jeudi 27 septembre 2012

Le syndrome Bridget Jones

Les héritières du féminisme combattant des seventies auraient tout
gagné : elles font carrière comme les hommes, elles contrôlent leur fécondité, les lois et le droit les protègeraient parfaitement, l'électroménager les aurait sorties de leurs cuisines (merci Moulinex !) et la deuxième petite voiture -Monsieur conduit le Nissan Qashqai- de la famille leur donne une voluptueuse sensation d'autonomie -les pubs pour marques de bagnoles petites mais malignes ne montrent d'ailleurs que des Wonderwomen ! Mais elles sont toujours à la recherche du Prince Charmant et le syndrome de la loseuse menace. Elles ont oublié que le féminisme c'est dénoncer toujours que les fondations de la société reposent sur des rapports inégaux et injustes entre les deux sexes, c'est à dire qu'UN des deux est mieux loti, que les hommes s'en sortent toujours mieux, et qu'une carrière de femme successful ça se paie par une double journée de sprinteuse entre le boulot, l'école, la crèche, le pédiatre et le travail domestique à la maison qui ne se fait pas tout seul... et qu'elles sont toujours seules à assurer. Le privé est politique disaient les féministes des années 70. Elles avaient raison. Cadeau Bonus : si son travail la passionne et qu'elle ne souhaite pas d'adjuvant boulet-domestique, elle passe pour une solitaire inadaptée ayant raté sa vie de fâme et de mèère, un repoussoir n'ayant pas trouvé son Prince, et très désireuse de s'en trouver un, comme Bridget Jones. Femmes toutes puissantes, gagnantes, successful, mais elles ont toujours besoin d'une béquille : un mari à chouchouter et à assister à la maison, selon l'éternel refrain du patriarcat en bruit de fond.

Bref, c'est l'anti-féminisme qui a gagné : cette vidéo du Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir veut s'attacher aux représentations des femmes dans les programmes télévisés, mais au-delà de la fiction, dans le monde réel, elle montre parfaitement les injonctions sociétales faites aux femmes d'aujourd'hui, injonctions auxquelles elles adhèrent puisque le mot féministe est devenu un gros mot : Mais qu'est-ce qu'elles pourraient vouloir encore ?


Les femmes dans les programmes télévisés, les... par GENRIMAGES

Vidéo sur Genrimages, un site du Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir.

Actualisation 2/10/12 : Blogger m'a détruit ma page "Animots" alors que je tentais de la modifier. Merci Blogger. Je demande à mes lectrices de m'en excuser. J'espère que je vais être dépannée et/ou que je vais pouvoir la rétablir avec les textes philosophiques qu'elle contenait. Encore un attentat charcutier spéciste ? Chez Blogger on mange du boudin, des côtes de bœuf et du foie de veau ?

jeudi 20 septembre 2012

Les miliciens du patriarcat

Une organisation d'hommes canadiens Walk a mile in her shoes a créé une marche pour lutter contre les violences faites aux femmes, impliquant ainsi les hommes dans la solution au problème : ils marchent un mile chaussés de stilettos comme on dit en anglais, ou talons aiguilles en français. Ci-dessous l'affiche de Toronto pour cette année :


















et la vidéo de promotion de la marche :




En attendant le jour béni de l'éradication de ces violences, il faut bien dire que sur notre passage dans la rue, cela ressemble à du harcèlement.

La première fois dont je me souvienne, c'était à Saint-Brieuc, en face de la gare, il y a très longtemps. Un mec a trouvé que ma tenue vestimentaire ne lui convenait pas : il l'a braillé à la cantonade dans la rue. J'en suis restée transie (j'étais très jeune) et je n'ai pas eu de répartie. Il y a eu les compliments intéressés dans les rues des différentes villes où je suis passée professionnellement ou en vacances, puis surtout les insultes, pas gratuites du tout non plus, puisqu'elles sont destinées à nous rappeler que l'espace public appartient aux mâles et que nous y sommes juste tolérées ; les mots qui revenaient le plus souvent : morue, salope ! Les insulteurs sont les miliciens du Patriarcat qui écument l'espace public et maintiennent la terreur pour que nous y limitions nos déplacements, et ça marche bien auprès de certaines. Pour eux, la place d'une femme est à la cuisine, selon son statut de larbine bénévole du Patriarcat. J'ai commencé à trouver que la moutarde me montait au nez vers l'âge de 40 ans, trop tardivement. J'ai riposté au moins aussi violemment dans un premier temps, puis je suis allée me plaindre à la police pour ne pas mourir idiote. Il faut essayer de voir si les institutions chargées de maintenir l'ordre et payées pour nous protéger font leur boulot, nom de nom : je suis adepte d'expériences extrêmes !

Fin des années 90, début 2000, le fils d'une de mes voisines d'immeuble, a trouvé intéressant pendant des mois de m'abreuver d'injures quand je passais à sa portée dans mon quartier, MAIS UNIQUEMENT quand il était accompagné de 3 ou 4 camarades, seul, il n'a jamais moufté, ce grand courageux. J'ai évidemment répondu sur le même ton, ce qui a contribué à l'exciter. Les gars qui l'accompagnaient ne semblaient pas tellement d'accord avec lui, mais leur lâcheté les a toujours empêchés de s'opposer. J'ai évidemment prévenu mon propriétaire plusieurs fois, qui n'a pas bougé non plus. Illes doivent encore penser que c'était forcément de ma faute et que mon comportement avait provoqué les agressions, alors que je ne voyais jamais arriver ce type ! Je les méprise tous pour leur absence de réaction et leur manque d'empathie, et pour leur collaborationnisme, en ce qui concerne les employées femmes. Le commissariat de police n'a daigné remuer son (gros) derrière que lorsque j'ai signalé des exhibitionnistes sur le bord de la rivière : le reste selon eux n'est que vétilles, forfanterie adolescente de mâles bourrés d'hormones, pas de quoi fouetter un chat ni surtout déranger un flic !

Depuis que je suis équipée d'un aérosol anti-agression, on me fiche la paix en matière de braguettes ouvertes. Courageux mais pas téméraires ! Il y en a encore qui se trouvent sur mon passage pris d'une soudaine envie de pisser et qui la sortent sans complexe. Je leur rappelle haut et fort à la cantonade -c'est mieux quand il y a du public- que les chiottes ne sont pas faites pour les chiens et qu'en plus c'est dégueulasse ! Pour les insultes, je suis au moins aussi mal embouchée qu'eux, pire même, mais sans utiliser d'insultes spécistes -les animaux leur sont supérieurs, et traiter un mec de "gros porc" n'est pas productif, c'est le sortir de l'espèce humaine alors qu'il en est le nec/mec plus ultra, selon leur prétentieuse littérature : Ecce Homo ! Comme ils sont habitués à ce que les femmes fassent le gros dos et mettent l'humiliation dans leur poche sans répliquer, ça leur fait bizarre, donc ils s'esbignent sans demander leur reste, ces mâles alpha territoriaux, ou prétendus tels.

En résumé : inutile de compter sur la solidarité des passants ni des passantes habituées à toutes sortes d'humiliation et les mettant sur le dos de la fatalité. Inutile non plus de compter sur la maréchaussée : elle est occupée à surveiller les édifices publics, mairie, préfecture ou palais de justice, tâches bien plus importantes. Dixit le commissariat : "non, madame, nous ne prenons pas ce type de plainte". Donc, bien obligée de se débrouiller seule. Comme je suis une militante avec personnalité éruptive (le Vésuve en face d'Herculanum en gros), je trouve cette scène de Thelma et Louise très inspirante. La vidéo est en anglais avec les vraies voix de Suzan Sarandon et de Geena Davis, donc pour celles qui ne le comprennent pas voici ce que ça dit en résumé : toutes deux fuient la police après une tentative de viol sur Thelma et un meurtre car Louise abat l'agresseur. Durant leur périple à travers le Sud des USA, elles rencontrent toujours le même camionneur (une sorte de running gag pas drôle) qui leur montre son entrejambe et leur fait des gestes obscènes avec sa langue à chaque fois qu'il les croise, croyant sans doute vanter la marchandise ! Jusqu'à une dernière fois où, foutu pour foutu, mort et re-mort, elles décident de lui infliger une punition. Elles lui demandent de les suivre, ce que le mec croyant à une bonne aubaine, va faire, pour son malheur. Elles demandent des excuses, il répond par l'insulte : il faut dire qu'il n'a manifestement pas l'électricité à tous les étages, surtout aux derniers, ce qui n'est pas une excuse. En plein écran, c'est mieux. C'est sublimement mis en scène par Ridley Scott. 



Il est hors de question de limiter mes déplacements ou de passer par des chemins détournés ; les gars qui tiennent les murs de ma bibliothèque municipale depuis 3 semaines, et qui crachent sur mon passage peuvent s'attendre à des plaintes aux bons endroits ; de même pour les brutaux jeux de ballons et les mobylettes dans les espaces piétons et les squares où ils sont interdits MAIS tolérés par une société patriarcale couchée devant les démonstrations machistes, pire même, les encourageant, ils ne passeront pas davantage. Casse-burnes jusqu'au bout, je relance quand je n'obtiens pas de réponse. Mes impôts valent ceux des mecs et l'administration fiscale ne m'a jamais refusé mon argent au motif qu'il proviendrait d'un sous-citoyen ! Puisque je paie, j'ai droit aux mêmes égards que les mâles.  
Les mâles suprémacistes ne passeront pas.

Lien : Les marches exploratoires pour la sécurité des femmes dans l'espace public.

samedi 15 septembre 2012

L'escroquerie nucléaire & It's a Girl !

Je fais ne fais pas de publicité sur mon blog mais, pour une fois, je vous recommande de façon désintéressée la lecture de ce spécial hors-série de Charlie-Hebdo. Il coûte 6 euros dans les bons kiosques mais il les vaut.


Vous ne mourrez pas idiots, vous serez irradiés quand même (malgré les pastilles d'iode que vous stockez quelque part ocazou), mais vous saurez comment, pourquoi et par qui ! Ca change tout, non ?
Evidemment, c'est du Charlie pur sucre (4ème de couv') :

Achetez, volez CHARLIE et enfermez la télé à double tour. Eternellement jeune, tout comme le nucléaire, l'équipe de Charlie saute à pieds joints sur EDF, AREVA et tous les petits salopards qui nous ont légué 58 réacteurs nucléaires. Au programme, des histoires, des révélations, des coups de projecteurs dans les coins les plus sombres de l'industrie la plus folle de tous les temps.
Embarquez ! Et n'oubliez pas vos pastilles d'iode. Ca ne sert strictement à rien, surtout au milieu du grand bordel d'une catastrophe, mais ça fera plaisir à notre belle Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Embarquez ! Et n'allez pas vous plaindre de ne pas être au courant. Ce hors-série de Charlie contient tout ce qu'il faut savoir pour détester les atomistes associés. A punaiser partout où c'est possible. Et même ailleurs.

J'habite à 200 km à vol d'oiseau de la centrale de Flamanville et je suis sous les vents dominants (Nord- Nord Ouest) ; même situation pour Paris qui est à 80 km de la centrale de Nogent sur Seine. Imaginez une catastrophe rendant Paris inhabitable pendant des siècles. Le nucléaire est une technique militaire venue de la bombe dans l'immédiat après-guerre. Le CEA (Commissariat à l'Energie Atomique) est l'ancien nom d'AREVA, d'où l'opacité de cette industrie de la guerre froide qui nous a été imposée sans concertation démocratique par une caste au pouvoir, dans un pays colbertiste. Elle date définitivement du siècle dernier : issue des années de l'après-guerre et des plans décennaux gaulliens : barrages hydro-électriques, projets ponts et auto-routiers, puissantes entreprises nationales comme EDF dirigées par le corps des Mines pour les patrons, et la CGT pour les ouvriers. Une industrie obsolète, dangereuse et sur le déclin, dont les peuples ne veulent plus.

Liens refusants :
Les deux premiers contre la poubelle de Bure- : Bure stop, Bure Zone libre, Réseau Sortir du Nucléaire, Observatoire du nucléaire, CRII-Rad, World Nuclear Industry Status Report, Greenpeace, Le nucléaire près de chez vous,  @GreenpeaceCherb le Twitter de Greenpeace Cherbourg.

Et un lien féministe militant qui n'a rien à voir. It's a girl - C'est une fille, les 3 mots les plus mortels dans certaines parties du monde. Si vous voulez la soutenir, rajoutez votre nom (à droite de l'écran) à la campagne contre le génocide des filles. Signez pour arrêter le génocide des filles !

mardi 11 septembre 2012

Sexisme - Girlcott / Boycott de l'industrie du cuir

Cuir Center a trouvé drôle de commettre ce film publicitaire pour promouvoir ses canapés en cuir de buffle :



Les industries de la mort-abattoirs et tanneries- ont toujours la sale habitude de renvoyer les femmes et les animaux à la même altérité. Les hyènes sont de splendides animaux sociaux qui, devant la réduction de leur espace vital et la destruction de leur habitat, pour certaines transformées en clochardes, doivent se contenter pour survivre dans les bidonvilles africains d'écumer les poubelles des humains. Les femmes, elles, doivent se contenter des miettes des sociétés viriarcales et patriarcales après une vie de labeur et de bénévolat comme on peut lire dans le billet ci-dessous : "Elle concilie, il se met les pieds sous la table", le tout pour une retraite de moins 48 %, quand ce n'est pas le minimum vieillesse dont les femmes sont récipiendaires majoritaires.

Évidemment, cet assommoir culturel diffamatoire de la pub n'est pas innocent, il sert à cela : nous maintenir, nous les femmes, dans les basses zones de l'économie et nier notre potentiel, nos talents et nos contributions à la société. Les animaux sauvages, eux, sont condamnés à une disparition rapide devant l'égoïste pression démographique humaine. Donc, tout bénéfice. Calomniez, il en restera toujours quelque chose. 

Girlcottez les industries de la mort ! Go vegan, vous leur rendrez la monnaie de leur petite pièce : pas de viande, pas de cuir. Faites passer.

vendredi 7 septembre 2012

Elle concilie, il se met les pieds sous la table

Je jette de temps en temps un oeil sur le portail Synagri pour des raisons de protection des animaux et de l'environnement, car il est plein de ressources sur l'agriculture et l'élevage, et d'annonces diverses qui m'intéressent à ces titres. J'ai déjà écrit un billet sur les stéréotypes de genre en trouvant sur Synagri la page Facebook toute rose spéciale fiiiiiiiilles des agricultrices bretonnes ; il y figurait même des bobottes roses Barbie. Trouvées chez Aigle ? Moi je ne trouve chez Aigle que des bottes marine ou kaki, mais bon. Il se trouve donc que le 15 octobre prochain, La Chambre organise la Journée des Agricultrices : "femme, maman, cheF d'entreprise, Responsable, un beau défi à relever !". Bigre. Effectivement :



Mais où sont les mecs dans tout ça ? Ils ne concilient pas eux ? Ils ne sont pas "hommes", "pères de famille/papas", "responsables" et "professionnels" en même temps ? L'exemple choisi dans la vidéo est celui de la femme producTEUR de lait : en effet, inutile d'espérer que malgré les 4 journées en une, elles parlent d'elles au féminin en plus ! Producteur, même de lait (les femmes dedans à la laiterie et les mecs dehors aux champs ?) est une fonction éminemment masculine, bien sûr, pas question de se l'approprier en la féminisant en producTRICE de lait !

Toutes catégories professionnelles confondues, les pensions des femmes à la retraite sont de moitié inférieures à celles des hommes selon l'INSEE en suivant ce lien récent. Mobile invoqué, comme disent les policiers pour expliquer un crime, "En moyenne nos études montrent que les femmes travaillent [professionnellement] 2/3 du temps total des hommes" ! Fermez les guillemets. Vous noterez que le [entre crochets] est d'importance capitale. Le travail de "femme", de "maman" et de "responsable" compte, j'en ai peur, pour du beurre comme on dit dans les laiteries. Le producteur, c'est un mâle, la production mâle est la seule qui compte dans le PIB (Produit Intérieur Brut), tout le reste est tricot, occupation de femmes, passe-temps, élevage des enfants de Raoul, vous avez encore bien de la chance qu'on vous organise UNE journée pour en parler entre copines et partager vos expériences. C'est vrai quoi à la fin, que demande le peuple ?
Concilier est vraiment le pire mot de la langue française. Juste après patriarcat et parasite.

samedi 1 septembre 2012

Militantisme - Activisme



























Parce plus que jamais le corps des femmes est un champ de bataille et que nos droits conquis de haute lutte peuvent nous être retirés au gré des besoins et impératifs du Patriarcat, voici quelques liens et évènement militants.

Trouvé sur le Blog De l'autre côté, une marche de nuit féministe en non-mixité à Rennes en octobre prochain : à noter sur vos agendas si vous êtes dans la région.

































J'apprends par Mauvaise Herbe que la féministe radicale Shulamith Firestone vient de mourir dans l'oubli et la solitude, abandonnée par la société. A l'âge de 25 ans, dans les années 70, elle a écrit The dialectic of sex : The case for féminist revolution inspiré des travaux de Marx et Engels, travaux dont elle étendait l'analyse à l'oppression et l'exploitation des femmes dans la famille nucléaire. Elle est la fondatrice du groupe féministe radical Redstockings (les Bas Rouges) en 1969.

Voici quelques citations de The dialectic of sex, concernant les femmes :

"Son identité entière est dans la balance de sa vie amoureuse ; il lui est permis de s'aimer elle-même uniquement si un homme la trouve digne d'amour".

"... l'amour est essentiellement un phénomène plus simple -- il devient compliqué, corrompu et empêché par l'inégale balance des pouvoirs".

"Etre adorée n'est pas être libre".

"La culture mâle est parasite, car elle se nourrit de la force émotionnelle des femmes sans réciprocité". Shulamith Firestone




























Et puis, sous forme de clin d’œil humoristique, spéciale dédicace à tous ceux qui me cassent les pieds et les ovaires avec la question qu'on pose communément aux végés "Mais où donc trouvez-vous vos protéines ?" Oui, c'est vrai, on se demande bien !




















Comme vous pouvez le constater, on a un peu de pain sur la planche !
Bonne rentrée activiste et militante.

samedi 25 août 2012

Billet d'été : choses vues et entendues

Près de chez moi, il y a une ferme conservatoire, appartenant au Conseil Général d'Ille et Vilaine, dont les objectifs sont de chercher, trouver et conserver des animaux et des végétaux en voie de disparition, toutes ces races et espèces régionales qui ne trouvent plus d'éleveurs, laminées par les souches INRA plus productives, comme la Frisonne/Holstein laitière de compétition, ou la poule Gallus Gallus, pondeuse en cage et poulet de chair élevé en tunnel, priés de produire un œuf par jour pendant un an, ou ses 2,6 kg de chair en 39 à 42 jours !  


















La façade du corps de ferme



















La chambre à coucher.

















Seigles et bleuets.

La fierté de la Bintinais est d'avoir remis la main il y a 30 ans, en cherchant comme des malades, sur la poule Coucou Gris de Rennes, en crapahutant dans les champs, pour finalement en retrouver trois ou quatre chez un  retraité près d'Angers, un vrai coup de bol : la race était perdue et allait s'éteindre ! 

























Un coq de la Flèche (race locale sarthoise) plumage noir et en guise de crête rouge, deux cornes de démon ! Un de ces oiseaux m'a un jour sauté dessus à la vitesse de l'éclair, griffes et bec, j'ai eu mal pendant 30 minutes ! Race rustique : sportive et adaptée, capable de se défendre.
















Et les divas (type Castafiore) du domaine :

























Unie, c'est son nom, cheval (jument) de trait breton - Robe alezan brûlé, crinière blanche.







































et Virgule (âne commun, nom de la race : l'adjectif la vexerait !) ; elle se précipite devant les caméras et appareils photos quand elle en voit !

















Vache nantaise. Elle prend réellement la pose et me regarde. Derrière elle, une vache armoricaine, belle robe rouge bordeaux.

























Veau armoricain. Mais qu'est-ce qu'ils ont à leur mettre deux boucles d'oreilles aussi grosses et ridicules ?

























Nantaise à l'étable avec son veau nouveau-né.
Comme j'avais remarqué 15 jours plus tôt un autre nantais, je demande un à des techniciens agricoles ce qu'il est devenu puisque je ne le voit plus ? On l'a vendu, me répond-il prudemment. A qui ? Heu, à l'abattoir : c'était un mâle et on n'a pas pu le garder ! Effectivement, il n'y a aucun mâle dans cet élevage (hormis un ou deux boucs -chèvres des fossés) car en élevage, "les mâles ne servent à rien", me précise-t-il ! La vérité sort de la bouche des techniciens agricoles : je note, les mâles ne servent à rien.
Comme c'est l'heure de mettre au champ pour la nuit les vaches exposées à l'étable pour les visiteurs, quelques-uns de ceux-ci se précipitent pour les voir arriver dans le pré où elles vont toutes passer la nuit. Une famille, humaine celle-ci, (la mère, le fils de 3 ou 4 ans, et les deux grands parents) est près de moi qui fais des photos et, devant les cris d'excitation du petit garçon, sa mère lui explique en voyant deux vaches près du veau armoricain : "Tu as vu le papa et la maman avec leur petit veau ?"  Dressage social hétérosexuel, en plus, c'est dingue ! Bon, là, je m'en mêle et explique posément qu'en fait c'est une vache et une génisse avec un veau nouveau-né, car "il n'y a pas de taureau dans cette ferme, les veaux mâles sont systématiquement envoyés à l'abattoir !". Juste pour faire œuvre de pédagogie, une bonne intention finalement. Je vois la dame commencer à se décolorer légèrement.
Zut, j'aurais gaffé ? Je suis trop franche ? Et effectivement : 
- Keskeldi ? demande le petit garçon inquiet. Sa mère est verte.
- La dame dit que le papa du petit veau est dans un champ à côté, traduit-elle en me regardant l'oeil noir.
Voilà. Ces industries de l'élevage et de la viande fonctionnent sur le mensonge aux petits enfants. Si on leur disait la vérité dès le début, ils refuseraient d'en manger. Quand le pli est pris, des années plus tard, plus de problème, ils avalent leur foie de veau sans se poser de question.

Ce petit film vidéo montre qu'en deux siècles de progrès humain, de haute lutte, les esclaves se sont libérés et les femmes ont conquis leurs droits civiques, grâce à des militant-e-s convaincu-e-s qui ont fait l'Histoire ! Il ne tient qu'à nous de ne pas faire de différence entre ceux que nous choyons -chiens et chats- et ceux que nous tuons, "races à viande" qui finissent dans nos assiettes. Tous les animaux naissent comme les humains, libres.



Mouton noir d'Ouessant.


samedi 18 août 2012

Brave

Je suis allée voir Rebelle, le film d'animation en ce moment sur vos écrans. Merida, Princesse brave (rebelle en français, légèrement plus connoté négatif) n'est pas une une Princesse Disney, mais une Princesse Pixar.

















Loin de moi l'idée de faire de la pub sur mon petit blog pour les grands studios Disney ou même les studios Pixar, filiales du premier. Ce serait bien prétentieux et ridicule de ma part. Mais Pixar a le chic de mettre les codes à l'envers dans ses films, et j'aime ça ! Déjà dans Nemo, film environnementaliste (rappelez-vous la bouleversante phrase des prisonniers de l'aquarium "Tous les égouts mènent à la mer !") la mère est remplacée par un papa poule et le héros est un poisson handicapé "faible de la nageoire" ; de plus, c'est une fille affublée d'un affreux appareil dentaire -la fille du dentiste- qui sème la terreur. Sans oublier que le requin de la bande essaie de devenir végétarien.

Merida, princesse des highlands d'Ecosse, fille de sa mère la reine attachée aux traditions, et de son père le roi (aucune autorité et soumis à sa femme) chevauche à cru son  charismatique cheval Angus, un solide ardennais, galope dans la forêt, et s'entraîne au tir à l'arc. Elle cure aussi le fumier d'Angus et lui bouchonne le poil, une fois tous deux rentrés à l'écurie. Ses frères, des triplés rouquins incontrôlables, complètent la famille. Il y a évidemment une sorcière à nez crochu et verrue poilue, pire, équipée en guise de service après-vente, d'une odieuse messagerie vocale avec indications de touches de renvoi vers le service désiré (commercial, technique, facturation, résiliation d'abonnement), comme dans n'importe quelle maltraitante entreprise de nouvelles technologies ! Les ravages du "progrès teknik" ! Pas pratique quand votre mère vient juste d'être transformée en ourse. La sorcière est sculptrice, elle manie donc le tour à bois, la forge et le fer à souder, outils éminemment masculins.

Trois princes charmants (?), paltoquets sans envergure ni conversation viennent concourir (en plantant toutes leurs joutes) pour la main de la belle, pour le moins rétive et résistante, mais contrainte par sa mère. Je ne vais pas raconter l'histoire : sachez que c'est drôle, enlevé, les paysages écossais sont magnifiques alternant forêts, menhirs et dolmens, soleil et brouillards. La chevelure serpentine de Merida est vivante. Aventure initiatique de deux femmes solidaires l'une de l'autre, la reine va apprendre de sa fille à retrouver ses réflexes primaux, comme par exemple manger en se servant de ses griffes et de ses dents, en se passant de fourchette. Et bien sûr, pendant qu'elles sont occupées ailleurs, le palais au main des mecs part en couilles ! Évidemment, il y a un happy ending, mais sans le dressage social hétérosexuel habituel, la fille dans les bras du garçon, avec baiser récurage de glotte. La Princesse ne rencontre pas son Prince. "Pas un mec potable, même à la fin" écrit Télérama. Elle trouvera l'harmonie et l'accomplissement seule, c'est son choix et il sera respecté. Le message est empowering pour les filles : Merida, princesse brave, liquide le Prince Charmant. A voir en famille, seul-e ou à 2, 4 ou 10 !

Liens : la critique de Télérama
Têtue : Cinq bonnes raisons d'aller voir "Rebelle" et son héroïne crypto-lesbienne

mercredi 8 août 2012

Guerre des espèces

Les vacances d'été battent leur plein, les planchistes se rassemblent en grand nombre sur les spots de surf et y font grand bruit. Les fond marins étant depuis longtemps ratissés par la flotte mondiale de pêche en surnombre, la ration de survie des prédateurs marins, dont celle des requins est menacée : ils ne trouvent plus rien à se mettre sous la dent. D'où la tentation d'aller se servir à la Réunion : les surfeurs font d'excellents casse-croûte et ils y sont nombreux et imprudents. Notre arrogante et envahissante espèce, qui se livre par ailleurs à la surpêche, a une réaction prévisible : les requins vont payer, mais sans le dire aussi explicitement ! En effet, les requins sont une espèce menacée et, de plus, le lieu est une réserve marine, autrement dit un sanctuaire. Comment se déjuger pour un état voyou qui trouve également normal de tuer des louves par arrêté préfectoral alors que la France est signataire de la Convention de Berne qui les protège ? Une trouvaille Japonaise pour tuer des baleines protégées par la CBI* va fort opportunément resservir : pêche scientifique. Le préfet de La Réunion s'en empare : on ne va pas les tuer en représailles non, on va prélever 20 requins afin d'analyser leur comestibilité ou leur toxicité ! Et qu'importe si personne n'en mange, tant que les apparences sont sauves.

Même temps, mais autres lieux, un super chalutier hollandais The Margiris, (article en anglais et photos), le plus gros que la mer ait jamais porté (142 m de long, capable de contenir 4 jumbo jets) quitte la Côte d'Ivoire où il a fini de piller les côtes africaines et fait  route vers l'Australie où des activistes ne veulent pas le voir arriver. Oui à une pêche responsable et soutenable disent-ils, non à des prises de
18 000 tonnes de poissons dont les bancs sont traqués avec des technologies militaires : sondes écho-radar, géolocalisation par satellite, avec chaluts de 300 mètres de long ! Le bycatch (prise de poissons et d'autres espèces -tortues, dauphins..., que nous ne consommons pas et qui sont rejetés MORTS à la mer) est absolument considérable et constitue un gaspillage irresponsable, une véritable boucherie d'animaux marins.

La Présidente de Sea Shepherd France rappelle fort opportunément au Préfet de la Réunion que les requins tuent infiniment moins que la violence routière machiste qui a tué sur les routes réunionnaises 757 personnes ces 10 dernières années, et que les maris violents responsables de la mort de 6 femmes en 2011. Deux poids deux mesures, double standard : les requins n'ont tué que 2 personnes en 2011, deux de trop, bien entendu, mais c'est plus facile de tuer des requins que d'éduquer les maris violents et les chauffards de la route ! Sa lettre est ICI. 

Et si vous ne croyez toujours pas qu'il s'agit bien d'une guerre, la vidéo ci-dessous apporte une réponse :



Liens : STOP THE TRAWLER 
A la Réunion, la France donne le la aux baleiniers japonais  
A la Réunion, depuis deux ans, les surfeurs font beaucoup de mal aux requins
*CBI : Commission Baleinière Internationale ou IWC : International Whaling Commission

jeudi 2 août 2012

Nena - 99 ballons contre le nihilisme masculin

NENA, artiste chanteuse populaire allemande, fait un tube en 1983 avec sa chanson 99 luftballons, clip ici réactualisé par ARTE pour la promotion de son Summer of th 80ies en 2009.



Je ne comprends pas l'allemand mais je crois que Nena déclenche une guerre avec ses 99 ballons dans ce tube rock allemand ! Elle parle bien sûr d'une guerre conventionnelle à l'issue de laquelle "il n'y a plus que des ruines dans le monde". Mais on peut aussi parler de guerre en cas de violences répétées contre les femmes en majorité, et contre d'autres hommes.

Les "faits divers" en sont actuellement pleins. Revue des plus récents :
"Drame familial" à Auxerre : un homme avant de se suicider tue sa famille en l'espèce sa femme, sa belle-mère et ses deux filles. Près de Rennes, dans un bourg sans histoire, un homme sème la panique pendant 45 minutes : deux morts. Évidemment, un divorce mal accepté serait l'explication du "coup de folie". La faute de sa femme en somme.  
La tuerie d'Aurora aux armes de guerre achetées légalement et son mass killer viennent secouer la torpeur de l'été : 12 morts dans un cinéma, espace public.

A chaque fois, la présentation des médias est la même. Rubrique Faits divers, "Drame", "drame familial", "drame de la jalousie", ou encore, comme dans le cas de Lætitia, violée, tuée puis démembrée, dont on a appris que son père adoptif était en plus un agresseur sexuel, pour l'opinion publique secouée les médias multiplient les micro-trottoirs où des gens bien intentionnés nous débitent des banalités qui révèlent la tolérance à ces violences : "on ne comprend pas, c'était un homme charmant", "une famille sans histoire", ou pire, "elle était tellement gentille, comment une telle chose est-elle possible" ? Sous-texte : si encore elle avait été une peau impopulaire dans son école, on pourrait comprendre, mais une telle charmante fille qui allait passer son bepc et qui travaillait si bien ! Les méchantes on peut les tuer, mais les gentilles, tout de même, c'est impardonnable ? Suivent  la mise en place de cellules d'écoute, l'accrochage de fleurs, de marches blanches bien inoffensives et des lâchers de ballons ! Cela donne bonne conscience et chacun ensuite reprend son train train quotidien... jusqu'à la prochaine.

JAMAIS un mot sur la violence infligée par des mecs frustrés aux femmes généralement, pas un mot sur la répétition de ces faits létaux dans une société indulgente aux mauvaises actions des garçons et des hommes, consensuelle larmoyante sur le malheur des femmes, éternelles victimes comme dans les mauvais romans populistes. Les mauvaises actions des mâles tonitruent dans la caisse de résonance des médias, pendant que la vertu et le calme des femmes, moins susceptibles de tels actes, sont passés sous silence, au mieux, car la diabolisation des femmes n'est jamais loin : il faut quand même qu'elles soient coupables aussi, autrement tout cela serait injuste ! La société est tellement tolérante aux graves défauts des garçons, et tellement taiseuse sur les qualités des filles et des femmes. Pire même, ils s'en tirent toujours avec des bénéfices : les productions culturelles sont pleines de leurs exploits négatifs, pendant que les femmes y vont à l'équarrissage faisant figuration en début de film ou de série comme pièces de boucherie, viande morte, cadavres décomposés. Jamais une question sur de telles représentations des femmes, ni sur la désastreuse éducation permissive des gars et celle tellement répressive des filles (voir dernier § : La rue, territoire des hommes). La loi du silence, l'omerta règnent. Or, comment lutter contre un phénomène qui n'est pas dit ni nommé ?

Malgré tout des gens moins consensuels commencent à s'exprimer à ce sujet dans les journaux et le silence se fissure : d'abord "Why most mass murderers are priviledged white men" -Pourquoi la plupart des tueurs de masse sont des hommes blancs privilégiés- en anglais. En résumé, l'article explique que les blancs privilégiés se trouvent chez eux dans l'espace public, ils s'y sentent légitimes (plus que les hommes noirs), et que les frustrés trouvent normal de s'y venger de leurs frustrations, les hommes noirs déchargeant eux la leur plutôt dans la sphère privée en commettant des violences conjugales et familiales. Question de statut et de hiérarchie entre dominants. La société cherche aussi chez les meurtriers noirs ou de confession musulmane des explications supplémentaires à la folie ou la maladie qui expliqueraient les actes violents des blancs : elle a tendance à leur trouver des motivations religieuses qu'elle ne suspecte jamais chez les blancs !
Deuxième article en français dans le Huffington Post, davantage axé sur les coupables de meurtres familiaux, une lettre ouverte de Sabine Aussenac titrée "Tes enfants tu ne tueras point" qui propose des solutions, partielles selon moi, mais qui sont au moins constructives, et ont le mérite de sortir du consensus ambiant et de la tolérance impuissante à ces violences.

Et puis, un souhait en conclusion, pour en revenir à Nena et ne pas rajouter du mal au malheur, il faut vraiment en finir avec les lâchers de ballons ! Ils sont un crime contre l'environnement. L'association Robin Des Bois dénonce cette sale habitude "pour célébrer soit des causes bonnes ou mauvaises" :  le ciel n'est pas une décharge ! Ou alors comme chante Nena, "il n'y aura plus que des ruines dans le monde".

Alors moins de lâchers de ballons, et plus de volontarisme contre les violences des garçons et des hommes à l'égard de la société et ses membres les plus faibles, il y faut une volonté politique et des actes.

Lien pour aller plus loin : A guide to mass shootings in America ou en page 2 on trouve deux femmes ! Malgré tout elles sont, comme les noirs, minoritaires dans ces actes criminels asociaux.