samedi 19 décembre 2015

Noyel

Noël est la fête de la famille hétéro-patriarcale, célébrant la naissance d'un garçon (s'il s'agissait de la naissance d'une fille, la fête n'existerait même pas) et qui offre l'occasion d'un dressage social de grande ampleur.


Ce dessin parodique, codes couleurs genrés inclus, montre que le désordre est semé par les garçons dont le coût social est élevé, pendant que les filles et les femmes nettement moins "turbulentes" (disons-le comme ça :(( elles, paient souvent l'addition, au minimum par les impôts. Exemple : mercredi, je sors de chez moi et bute dans une allée sur un sapin couché en travers, portant encore ses guirlandes et décorations, des paquets-cadeaux enveloppés de papier brillant de toutes les couleurs. En me demandant d'où il peut bien provenir, je jette un œil aux balcons en me disant qu'il est peut-être tombé d'une fenêtre, hypothèse idiote, car je me rappelle soudain que la mairie a "décoré" une placette à quelques mètres de là d'un sapin de 3 mètres avec les mêmes décorations. Je m'y rends et bingo, le sapin est tronçonné à mi-hauteur, il lui manque la tête. Revenant dans l'allée, je vois deux mecs en train de photographier la tête du pauvre sapin. Puis, là je me dis, comme il est plus de 9H, que la sous-succursale de la Mairie sise juste à côté doit être ouverte, c'est le moment d'aller rappeler que je suis la contestaire du quartier. J'ai une réputation à tenir quand même ! Je tombe sur une secrétaire d'une zénitude surprenante derrière un ordinateur, qui me répond qu'elle est au courant, qu'on "s'en occupe" !?! Histoire de rendre service, je lui dis que c'est un coup des mauvais garçons du quartier qui n'ont rien d'autre à fiche que d'emmerder le monde. Et là, rien : bœuf sur la langue, omertà, mer d'huile. Aucune conscience de classe ! On va pas de fâcher avec les mecs, on en a à la maison, tout de même. Comme si c'était antinomique. Fin de l'histoire : ils ont remis ce qui reste du sapin à la même place, il n'est plus que l'ombre de lui-même, il ne mesure plus qu'un mètre cinquante, et les gars du quartier peuvent continuer à vaquer à leurs occupations délétères dans le silence de plomb de la société !

Femme = viande, l'équation gagnante des bouchers-charcutiers

Le syncrétisme de Noël fait qu'il est quasi universellement célébré, et qu'il est devenue une occasion de consumérisme effréné : certains commerçants y font l'essentiel de leur chiffre d'affaires. En plus d'être obligatoire, comme toutes les fêtes religieuses, il se célèbre dans le sang des animaux. Dans les semaines qui le précèdent, les industries de la mort tournent à plein rendement. Rajoutez-y, cet automne, les dizaines de milliers d'oiseaux gazés (canards et oies à foie gras) dans les élevages du Sud-Ouest, car ils ont été détectés porteurs d'anticorps du virus H5N1, déclarés "foyers d'infection" par la grippe aviaire. En pleine COP21, on envoie à la benne des milliers d'animaux sains, dans l'indifférence générale, là aussi. Et puisque pour vendre de la viande, rien ne vaut une femme, voire une femme à poil, on trouve ça sur les sucettes en ville


Et ça aussi : appréciez le jeu de mot "plan crus" qui évoque "plan cul" !


Femmes et viande toujours associées. Animaux fractionnés et consommés en morceaux, femmes assimilées à de la viande -"elle est bonne"-, fragmentées et consommées en morceaux dans les industries de la prostitution et de la pornographie.
Il n'y a pas que Noël, les américains ont à peine digéré et dessoûlé de Thanksgiving, il y a tout de même persistence rétinienne dans le Washington Times (un journal conservateur fondé par Moon, le patron de la secte du même nom) qui attaque la campagne de Hillary Clinton, 25 ans à la Maison Blanche : animalisation d'une femme. Femme dinde, quelle créativité. Ou n'importe quel autre oiseau éteint, puisque l'article évoque la disparition de l'aile démocrate quasi d'extrême gauche (!) de Bill Clinton. Sexisme et spécisme se renforçant pour vilipender une femme politique et la renvoyer à l'altérité et au néant.

Pour contrer ces métaphores et traditions patriarcales, vous pouvez vous inspirer des recettes de ces 5 blogs proposant de la cuisine végane pour vos plats de fêtes. Bon solstice d'hiver, si vous le fêtez !
100 % végétal 
La tarterie de Béné
Antigone XXI
France végétalienne
Pigut

6 commentaires:

  1. Repas de fêtes quasiment VGL (ma mère n'a pas encore renoncé à ses huîtres, même si elle est passée d'une bourriche à une douzaine) pour la troisième année. Hâte de me mettre aux fourneaux :)

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    1. Merci de votre commentaire :))) Bonnes fêtes.

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    2. Finalement, ma meilleure amie est venue avec son fils (et un plat de viande, mais vu que j'amène mon repas quand je vais manger chez elle et qu'elle est intolérante au gluten, je ne me voyais pas lui refuser).

      Et pour la saint Sylvestre, à la place de mon plat principal, ça sera raclette pour tout le monde (vgl pour moi), mon plat principal ne convient pas pour la même raison :(

      Consolation, son fils - pas très curieux en matière culinaire et pas très fan de fruits en général - a dévoré mon dessert (liégeois de mangue) et en aurait bien mangé une deuxième portion.

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    3. Curieuse cette aversion des garçons pour les fruits et légumes ! :D

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    4. Une demi aversion, les légumes, ça passe. C'est avec les fruits qu'il a un problème :p

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  2. Je suis d'accord avec vous en tout point j'ai aussi fait un article sur noel :http://blogdunefeministe.over-blog.com
    Quant aux pancartes cela me répugne, la société prend les femmes pour des choses et pour la majorité des gens c'est ça la norme, être un objet de désir, la femme doit répondre à certains diktats tandis que l'homme est libre de ce qu'il fait. Je pense notamment à tout ce qu'on impose aux femmes, la minceur, l'épilation, être le plus dénudée possible meme pour vendre un pot de yaourt.. au bout d'un moment c'est révoltant. Il y a un deux poids deux mesures entre les hommes et les femmes qui me sidère complètement.

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