vendredi 27 avril 2012

Je suis toujours là !

See
That no matter what you have done
I am still here.
And it has made me dangerous, and wise.
And brother,
You cannot whore, perfume, and suppress
me anymore.
I have my own business in this skin
And on this planet.

Tu vois
Peu importe ce que tu as fait
Je suis toujours là.
Et ça m'a rendue dangereuse, et sage.
Et, frère,
Tu ne peux plus désormais me traiter de putain, me couvrir de parfums,
ni me supprimer.
J'ai mes propres choses à faire dans cette peau
Et sur cette planète.

Gail MURRAY (1970)

En écho au Dieu du carnage, le billet d'Euterpe.

Après avoir fait des recherches sur Gail Murray, je n'ai rien pu trouver sur elle, hormis des homonymes sur les réseaux sociaux. Ces vers sont cités en tête d'un chapitre de l'essai de Mary Daly "Beyond God the Father". Si quelqu'un-e à des informations sur cette auteure, ce serait sympathique de les partager dans les commentaires par exemple.

Actualisation : Finalement, Elihah que je remercie, a retrouvé Gail Murray, professeure d'histoire à Rhodes College, Memphis, Tennessee ; elle enseigne, entre autres choses, l'histoire des femmes du Sud des Etats Unis. Elle a publié une collection d'essais sur les femmes blanches du Sud des USA dans le Mouvement des Droits Civiques. Elle a participé de 1968 à 1973 à un journal féministe radical : No more fun and games - A Journal of Female Liberation. Liens en anglais dans les commentaires.

Autre lien : 2008, le krach financier, vous vous souvenez, l'Islande en cessation de paiement au point, pour un islandais en voyage, de ne pas pouvoir retirer un billet dans une banque à l'étranger ? Devant "cette faillite de la gouvernance masculine", l'Islande s'est dotée de femmes au pouvoir, à commencer par sa Première Ministre.
L'Islande tout feu tout femmes -Libération

jeudi 19 avril 2012

Le syndrome du bouc émissaire - Mary Daly

"La société telle que nous la connaissons a un besoin pervers de créer « l'Autre » comme objet de condamnation, ainsi ceux qui condamnent peuvent selon leur jugement se trouver bons. [...] Eve en est une production. Elle représente la catégorie dans laquelle la tradition chrétienne a placé toutes les femmes qui n'ont pas réussi à imiter l'étonnant modèle de la vierge qui est aussi mère.
On trouve un aperçu du comment la création du statut de « bouc émissaire » a servi une société sexiste dans les proclamations théologiques sur le sujet de la prostitution. Augustin écrit :

Qu'est-ce qui peut être plus sordide, plus exempt de modestie, plus honteux que les prostituées, les bordels et toutes ces sortes de maux ? Cependant, retirez les prostituées des affaires humaines et vous allez tout polluer avec la luxure ; mettez-les au milieu d'honnêtes matrones, et la turpitude et la disgrâce vont déshonorer toutes choses.

Pour embellir ce morceau de sagesse mâle, Thomas d'Aquin remarque :

... la prostitution dans le monde [est] comme la saleté dans la mer ou le tout à l'égout dans un palais. Enlevez le tout à l'égout et vous allez remplir le palais de pollution ; même chose avec la saleté dans la mer. Enlevez les prostituées du monde et vous allez le remplir de sodomie... d'où Augustin excipe ... que les cités de la terre ont fait de l'utilisation des putains une immoralité légale.

Le fait est que les prostituées - "les plus grandes gardiennes de la vertu" pour réutiliser la phrase de Lecky, historien de la morale- se sont vu accorder le privilège de valves de sécurité pour les hommes. Ce qui soulève d'intéressantes questions : la luxure de QUI polluerait toutes choses sans eux ? Et la vertu de QUI est ainsi conservée ? Sûrement pas la vertu des prostituées ni celle des hommes qui les utilisent. Donc, il semble que ce soit la « vertu » des honnêtes matrones qui n'ont pas de tels exutoires pour leurs désirs sexuels et dont la « vertu » consisterait moins à être destinées à la fonction de tout à l'égout pour les hommes qui ne sont pas leurs époux et qui, conséquemment, ne porteront pas d'enfants illégitimes. Ce qui fait qu'elles restent la propriété non souillée et privée de leurs époux (ou de leurs pères dans le cas des filles vierges). La société ainsi structurée requiert donc cette caste déchue. L'existence de femmes « honnêtes » selon les standards mâles de la propriété inviolée requiert l'existence de « mauvaises » femmes qui deviennent les boucs émissaires de la culpabilité sexuelle mâle.

Même de nos jours, les lois montrent ce travers. Aux Etats-Unis, dans la plupart des états, les hommes ne sont pas punis directement pour leur commerce avec des prostituées. Même dans les états où ce crime est reconnu, des interprétations restrictives conduisent souvent à l'exonération des clients mâles de prostituées. Dans les temps modernes, les définitions mêmes de la prostitution continuent de révéler un double standard. Il a été défini par exemple « comme la pratique d'une femme offrant son corps pour tout type de rapports avec un homme contre argent ou équivalent » ; comme « tout type de rapport sexuel avec un homme contre compensation » ; et comme « lascivité commune d'une femme contre un gain ». Cette vision partisane et unilatérale du problème contenue dans ces définitions montre l'acte de la femme comme criminel, tout en ignorant la responsabilité du deuxième partenaire mâle.


Il semble dans le même temps que le rejet primordial des femmes dans le rôle de « l'Autre » ait produit une seconde dichotomie entre vertueuses et mauvaises femmes. Cela paraît étonnant du fait que les autres groupes opprimés ne sont pas « dichotomisés » de façon aussi drastique. Aux Etats-Unis les noirs considérés comme « Oncles Toms »* sont appréciés et bien traités, mais pas placés sur un piédestal. Cette dichotomie frappante entre femmes, si on y réfléchit, peut être comprise par le fait qu'elles sont le seul groupe opprimé dispersé parmi le groupe de rang supérieur et intimement attachées au « maître » par des liens biologiques, émotionnels, sociaux, et économiques. A cause de l'identification des hommes avec « leurs » femmes en tant qu'autre, il serait contre-productif de proclamer toutes les femmes mauvaises.

Dans le même temps, le rejet des femmes dans une altérité de caste supplante l'identification que les hommes ressentent pour quelques femmes en tant que possessions proclamant leurs accomplissements et servant leurs intérêts. Avec pour conséquence que la « vertu » attribuée à quelques-unes n'est pas l'excellence d'une personne accomplie, mais celle d'une créature impuissante, manquant de connaissances et d'expérience. [....] Dans le cas de l'idéal de vertu imposé aux femmes, il y a une aura spéciale de glorification d'un idéal symbolisé par Marie. Cet idéal impossible à une fonction punitive, parce que bien sûr aucune femme ne peut l'atteindre (Considérez l'impossibilité d'être à la fois vierge et mère). Il rejette et renvoie donc toutes les femmes au statut d'Eve et renforce essentiellement le statut universel des femmes en tant que basse caste".

Traduit de Mary Daly in Beyond God the father.
* Ce texte a été publié en 1973. « Uncle Tom » aux Etats-Unis est aujourd'hui une insulte grave contre un noir, en tous cas d'après ce qu'un de mes professeurs d'anglais américain nous avait bien fait comprendre.

Lien : De DSK à L'Apollonide, la marchandisation du corps des femmes

vendredi 13 avril 2012

Mes mots-clés

Voici une petite compilation des mots-clés tapés sur Google qui conduisent à mon blog, selon mon petit logiciel de statistiques.  D'abord, soyons optimiste, il y a celleux qui me cherchent pour les bonnes raisons (enfin, je crois) :
Hypatie
Hypathie, blog féministe
Blog féministe
Lutte pour le féminisme
Femmes niées

Puis ceux qui me trouvent parce qu'il s'intéressent aux femmes pour des raisons différentes de celles de ce blog :
cannibale et femme nue 
filles nues dans la boue
sein hamburger
belle femme danse à poil en vidéos
vos zones erronées
(je pense qu'on cherchait dans un but documentaire plutôt ce qui suit)
les points sensibles femme sexe zone érogène
girls e fusils
pub femme nue soumise
anti Monique Wittig  (enfin un intellectuel !)

Ceux qui arrivent chez moi parce que j'ai traité aussi de ces sujets, par exemple quelques billets relatant mes actions militantes type "2ème menace terroriste mondiale" (merci de ne pas rire, vous indisposeriez Jean Christophe Rufin !) de protection des animaux d'élevage et de l'environnement :
poule gauloise dorée
plus beau coq race de toutes les couleurs
manifestation anti-viande
concour de meilleur boucher
poule barrique (??)
photo de côte de bœuf 
(je l'avoue, il y en a sur mon blog, et aussi des photos d'andouillettes de Troyes et de saucisses de Morteau)
Manif anti-aéroport.

Et puis :
Fusil - Fusil d'assaut - Fusil du futur
(ça m'apprendra à faire des billets illustrés de guns phalliques sur les ventes d'armes, tiens ! Mais ça ne rassure pas sur leur agressivité morbide)
machine qui coupe arbre 
(Je réfléchirai à deux fois avant de refaire un billet énervé sur les mecs qui font du potin en ville avec des machines phalliques en iconographie !)
le Cri de Munch
(Il y a en effet une des versions du Cri sur un de mes billets avec un chat à côté qui fait pareil !)
Alien de profil
(cherchez bien, elle se cache dans mon blog, cette crevette intergalactique de cauchemar, boouuuuhhhh)

J'en profite pour remercier mes lectrices-teurs féministes, ainsi que celleux qui me twittent, mettent des rétroliens vers mon blog sur leur Facebook et sur leurs forums favoris -des diététiciennes et des végéta*iens notamment qui apprécient mes billets pour autre chose que la diététique -qu'on n'y trouve pas.
L'orthographe des mots-clés rapportés a été respectée.

vendredi 6 avril 2012

Revue de web - Sélection de liens

La question polémique de la semaine : les femmes sont-elles moins fortes que les hommes ?
L'article en doute et expose ses arguments.
Nature contre culture, autrement dit la "faible femme" ne serait-elle juste qu'un pur produit de l'assommoir culturel souvent évoqué ici ? Je ne vais pas prendre parti mais j'ai ma petite idée sur le sujet. Juste une anecdote à propos d'un petit film sépia que j'ai vu dans cet éco-musée de l'agriculture : cette archive montre une scène champêtre (non disponible, autrement vous pensez bien que je l'aurais insérée, vu le mauvais fond qui me caractérise) où l'on voit trois individus (deux humain-e-s et un cheval) en train de travailler dans un champ. Ça se passe au début du siècle dernier, il y a à peine 100 ans, une paille. Deux bêtes de somme : la jument et la dame -lourdement enjuponnée. La jument de trait bretonne tire la charrue, la femme guide la charrue à l'arrière et, arrivée au bout du sillon, la soulève et la retourne ! Que fait le monsieur dans l'histoire ? Et bien, il tient la jument par la bride et la guide le long du sillon : pas épuisant comme boulot, enfin beaucoup moins que celui des deux autres. Tout commentaire, vous en conviendrez, serait superfétatoire.

Dans un monde fini, étréci, où les grandes idéologies ont failli et où nous n'aurons bientôt plus qu'à nous regarder nous-mêmes, les autres (animaux) ayant été obligés de céder la place devant notre impérialisme, la beauté des femmes (au moins l'idée que nous nous en faisons) et la correction du corps humain deviennent l'ultime aventure / conquête à lire sur l'excellent site TERRIENNES de TV5 Monde, avec une interview de Mona Chollet. Rappel : l'industrie de la chirurgie esthétique n'a aucun recul. Les femmes qui y ont recours sont donc volontaires pour en expérimenter les conséquences à long terme, conséquences dont nous ne savons rien.

La campagne présidentielle américaine et ses primaires nous montrent une affligeante surenchère de bigoterie, une montée des différentes sous-succursales des  religions obscurantistes (le candidat à l'investiture républicaine Mitt Romney est Mormon) et des anti-choix qui se rebaptisent "pro-life" : la guerre aux femmes (war on women) et à leurs droits chèrement acquis est déclarée comme jamais. Remise en cause du financement des plannings familiaux sous prétexte de restrictions budgétaires, une femme est traitée de "salope" et de "prostituée", de "féminazi" par un animateur TV soutien de la droite conservatrice parce qu'elle vient témoigner de l'intérêt du remboursement de la contraception par les assurances américaines, sans parler des 83 décrets votés en 2011 à travers les USA pour restreindre le droit à l'avortement. « Nous assistons à la crispation d’un parti autour des sentiments de frustration et de peur d’hommes blancs voyant leurs privilèges diminuer : leurs privilèges de race et leurs privilèges de sexe", explique une historienne du féminisme.

Aussi le tonique billet d'Isabel Alonso "RELIGIEUSES" tombe-t-il à point en reprenant un des slogans de féministes mexicaines venues manifester contre la visite du Pape au Mexique "Fuera sus rosarios de nuestros ovarios !"  En français :  
"Virez vos rosaires de nos ovaires !"
Et occupez-vous de vos prostates !


vendredi 30 mars 2012

Le féminisme est un humanisme

Cet article en anglais est paru dans le Hindustan Times sous la plume de Taslima Nasreen le 9 mars dernier. C'est un texte puissant, avec zéro relativisme culturel dedans. C'est pour ces raisons que je vous en propose la traduction.

"Sans parler de « Féminisme Occidental », je n'ai pas la moindre idée de ce qu'est le « Féminisme Oriental ». N'ayant aucune familiarité avec ces concepts, j'ai depuis l'enfance remis en cause un grand nombre de diktats conseils et proscriptions venant de la famille et de la société dans son ensemble. Quand, contrairement à mes frères, je n'étais pas autorisée à jouer dehors, quand j'étais appelée « impure » durant mes règles, ou quand on me disait que j'avais grandi et que je devais me couvrir complètement avec une burka noire si je voulais sortir, j'interrogeais, je n'ai jamais cédé facilement. 

Quand d'étranges garçons me hurlaient des insultes, tiraient mon voile ou pinçaient mes seins en passant, je protestais. Je ne pouvais ravaler ma colère quand je voyais des maris battre leur femme, des jeunes mères gémissant d'anxiété et de peur d'avoir une fille. En observant le visage des femmes violées, je sentais leur souffrance de façon aigüe, je perdais mon contrôle en apprenant les trafics de femmes de ville à ville, d'un pays à l'autre pour les livrer de force à la prostitution. Aucune logique intellectuelle ne pouvait me faire accepter la torture des femmes par les hommes, la société, l'état. Mais personne n'était témoin de ma souffrance, de mes pleurs et de mon refus d'accepter, l'incapacité à exprimer, à tolérer les cris, la logique, la raison, jusqu'à ce que je commence à écrire. 

La société dans laquelle j'ai grandi a généré des questions chez beaucoup de gens. Ils étaient forcés d'accepter les réponses données par les leaders du patriarcat. Je n'ai jamais cédé à cette coercition. Personne ne m'a appris à désobéir. Je n'ai pas appris la défiance dans les livres. Il n'est pas nécessaire de lire d'épais et lourds livres pour devenir consciente, nous avons juste besoin d'yeux pour voir. Aucun livre non plus n'aide à devenir courageuse. Pour exiger des droits pour les femmes, on n'a pas besoin de digérer Betty Friedan ou Robin Morgan, notre propre conscience est suffisante. 

Si j'ai faim, je dois manger, si je subis le fouet, je dois combattre et rejeter le fouet ; si je suis opprimée, je dois me lever – ces sentiments sont universels. La Féminisme n'est pas la propriété de l'Occident. Il est le combat ardent de toutes les femmes abusées, opprimées, torturées, livrées à l'irrespect, ignorées, qui se rassemblent et mettent leur vies en jeu pour la défense de leurs droits.

J'ai appris que les femmes occidentales aussi ont eu leur part d'épreuves. Abusées et ensanglantées, elles ont eu le dos au mur. Elles ont crié ; à travers les siècles, elles ont été victimes du patriarcat, de la religion, des traditions misogynes..., comme leurs sœurs d'Orient. Des fanatiques religieux les ont brûlées vives, des traditions misogynes leur ont imposé des cages métalliques sur le corps au nom de la chasteté, elles ont été transformées en esclaves sexuelles. Orient ou Occident, Nord ou Sud, les femmes souffrent toujours de la même façon du « crime » d'être des femmes.

Les droits humains sont universels. Ceux qui parlent de droits séparés pour les Orientaux et cherchent à se mettre à distance des droits humains universels, prétendant que cette stance représente une victoire sur l'oppression imposée par les Occidentaux, aboutissent en réalité à blesser l'Est plus que l'Ouest. 

Une question souvent soulevée prétend que j'ai heurté des sensibilités religieuses. Le féminisme s'est de tous temps opposé à la religion ; quiconque a la plus simple connaissance des droits des femmes sait cela. La religion est patriarcale d'un bout à l'autre. Je devrais suivre une religion et je devrais reconnaître les droits des femmes – ce slogan équivaut à dire que je devrais boire du poison avec du miel. A chaque fois qu'une attaque des femmes est motivée par une prescription religieuse, immédiatement le slogan « les sensibilités religieuses ne doivent pas être heurtées » est prononcé par ceux qui sont anti-démocratiques, contre la liberté de parole, et opposés à l'indépendance des femmes. En aucune façon, je n'assimile une barbarie à la culture.

Alléguant que j'ai heurté les sensibilités religieuses musulmanes, une poignée de conservateurs insulaires ignorants prononcent le verdict que mes positions sont des positions occidentales, considérant les orientaux avec des yeux d'occidentale. Cette proposition insensée et illogique de fondamentalistes islamiques est souvent soutenue par des Indiens prétendument séculiers au nom de la tolérance.

J'ai critiqué le Christianisme, le Judaïsme et d'autres religions misogynes. Habituellement, personne ne relève le fait. Personne ne prend une fatwa pour m'assassiner pour avoir blessé les sentiments des non-musulmans. Mais il ne manque pas de gens qui sans problème acceptent l'intolérance et respectent les « sensibilités religieuses » de ceux qui prennent une fatwa ; ces gens m'étiquettent comme « intolérante » sans le moindre doute. Il doivent me considérer musulmane, et voir mes actes comme l'expression d'un orgueil démesuré destiné à heurter les sentiments religieux musulmans.

La vérité est que si l'on croit aux droits des femmes, on doit d'abord rejeter sa propre identité religieuse. Je m'en suis libérée depuis mon adolescence. J'étais à peine une enfant que j'ai été injustement accablée du fardeau d'une identité religieuse de la même manière que tous les enfants. Nous ne marquons pas un bébé ou un enfant de l'idéologie politique de ses parents ; nous ne nommons pas « communiste » un enfant de parents communiste. Mais nous trouvons normal d'étiqueter un enfant de deux ans Hindou, Musulman ou Chrétien. Quand l'enfant grandit, il peut choisir la religion de ses parents ou une autre, ou n'en choisir aucune. C'est ainsi que cela devrait être. J'ai adopté avec succès ce principe dans ma vie. J'ai choisi la foi en l'Humanisme. On ne doit pas me prendre pour une « réformiste musulmane ». Je ne suis pas plus une réformiste que je n'appartiens à une quelconque communauté religieuse. Ma communauté est celle des humanistes agnostiques, libres de toute religion."
Taslima Nasreen

samedi 24 mars 2012

Non à l'aéroport !




































Gel de terres cultivables,
Expulsion de paysans,
Projet obsolète,
Infrastructure des années 60,
La construction de l'aéroport Notre Dame Des Landes (NDDL) est contraire au Grenelle de l'environnement qui prévoyait le gel des constructions d'autoroutes et d'aéroports.
Manifestation à Nantes Samedi 24 mars à partir de 12 H 30.

Liens :
ACIPA
24 mars 2012 à Nantes
VINCI dégage !
CéDPA - Collectif d'élus doutant de la pertinence de NDDL
#24marsnantes

Actualisation 20 H (selon France3 Ouest) :
Manifestants : 3 000 (selon la police), 10 000 (selon les organisateurs)
4 km de cortège à Nantes
200 tracteurs (ils en attendaient 100)
1 000 CRS et 1 hélicoptère pour surveiller les manifestants.
Autrement dit : un succès que, espérons-le, les tenants de l'aéroport NDDL (Le Drian, président de la Région Bretagne, Auxiette Président de la Région Pays de Loire, Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes) sauront prendre en compte.

Et toujours ci-dessous : Signez pour AMINA !

jeudi 22 mars 2012

A la mémoire d'Amina El Filali




















Mineure de 15 ans, enlevée sous la menace d'un couteau par un homme de 10 ans plus âgé qu'elle puis violée, Amina est condamnée par sa famille de mœurs traditionnelles à épouser son violeur, ce qui rachète le crime. La loi marocaine et son article 475 du Code pénal prévoit ce genre d'arrangement : comme partout, la victime de viol est avant tout une coupable qui jette l'opprobre sur la famille, et le mariage rachète la faute.
Amina, considérée comme une charge par sa belle-famille, va se voir infliger une troisième peine après le premier viol, la nuit de noces, la condamnation à vivre avec son violeur, elle est en plus maltraitée et battue, niée et sans aucune liberté de choix ; pour se libérer définitivement, elle choisit de se donner la mort en absorbant de la mort aux rats.
Son violeur a été laissé en liberté.

Signez pour Amina ! Pour que cela ne se reproduise plus, et pour que sa mort serve aux innombrables femmes à qui cela arrive partout dans le monde. Signez pour que ces lois patriarcales barbares qui servent à absoudre les violeurs soient enfin abrogées.

Liens :
Biladi - Maroc
Jeune Afrique
Libération : Tous des marocaines
#RIPAmina

vendredi 16 mars 2012

Carnophallogocentrés

Le carnisme est une croyance non étayée scientifiquement, qui agite la peur de l'enfer (si vous ne mangez pas de viande, vous allez être carencées et en mauvaise santé !), une idéologie avec ses dogmes, ses archevêques, (Stéphane Le Fol et la FNSEA, gardiens de la Vraie Foi), ses missionnaires prosélytes (Le Bourdonnec, le boucher des stars, qui aime les animaux, les docteurs Jean-Michel Cohen et Dukan) et ses servants de messes (Jean-Luc Petitrenaud), ses excommuniés aussi (Nicolino), ses rituels et communions barbares dont les autres vivants font les frais au motif qu'ils seraient inférieurs, sans langage, et à nos festins destinés, ses séminaristes (les apprentis de TopChef), sans oublier ses objurgations et obligations faites aux femmes, comme dans toutes les systèmes religieux, de servir aux hommes de la maison, même si elles peuvent toujours s'en passer elles-même, sa nécessaire côte de bœuf ! C'est aussi un lobby économique puissant (et couillu) qui fait sa propagande dans les écoles, devant lequel les politiques qui veulent se faire élire ou réélire doivent faire allégeance et aller en pèlerinage, comme en témoignent les images aperçues lors de toutes les éditions de l'inévitable Salon International de l'Agriculture.

Pornographie de la viande : nouveau film publicitaire hollandais :


Dogme : J'en ai assez d'entendre associer la pauvreté à la privation de viande ; on peut ne pas manger de chair animale en étant pauvre, mais aussi en étant végétarien, ou en étant les deux. Sans être malingre et mal portante, en étant pacifiste et non soumise aux diktats carnistes masculins et à la politique sexuelle de la viande. Penser que manger de la viande est une nécessité vitale, c'est une croyance (délétère) sans fondement scientifique, comme c'est le cas pour toutes les autres.

Assez d'entendre également des journalistes ayant fait des études (Science Po, comme David Pujadas) se poser la question de savoir si les animaux peuvent souffrir, d'un air docte et parfaitement hypocrite, mais en se gardant bien quand même de montrer des images d'abattoirs : pas question de montrer des vaches pendues par une patte, se vidant de leur sang en se débattant dans les affres de l'agonie ! Cela troublerait la digestion des spectateurs, même (surtout ?) si on leur a dit qu'il est douteux que les animaux souffrent quand on  les met à mort !
Ils prennent leurs auditeurs pour des truffes, et ils manquent à l'évidence d'empathie, ou alors ils font exprès, ce qui est pire.

Pèlerinage : Pénible de voir des politiques hystériques se presser au Salon de l'Agriculture devant des forêts de micros et caméras pour complaire à 1 million de personnes à tout casser, les éleveurs agriculteurs en totalité, et faire mine de ne pas savoir que la vitrine proposée ne correspond à aucune réalité, ou en tous cas à une réalité minimale, quelques pastoraux du sud de la France, des Pyrénées ou des Alpes, pastoraux qui veulent des animaux domestiques non surveillés dans la nature sauvage, et les animaux sauvages derrière des clôtures. Dans ma région, ce sont les plus implacables applications de l'élevage industriel hors-sol qui sont omniprésentes, et des abattoirs où on fait passer de vie à trépas jusqu'à 300 000 animaux par semaine !

Le carnisme est aussi un obscurantisme, et en tant que tel, il est hostile et contraire à tout progrès humain, comme toutes les bigoteries, comme toutes les idéologies religieuses

Et j'en ai assez de voir des morceaux de femmes associés à de la viande. C'est la politique sexuelle de la viande, et c'est du carnophollogocentrisme, comme disait Jacques Derrida :
Carnis, phallus, logos.

Pour celleux qui veulent aller plus loin, plusieurs liens : 
Si les abattoirs avaient des murs de verre...
Le très sérieux dossier de L214 sur une enquête menée à l'abattoir Charal de Metz (le film fait prendre conscience de la réalité occultée des abattoirs, mais les images sont insoutenables).
Plus court, le résumé que France 3  Lorraine en avait fait en septembre 2009.
Et si vous lisez l'anglais, le billet de Carol J Adams sur les films sexistes PETA dont j'ai parlé le 15 février,dans mon billet "Pornographie de la viande".

Important - L'endoctrinement catéchistique doit commencer tôt pour produire un effet durable :


samedi 10 mars 2012

EAU : marchandise ou bien commun de l'humanité ?

Le 6ème Forum Mondial de l'Eau se tiendra du 12 au 17 mars prochains à Marseille. Organisé par les principaux industriels mondiaux regroupés au sein du Conseil Mondial de l'Eau, avec le concours de banques, de Conseils généraux et de leurs partenaires-clients, il aura en face de lui la contestation du Forum Alternatif Mondial de l'Eau (FAME) qui lui tiendra ses assises du 14 au 17 mars au Dock des Suds à Marseille également.

Les principales sociétés actrices (les Trois Soeurs) de l'eau sont françaises et, par ordre d'importance : VEOLIA Eaux, première mondiale, filiales Veolia Environnement, liée à Vinci BTP (ancienne filiale, constructrice d'aéroports comme Notre-Dame des Landes entre Rennes et Nantes, entre autres), plus différentes sociétés privées de transports en commun délégataires de services publics. La deuxième est SUEZ Lyonnaise, et la troisième est SAUR, filiale du Groupe Bouygues. Toutes sont liées à des groupes de Travaux Publics, construisant routes et infrastructures.

L'une ou l'autre des trois est sans doute délégataire du service public de votre commune qui a privatisé l'eau, parfois depuis très longtemps, comme à Rennes (depuis 131 ans, sous Napoléon III et sous le nom de Compagnie Générale des Eaux) ou Nice depuis 1864, ou encore Lyon depuis 1853, soit 161 ans ! Il va de soi que de tels monopoles sans concurrence avec des renouvellements de contrats depuis aussi longtemps ne peuvent qu'avoir une influence délétère sur la facture d'eau et entraînent des soupçons de corruption : ainsi l'Hôtel de région de Languedoc Roussillon (ancien président Georges Frèche) aurait, selon une rumeur, été payé par Veolia, et un dossier est actuellement en cours d'instruction (en souffrance ?) après dénonciation d'une employée de Veolia Ouest sur d'éventuels trafics d'influence et d'abus de biens sociaux à leurs sièges de Rennes et Saint-Malo.

Ces multinationales, très actives auprès de municipalités et des gouvernements proposent leurs services de privatisation de l'eau partout sur la planète. Des pressions sont exercées sur l'Espagne, la Grèce et le Portugal pour qu'elles privatisent leur eau. Veolia est présente par exemple en Afrique du Sud où elle gère l'accès à l'eau et son assainissement.

Devant l'offensive mondiale de ces multinationales, la résistance à commencé à s'organiser : les paysans des pays tiers se sont opposés en 2000 à la multinationale Bechtel à Cochabamba en Bolivie, combat connu sous le nom de "Bataille de Cochabamba". Avec le financement de la Banque Mondiale et sous sa pression, le gouvernement local s'était résolu à privatiser l'eau, avec pour conséquence le doublement du prix ; la bataille de Cochabamba a duré 4 mois sous forme d'une révolte urbaine ; elle est très bien racontée dans le film « Même la pluie » - « También la lluvia » en espagnol, sorti en 2011, beau film concernant la rencontre entre Christophe colomb et les "Indiens" au 16ème siècle, où le producteur et le metteur en scène (film dans le film) qui ont choisi la Bolivie pour des raisons de coûts de tournage, se retrouvent malgré eux dans la bataille, défendant bec et ongles leur investissement contre leur figurant principal qui se bat à côté de ses compatriotes et met ainsi en péril sa participation (et s'il se faisait blesser ou tuer ?) et donc le budget du film ! Formidable mise en abîme de la colonisation.Une scène implacable les montre se parlant de l'acteur, tenu pour un paysan sous-développé, en sa présence sans se douter que celui-ci les comprend car il parle trois langues !


MEME LA PLUIE, BANDE ANNONCE OFFICIELLE M6 VIDEO par M6Video

Cette bataille est fondatrice du mouvement de résistance à la privatisation de l'eau partout dans le monde.
La privatisation de l'eau n'est pas une fatalité : 96 % de la gestion de l'eau dans le monde est publique ; aux USA, 90 % du territoire gère publiquement son eau ; New-York a sa propre régie municipale des eaux et Atlanta après avoir essayé le privé a viré Veolia. En Grande-Bretagne et en France, la gestion de l'eau est déléguée au privé. Mais Paris à rendue publique la gestion de son eau sous le nom de Eaux de Paris (Présidente Anne Le Strat) en réalisant des économies ! Munich en Allemagne régit publiquement son eau sans la traiter : pas besoin, les terres autour sont cultivées en bio ainsi que les forêts.

Dans le monde 1,1 milliards de personne n'ont pas accès à l'eau potable.
Définition de l'accès à l'eau : plus de 20 litres par jour à moins d'un quart d'heure à pied du premier point d'eau.
On sait que ce sont les femmes et les filles qui s'y collent, au lieu d'aller à l'école ! On comprend donc que c'est un investissement prioritaire et que confier au privé la gestion d'une ressource aussi importante pour la vie est questionnable !
Un litre d'eau sur quatre n'arrive pas au consommateur, les infrastructures sont pour la plupart mal entretenues.
-Notes prises lors d'une conférence sur l'eau organisée fin 2011 par EELV Bretagne à Rennes-

Liens pour aller plus loin
Aqua Publica Europea (Fondatrice : Anne Le Strat)
La soif du monde de Yann Arthus Bertrand (c'est du YAB : images hélicoptériennes léchées, violons gémissants, lome par-ci, lome par là, donc passablement énervant pour rester polie : diffusé sur France 3 le 20 mars prochain.
Good Planet.
Euterpe qui a vu "Même la Pluie"

samedi 3 mars 2012

Borgen, une femme au pouvoir






























La diffusion de Borgen, l'excellente série suédoise diffusée en ce moment sur Arte tous les jeudis, montrant l'accession au pouvoir d'une femme Cheffe de l'Exécutif au Danemark, donne l'occasion de faire le point sur les femmes en situation dans le monde actuellement.
19 femmes dirigeantes, dont cinq ont des rôles non-exécutifs, honorifiques ou à attributions restreintes : Pratibha Patil, Présidente d'Inde, Atifete Jahjaga, Présidente du Kosovo, Eveline Widmer-Schlumpf, Présidente de Suisse, Dalia Grybauskaité, Présidente de Lithuanie, Tarla Harlonen, Présidente de Finlande.
Les 14 autres ont un rôle exécutif et sont au pouvoir :
Dilma ROUSSEF, Présidente du Brésil, pays de 206 millions d'habitants, la plus puissante de ce fait ;  
Angela MERKEL, Chancellière d'Allemagne, 81 millions d'habitants ; 
Sheikh Hasina WAJED, Première Ministre du Bangladesh, 161 millions d'habitants ;
Yingluck SHINAWATRA, Première Ministre de Thaïlande, 67 millions d'habitants ;  
Cristina KIRCHNER, Présidente d'Argentine, 42 millions d'habitants ;  
Julia GILLARD, Première Ministre d'Australie, 22 millions d'habitants ; 
Ellen JOHNSON Sirleaf, Présidente exécutive du Liberia, environ 4 millions d'habitants ;  
Cissé Mariam Kaïdama SIDIBE, Première Ministre du Mali, 14,5 millions d'habitants, nommée par le Président ;  
Portia Simpson-Miller, Première Ministre de la Jamaïque : 2,8 millions d'habitants ;  
Laura Chinchilla Miranda, Présidente avec rôle exécutif du Costa-Rica, 4,6 millions d'habitants ;
Kamla Persad Bissessar, Première Ministre de Trinidad et Tobago : 1,2 millions d'habitants ;  
Iveta Radicova, Première Ministre de Slovaquie : 5,4 millions d'habitants ;  
Helle Thorning-Schmidt, Première Ministre du Danemark : 5,5 millions d'habitants ;  
Johanna Sigurdardottir, Première Ministre d'Islande : 313 000 habitants.

Les chiffres de population viennent du site de la CIA World Factbook -en anglais, une mine sur tous les états du monde réactualisée tous les 2-3 mois. Lien vers l'infographie pour en savoir plus :
Qui sont les héritières de Margaret Thatcher ? 

A cause de l'incontournable Madame Thatcher justement, repoussoir contre-exemplaire, la question est sur les lèvres de tout le monde : Les femmes de pouvoir sont-elles plus pacifistes que les hommes ?
Je ne fais pas partie des féministes masochistes qui commencent toutes leurs phrases par l'inévitable : "Les femmes faisant partie de l'humanité, une femme au pouvoir sera inévitablement une andouille un homme au pouvoir comme les autres" ; mettez cela sur le compte de mon indéfectible côté gogole (féminin de gogo), indécrottable crédule si vous voulez : on pourrait au moins nous laisser  faire nos preuves sur plusieurs cas avant de juger ! Sans compter que c'est super-motivant de militer pour la parité si c'est pour déboucher sur la même médiocrité à l'arrivée ! En statistiques, la taille de l'échantillon à son importance, si je me rappelle bien ce qu'enseignaient mes profs. Tentative de réponse ICI. En tout état de cause, espérons qu'à la lenteur où vont les choses, l'avenir nous laissera l'occasion de nous exprimer au pouvoir et donc de savoir. Je suis pessimiste, mais le débat reste ouvert ! Votre avis est bienvenu sur la question.

Borgen - Générique :



Et pour les amatrices de VO dont je suis, voici Birgit et ses camarades en danois (sous-titré !) via ARTE :
Et un lien vers un décryptage de Télérama qui aime beaucoup la série.



Enfin, au Figaro, Borgen vu par quelques femmes politiques, Muriel de Sarnez, Roselyne Bachelot et Corinne Lepage...