concilient pas eux ? Ils ne sont pas "hommes", "pères de famille/papas", "responsables" et "professionnels" en même temps ? L'exemple choisi dans la vidéo est celui de la femme producTEUR de lait : en effet, inutile d'espérer que malgré les 4 journées en une, elles parlent d'elles au féminin en plus ! Producteur, même de lait (les femmes dedans à la laiterie et les mecs dehors aux champs ?) est une fonction éminemment masculine, bien sûr, pas question de se l'approprier en la féminisant en producTRICE de lait !

Toutes catégories professionnelles confondues, les pensions des femmes à la retraite sont de moitié inférieures à celles des hommes selon l'INSEE en suivant ce lien récent. Mobile invoqué, comme disent les policiers pour expliquer un crime, "En moyenne nos études montrent que les femmes travaillent [professionnellement] 2/3 du temps total des hommes" ! Fermez les guillemets. Vous noterez que le [entre crochets] est d'importance capitale. Le travail de "femme", de "maman" et de "responsable" compte, j'en ai peur, pour du beurre comme on dit dans les laiteries. Le producteur, c'est un mâle, la production mâle est la seule qui compte dans le PIB (Produit Intérieur Brut), tout le reste est tricot, occupation de femmes, passe-temps, élevage des enfants de Raoul, vous avez encore bien de la chance qu'on vous organise UNE journée pour en parler entre copines et partager vos expériences. C'est vrai quoi à la fin, que demande le peuple ?
Concilier est vraiment le pire mot de la langue française. Juste après patriarcat et parasite.

samedi 1 septembre 2012

Militantisme - Activisme



























Parce plus que jamais le corps des femmes est un champ de bataille et que nos droits conquis de haute lutte peuvent nous être retirés au gré des besoins et impératifs du Patriarcat, voici quelques liens et évènement militants.

Trouvé sur le Blog De l'autre côté, une marche de nuit féministe en non-mixité à Rennes en octobre prochain : à noter sur vos agendas si vous êtes dans la région.

































J'apprends par Mauvaise Herbe que la féministe radicale Shulamith Firestone vient de mourir dans l'oubli et la solitude, abandonnée par la société. A l'âge de 25 ans, dans les années 70, elle a écrit The dialectic of sex : The case for féminist revolution inspiré des travaux de Marx et Engels, travaux dont elle étendait l'analyse à l'oppression et l'exploitation des femmes dans la famille nucléaire. Elle est la fondatrice du groupe féministe radical Redstockings (les Bas Rouges) en 1969.

Voici quelques citations de The dialectic of sex, concernant les femmes :

"Son identité entière est dans la balance de sa vie amoureuse ; il lui est permis de s'aimer elle-même uniquement si un homme la trouve digne d'amour".

"... l'amour est essentiellement un phénomène plus simple -- il devient compliqué, corrompu et empêché par l'inégale balance des pouvoirs".

"Etre adorée n'est pas être libre".

"La culture mâle est parasite, car elle se nourrit de la force émotionnelle des femmes sans réciprocité". Shulamith Firestone




























Et puis, sous forme de clin d’œil humoristique, spéciale dédicace à tous ceux qui me cassent les pieds et les ovaires avec la question qu'on pose communément aux végés "Mais où donc trouvez-vous vos protéines ?" Oui, c'est vrai, on se demande bien !




















Comme vous pouvez le constater, on a un peu de pain sur la planche !
Bonne rentrée activiste et militante.

samedi 25 août 2012

Billet d'été : choses vues et entendues

Près de chez moi, il y a une ferme conservatoire, appartenant au Conseil Général d'Ille et Vilaine, dont les objectifs sont de chercher, trouver et conserver des animaux et des végétaux en voie de disparition, toutes ces races et espèces régionales qui ne trouvent plus d'éleveurs, laminées par les souches INRA plus productives, comme la Frisonne/Holstein laitière de compétition, ou la poule Gallus Gallus, pondeuse en cage et poulet de chair élevé en tunnel, priés de produire un œuf par jour pendant un an, ou ses 2,6 kg de chair en 39 à 42 jours !  


















La façade du corps de ferme



















La chambre à coucher.

















Seigles et bleuets.

La fierté de la Bintinais est d'avoir remis la main il y a 30 ans, en cherchant comme des malades, sur la poule Coucou Gris de Rennes, en crapahutant dans les champs, pour finalement en retrouver trois ou quatre chez un  retraité près d'Angers, un vrai coup de bol : la race était perdue et allait s'éteindre ! 

























Un coq de la Flèche (race locale sarthoise) plumage noir et en guise de crête rouge, deux cornes de démon ! Un de ces oiseaux m'a un jour sauté dessus à la vitesse de l'éclair, griffes et bec, j'ai eu mal pendant 30 minutes ! Race rustique : sportive et adaptée, capable de se défendre.
















Et les divas (type Castafiore) du domaine :

























Unie, c'est son nom, cheval (jument) de trait breton - Robe alezan brûlé, crinière blanche.







































et Virgule (âne commun, nom de la race : l'adjectif la vexerait !) ; elle se précipite devant les caméras et appareils photos quand elle en voit !

















Vache nantaise. Elle prend réellement la pose et me regarde. Derrière elle, une vache armoricaine, belle robe rouge bordeaux.

























Veau armoricain. Mais qu'est-ce qu'ils ont à leur mettre deux boucles d'oreilles aussi grosses et ridicules ?

























Nantaise à l'étable avec son veau nouveau-né.
Comme j'avais remarqué 15 jours plus tôt un autre nantais, je demande un à des techniciens agricoles ce qu'il est devenu puisque je ne le voit plus ? On l'a vendu, me répond-il prudemment. A qui ? Heu, à l'abattoir : c'était un mâle et on n'a pas pu le garder ! Effectivement, il n'y a aucun mâle dans cet élevage (hormis un ou deux boucs -chèvres des fossés) car en élevage, "les mâles ne servent à rien", me précise-t-il ! La vérité sort de la bouche des techniciens agricoles : je note, les mâles ne servent à rien.
Comme c'est l'heure de mettre au champ pour la nuit les vaches exposées à l'étable pour les visiteurs, quelques-uns de ceux-ci se précipitent pour les voir arriver dans le pré où elles vont toutes passer la nuit. Une famille, humaine celle-ci, (la mère, le fils de 3 ou 4 ans, et les deux grands parents) est près de moi qui fais des photos et, devant les cris d'excitation du petit garçon, sa mère lui explique en voyant deux vaches près du veau armoricain : "Tu as vu le papa et la maman avec leur petit veau ?"  Dressage social hétérosexuel, en plus, c'est dingue ! Bon, là, je m'en mêle et explique posément qu'en fait c'est une vache et une génisse avec un veau nouveau-né, car "il n'y a pas de taureau dans cette ferme, les veaux mâles sont systématiquement envoyés à l'abattoir !". Juste pour faire œuvre de pédagogie, une bonne intention finalement. Je vois la dame commencer à se décolorer légèrement.
Zut, j'aurais gaffé ? Je suis trop franche ? Et effectivement : 
- Keskeldi ? demande le petit garçon inquiet. Sa mère est verte.
- La dame dit que le papa du petit veau est dans un champ à côté, traduit-elle en me regardant l'oeil noir.
Voilà. Ces industries de l'élevage et de la viande fonctionnent sur le mensonge aux petits enfants. Si on leur disait la vérité dès le début, ils refuseraient d'en manger. Quand le pli est pris, des années plus tard, plus de problème, ils avalent leur foie de veau sans se poser de question.

Ce petit film vidéo montre qu'en deux siècles de progrès humain, de haute lutte, les esclaves se sont libérés et les femmes ont conquis leurs droits civiques, grâce à des militant-e-s convaincu-e-s qui ont fait l'Histoire ! Il ne tient qu'à nous de ne pas faire de différence entre ceux que nous choyons -chiens et chats- et ceux que nous tuons, "races à viande" qui finissent dans nos assiettes. Tous les animaux naissent comme les humains, libres.



Mouton noir d'Ouessant.


samedi 18 août 2012

Brave

Je suis allée voir Rebelle, le film d'animation en ce moment sur vos écrans. Merida, Princesse brave (rebelle en français, légèrement plus connoté négatif) n'est pas une une Princesse Disney, mais une Princesse Pixar.

















Loin de moi l'idée de faire de la pub sur mon petit blog pour les grands studios Disney ou même les studios Pixar, filiales du premier. Ce serait bien prétentieux et ridicule de ma part. Mais Pixar a le chic de mettre les codes à l'envers dans ses films, et j'aime ça ! Déjà dans Nemo, film environnementaliste (rappelez-vous la bouleversante phrase des prisonniers de l'aquarium "Tous les égouts mènent à la mer !") la mère est remplacée par un papa poule et le héros est un poisson handicapé "faible de la nageoire" ; de plus, c'est une fille affublée d'un affreux appareil dentaire -la fille du dentiste- qui sème la terreur. Sans oublier que le requin de la bande essaie de devenir végétarien.

Merida, princesse des highlands d'Ecosse, fille de sa mère la reine attachée aux traditions, et de son père le roi (aucune autorité et soumis à sa femme) chevauche à cru son  charismatique cheval Angus, un solide ardennais, galope dans la forêt, et s'entraîne au tir à l'arc. Elle cure aussi le fumier d'Angus et lui bouchonne le poil, une fois tous deux rentrés à l'écurie. Ses frères, des triplés rouquins incontrôlables, complètent la famille. Il y a évidemment une sorcière à nez crochu et verrue poilue, pire, équipée en guise de service après-vente, d'une odieuse messagerie vocale avec indications de touches de renvoi vers le service désiré (commercial, technique, facturation, résiliation d'abonnement), comme dans n'importe quelle maltraitante entreprise de nouvelles technologies ! Les ravages du "progrès teknik" ! Pas pratique quand votre mère vient juste d'être transformée en ourse. La sorcière est sculptrice, elle manie donc le tour à bois, la forge et le fer à souder, outils éminemment masculins.

Trois princes charmants (?), paltoquets sans envergure ni conversation viennent concourir (en plantant toutes leurs joutes) pour la main de la belle, pour le moins rétive et résistante, mais contrainte par sa mère. Je ne vais pas raconter l'histoire : sachez que c'est drôle, enlevé, les paysages écossais sont magnifiques alternant forêts, menhirs et dolmens, soleil et brouillards. La chevelure serpentine de Merida est vivante. Aventure initiatique de deux femmes solidaires l'une de l'autre, la reine va apprendre de sa fille à retrouver ses réflexes primaux, comme par exemple manger en se servant de ses griffes et de ses dents, en se passant de fourchette. Et bien sûr, pendant qu'elles sont occupées ailleurs, le palais au main des mecs part en couilles ! Évidemment, il y a un happy ending, mais sans le dressage social hétérosexuel habituel, la fille dans les bras du garçon, avec baiser récurage de glotte. La Princesse ne rencontre pas son Prince. "Pas un mec potable, même à la fin" écrit Télérama. Elle trouvera l'harmonie et l'accomplissement seule, c'est son choix et il sera respecté. Le message est empowering pour les filles : Merida, princesse brave, liquide le Prince Charmant. A voir en famille, seul-e ou à 2, 4 ou 10 !

Liens : la critique de Télérama
Têtue : Cinq bonnes raisons d'aller voir "Rebelle" et son héroïne crypto-lesbienne

mercredi 8 août 2012

Guerre des espèces

Les vacances d'été battent leur plein, les planchistes se rassemblent en grand nombre sur les spots de surf et y font grand bruit. Les fond marins étant depuis longtemps ratissés par la flotte mondiale de pêche en surnombre, la ration de survie des prédateurs marins, dont celle des requins est menacée : ils ne trouvent plus rien à se mettre sous la dent. D'où la tentation d'aller se servir à la Réunion : les surfeurs font d'excellents casse-croûte et ils y sont nombreux et imprudents. Notre arrogante et envahissante espèce, qui se livre par ailleurs à la surpêche, a une réaction prévisible : les requins vont payer, mais sans le dire aussi explicitement ! En effet, les requins sont une espèce menacée et, de plus, le lieu est une réserve marine, autrement dit un sanctuaire. Comment se déjuger pour un état voyou qui trouve également normal de tuer des louves par arrêté préfectoral alors que la France est signataire de la Convention de Berne qui les protège ? Une trouvaille Japonaise pour tuer des baleines protégées par la CBI* va fort opportunément resservir : pêche scientifique. Le préfet de La Réunion s'en empare : on ne va pas les tuer en représailles non, on va prélever 20 requins afin d'analyser leur comestibilité ou leur toxicité ! Et qu'importe si personne n'en mange, tant que les apparences sont sauves.

Même temps, mais autres lieux, un super chalutier hollandais The Margiris, (article en anglais et photos), le plus gros que la mer ait jamais porté (142 m de long, capable de contenir 4 jumbo jets) quitte la Côte d'Ivoire où il a fini de piller les côtes africaines et fait  route vers l'Australie où des activistes ne veulent pas le voir arriver. Oui à une pêche responsable et soutenable disent-ils, non à des prises de
18 000 tonnes de poissons dont les bancs sont traqués avec des technologies militaires : sondes écho-radar, géolocalisation par satellite, avec chaluts de 300 mètres de long ! Le bycatch (prise de poissons et d'autres espèces -tortues, dauphins..., que nous ne consommons pas et qui sont rejetés MORTS à la mer) est absolument considérable et constitue un gaspillage irresponsable, une véritable boucherie d'animaux marins.

La Présidente de Sea Shepherd France rappelle fort opportunément au Préfet de la Réunion que les requins tuent infiniment moins que la violence routière machiste qui a tué sur les routes réunionnaises 757 personnes ces 10 dernières années, et que les maris violents responsables de la mort de 6 femmes en 2011. Deux poids deux mesures, double standard : les requins n'ont tué que 2 personnes en 2011, deux de trop, bien entendu, mais c'est plus facile de tuer des requins que d'éduquer les maris violents et les chauffards de la route ! Sa lettre est ICI

Et si vous ne croyez toujours pas qu'il s'agit bien d'une guerre, la vidéo ci-dessous apporte une réponse :



Liens : STOP THE TRAWLER 
A la Réunion, la France donne le la aux baleiniers japonais  
A la Réunion, depuis deux ans, les surfeurs font beaucoup de mal aux requins
*CBI : Commission Baleinière Internationale ou IWC : International Whaling Commission

jeudi 2 août 2012

Nena - 99 ballons contre le nihilisme masculin

NENA, artiste chanteuse populaire allemande, fait un tube en 1983 avec sa chanson 99 luftballons, clip ici réactualisé par ARTE pour la promotion de son Summer of th 80ies en 2009.



Je ne comprends pas l'allemand mais je crois que Nena déclenche une guerre avec ses 99 ballons dans ce tube rock allemand ! Elle parle bien sûr d'une guerre conventionnelle à l'issue de laquelle "il n'y a plus que des ruines dans le monde". Mais on peut aussi parler de guerre en cas de violences répétées contre les femmes en majorité, et contre d'autres hommes.

Les "faits divers" en sont actuellement pleins. Revue des plus récents :
"Drame familial" à Auxerre : un homme avant de se suicider tue sa famille en l'espèce sa femme, sa belle-mère et ses deux filles. Près de Rennes, dans un bourg sans histoire, un homme sème la panique pendant 45 minutes : deux morts. Évidemment, un divorce mal accepté serait l'explication du "coup de folie". La faute de sa femme en somme.  
La tuerie d'Aurora aux armes de guerre achetées légalement et son mass killer viennent secouer la torpeur de l'été : 12 morts dans un cinéma, espace public.

A chaque fois, la présentation des médias est la même. Rubrique Faits divers, "Drame", "drame familial", "drame de la jalousie", ou encore, comme dans le cas de Lætitia, violée, tuée puis démembrée, dont on a appris que son père adoptif était en plus un agresseur sexuel, pour l'opinion publique secouée les médias multiplient les micro-trottoirs où des gens bien intentionnés nous débitent des banalités qui révèlent la tolérance à ces violences : "on ne comprend pas, c'était un homme charmant", "une famille sans histoire", ou pire, "elle était tellement gentille, comment une telle chose est-elle possible" ? Sous-texte : si encore elle avait été une peau impopulaire dans son école, on pourrait comprendre, mais une telle charmante fille qui allait passer son bepc et qui travaillait si bien ! Les méchantes on peut les tuer, mais les gentilles, tout de même, c'est impardonnable ? Suivent  la mise en place de cellules d'écoute, l'accrochage de fleurs, de marches blanches bien inoffensives et des lâchers de ballons ! Cela donne bonne conscience et chacun ensuite reprend son train train quotidien... jusqu'à la prochaine.

JAMAIS un mot sur la violence infligée par des mecs frustrés aux femmes généralement, pas un mot sur la répétition de ces faits létaux dans une société indulgente aux mauvaises actions des garçons et des hommes, consensuelle larmoyante sur le malheur des femmes, éternelles victimes comme dans les mauvais romans populistes. Les mauvaises actions des mâles tonitruent dans la caisse de résonance des médias, pendant que la vertu et le calme des femmes, moins susceptibles de tels actes, sont passés sous silence, au mieux, car la diabolisation des femmes n'est jamais loin : il faut quand même qu'elles soient coupables aussi, autrement tout cela serait injuste ! La société est tellement tolérante aux graves défauts des garçons, et tellement taiseuse sur les qualités des filles et des femmes. Pire même, ils s'en tirent toujours avec des bénéfices : les productions culturelles sont pleines de leurs exploits négatifs, pendant que les femmes y vont à l'équarrissage faisant figuration en début de film ou de série comme pièces de boucherie, viande morte, cadavres décomposés. Jamais une question sur de telles représentations des femmes, ni sur la désastreuse éducation permissive des gars et celle tellement répressive des filles (voir dernier § : La rue, territoire des hommes). La loi du silence, l'omerta règnent. Or, comment lutter contre un phénomène qui n'est pas dit ni nommé ?

Malgré tout des gens moins consensuels commencent à s'exprimer à ce sujet dans les journaux et le silence se fissure : d'abord "Why most mass murderers are priviledged white men" -Pourquoi la plupart des tueurs de masse sont des hommes blancs privilégiés- en anglais. En résumé, l'article explique que les blancs privilégiés se trouvent chez eux dans l'espace public, ils s'y sentent légitimes (plus que les hommes noirs), et que les frustrés trouvent normal de s'y venger de leurs frustrations, les hommes noirs déchargeant eux la leur plutôt dans la sphère privée en commettant des violences conjugales et familiales. Question de statut et de hiérarchie entre dominants. La société cherche aussi chez les meurtriers noirs ou de confession musulmane des explications supplémentaires à la folie ou la maladie qui expliqueraient les actes violents des blancs : elle a tendance à leur trouver des motivations religieuses qu'elle ne suspecte jamais chez les blancs !
Deuxième article en français dans le Huffington Post, davantage axé sur les coupables de meurtres familiaux, une lettre ouverte de Sabine Aussenac titrée "Tes enfants tu ne tueras point" qui propose des solutions, partielles selon moi, mais qui sont au moins constructives, et ont le mérite de sortir du consensus ambiant et de la tolérance impuissante à ces violences.

Et puis, un souhait en conclusion, pour en revenir à Nena et ne pas rajouter du mal au malheur, il faut vraiment en finir avec les lâchers de ballons ! Ils sont un crime contre l'environnement. L'association Robin Des Bois dénonce cette sale habitude "pour célébrer soit des causes bonnes ou mauvaises" :  le ciel n'est pas une décharge ! Ou alors comme chante Nena, "il n'y aura plus que des ruines dans le monde".

Alors moins de lâchers de ballons, et plus de volontarisme contre les violences des garçons et des hommes à l'égard de la société et ses membres les plus faibles, il y faut une volonté politique et des actes.

Lien pour aller plus loin : A guide to mass shootings in America ou en page 2 on trouve deux femmes ! Malgré tout elles sont, comme les noirs, minoritaires dans ces actes criminels asociaux.

mercredi 25 juillet 2012

Billet d'été


En Bretagne, nous avons des chapelles, des oratoires, des ermitages et des grottes païennes à ne savoir qu'en faire. Chaque village ou presque a son/sa (fausse) sainte, son pardon, et donc sa chapelle dédiée, avec les reliques de celui-ci. Difficile de démêler la foi chrétienne du paganisme, la légende de la sainteté, les mérites de la sainte et la superstition. Et il y en a tant que les bretons et l'état n'arrivent plus à les entretenir, et dans la plupart des villages, elles pourrissent sur pied. D'où un jour l'idée de mettre en valeur ce patrimoine (matrimoine ?) en y organisant des expositions.


Le concept 
Ces chapelles -désaffectées pour la plupart, plus de culte, plus de bancs ni de chaises- possèdent pour la plupart d'entre elles des retables modestes ou impressionnants, mais tous baroques boursouflés et colorés comme celui du chœur de Saint Nicodème en Pluméliau, chapelle départ de l'exposition (ci-dessus) : retable au-dessus de l'autel,



  et celui de la nef (détails) :


Comme on s'en rend compte, tout cela nécessiterait une bonne restauration. Le concept donc, dans ce contexte, est d'exposer dans ces chapelles vides où on ne célèbre plus de culte, sauf celui du saint une fois par an lors du pardon, de l'art contemporain : peintures, installations, sculptures ; dans la nef, sur les murs ou dans les jardins ou cloîtres. Comme en 2008 cette oeuvre de David Tremlett par exemple :

Inutile de vous dire qu'au début, les villageois (précision lexicale : ploucs en breton, appartenant au Plou (mutation en plo, plé, plu, etc... comme dans Plozévet, Plouguenast, Plougastel, Plumieux...) au village donc, n'étaient pas tous d'accord. Certains se demandant même ce que ces iroquois d'artistes "de Paris" (ou même pire, de Londres, Tokyo, Milan...) venaient faire dans LEURS chapelles inutilisées ! Sacrilège : de la peinture et de la sculpture passe encore, mais abstraites, qui ne représente rien, mais où allons-nous, mon bon monsieur ! Des énervés faisaient même disparaître les panneaux de signalisation des chapelles le long du parcours pour perdre les visiteurs. Depuis, ça s'est un peu arrangé, l'expo est un vrai succès et d'autres chapelles voudraient bien se raccorder au réseau !


Il faut en effet signaler que les chapelles étant dans la vallée du Blavet en Centre Bretagne, entre Pontivy, Pluméliau et Hennebont, dans la campagne entre les champs de maïs et les tunnels à poulets et à porcs avec trémie en bout de bâtiments, il faut un solide fléchage pour entreprendre le parcours de routes vicinales ! En effet, vous risquez le Wrong turn - détour mortel , rappelez vous ce film de 2003 où des vacanciers se trompent de route dans une forêt de Virginie et sont attaqués par des monstres dégénérés à moitié cannibales -je suis durablement influencée par les films d'épouvante que je vais voir en première séance à leur sortie- brrrr. (Bon, normalement après cette réflexion,  dès parution de ce billet, on devrait me déposer des tas de fumier devant ma porte durant tout l'été, ça m'apprendra !).
Ca ne fait rien, je prend le risque. Donc, circuit rouge 2012, départ du presbytère Saint Nicodème :

Je vous ai sélectionné deux chapelles que j'aime bien (et qui se méritent car elles sont toutes deux au bout d'un raidillon descendant vers une rivière pour l'ermitage Saint Gildas, une grotte dans un lieu tellurique, un endroit chtonien, ou shinto si vous êtes japonaise, qui inspire tous les artistes qui y passent car c'est toujours réussi. J'ai photographié le détail frappant (une tête de goule, un ange naïf ?), car le bâtiment n'a rien de remarquable, hormis le fait d'être encastré sous un rocher en surplomb :


S'y expose en fond de grotte, dans le noir, une vidéo de Bertrand Gadenne où on voit un renard aller et venir sans fin sur un fond noir. C'est de la mise en scène (renard de refuge filmé sur une scène de théâtre devant un rideau noir, car capturer un renard sauvage pour faire cela est interdit par la loi) et c'est superbe !


Et deuxième chapelle après 500 mètres à pied à travers champs sur un raidillon à maïs et à vaches,  Notre-Dame du Cloître à Quistinic,

où s'expose Mari Minato, artiste japonaise qui a installé en trois endroits sur les murs chaulés, ses peintures abstraites (elles seront détruites à la fin de l'expo) dont voici une :


Au retour, saluée par des génisses Frisonnes, encore appelées Prim'Holstein, célèbres productrices de lait, conceptuelles en diable elles aussi, je trouve :

 
très abstraites même, style all over et dripping à la Jackson Pollock ! Voire aplats noirs à la Soulages.


Évidemment, comme chaque année, je me suis perdue en revenant, les organisateurs étant incapables de me guider jusqu'au bout vers le retour au presbytère. Il m'ont plantée devant trois routes, fourche à trois dents d'égale importance ! Donc, je fais la gueule. J'aurais pourtant bien visité un deuxième circuit. Qui vivra verra. 

Liens pour aller plus loin : L'Art dans les chapelles ; Leurs éditions d'art ; et l'expo Des œuvres qui voyagent au Palais de Justice / Parlement de Bretagne à Rennes si ça ne vous dérange pas de passer dans un portique détecteur de métaux pour entrer !


mercredi 18 juillet 2012

Sexisme à l'Assemblée, Bernard Debré, cumul et langue fielleuse

Résumons pour celleux qui n'auraient pas suivi tout depuis le début : l'UMP préfère payer de lourdes amendes pour non respect de la parité plutôt que désigner des candidates femmes au suffrage universel, et l'un de ses députés les plus en vue, Bernard Debré est résolument POUR le cumul des mandats ; en plus de son statut de chef de service d'urologie à l'Hôpital Cochin, il cumule en effet son mandat de député avec celui de conseiller de Paris et il est membre du comité consultatif d'éthique. Il est ancien maire d'Amboise. Il semble également selon sa présentation sur France5 qu'il soit chef du département d'urologie de l'East Hospital de Shangaï ! Cumul des mandats et des postes.

Signalons également que la France est la dernière des démocraties européennes à cumuler ainsi les mandats, ce qui fait de nous la risée de nos voisins.La situation devient réellement intenable, et le nouveau Président de la République a inscrit le non-cumul dans son programme. Cela commence donc à chauffer pour de bon pour les cumulards ! D'où les tirs en salve de ces derniers jours. Contre Cécile Duflot et sa tenue vestimentaire d'abord : quand elle se présente en pantalon jean au Conseil des Ministres, elle se prend une volée de bois vert, et quelques semaines plus tard, c'est en robe qu'elle se fait huer par les parlementaires !

Il ne faut pas se tromper. Ces manifestations de sexisme sont plus que de la beauferie, caractéristique des assemblées d'hommes, il s'agit d'agressions délibérées ! Et ces agressions sont destinées à nous faire perdre nos moyens et la confiance en notre compétence. Pour eux le pouvoir est masculin, et ils ont tout à perdre en le perdant : leurs multiples postes bien payés d'abord, et la sacralisation du pouvoir, la croyance ancrée qu'il sont les seuls compétents en ces endroits ! Il n'y a QUE 577 places à l'Assemblée Nationale et 343 au Sénat. Il va donc falloir qu'ils s'en aillent pour nous faire de la place. D'où ces déferlements de haine sexiste et, dans la vidéo ci-dessous, les allusions fielleuses de l'urologue de l'UMP contre Rachida Dati et ses boutiques préférées, que le ci-devant Bernard Debré fréquente certainement aussi. C'est donc d'autant plus minable et déshonorant comme procédé contre une femme politique, et de son propre camp encore ! Ce qui prouve que tous les procédés sont bons pour nous tenir éloignées du  pouvoir !


Nouveau tacle de Bernard Debré à Rachida Dati par LCP

Liens Ni robe ni pantalon, Le poison de la misogynie,   La revanche des misogynes.

jeudi 12 juillet 2012

Vidéo émouvante : Les animaux hors de nos menus !


"Rien n'est plus puissant qu'une idée dont l'heure est venue"
Victor Hugo



(La vidéo est automatiquement sous-titrée en français- Si ce n'était pas le cas, après avoir lancé la vidéo, cliquer en bas d'écran sur cc et sélectionner votre langue) - Extraits :

"Les vaches végétariennes sont aujourd'hui les plus grands prédateurs marins"

"Il y a plus de 600 millions de végétariens dans le monde, une nation plus grande que l'Union Européenne à 27 !"

"La viande tue : les animaux, nous et nos économies"

"L'âge de pierre ne s'est pas arrêté par manque de pierres, cette cruelle et dégoutante industrie prendra fin car nous finirons par manquer d'excuses"

"Nous torturons et tuons 2 milliards d'êtres sentients par semaine"

"Les animaux ne sont pas juste d'autres espèces, ce sont d'autres nations. Et nous les assassinons à nos risques et périls"

"Chaque morceau de viande que nous avalons est une gifle sur la joue baignée de larmes d'un enfant affamé".

Cette vidéo de 10 minutes extraite d'une conférence de près de 2 heures consacrée à l'alimentation végétarienne "Animals should be off the menu" a été enregistrée le 20 mars 2012 à The Wheeler Centre of Melbourne (Australie), un think tank d'écrivains et de penseurs qui tentent de faire avancer les idées. Orateurs/trice : Peter Singer philosophe et éthicien, Veronica Ridge, journaliste et Philip Wollen.  Philip Wollen, est un ancien vice-président de la City Bank (un grand mâle blanc puissant, influent et riche donc) qui, selon ce qu'on entend dans son discours et qu'on lit dans cette page de présentation, a eu la révélation à 40 ans de la cruauté sans fin qui tisse le monde. On peut sans doute aussi conjecturer que la mort douloureuse de son père dont il parle au début de la vidéo, l'a ouvert à la compassion et à l'empathie qui ne sont pas les deux qualités qu'on cherche en premier quand on recrute un banquier : sa voix enrouée, son émotion tangible quand il parle, ses yeux embués, le laissent en tous cas supposer. Il a cessé ses activités et donné tout ce qu'il possède à différentes causes humanitaires qu'il défend, dont la cause animale, via son ONG Kindness Trust.

Lien : Earthlings (Terriens) sous-titré en français.

mercredi 4 juillet 2012

Ma chanson tube de l'été

La Radio de l'été des Blogueurs initiée par Lolobobo en est à sa troisième saison. Elle est relayé par Euterpe qui m'a taguée, aussi voici ma chanson de l'été : en ces périodes de RIOplus20 (RIO plus vain ?) elle s'est imposée d'elle-même. Je tague mes lectrices/teurs blogueuses qui veulent se laisser tenter et sont inspiré-e-s. Je vous laisse écouter le texte de Zazie :


Je suis un homme- Zazie (Fan made video) from Desirée Musacchio Adorisio on Vimeo.

Je ne spéculerai pas sur le sens toujours imprécis du mot "homme" dans la langue française : désigne-t-il dans le texte de Zazie l'espèce humaine entière (anthropos), ou juste sa moitié mâle (andros) ? Je rappelle juste, au risque de radoter, que les femmes c'est 52 % de l'espèce humaine,
80 % du travail marchand et non marchand, 10 % des revenus et 1% de la propriété de la planète ! Pour nous accabler encore davantage, les religieux mâles patriarcaux obscurantistes et conservateurs indécrottables de toutes obédiences ont fait retirer du texte final de RIO plus 20, la mention qui permettait l'empowerment des femmes sur leurs "droits reproductifs", condition préalable à tout "développement durable", formule dont on conviendra qu'elle est un oxymore !
Comme écrivait en 1973 Françoise d'Eaubonne que je citais dans mon résumé sur Le féminisme ou la mort : "femmes opprimées et mystifiées dans les développements de cette civilisation, nature exploitée et détruite, contrainte à la maternité et contrôle de la fécondité des femmes par le seul mâle qui s'est arrogé pouvoir et titre de propriété, "tant que subsistera le pouvoir mâle, il va de soi que rien ne peut changer sur ce plan, et que l'origine même des conditions de vie n'a aucune raison d'être réexaminée. La morale est condamnée en ces mains millénaires à conserver comme pulsions primordiales l'agressivité, l'instinct de destruction et de violence, l'empreinte laissée par force sur la chair et la nature...".

Ce texte a 40 ans et il n'a malheureusement pas pris une ride !

Actualisation 8/7/12 : Comme j'en entends penser que décidément tout cela concerne les femmes du Tiers-Monde et l'Afghanistan, que les françaises ont tout gagné, je m'empresse de rajouter qu'un coup de fil professionnel passé cette semaine m'a mise en rapport dans ma région avec une femme de 70 ans qui touche 330 euros de pension mensuelle allouée royalement par la Caisse de Retraite, après une vie de bons et loyaux services rendus à la société patriarcale : enfants élevés, case du mari tenue propre et repas préparés à l'heure ! Elle n'a désormais aucune échappatoire : même si son mari la maltraite ou même la bat, elle doit supporter son sort, bon ou mauvais, ou alors c'est direct les dessous de ponts d'autoroutes ! Faites des enfants pour nos retraites me dit-on régulièrement ! Mais les retraites de QUI  bon sang de bois ?

Liens : Le féminisme ou la mort - Résumé 2 
Croissez et polluez - Un article de Caroline Fourest dans le Monde
Le scandale mondial des grossesses adolescentes dans Les Nouvelles News