lundi 11 juin 2018

Féministes et défenseur-es des animaux uni-es contre le sexisme

Le grossiste suisse Migros voulant sans doute surfer sur l'irrésistible (?) prise de conscience de la souffrance animale et l'aspiration au végétarisme qui s'ensuit, à eu la mauvaise idée de commettre ce film publicitaire sexiste en détournant le message politique des végétariens et des défenseurs des animaux. Un festival de clichés sexistes : la couleur rose attribuée aux filles, comme le découpage de légumes, le massage de viande en regardant une femme à poil qui retourne un regard lascif, la virilité associée au feu, à la viande et à toutes sortes d'engins phalliques, le combo qui se veut œcuménique est indigeste.



Deux associations suisses, l'une féministe Terre des femmes, et l'autre Pour l'Egalité Animale (PEA) ont porté plainte pour sexisme : selon leurs communiqués de presse respectifs " l'assimilation femme et viande toutes deux considérées comme consommables ", puis " la reproduction de stéréotypes de sexe ou de genre et l'encouragement à la consommation de chair d'animaux ont des conséquences désastreuses qu'on ne peut pas ignorer sous couvert d'humour ". Cette publicité contrevient aux lois suisses contre le sexisme selon les deux associations. Je crois que c'est une première. Il faut la saluer. L'animalisation des femmes, la réification des animaux, êtres vivants et sensibles, dans la viande à griller pour le plaisir masculin (ils ne sont jamais aux fourneaux, mais ils attisent les braises quand il s'agit de barbecue, comme par hasard, ils manient le trident et le feu), la coupe déborde.

Le féminisme et le véganisme au risque de le dépolitisation

L'association de protection animale aurait aussi bien pu invoquer le détournement politique du message des végétariens, dont je rappelle qu'ils le sont pour épargner des vies animales -pas pour leur santé, ni pour obéir à un tabou alimentaire religieux, ni même pour l'environnement-, en effet, le ridicule "grilétarien" s'approprie de suffixe "tarien" du mot végétarien pour mieux détourner et ridiculiser notre message politique, à savoir, les animaux ne sont pas nos souffre douleur, ni nos protéines, ils sont les autres habitants de la planète, "d'autres nations", non dédiés à notre service ni à nos caprices, foutons leur la paix !

Le féminisme aussi risque la dépolitisation avec sa mutation en "féminisme pop" porté par certaines chanteuses qui prétendent que la féminité est puissante (Beyoncé...), ou en "réformisme libéral ultra light", affirmant que le combat collectif de "viragos poilues et stériles" est terminé, qu'il faut passer à autre chose, que les hommes ne sont pas nos ennemis, le mouvement né sur les réseaux sociaux #HeForShe" en est un bon exemple. Tous ces messages individualistes, trompeurs et édulcorants, la déferlante "flexitarienne", cette adaptation light du véganisme, l'assimilation au sans gluten et à toutes les segmentations marketing qu'invente le capitalisme pour faire son beurre, risquent de noyer les revendications sociales et politiques des défenseurs des animaux, dont l'immense majorité des troupes, rappelons-le, sont des femmes, même si le mouvement, gagnant en ampleur, commence à attirer les hommes qui regardaient, plutôt perplexes, jusqu'ici. Tout ce qui peut générer une opportunité de pouvoir les intéresse, au risque de pervertir l'idée de départ, et bien sûr, d'en effacer les femmes pionnières. NE L'OUBLIONS JAMAIS.

Aussi je salue cette alliance entre mouvement de défense des animaux et mouvement antisexiste. Bravo, mesdames. A plusieurs on est plus fortes. Migros et les carnistes sexistes patriarcaux n'a plus qu'à bien se tenir.

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