lundi 19 octobre 2026

Calmez-vous, les mecs !

Ce billet, dans le contexte de ce mois d'octobre incendiaire, rapporte ma moisson de verbatim dans les médias à propos des différentes incivilités masculines, des plus graves aux plus bénignes, dissimulées sous un vocabulaire choisi pour noyer le problème. 

Emeutiers, jeunes (épicène le plus usité, allant de 11 ans -ils embrassent tôt la carrière- à 45 ans, les femmes, elles, ne sont jamais jeunes), individus, personnes, mineurs, gamins, Vandales, et une trouvaille que je n'avais pas jusqu'à présent, 'mauvais plaisants' qui fait une percée, une timide apparition, dans l'affaire des frigos piratés des hypermarchés, tous fournis par Danfoss, le leader danois de la réfrigération connectée ! Ce qui est surtout connecté, hors les frigos de Danfoss, ce sont les d.ckheads* malfaisants. Mais motus. Silencio. Pavé sur la langue.

Un universalisme de bon aloi sert à masquer les pratiques délinquantes et criminelles masculines sans que rien de réellement genré n'affleure. Le masculin en français prend le neutre, inexistant dans notre langue. Cela permet un flou artistique. Les femmes qui n'ont pas accès à l'universel, sont toujours renvoyées au particulier, d'où l'effet de stupeur quand une se fait remarquer dans les industries où ils réussissent. Il y a une expression que je ne supporte plus : " la société est de plus en plus violente". Ah ? Les deux sexes sont amalgamés dans le même opprobre comme si les femmes cassaient autant que les hommes, n'étaient pas plus calmes. Si les femmes se comportaient comme les hommes se comportent depuis toujours, il est certain que notre espèce aurait disparu depuis longtemps, ne laissant que des mauvais souvenirs. Elle perdure malgré tout, et sans doute pour le pire, grâce aux femmes qui restaurent, réparent, visitent les prisons, remplissent et portent les paquets SIC, réhabilitent, nettoient les écuries d'Augias, soignent, en un mot tiennent les murs. 

" Dans le féminin, il y a cette capacité depuis toujours de tenir l'impensable à bout de bras. Avec le temps, cette passivité est devenue une signature que tout le monde a prise pour un accord. " 

In Le déni écrit par Hélène Perlant.  

Mais qu'une femme, par ailleurs mère de famille de trois enfants, 'tueuse à gages' (je vous laisse trois minutes pour bien ingérer le concept, id est : Une. Mère. De. Famille. De. Trois. Enfants. Tueuse. A. Gages. Ca y est, vous l'avez, vous le visualisez bien ?) soit impliquée dans une tuerie, et là ma radio du matin ébaubie, souligne, surligne en fluo, la nouvelle. Il n'y a que chez les femmes que la situation devient inhabituelle quand surgit la violence. En creux, et sans jamais dire le problème, chez les hommes, ce sont leurs pratiques violentes et délinquantes qui sont l'habitude, tellement usuelle, que cela ne vaut pas le coup de le mentionner. 

" Une personne, c'est personne " disait un de mes clients (homme) croyant sans doute faire un bon mot en jouant sur l'ambiguïté du substantif. Ah ah ah. De fait, c'est effectivement le cas. Persona, en latin, désigne le masque de théâtre utilisé dans l'antiquité grecque, puis romaine par les acteurs pour jouer leur rôle. Si vous avez vu Les Perses d'Eschyle, les acteurs sont tous masqués. Et c'est sans doute de 'persona' que vient le mot personnage dans une oeuvre de fiction (théâtre, littérature, cinéma) pour désigner les protagonistes représentés par les actrices et acteurs. Le sens masque à vieilli et dérivé pour désigner une personne, un être humain -uniquement, les animaux qui ne sont personne pour le coup, n'ont pas droit au statut, confirmant l'ambivalence de la notion. Aussi, question, les hommes sont-ils des personnes ? 

Une nouveauté technique a surgi cette semaine, montrée en vidéo sur les réseaux sociaux : une agression sexuelle perpétrée par un robot à Cologne en Allemagne. Une machine humanoïde d'un mètre vingt au milieu de passants, est allée palper les fesses de femmes en pleine rue, agressant une jeune femme de seize ans ; elle mimait aussi très bien devant un homme, un acte sexuel. La vidéo est obscène. Des femmes crient ou hurlent. Le robot a été saisi et désactivé par la police, montrant ce qu'il est en réalité; une pauvre machine inerte faite de pièces de métal. Cette machine était actionnée par deux garçons mineurs de 14 ans (!) qui avaient l'air d'avoir 40 ans selon ce que j'ai vu. Les ados mineurs de 15 ans ont tous l'air d'avoir 30 ou 40 ans, massifs, râblés, ou mesurant un mètre quatre vingt dix et pesant 95 kilos, tant qu'on a l'impression d'être face à une mutation de notre espèce. Sans doute la conséquence de nourriture trop grasse et riche, ultra-transformée, chez les habituels KFC, McDo ou French Poulet qu'ils fréquentent assidûment ?  

Le 'progrès' qui nous a tant asservi-es, leur a toujours été matière à détournements pour leurs oeuvres délétères, l'expression d'une masculinité hors limites, sans surmoi. La pornographie dont la définition est, rappelons-le, la domination des femmes par les hommes, a été au cours de l'histoire toujours amplifiée, magnifiée par les inventions, par ordre d'apparition : de l'imprimerie, de la carte postale, puis par le cinéma, ensuite par la vidéo (grand public, puis gonzo), et maintenant par les machines. L'IA qui permet la création de représentations générées automatiquement, ou par des robots actionnés par eux. L'IA va démultiplier un pouvoir de nuisance inarrêtable en détournant par exemple une simple photo représentant une fillette, un garçonnet ou une femme, les transformant en objet pornographique. 

La revanche de la masculinité

Clairement ces derniers temps, on assiste au retour de la masculinité à travers ses pires représentants, tous d.ckheads* patentés. Qu'il s'agisse du semi-gâteux Trump, ses déclarations et prises de décision erratiques que des 'experts' s'échinent à tenter de rationaliser ou au moins à expliquer de façon rationnelle, en pure perte selon moi. Le type n'est pas fait pour le poste, il est totalement incompétent, bloqué à l'âge mental de quatorze ans, sempiternel homme d'affaires mis en défaut (faillite) plusieurs fois, jamais capable de faire face à la frustration, toujours en train de mettre au point des 'deals' ratés, aboutissant à l'échec, et sans doute approché par le FSB (services d'intelligence russes) dans les années 80, quand les oligarques russes l'ont sauvé de la faillite. C'est en tous cas ce que disent pas mal de spécialistes de la Russie.

Le vieillissant moujik Poutine, enferré dans une guerre qu'il a lamentablement perdue face à un pays patriote, à la population trois fois inférieure à celle de la Russie, qui se défend comme un lion, qui a consacré toute son énergie vitale et son génie à développer de petits engins de guerre redoutables qui frappent une nation lourdement armée de milliers d'ogives nucléaires semeuses de destruction totale. Cela a abouti au détournement de l'énergie et du génie d'un peuple pour sa seule défense. 

Le tout-puissant et inarrêtable Xi Jin-Ping, empereur de Chine, qui étend inexorablement son influence partout, notamment en Afrique, pour le pire des pillages extractivistes à venir, tant il faut maintenir coûte que coûte le goût du fétichisme de la Marchandise chez son peuple plombé par un totalitarisme dystopien, voué au silence et à la consommation. La petite Taïwan en face, sur son massif volcanique éteint, y est perçue, par la modernité et la vitalité de sa jeune démocratie, comme contagieuse par sa géante voisine. Ces gens haïssent les peuples et leur volonté d'émancipation. 

Le leader turc Erdogan en poste depuis 2014, élu et réélu par un peuple rural et conservateur majoritaire, qui n'arrête pas de défaire les acquis des femmes et des homosexuels, toujours les plus faciles à attaquer par les indestructibles patriarcaux, cette plaie qui affligera l'humanité jusqu'à sa fin finale. Suit une cohorte de vassaux, tyranneaux, tels Netanyahu, en train, depuis trois mandats, de détruire durablement la démocratie israélienne. Le totalitarisme d'extrême-droite et d'extrême-gauche progresse partout, selon un dangereux mouvement de balancier qui fait alterner le libéralisme démocratique et la pire tentation totalitaire portée par des mâles virilistes à la masculinité dévoyée et toxique. Du même acabit, on trouve Narendra Modi, l'indien, les Bolsonaro au Brésil, Milei en Argentine, Kast au Chili...

Et si c'étaient les filles et les femmes qui étaient les modèles à imiter ?

Les sociétés du monde souffrent depuis toujours d'un déséquilibre entre le féminin (impuissant) et le masculin (tout-puissant). Cette difformité humaine, une grande jambe masculine et une petite jambe féminine, nous conduit à notre perte en tant qu'espèce. Nous n'avons pas beaucoup de temps de reste pour réagir. Sans une réforme profonde de nos organisations sociales, je crains le pire qui est aller vers la destruction. L'égalité dans le sens que les filles devraient être élevées comme les garçons -dont je ne conteste pas qu'elle a développé l'assertivité des filles de façon spectaculaire, vu que, talents débridés, elles réussissent partout mieux que les garçons- doit être réexaminée côté masculin. Maintenant que nous avons prouvé que nous faisons tout aussi bien qu'eux, et même mieux qu'eux : et si les garçons étaient élevés comme des filles ? Les filles font généralement preuve de sérieux, de calme, de talent, du sens des responsabilités et d'empathie, toutes qualités moins brillantes sans doute que celles des garçons -en tous cas, la société valorise mieux les leurs. Mais il est temps d'inverser le paradigme et que ce soient les filles qui servent de modèles aux garçons. Tenir les murs aussi longtemps, seules, sans la reconnaissance sociale, cela finit par épuiser. Tout en portant les paquets et en faisant mule en même temps, la coupe est pleine. 

Ci-dessus, je voulais mettre une image de d.ckead* (le point est à remplacer par un i, équivalent de c.nnard en bon français) mais je risque la censure de Blogger, filiale de Google, toute puissante entreprise états-unienne. Je me demande si leur nouvelle politique réglementaire à laquelle je dois adhérer, et qui m'est annoncée pour le 16 décembre prochain par un pop up rose insistant en tête de tous mes écrans depuis huit jours, n'y est pas pour quelque chose. Je suis peut-être parano, mais bientôt, au pays du free speech (tu parles !) on ne pourra plus publier de dessins ni de substantifs rigolant des travers des hommes. Tandis que les expressions misogynes évidemment continueront à ne gêner personne ! Dont acte, je préfère prendre les devants en utilisant des subterfuges.

PS Je suis tentée de dédier ce billet à mes propriétaires indécrottables patriarcales, faibles avec les forts, qui m'ont criminalisée par courrier cet été parce que j'osais, ver de terre que je suis, me plaindre du boucan tout l'été, pendant quatre mois sous mes fenêtres, de leurs chouchous adorés, en l'espèce des 'gamins' mâles ayant-droit (On a le droit ! m'ont-ils asséné plusieurs fois) âgés entre neuf et douze ans maximum, car mes mails de plainte étaient caractérisés "par un sexisme intolérable" SIC. Je suis sexiste donc, et je peux endurer. Une femme sexiste, il fallait oser. Elles y repenseront quand il viendront, les petits chéris, leur faire dans les bottes. Ce qui est assuré. Il n'y a qu'à attendre.