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dimanche 25 décembre 2011

Le pouvoir de nommer : le nommer faux

"If God is male, then male is God"  
Mary Daly
(Si Dieu est mâle, alors, le mâle est Dieu).

"Le mythe de la Chute peut être envisagé comme le prototype du nommer faux. Elizabeth Cady Stanton a vu juste en montrant le rôle clé du mythe du mal féminin comme fondement de la structure entière de l'idéologie phallique chrétienne. Comme je l'ai indiqué le mythe prend des proportions cosmiques puisque le point de vue mâle se métamorphose en point de vue de Dieu. Cela aboutit à un nommer faux cosmique. Il nomme faussement le mystère du mal, le jetant dans le moule déformé du mythe du mal incarné en femme. De sorte que les images et les concepts du mal sont rejetés hors de vue et ses implications profondes ne sont pas réellement confrontées. Ce colossal nommer faux du mal implique le nommer faux des femmes, des hommes et du bien. La conséquence de cette dislocation du mystère du mal a été la dislocation de la "solution" chrétienne, point que je développerai dans un prochain chapitre. A partir de l'émergence de la conscience des femmes, on réalise que la controverse sur le basique nommer faux patriarcal du mal doit venir en priorité des femmes. En nous délogeant nous-mêmes du rôle de "l'Autre", en disant intérieurement et extérieurement nos propres noms, nous les femmes en extrayons le mystère du mal, de son contexte faux, et ainsi ouvrons-nous la voie à voir et nommer de façon plus adéquate le Mal.

LES EFFETS DU MYTHE

Comme le dit un auteur : "La chute de l'homme devrait plutôt être appelée la chute de la femme, car une fois de plus, le deuxième sexe est blâmé pour tout le mal dans le monde. L'attitude négative des mâles est dirigée contre les femmes. Clairement ceci est le climat psychologique qui a engendré le mythe et l'a maintenu crédible. Il y a plus cependant : le mythe a légitimé non seulement la haine de soi des hommes, extériorisée et dirigée contre les femmes, mais aussi une haine de soi intériorisée par les femmes. Aussi longtemps que le mythe du mal incarné en femme dominera la conscience humaine et ses arrangements sociaux, il permettra la victimisation des femmes, à la fois par les hommes et par les femmes. Il est maintenant reconnu que ce qui caractérise un groupe opprimé, c'est que ses membres souffrent d'une conscience divisée. Freire décrit ce phénomène : 
Les opprimés souffrent de la dualité installée dans leur être intime. Ils découvrent que sans liberté, ils ne peuvent vivre authentiquement. Cependant, bien qu'ils aspirent à une existence authentique, ils la craignent. Ils sont en même temps eux-mêmes et en accord avec l'oppresseur dont ils ont intériorisé la conscience. 

En tant qu'êtres contradictoires et divisés, les opprimés n'appréhendent pas entièrement  le fait paralysant que l'oppresseur ayant envahi la psyché de ses victimes, il existe maintenant en elles. Ils sont pris dans un comportement d'auto-reniement.
Ce problème qui a été perçu comme le dilemme de tous les groupes opprimés, est plus tragiquement encore le cas des femmes, êtres divisés par excellence*. [....] Ayant été séparées de leur moi, les femmes veulent parler mais elles restent silencieuses. Leur désir d'action est globalement réduit à agir par procuration à travers les hommes. A la place de vivre leur propre dynamique, les femmes sont submergées de rôles supposés plaire aux mâles. Quand une rebelle essaie de montrer son identité, c'est à dire créer sa propre image, elle s'expose à une existence menacée dans une société sexiste. C'est en partie pourquoi les hommes et les femmes s'identifient aux objectifs d'un groupe supérieur, et voient les femmes rebelles comme "l'ennemi". Il est aussi possible qu'en attaquant la rebelle, les femmes attaquent aussi les hommes, au sens où la rebelle est la victime par procuration, objet plus vulnérable d'un ressentiment réprimé. Il semble qu'une société sexiste génère une instabilité chronique à localiser le problème, à appréhender les causes de la destruction. La religion patriarcale ajoute au problème en intensifiant le process à travers lequel les femmes intériorisent la conscience de l'oppresseur. Le jugement des mâles ayant été métamorphosé en jugement de Dieu, le devoir religieux des femmes est d'accepter le fardeau de la culpabilité, puisqu'elles se voient à travers les yeux du chauvinisme mâle. Le process d'intériorisation de ces images ne s'arrête pas à l'exigence religieuse. Il semble bien que conditionnées à se voir "mauvaises" ou "malades", elles le deviennent réellement. Les femmes assignées à vivre le rôle abject assigné au sexe femelle paraissent réellement "mériter" le mépris accumulé sur le deuxième sexe.


LE "PECHE ORIGINEL" DES FEMMES

[...] Quand j'écris sur la complicité des femmes, je veux dire complicité qui a été dans une large mesure, imposée par le conditionnement. L'expression "péché originel" est alors détournée de son contexte sémantique originel. Le nouveau sens retient la connotation d'un défaut hérité. Cependant, on comprend que le "péché" est hérité à travers un processus de socialisation, c'est le fardeau d'un être condamné à vivre le rôle de "l'Autre". La faute ne doit pas être vue comme existant en premier dans les individus victimisés, mais plutôt dans les structures démoniaques du pouvoir qui induit les individus à intérioriser de fausses identités."
Mary Daly - Beyond God the Father (non traduit en français).
Mary Daly est une féministe, philosophe et théologienne américaine (1928 - 2010)
* En français dans le texte

"Enlevez le serpent, l'arbre fruitier et la femme du tableau, et vous n'avez pas de Chute, pas de Juge sourcilleux, pas d'enfer, pas de punition éternelle, - donc pas besoin d'un Sauveur. Ainsi tombe le fondement de toute la Théologie chrétienne. C'est la raison pour laquelle dans toutes les recherches bibliques, ses commentaires et critiques, les savants ne s'attaquent jamais à la position des femmes.
Elizabeth Cady Stanton

dimanche 18 décembre 2011

Les dents de la mer

Abdullahi Ahmed Guelleh est un pêcheur somalien, enfin, était un pêcheur somalien. Avec sa barque, tous les jours, il pratiquait pour se nourrir lui et sa famille, une pêche vivrière sur les côtes de son pays, la Somalie qu'il n'avait jamais quittée et qu'il ne demandait pas à quitter. Malheureusement pour Abdullahi Ahmed Guelleh, un jour, il y a trois ans, il s'est retrouvé avec sa petite barque, pris entre des pirates somaliens et la Marine française qui surveille la côte de l'Afrique et procure la sécurité aux pêcheurs bretons et français qui y pêchent eux avec des chalutiers, ou des bateaux-usines qui draguent les fonds marins, l'Europe achetant des quotas de pêche (il y a longtemps qu'il n'y a plus assez de poisson sur les côtes françaises livrées à la surpêche pour satisfaire notre avidité) aux pays africains.
Abdullahi Ahmed Guelleh a été arrêté par la Marine français comme pirate, emmené de force en France et emprisonné à la Santé pendant 3 ans. Il vient d'être acquitté par la justice française qui reconnaît qu'il est victime dans cette affaire, mais comme le Parquet de Paris fait appel du jugement, Abdullahi Ahmed Guelleh doit rester en France, libre : sans toit, sans papiers, sans argent, sans connaître la langue, perdu dans une ville immense, Paris, qui le terrorise. Douce France, "humaine" justice française. Son histoire poignante est racontée par Le Monde et par RTL.

La pêche industrielle est un carnage, pour les poissons, pour l'environnement marin et pour les humains qui comme Abdullahi Ahmed Guelleh, se trouvent pris dans la nasse, sans jeu de mot. On se doute depuis longtemps que les pirates somaliens ne sont pas génération spontanée : l'argent (des contribuables) payé par Bruxelles aux pêcheurs européens aux moyens disproportionnés, va à des chefs d'états tyrans qui détournent cet argent à leur profit, leurs pêcheurs n'en voyant jamais la couleur. Il y aurait donc un lien entre la piraterie somalienne et les quotas, ce qui fait écrire à Die Welt ici que la piraterie est fabriquée par l'Europe. Il est donc parfaitement choquant de voir, comme il m'est arrivé il y a quelques mois, au Journal de France3 Ouest, en se félicitant de leur coopération, un chalutier concarnois partir pêcher avec des militaires français à bord "pour assurer sa sécurité". La pêche avec des moyens de guerre, du matériel de guerre, bref, la guerre de tous contre tous.

Les bans de poissons sont détectés sans la moindre échappatoire possible par satellites et par sonars, technologies militaires ; "les océans sont hérissés de pièges : chaluts, filets maillants, harpons lancés depuis des navires, lignes porteuses de milliers d'hameçons  garnis d'appâts vivants... Leurs innombrables victimes connaissent une agonie longue, angoissante et douloureuse." Je cite L214. Pire, il y a le bycatch (prises accessoires : poissons pris alors que nous les consommons pas et rejetés morts à la mer, gaspillage insensé) et la pêche fantôme, ces prises faites par des engins de pêche/engins de mort abandonnés dans les océans et qui continuent à pêcher seuls. Évidemment, cette casse concerne d'autres espèces telles tortues, poulpes, dauphins et baleines piégés eux aussi par les filets de ces abattoirs flottants. Selon L214, les poissons remontés vivants meurent par suffocation et éviscération, les poissons coincés au fond du chalut suffoquent, écrasés les uns contre les autres. Dans le cas de la pêche de grande profondeur, les poissons victimes de décompression à la remontée ont les viscères qui ressortent par la bouche, et leurs yeux sont éjectés des orbites.

60 milliards d'animaux terrestres sont abattus par an sur la planète. Les poissons ne sont pas inclus dans ce comptage ; en effet, les poissons ne sont jamais décomptés individuellement, mais par tonnage. Les poissons font partie du règne animal et à ce titre ils sont des être sensibles (Traité d'Amsterdam) capables de ressentir de la souffrance. Les poissons présentent un riche éventail de comportements complexes, et ils ont une mémoire à long terme impressionnante, comparable à celle des autres vertébrés.

La moitié des poissons pêchés en Mer du Nord sont rejetés morts dans la mer déclare Hugh's Fishfight dont vous pouvez signer la campagne ICI à destination de la Communauté Européenne via la Commissaire aux affaires maritimes et à la pêche Maria Damanaki en vue d'une réforme nécessaire de la pêche :



Greenpeace fait campagne en mer à bord de l'Arctic Sunrise, contre la pêche profonde (deep sea bottom trawling), ce qui a conduit la SCAPECHE, filiale lorientaise d'Intermarché et premier armement français pour la pêche en eau profonde, à déposer une plainte contre l'ONG. Greenpeace milite également contre les FADs (fish aggregating devices, dispositifs d'agrégation de poissons) et contre la pêche à la senne (purse seine) :



Évidemment, les dents de la mer, c'est nous, c'est un massacre et il est subventionné ; selon une une interview à Libération de Stéphane Beaucher "Aujourd'hui, la pêche française n'existe que par la volonté politique... La filière fait 1,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires et reçoit 875 millions d'euros de subventions publiques". La Commission Européenne n'est pas en reste : "Les citoyens européens paient deux fois leur poisson : une fois quand ils l'achètent et une deuxième fois par leurs impôts". La surpêche découle de la surcapitalisation de la flotte, en d'autres termes, trop de pêche à cause de trop de subventions, trop de bateaux et surtout trop gros bateaux égalent incitation à détruire la ressource, selon l'ONG OCEANA. A moins d'habiter une banquise gelée (eskimos) ou un désert de sable avec frontière maritime comme la Somalie, manger du poisson n'est absolument pas nécessaire à un régime alimentaire équilibré. Et en matière d'élevage, les fermes aquacoles sont des enclos à haute densité de poissons nourris avec des farines animales supplémentées en antibiotiques pour contrer les risques d'épizootie due à la grande promiscuité. Elles sont extrêmement polluantes. 

Que faire de notre flotte de pêche alors ? Recycler la flotte pour nettoyer les océans ? Il y a de quoi faire en tous cas ! En direct du "continent de plastique" film trouvé sur le site de la Région Bretagne.



D'autant que Fukushima menace les américains : une masse de débris provenant des ravages du tsunami, faisant deux fois la France, se dirige vers les Etats-Unis et pourrait les atteindre avant 2013 pour repartir vers les îles d'Hawaï en 2014 et 2015. Je vous laisse imaginer la toxicité de ces débris.

Liens pour aller plus loin :  
Quand la Somalie à faim, on vole son poisson
Fishcount (en anglais)
Greenpeace/Océans
Sea Shepherd
Les oiseaux marins victimes de la surpêche
Et comme j'en entends maugréer dans le fond, ben qu'est-ce qu'on mange alors si on ne peut plus manger de poisson ?
Voici un lien vers un e-book gratuit que vous pouvez feuilleter et où vous pouvez piquer des recettes !

lundi 12 décembre 2011

Billet saignant


Les chasseurs, ce lobby* de mâles dominants archaïques en voie de disparition par vieillissement et manque de relève a besoin de se refaire une image présentable dans une France de "néo-ruraux" et de "rurbains" peuplant les campagnes mais qui ne supportent plus rien, même pas un coq qui chante à pas d'heure, ni une cloche d'église sonnant Mâtines dès potron-minet. Il faut reconnaître que ça fait du potin et empêche les grass'mat' ! A fortiori ne sont-ils pas attirés par des vieux chasseurs qui peuvent venir traquer le gibier jusque sur leurs pelouses, dans leurs arrières-cours, leurs potagers et leurs alentours, alors qu'eux laissent les limaces et les taupes bouloter leurs radis pour éviter de faire du mal à quiconque ! Aussi, pour recruter du sang neuf, les chasseurs de l'Isère décident-ils de faire une soirée d'information sur la chasse, en fait (mais c'est mon mauvais esprit qui prend le dessus) une soirée de drague de nouveaux adhérents. Comme on n'attire pas les mouches avec du vinaigre, ils décident de mettre une femme sur l'affiche, c'est plus joli, plus gracieux, en deux mots, plus attirant et plus jeune que des vieux bonshommes de plus de 70 ans s'étant détruit la santé en mangeant du gibier et picolant après avoir couru tout l'hiver et semé des plombs toxiques dans les bois. Mais comme une femme à poil avec le canon de fusil phallique cassé sur l'avant-bras, ça fait tout de même too much,
"les chasseurs qui ont décidé de se mettre à nu", la promesse de la publicité, illustrent leur affiche promotionnelle avec une femme vêtue, qui pourrait peut-être se déshabiller, mais qui en attendant est vêtue de peaux de bêtes ! Le glissement sémantique est tout dans le message placé à côté -il faut toujours tenir ses promesses. C'est inouï comme on est subtil dans la vénerie ! Une femme à poil ou la promesse d'une, c'est réputé faire vendre tout et n'importe quoi ! Ou comment exploiter le corps des femmes dans un lobby où elles sont quasiment absentes !

Pas très éloigné du précédent sujet : dans un article vivement retiré du site si j'en crois le BisonTeint Blog, Le Figaro, pris d'une étonnante mais très courte crise de lucidité, assassinait dès le dimanche 4 décembre le concours Miss France en des termes peu plaisants et corrosifs : on y parlait de "potiche", de "concours de pouliches" à Flers de L'Orne (je rajoute mon piment personnel), d'archaïsme, et ça finit en apothéose : "l'être humain est ici réduit à sa plus simple expression : la viande" ! Je n'aurais pas écrit mieux dans mes jours de très mauvais poil ! Sauf que j'aurais précisé "l'être humain femme", parce que le concours Miss France, c'est un concours et un étalage de corps de femmes qui s'effeuillent pendant 3 heures.
Patatras : le concours étant très populaire, le Figaro s'est auto-censuré et a illico presto retiré l'article au vitriol de son site. Aussi pour le lire et en profiter pleinement, la fenêtre de tir comme diraient les chasseurs cités  précédemment ayant été très réduite, des obstinés l'ont cherché, trouvé sur un moteur de recherche qui l'avait gardé en cache, et restauré ICI ; il est dans toute la beauté de son premier jet, ne vous privez surtout pas de sa lecture, il est saignant..., comme aiment les chasseurs. 
Merci @entrailles et @LaMarquise_ de m'avoir soufflé le mot et l'affiche dans ma Tweet Line ! Si vous avez un compte Twitter, n'hésitez pas à les suivre.

* Les chasseurs sont environ 1 million cent mille en France, pays de 65 millions d'habitants. Ils sont nettement minoritaires dans la société, mais actifs, avec de puissants relais au parlement et au sénat. D'où leur toxicité, inversement proportionnelle à leur taille.

mardi 6 décembre 2011

50 million missing


Il manque 50 millions de femmes en Inde. Le foetuscide des filles est une pratique courante malgré son interdiction par la loi indienne. De l'avortement sélectif des foetus filles après échographie, jusqu'au manque de nourriture et l'absence de soins médicaux en cas de maladie -on peut même envelopper le bébé-fille dans des vêtements ou des linges mouillés et la placer dans un courant d'air pour provoquer sa fin plus rapidement-, les filles ne naissent pas ou meurent dans des proportions dramatiques en Inde. Avec pour effet un déséquilibre démographique en défaveur des filles. Une campagne mondiale en plusieurs langues se promet de lutter et de mettre au fin au gynécide des filles en Inde. Pour signer la pétition après exposé des faits du pire génocide de l'Histoire humaine : suivre le lien en français, en anglais ou d'autres langues pour mes lectrices/teurs étrangèr-e-s.

Le même phénomène est observé en Chine ou la situation est désastreuse : cela double le nombre de femmes manquantes dans le monde, soit 100 millions ! Pire, le phénomène s'étend vers l'ouest puisque désormais L'Arménie, la Géorgie ex-URSS, et même les Balkans en sont atteints comme le constate cet article du journal La Croix ; en cause, la baisse des prix des échographies et des avortements, une survalorisation des garçons qui transmettent le nom de famille (fait généralement déploré uniquement parce qu'il appauvrit le patrimoine des noms tous
les 25 ans !), et évidemment la nécessité réelle ou supposée de réduire la surpopulation. Comme le rappelle un article de l'AFP, une planète où les hommes dominent (numériquement dans le cas évoqué, ils dominent partout culturellement, tout le monde a bien compris) est une planète invivable : instabilité, frustration et violence y sévissent !

Comme l'écrit Soraya Chemaly dans un billet pour le Huffington Post (en anglais) : la violence contre les femmes est une pandémie mondiale (ici en français, traduit par Martin Dufresne), depuis la réduction culturelle à la pornographie (!) de Lisbeth Salander décrite par Wikipedia (ou portrait plus icônique et plus en phase avec le roman chez Têtue), l'héroïne -dont je suis absolument fan- de la trilogie "Millenium" de Stieg Larsson dans Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, film devenu aux USA "The girl with the dragon tattoo", jusqu'à l'accablante liste de toutes les violences subies par les femmes dans le monde, l'article montre de façon panoramique et implacable que les femmes sont à peine tolérées sur cette planète, surtout comme bêtes de somme parasitées d'ailleurs, et qu'elles servent de défouloir à toutes les frustrations.

Autre lien sur le sujet vers un excellent article du blog Bombay Magic, une française qui vit à Bombay : les filles peuvent survivre selon le type d'agriculture pratiqué, car elles sont "utiles" à la culture ancestrale du riz où elles jouent un rôle prépondérant, utilitarisme qui fait froid dans le dos.
Lien vers le blog de 50millionmissing : Gender bytes (en anglais)

mercredi 30 novembre 2011

Le pouvoir de nommer par Andrea Dworkin

"...les hommes ont le pouvoir de nommer, un pouvoir immense et sublime.Ce pouvoir de nommer permet aux hommes de définir l'ensemble du champ de l'expérience, de déterminer limites et valeurs, d'assigner à chaque chose son domaine et ses attributs, de décider ce qui peut et ne peut pas être exprimé, de contrôler jusqu'à la perception. Comme l'écrit Mary Daly, la première à identifier ce pouvoir dans  
Beyond God the Father, * "il faut bien comprendre le fait fondamental que nous, les femmes, nous sommes fait voler le pouvoir de nommer".
La suprématie masculine est fusionnée au langage, de sorte que chaque phrase la proclame et la renforce. La pensée, d'abord vécue comme langage est imprégnée des valeurs linguistiques et perceptives créées expressément afin de subordonner les femmes. Les hommes ont défini les paramètres de chaque sujet. Tout argument féministe, si radicales que soient ses intentions ou ses incidences se rallie ou se heurte à des énoncés ou à des prémisses implicites au système masculin, qui est rendu crédible ou authentique par le pouvoir qu'ont les hommes de nommer. Aucune transcendance du système masculin n'est possible tant que les hommes ont le pouvoir de nommer. Leurs noms résonnent en tout lieu habité. Comme Prométhée a volé le feu aux dieux, les féministes vont devoir voler aux hommes le pouvoir de nommer, pour en faire, espère-t-on un meilleur usage. Comme le feu, lorsqu'il appartenait aux dieux, le pouvoir de nommer semble magique ; l'homme donne le nom et le nom perdure, la femme donne le nom et le nom se perd. Mais cette magie n'est qu'illusion. Le pouvoir de nommer repose sur la force pure et simple. A lui seul, sans la force pour l'imposer, jugé à l'aune du réel, ce n'est plus un pouvoir mais un processus, chose plus modeste.
"L'ancien processus de nommer, écrit Mary Daly, ne résultait pas d'un dialogue, fait reconnu par mégarde dans le récit de la Genèse où Adam nomme les animaux et la femme." C'est le fait de nommer par décret qui est un pouvoir exercé sur et contre celles à qui on interdit de nommer leur propre vécu ; c'est ce décret, étayé par la violence, qui inscrit le nom en lettres de sang indélébiles dans la culture dominée par les hommes.

Le mâle ne se contente pas de nommer les femmes mauvaises : il extermine 9 millions de femmes comme sorcières parce qu'il a nommé les femmes mauvaises. Il ne fait pas que nommer les femmes faibles : il mutile le corps féminin, l'attache de façon à restreindre ses mouvements, s'en sert comme jouet ou ornement, le garde en cage ou atrophié parce qu'il a nommé les femmes faibles. Il affirme que la femme veut être violée : il viole. Elle résiste au viol, il doit la battre, la menacer de mort, l'enlever de force, l'attaquer de nuit, utiliser un couteau ou ses poings ; et malgré tout, il affirme qu'elle en veut, elles en veulent toutes. Elle dit non ; il prétend que cela veut dire oui. Il la nomme ignorante, puis il lui interdit de s'instruire. Il l'empêche d'exercer avec rigueur son esprit et son corps, puis il la nomme intuitive et émotive. Il définit la féminité, et lorsqu'elle ne s'y conforme pas, il l'appelle déviante, malade, il la bat, lui sectionne le clitoris (siège d'une masculinité pathologique), lui arrache la matrice (source de sa personnalité), la lobotomise ou la bourre de narcotiques (reconnaissance perverse de sa capacité de penser, bien que la pensée soit nommée déviante chez la femme).

Il nomme "sexe" un mélange variable d'antagonisme et de violence ; il la bat et nomme cela "preuve d'amour" (si elle est épouse), ou érotisme (si elle est maîtresse). Si elle veut de lui sexuellement, il la nomme salope ; si elle n'en veut pas, il la viole et dit qu'elle en veut ; si elle préfère étudier ou peindre, il la nomme frustrée et se vante de pouvoir guérir ses intérêts pathologique par le "bon coup" apocryphe. Il la nomme "ménagère" uniquement apte au travail de maison, et la tient dans la pauvreté et la dépendance totale ; mais si elle quitte la maison, il l'achète et puis la nomme putain. Il la nomme comme bon lui convient. Il fait ce qu'il veut et nomme cela à sa guise."
Andrea Dworkin
Pouvoir et Violence sexiste. Edition Sisyphe. 2007

Un lien vers un regard et une analyse féministes du viol et de meurtre d'Agnès Marin au lycée Cévenole

* Non traduit en français

mercredi 23 novembre 2011

25 Novembre

Deux des visuels chocs de Solidarités femmes pour le 25 novembre, Journée contres les violences faites aux femmes, sur le thème du bourreau banal , avec le slogan "Dénonçons la violence qui se cache".





Si vous souhaitez en savoir plus sur les créatifs  et voir le troisième visuel , c'est le site de CB News.

Pour connaître les chiffres et le profil des agresseurs, c'est sur le PDF de Solidarités Femmes : l'auteur des violences est majoritairement le partenaire régulier de la victime et il n'y a pas de profil type ; plus de 60 % des agresseurs ont un emploi, et toutes les classes sociales sont touchées par ce fléau. Les abus sont rarement isolés et accidentels, on observe un important taux de récidive avec d'autres partenaires.

Pour les parisiennes, rassemblement sur le Parvis du Centre Beaubourg à 18 H vendredi 25 novembre.
Pour le calendrier des autres évènements en région, donc en bas de chez vous, c'est sur le site EGALITE.

Je mets aussi en lien le beau texte du Père de Cassandre sur les meurtres de Cassandre et Houria en Argentine, texte dans lequel Jean-Michel Bouvier demande la reconnaissance du crime de féminicide.

jeudi 17 novembre 2011

Le déclin de la virilité




Conférence à Rennes - Les Champs Libres avec Georges Vigarello et Claudine Haroche sur L'histoire de la virilité de l'antiquité à nos jours : une somme en trois tomes. J'ai décidé d'aller voir. Hormis, bien sûr, l'apparition du mouvement féministe au XXème siècle, les autres raisons de ce déclin seraient selon les conférenciers plus contingentes que volontaires.

1 - Les guerres du XXème siècle : alors que lors des siècles précédents, pendant les guerres on peut exercer sa bravoure et sa force face à face, les deux guerres de 14-18 et celle de 39-45, sont des guerres où ceux qui en réchappent sont ceux qui ont été capables d'éviter les balles, et finalement la mort en se terrant dans des tranchées, en plongeant dans un trou d'obus ou un fossé. C'est moins glorieux et brave, qu'habile ou chanceux. Ce sont des guerres d'hommes couchés ou terrés, plus que d'hommes debout, affrontant les coups d'épées ou trouvant la faille d'une cuirasse, comme c'est le cas lors des guerres antérieures.

2 - Pendant la Première Guerre mondiale, pendant que les hommes s'entretuent, les femmes debout elles, tiennent les pays : elles sont aux champs (la France est à 80 % agricole), dans les usines, sur les champs de bataille ramassant les blessés, elles tiennent les commerces, partout elles font marcher le pays. Quand les hommes rentreront 5 ans plus tard, certaines ne leur rendront pas les clés du pouvoir. Notez également que dans la majorité des pays de l'hémisphère nord, c'est après 1919 qu'elles obtiendront le droit de vote, suite directe de la preuve faite qu'elles sont aussi capables que les hommes de faire marcher un pays. Malheureusement pour les françaises, il leur faudra une guerre de plus et leur participation sans faille à la Résistance pour l'obtenir une génération plus tard !

3 - Dans les usines du XXème siècle, les machines remplacent les bras et la force humaine : les femmes ont ainsi accès aux postes industriels, même s'ils restent des bastions masculins où leurs salaires sont inférieurs. La force physique est remplacée par la gestion des flux informationnels.

4 - Au XXème siècle, l'attention au physique, la "sensibilité", favorisent la délicatesse, pôle féminin, même chez les hommes.

5 - Le féminisme. Evidemment, les mouvements de femmes vont imposer les idées féministes, faire prendre conscience de l'inégalité de traitement entre hommes et femmes, des torts particuliers faits aux femmes, proposer un corpus et les luttes pour y remédier.

6 - Enfin, les modes de travail favorisent le tertiaire "communicationnel" où les femmes sont réputées plus à l'aise que les hommes.

Mais les hommes, réfractaires à la mixité dans "leurs espaces" vont se trouver des bastions où se réfugier : certains secteurs industriels et électroniques, mais tout particulièrement le sport, conservatoire de la virilité en est un exemple remarquable. Alors que, précise Georges Vigarello, l'immense majorité des sports de loisirs sont pratiqués par les femmes, les comptes-rendus sportifs, les émissions sur le sport et ce qu'on y montre de la pratique sportive sont dominés par les hommes. Et même si les femmes entrent aussi dans les sports considérés comme masculins (haltérophilie, boxe, escrime...), les réticences se manifestent dans des détails vestimentaires ridicules et des injonctions à rester "féminine" et "maman aussi" comme je l'ai vu sur un reportage de France Télévisions cette semaine, à propos de l'équipe de France féminine d'haltérophilie. La crainte de ne plus ressembler à "une vraie femme" en pratiquant un sport que les hommes pratiquent aussi est agitée en permanence. La féminité, comme la virilité, accessoires mal accrochés qui se perdent stupidement comme des clés, une écharpe ou une carte de crédit ? En tous cas, c'est comme cela qu'ils sont traités par la société.
Madame Haroche a rappelé que la domination masculine est insidieuse, qu'elle est un "modèle archaïque dominant immémorial", citant Françoise Héritier.

La virilité n'a jamais cessé d'être en crise car elle est en permanence l'angoisse de l'impuissance ; "les hommes ont besoin de dominer deux êtres, le cheval et la femme" (quand j'entends cela, l'idée s'affermit que le combat féministe et le combat pour les animaux sont compatibles parce que nous sommes affronté-e-s à la même oppression immémoriale !). Les représentations et les juristes sont en avance mais les moeurs et les pratiques sont en retard. On antagonise le rapport à l'extérieur (hommes) et le rapport à l'intérieur (femmes), alors que l'enjeu, c'est notre rapport au monde, hommes et femmes confondus. Les privilèges sont des pièges, concluent les deux conférenciers, et les avancées féministes sont comme les avancées de la démocratie, fragiles, perpétuellement remises en cause, aussi nous devons être vigilantes.

Mon commentaire : la virilité n'a aucune utilité ni sociale,ou biologique, ni au regard de l'évolution, elle est même dangereuse pour l'avenir de l'espèce : "La pratique de la virilité est incompatible avec la vie sur la planète" écrit Kate Millet dans La politique du Mâle - 1969.

Pour aller plus loin, lien vers une interview du Figaro.

Actualisation 20/11/11 : je me demande finalement si ce billet n'est pas très optimiste ! Hier soir, journal de TF1, 10 minutes en début de journal sur le massacre d'Agnès par un sociopathe récidiviste de 17 ans. Rien sur la violence masculine infligée aux femmes, cela troublerait la digestion des téléspectateurs, mais la deuxième "marche blanche" consensuelle de la quinzaine est organisée ; il y a une semaine, rappelez-vous, c'était pour Océane. Une toutes les semaines, mais toujours rien sur les crimes sexistes, le massacre des filles et des femmes en France aujourd'hui par les "garçons d'à-côté", "the boys next door" disent les américains. En fin du même journal de TF1, sujet "divertissant" : une laie (femelle de sanglier) a affolé le centre-ville de Toulouse en débarquant dans les rues et en entrant dans un centre commercial ; le sanglier affolé s'échappe finalement en se jetant dans le Canal du Midi par où il tente de s'enfuir -les sangliers sont d'excellents nageurs. Mais c'est sans compter sur les pompiers, corporation mâle (pas de gonzesses ni de tapettes chez nous !) qui vont la traquer et la faire abattre par un tireur de louveterie. #clubdeséquarrisseurs.
La virilité ne fait pas de quartiers. A tout ce qui peut se traquer et servir de gibier : faites gaffe à vous !

vendredi 11 novembre 2011

11 novembre









Photo : Poppy / Coquelicot que les anglais portent à la boutonnière lors des commémorations des morts de guerre le 11 novembre.
 
Chair à canon : ce sont ces jeunes hommes âgés de 18 à 36 ans qui tombent fauchés par la guerre. La Première guerre mondiale a envoyé à la mort une génération entière de jeunes paysans européens -en 1914, la France et l'Europe sont à 80 % rurales. C'est à ce moment-là, selon Fabrice Nicolino (Bidoche), sur cette tabula rasa, que la "rationalisation" de l'agriculture a commencé : mécanisation du travail de la terre, concentration des animaux dans les élevages. Le terrible et meurtrier XXème siècle nait après le Traité de Versailles en 1920, dans le sang et la douleur. Aujourd'hui encore, même si les conflits sont régionaux, cet article du Monde rappelle que la guerre, loin de ressembler à un jeu vidéo irréel, est une boucherie.

Chair à viol : Les viols en temps de guerre ont toujours été traités comme des "dommages collatéraux" inévitables et inhérents à la guerre, mais il n'en est rien. Un ouvrage collectif  "Viols en temps de guerre" présente une série d'études sur les stratégies militaires du viol à travers le monde : ces stratégies du viol sont au service d'un ordre politique et social, ils visent les vaincu-e-s et sont de l'ordre d'une domination ethnique ou nationale. Vous pouvez retrouver ici un article de Georges Vigarello paru dans Marianne 2, article qui commente le livre. Information trouvée grâce à Fédération GAMS.

Chair à viande : Animaux dans l'industrie déshumanisée, productiviste et mécanisée de l'élevage : traités comme des machines à produire rapidement de la viande, ils finissent leur courte vie de maltraitance dans des abattoirs industriels toujours plus énormes, plus nombreux et plus productivistes : via l'élevage industriel, nous consommons toujours plus de chair d'animaux tués toujours plus jeunes, entre 39 jours pour les volailles et 3 ans pour les bovins alors que leur espérance de vie va jusqu'à 15 ans pour les premiers, et 35 ans pour les seconds.

Guerre de tous contre tous : guerres des hommes entre eux, guerre des hommes contre les femmes, et guerre des espèces : les humains contre tous les autres et la nature.

"Nos sociétés sont nihilistes et empestent la mort".
Elizabeth de Fontenay.
"Tant qu'il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille".
Léon Tolstoï

vendredi 4 novembre 2011

Soyez assertives !

Assertivité : j'ai cherché la définition dans mon vieux Robert, je ne l'ai pas trouvée. J'ai trouvé assertion (affirmation, thèse) et asservir, mais pas assertif ni assertivité. En revanche, je la trouve dans mon dictionnaire d'anglais Longman. Assertive : adj. Behaving in a confident way so that people notice you. - Assertively adv - Assertiveness n -assertiveness training. Traduction : se comporter de façon confiante, de façon que les gens vous remarquent, précise Longman. Si j'en crois la langue anglaise, une femme peut se comporter de façon confiante, montrer de la confiance en soi, mais la langue française, si elle tolère la chose -espérons-le quand-même-, n'a pas de mot pour nommer cette qualité, car c'en est une, et c'est révélateur.

Hébé du blog L'avis d'un veau me communique deux liens vers des vidéos du film La Crise de l'excellente Coline Serreau dont j'avais parlé à sa sortie du film Solutions locales pour un désordre global. Coline Serreau est une auteure et metteuse en scène féministe.
Elle met en scène une assertivité et une affirmation de soi peu communes dans l'extrait ci-dessous : la mère d'abord, -regardez bien la tête que font les hommes :



Et ensuite la fille et sa réaction quand son petit ami trouve généreux (vs égoïste) de débarquer chez elle avec toutes ses affaires à 3 heures du matin en guise de preuve d'amour pour lui proposer qu'ils vivent
ensemble :



Merci à Hébé de m'avoir signalé ces deux extraits toniques.
Sans rapport mais pour continuer dans la veine comique, les occasions de se marrer sur ce blog n'étant pas légions , pour une fois, je propose un lolcat dit aussi funny cat (charigolo approximativement en français) : .




Je me demande, s'ils avaient eu Internet et l'occasion d'y voir des lolcats, ce que ces théoriciens de Descartes (l'animal-machine), Kant (l'animal-chose) et Heidegger (l'animal pauvre en monde) auraient pensé de cela ? Mystère. Toutefois, un sociologue s'intéresse à la domination des chats sur Internet en établissant une continuité historique entre le vieux calendrier des Postes (rappelez-vous les chatons dans des paniers, les chiots dans une jambe de pantalon ou une botte, image de marque sympa de la Poste via son calendrier), Vidéo-gag, et Youtube. L'article est un peu capillotracté, surtout quand il recycle le vieux cliché de l'anthropomorphisme "péché de l'éthologie" (quel vocabulaire religieux et non scientifique !) et qu'il relie les lolcats aux recherches en robotique, mais il est intéressant ! Décidément, Descartes, tu fais toujours des émules et ils te doivent tous (éleveurs, expérimentateurs animaliers, éthologues et roboticiens !) une fière chandelle.

Bruno Lemaire vient de promulguer un décret imposant depuis le 4 octobre dans les cantines scolaires des repas avec un plat protidique uniquement à base de protéines animales : Bruno Lemaire et le lobby de la viande, la main dans la main, rien d'étonnant. Mais les végétariens ne l'entendent pas de cette oreille : ils viennent de mettre en ligne une pétition qu'on peut signer ICI. Si je n'étais pas végétarienne, je la signerais quand même ! Avoir le choix, c'est important. Tout comme une loi prochoix donnant le droit à l'interruption de grossesse n'empêche personne d'avoir 10 enfants, la liberté de choisir de ne pas manger de chair animale et de trouver ses protéines dans les graines et légumineuses n'empêche personne de manger ses 105 kg de viande par an, à ses risques et périls bien entendu, puisque c'est mauvais pour la santé. Mais les végétariens (ou les flexitariens) ainsi que les observants des  religions à tabous alimentaires y trouvent leur compte, ce qui n'est pas mal du tout. Je rappelle aussi que le végétarisme ne relève en aucun cas d'une croyance religieuse, mais qu'il consiste à manger en faisant le moins de mal possible aux animaux et à l'environnement, et qu'à ce titre, il est un mouvement pacifiste et non violent.

5 novembre 2011 : Pour les parisiennes, appel à manifestation nationale contre les violences faites aux femmes. Pour en savoir plus, visitez le site du COLLECTIF DES DROITS DES FEMMES .

dimanche 30 octobre 2011

7 milliards d'humains

Selon les statistiques de l'ONU, le 31 octobre, nous serons théoriquement 7 milliards d'humains vivants sur cette petite planète.
Avec un grave déséquilibre hommes - femmes : 105 hommes pour 100 femmes en moyenne, sachant qu'en Inde et en Chine, le déséquilibre est encore plus important.
Sur Europe 1 ce matin, on soulignait l'inconvénient : une société à dominante arithmétique masculine est une société plus violente et plus sujette à l'instabilité. On y rappelait à juste titre que la courbe de Pareto, bloquée sur un désastreux 20/80 crée un déséquilibre Nord Sud injuste et porteur de conflits. Explication de la courbe : 20 % des habitants de la planète en dilapident 80 % des ressources, et 80 % des autres habitants doivent se contenter des 20 % restants !
Au risque de rabâcher, mais le fait est tellement passé sous silence,  
la pauvreté PARTOUT sur la planète a un visage de femme comme vous pouvez aller le lire sur le blog de Femmes solidaires du Rhône.
Enfin, le journaliste d'Europe 1 évoquait comme remède à la "pénurie de femmes" organisée par les sociétés androcentrées faut-il le rappeler, l'instauration d'une polyandrie dans les sociétés les plus touchées par le gynécide des filles ! J'ai failli m'étouffer et il y a de quoi : après avoir été trucidées avant la naissance par des avortements illégaux de foetus-filles (comme en Inde) ou fini sur un tas de fumier après avoir été étouffées à la naissance (comme en Chine), nous serions condamnées à une double peine, rendre des services sexuels à tous les hommes de la famille en cumulant les maris ? Vraiment, le problème des sociétés humaines, c'est que tout y est organisé autour des besoins et des services à rendre aux mecs : aucune espèce animale ne traite de la sorte sa femelle, conscientes qu'elles sont que la pérennité de l'espèce repose sur ELLES ! Tant que les hommes considèreront que tout doit être organisé AUTOUR et pour la plus grande satisfaction de leurs besoins catégoriels étroits, je crois qu'on peut dire qu'on n'est pas sorti(e)s des ronces ! En ce qui concerne l'avenir de notre espèce, Françoise d'Eaubonne a plus que jamais raison : Le féminisme ou la mort !

Lien vers le Facebook de l'Agence France Presse - Démographie : l'avenir incertain d'une planète remplie d'hommes.

"La pratique de la virilité est de plus en plus en contradiction avec la vie sur la planète". Kate Millet in La Politique du mâle - 1969

dimanche 23 octobre 2011

Militantisme & Copinage

Pour une fois, je vais être un peu paroissiale comme disent les anglais : des féministes angevines D'égal à Egales (from Angers donc) organisent un colloque les samedi et dimanche 18 et 19 novembre 2011 prochains. Conférences, tables-rondes, théâtre, et samedi 15 H manifestation Place du Ralliement. Pour une fois que ce n'est pas à Paris, mais en région, autant que cela se sache. Information complémentaire et programme des deux journées sur leur blog D'égal à Egales.
Vous êtes cordialement invité-e-s.


Et à Saint- Malo, au Palais du Grand Large les vendredi et samedi 9 et 10 décembre, 3ème biennale de L'EGALITE FEMMES & HOMMES, organisée par la Région Bretagne, espérons que ça débouchera sur du concret et que ce ne sera pas que de la parlotte (ou de la branlette dit Roselyne Bachelot), travers habituel des politiques (presque) tous hommes !
A retrouver sur Bretagne-égalité.fr
où on trouve plein de liens et de ressources, mais pas toutes féministes, hélas. Ça manquerait dans le coin ? Entrée libre et gratuite.

Je rappelle qu'en Bretagne-Pays de Loire le différentiel de salaire hommes/femmes est de 17,5 %, que le tissu industriel y est dominé par l'agro-alimentaire où les salaires sont très bas, alors que cette industrie bénéficie d'aides massives (des collectivités locales, région, Europe...), mais que les femmes sont toujours cantonnées dans les mêmes emplois-ghettos féminins, ce qui prouve que la manne financière qui pleut sur ces entreprises assistées tombe sans contre-partie éthique ! Notamment sur les abattoirs qui maltraitent tout le monde, la milliardaire Cooperl : les animaux, ET les salariées chez Bigard, il y a quelques temps. C'est inacceptable. Le droit ça s'applique sans discussion : les tables-rondes et les conférences, c'est bien, mettre en oeuvre c'est mieux ; publier les décrets d'application et appliquer les lois, enregistrer et instruire les plaintes (commissariats de police, Procureur de la République, la DDTE peuplée de femmes mais qui ne répond pas et ne traite jamais les plaintes en discrimination sexiste...), interdire les contournements et petits arrangements, et exiger contre subventions et crédits d'impôts une contre-partie paritaire et éthique, ça serait efficace. Qu'est qu'on attend ?

Last but not least, je décerne le Prix spécial "Beauferie-Goujaterie" de mon jury personnel à juste titre au mensuel STRATEGIES pour sa couverture d'octobre. Ils fêtent leurs 40 ans, ça valait bien une photo de femme à poil ! Et comme une femme jeune à poil, ça s'est beaucoup fait et que ça se fera encore, en mettre une plus vieille, c'est créatif, Coco ! N'achetez pas surtout : cette chose coûte 5,80 Euros.

lundi 17 octobre 2011

Photo reportage de la manifestation du 15 octobre

La manifestation organisée à l'appel de la coordination Ouest du réseau Sortir du Nucléaire a rassemblé 15 000 manifestants à Rennes samedi 15 octobre. Chiffres France 3 Ouest qui rajoutait une dizaine d'autre manifestations en France, soit en tout 25 000 manifestants. C'était une manifestation inter-régionale : nous avons rencontré des vendéens, des normands, et même des allemands. Voici quelques photos qui peuvent être agrandies et déroulées en diaporama juste en cliquant dessus :






















Se l'est-il tricoté lui-même ? Il y a eu débat entre nous...









Ici, le stand de l'Acipa, lien à suivre ICI, le collectif des populations concernées par le projet d'aéroport Notre Dame des Landes :



































Ci-dessus, une jeune femme qui a accepté de se laisser photographier avec son masque :

Un happening dans le vieux Rennes :



















Une photo de groupe près de la place de Bretagne :



Un calicot sur le train Castor, qui va, en novembre prochain transporter des déchets nucléaires de l'usine de retraitement de La Hague à Gorleben en Allemagne : des ressources pour en savoir plus sur ce train sur La Souris VerteIndymedia Nantes, et le blog  heichhörnchen l'écureuille.




















Ça a été une belle journée ensoleillée et pacifique, il n'y a eu aucune violence -je fais l'impasse sur les galettes saucisses qui produisent une fumée irritante, assez insupportable, mais en Bretagne, elles sont malheureusement incontournables- à chaque fois je ramène une angine directement liée aux saucisses grillées. Les autres stands de nourriture servaient uniquement des plats végétaliens : couscous de légumes et de légumineuses. Étaient également présents à cet évènement, des Indignés, le mouvement Uncut branche française du mouvement britannique du même nom.
Merci à Danielle pour les photos.

vendredi 14 octobre 2011

Manifestation anti-nucléaire à Rennes le 15 octobre 2011



Le nucléaire est une technologie du passé ; issue du domaine militaire, elle est génétiquement opaque et obsédée par le secret. La sobriété énergétique, le développement des énergies renouvelables et durables doivent nous permettre de sortir du nucléaire ; le savoir-faire, les technicien-nes et le personnel qualifié qui travaillent dans cette industrie peuvent être reconvertis dans le démantèlement des centrales existantes.
Eva Joly, Cécile Duflot et Corinne Lepage annoncent leur présence à la manifestation de Rennes, demain 15 octobre.

Lien : Coordination anti-nucléaire Ouest 
Autres liens : 15/10/2011 Unis pour un #globalchange
Historique ! 85 pays et 981 villes entrent dans la révolte ce samedi  

Actualisation 16/10/11 : Nous étions 15 000 à Rennes (chiffres France 3 Ouest), des anti-nucléaires et anti THT et EPR, anti-aéroport NDDL,
des 99 %, des Indignés, et des Uncut (le mouvement britannique contre les coupes budgétaires). Reportage photo à suivre.

lundi 10 octobre 2011

Bruit de fond sexiste

Nous entendons très souvent cette succession de mots "il aimait trop les luxueuses voitures, l'alcool ET les femmes..." avec les femmes en dernière position de cette succession d'objets désirables pour les hommes. La nouvelle pub Giulietta l'illustre : une femme-voiture supplie qu'on la soumette !

C'est en ce moment sur tous vos écrans, une "bouse" publicitaire, un pensum, même dos tourné, elle vous importune car elle est plus radiophonique que visuelle : c'est la dernière publicité pour la "belle et sensuelle Giulietta" d'Alfa Roméo. Nous avions eu précédemment des films avec Uma Thurman : "Sans cœur, nous ne serions que des machines" avec la signature de William Shakespeare (je rappelle qu'il est mort et qu'il ne peut plus se défendre le pauvre !) sous "Je suis faite de la même matière que les rêves", citation bagnolistique pop-pub détournant les vers de La Tempête au profit de Roméo et Juliette (Giulietta) autre pièce de Shakespeare ! On se demande si on nous prend pour des billes, ou si les publicitaires qui inventent cela sont en réalité des Phillistins/ Béotiens incultes ?
Cette fois-ci, la voiture parle comme une femme qui veut être séduite, soumise, contrôlée, prise, subjuguée, possédée, en un mot AIMEE ! Le "ESSAIE-MOI" final en apothéose réifie la femme-voiture de façon radicale. C'est insupportable de sexisme. Sexisme contre les hommes aussi, car c'est quoi cette érotisation d'une bagnole ? Pour trouver où protester, c'est sur le blog  Le féminin l'emporte.



Je mets les très beaux vers de Shakespeare pour celleux qui lisent l'anglais : Prospero dans La Tempête :
"We are such stuff as dreams are made on; and our little life is rounded with a sleep". (The Tempest Act 4, scene 1, 148–158 si vous voulez vérifier).
Comme par un fait exprès en même temps, Biocoop, la coopérative de distribution de produits biologiques lance sa propre campagne : affiches, films et pub radio. En voici deux visuels :












A l'aide d'une palette graphique, des fesses de femmes ont été projetées sur une tête d'ail et sur un morceau de citrouille ! Je l'ai vue sur un journal local, je vous assure que c'est lourdement barbouillé de pixels supplémentaires pour obtenir ce résultat !

Biocoop est créé par des pionniers de la bio fin des années 70. Et je le sais par une amie végétalienne qui leur est fidèle depuis le début, qu'à l'origine, ce sont des végétariens qui s'associent en coopérative de distribution et qui proposent des produits tels graines, protéines végétales, légumes primeurs et épicerie sèche en vrac, sous le label AB du Ministère de l'agriculture. La trace du végétarisme dans leur ADN aujourd'hui, ce sont leurs restaurants proposant encore des repas exclusivement végétariens à leurs clients/adhérents. Mais Biocoop a désormais aussi un rayon boucherie qui dérange les adhérents initiaux, végétariens convaincus, qui leur sont restés fidèles. Jusqu'à quand ? Car ces pubs montrant des légumes, MAIS inspirées de la pornographie de la viande (voir l'image ci-dessous, publicité Chick'N Grill trouvée dans la presse américaine), animaux débités en morceaux dans l'industrie bouchère, tout comme les femmes le sont dans la pornographie, la prostitution et la publicité qui nous montre en permanence des morceaux de femmes sans tête, c'est un renoncement et une trahison par rapport au projet d'origine des créateurs.





Biocoop, ressaisis-toi ! Même si le nombre de tes clients excède sans doute désormais celui de tes adhérents, tu as une image de militants coopératifs à protéger. Les adhérents pourraient se fatiguer, j'en entends se plaindre.

lundi 3 octobre 2011

La BD que je n'aimerais pas voir défigurée au cinéma

Actualisation 8/10/11 : La blogosphère s'est enflammée à raison cette semaine devant les propos d'Yvan Levaï, ex-mari d'Anne Sinclair et journaliste sur les radios de service public. Actuellement en promotion de son livre sur l'affaire DSK, au micro de  Pascale Clark, il prétend que "pour violer il faut un pistolet et un couteau", et un peu plus loin il proteste : "Je n'imagine pas Dominique Stauss Kahn forçant une femme !". Un cri du cœur, et on comprend bien que ce soit difficile à encaisser pour les proches d'avoir un agresseur dans la famille, mais cher Monsieur, personne n'imagine jamais que le voisin d'à côté est un violeur, un harceleur, un violent, ou un Dupont de Ligonnès ! C'est même cela qui les rend extrêmement dangereux ! Décidément, après l'affaire Moscato/RMC (ci-dessous) on l'attend toujours, le tournant décisif de l'après DSK. Si vous souhaitez entendre cette émission, festival d'aveuglement, c'est en suivant ce lien vers l'émission de France Inter. C'est édifiant et hallucinant.


Taguée par Lolobobo et  Euterpe à propos de la bande dessinée que je n'aimerais pas voir défigurée par le cinéma, je propose Thierry de Royaumont, exactement L'ombre de Saïno, le deuxième opus d'une oeuvre qui en comptait quatre.


Pourtant, tous les ingrédients d'un bon film selon les critères hollywoodiens y sont : preux chevaliers revenant des Croisades, complot mondial, spiritualité, et Princesse (bientôt) captive dans le rôle du personnage secondaire, éternelle faire-valoir des garçons chevaleresques, comme il se doit dans le code intangible de la romance ! On imagine (avec horreur pour ma part !) ce que permettraient les effets spéciaux actuels dans les souterrains piégés du château de Coucy où complotent les diaboliques maîtres de la Pierre, de l'Eau et du Feu (de la poudre) qui veulent conquérir le monde sous l'ombre tutélaire du mystérieux Saïno, incarnation du Mal.



BD des années 50, époque des deux blocs, communiste à l'Est et libre à l'Ouest, de l'apartheid des sexes à l'école, et de la BD univers masculin d'où les filles sont toujours absentes, Thierry de Royaumont à trois compagnons à la vie à la mort, et à eux quatre, ils réunissent toutes les qualités humaines : la bravoure (Thierry), la force (Gaucher), l'intelligence et la culture (Galeran) et la débrouillardise (Sylvain -qui présente aussi un défaut, la gourmandise, ce qui rend le groupe humain, un tel nombre de qualités ne pouvant qu'être inhumain, voire extra-terrestre, en tous cas, moins plausible) ; pour masquer l'homosexualité latente de l'équipe (c'est le cas de toutes les BD de l'époque y compris de Tintin), une princesse Leïla, fille orpheline d'un émir d'Arabie raccompagne en France le brave groupe, en tout bien tout honneur : elle est fiancée à Thierry et elle sert aussi de caution (c'est mon mauvais esprit qui parle !) : "Regardez, on n'est pas homosexuels, il y a une fille parmi nous" ! Comme si c'était une faute d'ailleurs, mais on est dans les années 50. Il faut dire à sa décharge qu'elle est plutôt cérébrale la belle Leïla, et qu'elle se défend bien seule : à tel point que lorsque l'ennemi rôde, ou qu'elle est prisonnière, Thierry sait qu'elle n'est pas une mauviette et qu'elle a du répondant, ce qui lui évite de trop s'inquiéter.


Il y aura bien un moment où elle va se trouver inévitablement en très mauvaise posture dans l'album Pour sauver Leïla, car il faut bien donner à fantasmer aux garçons, les principaux lecteurs :


Malgré les apparences, je vous rassure, tout va bien se terminer pour elle !

Les auteurs Pierre Forget pour les dessins et Jean Quimper pour le scénario travaillaient à Bayard, journal sans peur et sans reproche, dont l'éditeur s'appelle aujourd'hui Bayard Presse.

Si vous n'avez pas ces deux albums (L'Ombre de Saïno et Pour sauver Leïla), inutile de les chercher, sauf chez les bouquinistes ou les sites de vente en ligne. Les éditions de 1958 étant épuisées depuis longtemps, et les prix montant en flèche car elles étaient très recherchées par les collectionneurs, Bayard Presse en a fait deux rééditions fac simile en 1986 et 1987. Ces deux dernières sont à leur tour épuisées et la cote des albums recommence à monter. La nostalgie n'a pas de prix !

Pour celleux que cela intéresse, Thierry de Royaumont est sur Internet.

Actualisation 5/10/11 : Vous pensiez que l'affaire DSK avait calmé les beaufs français et "changé les rapports entre les sexes" ? Vous ignorez ce qu'est un "aussie kiss" ou "baiser australien" en français ? Vous doutez-vous que la meilleure façon de souder une équipe et la faire aller à la victoire, c'est de faire des co-nne-ries avec une femme de chambre, tous ensemble, entre rugbymen ? Pour comprendre comment marche le management d'équipes sportives, allez lire chez ACRIMED en suivant le lien ici ! Attention, je préfère vous prévenir, ça tache !

mardi 27 septembre 2011

Etat des lieux d'un système à bout de souffle

La semaine dernière à Rennes s'est tenu le SPACE, salon International de l'Elevage, pendant 4 jours. Envers du Salon International de l'Agriculture (SIA), montrant les cages et les machines de l'élevage intensif, les stations d'abattage, au contraire du SIA qui est grand public et vitrine bucolique de l'élevage français, il est le rendez-vous des professionnels de l'élevage et de leurs fournisseurs : cages à poules, caillebotis, stations d'abattage, laboratoires de génétique ou encore matériel de transport...

La Bretagne, c'est : 5 % de la surface agricole française, 0,4 % de la surface agricole européenne, et 0, 001 % de la surface agricole mondiale. Sur 4 départements, on trouve : 12 millions de porcs, 110 millions de volailles, 7 millions de bovins essentiellement vaches laitières, et accessoirement 3 millions de bretons. La Bretagne concentre 60 % de la production de porcs et 40 % de la production de volailles française. Cela se paie en marées vertes provoquées par l'eutrophisation des nitrates provenant des épandages de lisier sur les terres comme engrais, lessivés par les eaux de pluie qui coulent vers les rivières qui elles, se jettent dans la mer. Les marées vertes ont provoqué la mort cet été de 38 sangliers dans la baie de Saint Brieuc.

Cet été en Bretagne, ces marées vertes ont occasionné 800 000 euros de perte de chiffre d'affaires au secteur touristique !  En terme d'agriculture, il faut aussi savoir que nous sommes le pays 3ème utilisateur de pesticides (phytosanitaires) au monde ; ces substances toxiques sont vendues au taux de 5,5 % de TVA au lieu de 19,6 %, vrai pousse au crime, surtout au moment où le gouvernement veut rogner les niches fiscales et être vertueux en matière d'environnement !

Lors de l'inauguration du salon -pour une fois sans jet de barrières ni de projectiles sur les CRS, sans démontage des stands de la FNSEA, le syndicat majoritaire, alors qu'ils sont tous sur les nerfs-, le Ministre Bruno Lemaire a encore une fois appelé a faire la course folle aux "gains de productivité", puisque ceux-ci ne sont jamais suffisants pour affronter la concurrence de nos voisins de mondialisation. Ces gains de productivité se font sur l'emploi, donc les éleveurs, le personnel, qui tous travaillent dans les élevages, et bien sûr aussi sur les animaux enfermés à vie dans ces usines à produire de la viande à bas coût et donc de basse qualité. Et pendant cette course à la productivité et aux coûts bas, l'agriculture détruit des emplois, les salaires de l'agro-alimentaire sont minables (y travaillent des employés peu qualifiés, peu mobiles et bien sûr une majorité de femmes), et le dernier recensement agricole montre que la France a perdu 26 %, soit le quart de ses exploitations agricoles ces 10 dernières années. Du côté de la biodiversité, il n'y a pas de quoi pavoiser non plus, 75 % de du parimoine génétique alimentaire a disparu au cours du XXème siècle, à lire chez GEO environnement. Mais continuons comme cela sans rien changer, sauf à réduire encore les coûts, Lemaire dixit.

Les éleveurs qui ne gagnent pas leur vie auront du mal à se mettre aux normes des nouvelles directives européennes promulguées en 1999, concernant les cages aménagées de poules (date butoir 1/1/2012) et la conduite des truies gestantes en groupe (date butoir de leur désincarcération  : 1/1/2013) dans l'optique du bien-être animal voulu par l'Europe et les consommateurs, tous attachés à ce qu'il s'améliore dans les élevages. Une fois n'est pas coutume sur ce blog, je mets un lien vers des mecs à poil à suivre par ici puisque désormais on ne peut plus que se mettre à poil pour protester contre tout. La région Bretagne et ses grandes poches, à condition toutefois que vous ayez plutôt une tête de mec et l'allure d'un gros lobby toxique (en puissance pas en taille, voir plus bas), propose pourtant son aide généreuse, et perfuse l'industrie à hauteur de 25 millions d'euros pour 2011, en faisant un peu mine de vouloir favoriser les plus vertueux, suivre le lien pour une nouvelle alliance. On veut voir ! En fait, c'est tout vu (suivre le lien) puisque les aides sont toujours attribuées aux mêmes !

Pendant ce temps, une amie de passage à Saint-Malo me fait parvenir cette photo de T-shirt prise à travers la vitrine d'une boutique de vêtements 

























Je ne suis pas sûre du tout qu'il faille manger du cochon pour sauver les bretons, je crois même le contraire, et je conseillerais plutôt mangez de l'épeautre, tiens, ce vieux triticalis (blé ancien) des paysans gaulois, il revient de loin et il est de saison : manger de la viande à s'en détruire les coronaires, c'est dépassé ! Ou si on veut manger de la viande, il faut accepter d'en payer le prix qui doit inclure ses énormes coûts environnementaux et des salaires décents ! Comme je risque d'être taxée de passéisme (le retour à la houe !), je préfère préciser que pas du tout : tout comme l'industrie nucléaire, les grands barrages, sont des technologies des siècles précédents selon le principe masculin ravageur du "plus c'est gros meilleur c'est", la viande bon marché à tous les repas c'est désormais une idée périmée et suicidaire. Et aux éleveurs, je conseillerais de diversifier leur portefeuille produits, leur portefeuille clients et leur portefeuille fournisseurs en incluant leurs banques, comme il est préconisé dans n'importe quel bon manuel de marketing, tiens au hasard,  le Kotler-Dubois ! J'en ai un vieux à la maison et je peux le prêter à qui me demande poliment, pour l'essentiel, il prodigue encore de bons conseils. Un seul produit, un seul client, un seul fournisseur, et des contrats où les prix sont écrits APRES que vous ayez signé avec des féodaux, ça s'appelle se comporter comme un gland et se faire voler.

Et puis en cette période d'ouverture de la chasse, chez ASPAS Nature on nous rappelle que 30 millions d'animaux sauvages sont tués annuellement en France, pour ce qu'on appelle un "divertissement". Voilà encore un lobby que les politiques couvrent de cadeaux, lobby dont je rappelle que le pouvoir de nuisance est inversement proportionnel à la taille : plus un lobby est petit et avec peu de membres, plus son pouvoir de nuisance est élevé.

Vous pouvez aussi aller consulter ma page Animots, même si elle est toujours en travaux, elle s'enrichit de citations.

Actualisation 27/09/11 à 15 H :
A partir d'aujourd'hui 27 septembre 2011, la Terre fait crédit à 
l'humanité : "à la fin du mois, nous aurons consommé la totalité des ressources que la nature génère en une année et entrerons en « déficit écologique ». Or, cela fait plus de trente ans que les humains sont à découvert. A lire sur Terraeco.net.

EARTH OVERSHOOT DAY 2011 

Actualisation 29/9/11 : On n'aura jamais fini de recenser les horreurs footballistiques (salaires indécents, exploitations de prostituées majeures et mineures, de jeunes joueurs non payés ni déclarés, corruption, etc...) mais une autre commence à se faire jour en Ukraine où l'on prépare l'EURO FOOT 2012, en débarrassant les rues de la ville de Lysychansk de ses chiens errants en les incinérant vivants ! Billet de Michelle Black à lire ICI et pétition à signer sur The Petition Site pour demander aux dirigeants de l'Ukraine et à son Président Viktor Yanukovych qu'ils arrêtent de brûler des animaux vivants, et leur dire que l'opinion publique mondiale regarde.