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vendredi 17 août 2018

Billet crade - En guests : les mecs et leurs comportements dans l'espace public

Il y a manifestement une loi canonique qui interdit aux hommes de nettoyer derrière eux. C'est en dessous de leur statut de saigneurs de la Terre. Les "lieux festifs" des villes (Rennes et Nantes, les endroits où je passe, mais ailleurs certainement), c'est ainsi qu'elles nomment les endroits où elles mettent un banc, une chaise Bouroullec à Rennes, une table de pique-nique..., sont jonchés de leurs canettes 33 cl ou bouteilles de bière, emballages alimentaires, verres PET cristal, serviettes en papier, mégots et capsules métalliques qui jonchent leur passage. Ils ratent les poubelles ! Sur les bords de rivière notamment, où ces déchets filent directement dans l'océan. Ils posent, d'après mes observations, leurs contenants à l'endroit exact où ils cessent de consommer. Vu qu'on est une espèce proliférante, alors qu'on reproche aux autres de l'être, nos ordures prolifèrent avec nous.
Les mères de familles abandonnent leurs pailles et boites de compote à tétines en plastique destinées à leur marmaille à peu près aux mêmes endroits. A un moment, il va falloir choisir entre pondre et disséminer ainsi nos saloperies partout, même dans l'espace. Je ne sais même pas pourquoi j'emploie le nous, puisque je ne suis pas concernée, hormis par les nuisances !

Mettez des mecs ensemble, au travail ou en fête, l'endroit devient immédiatement inhospitalier. C'est une sorte de génie qu'ils ont en propre, qui n'appartient qu'à eux. Les édiles municipales, des femmes en l'occurrence, puisqu'on a des femmes maires, malheureusement de première génération, héritières, qui donnent des gages à leurs mentors, elles bétonnent autant qu'eux, les femmes maires donc s'arrachent les cheveux : le problème actuel, c'est COMMENT LES EMPÊCHER DE PISSER CONTRE LES MURS, ces incontinents buveurs de bière ? Solution trouvée par Rennes, Paris (il n'y a qu'eux qui mettent le dispositif sur leur site) et Nantes : ceci, très classieux.




N'importe quelle autre espèce qui se comporterait de la sorte serait immédiatement vouée aux gémonies, elle perdrait son statut ; les mecs eux peuvent se comporter n'importe comment, incivilement partout, la question c'est comment "accompagner", leur étoile brille, inaltérable, au firmament patriarcal. Rien ne les atteint, c'est proverbial.

L'uritrottoir, c'est son nom, la solution proposée est désespérée, le remède est pire que le mâle. Vous ne savez plus comment lutter contre leur incivilité ? Vous l'accompagnez ! Personne n'a le droit d'uriner dans la rue, sauf les mecs. Eux ont le droit canonique de se sortir la nouille dans l'espace public, à la vue de toutes. Je préfère prévenir, n'ayant pas moi, d'intérêts dans la Firme, j'en vois un faire ça, je fous la zone. J'ai de l'imagination, et je peux mettre plusieurs fers au feu en même temps, comptez sur moi. Quand j'ai une envie, je rentre à la maison, ou je bois un café ou un verre en terrasse pour profiter des toilettes. Pas eux. Les bars ne leur servent qu'à se charger la vessie, pas à la décharger. C'est une loi d'airain, faite spécialement par eux, pour eux.

S'il leur arrive de nettoyer, c'est uniquement avec des gros engins. L'invention masculine majeure, c'est le process industriel. Chapitre A, B, C, D. Sous-chapitre Aa, Bb, Cc, Dd. Alinéas Aa1, Aa2, Aa3 ; Bb1, Bb2, Bb3, je vous laisse compléter en éparpillant. Vous pouvez descendre très bas dans la fragmentation patriarcale, jusqu'à la perte de vue de l'objet ou objectif final, il n'y a pas de mal, plus c'est fragmenté, meilleur c'est. Ils passent du monisme totalisant à la fragmentation comme vous vous faites la vaisselle, sans difficulté. Si vous avez travaillé dans ou avec un "service qualité" SIC (le patriarcat et ses démarches, c'est foutage de gueule et trivialisation, voire annulation du vocabulaire et du sens des mots), vous comprenez instantanément et exactement ce que je veux dire. Le process, rien que le process, tout le process. Dieu est process.

Donc, ils sortent leurs grosses machines qui ont coûté très cher ; du coup, il faut les amortir : balayeuses, souffleurs, tondeuses à gazon (qui déchiquettent les saloperies plastique sur leur passage, et enterrent les bouteilles de verres, empirant le ravage), élagueuses, camions poubelles, à peu près tout ce qui a une allure phallique, même de loin, et qui fait un potin d'enfer. L'idée, c'est la puissance et la fureur. La grosse machine est le prolongement de leur phallus. Agressions permanentes contre la nature, tontes rases, élagages en topiaires alors qu'on a besoin d'ombre avec la montée des températures, ils flinguent et violent tout ce qui passe à portée : le silence, la nature, les arbres, le chant des oiseaux, votre tranquillité ; ça fait de la poussière, ils sont d'ailleurs les premiers à se la prendre dans les naseaux, mais ça fait partie du PROCESS. Et c'est un état d'esprit.

C'est fait grossièrement ? Ca débarrasse les feuilles biodégradables mais pas les mégots et capsules incrustées dans l'herbe ? C'est pas nous, "c'est les jardins". Oui, parce que les tâches sont parcellisées aussi entre différents employés : ne mélangeons pas les torchons (à balais et cannes préhensiles) et les serviettes pétaradantes ! Toujours la fragmentation.

Normalement avec des baltringues pareils, on ne devrait plus encombrer trop longtemps les autres espèces ni la planète. On est mâle barrées.

L'idée qu'ils sont inaptes (et par extension tout le monde) à nettoyer est tellement ancrée, figurez-vous que le Puy du Fou, ce parc de loisirs de chouans vendéens exploiteur d'animaux, a eu l'idée du siècle : dresser des corbeaux à ramasser les mégots. Je vous jure. Ca semble plus facile dans ce sens-là : le corbeau est plus intelligent que le mâle de l'espèce humaine : on peut lui apprendre à faire des trucs. Et il les fait ! C'est désormais démontré, le propre de l'homme, c'est son inaptitude cognitive, il est en dessous des oiseaux.

Le premier mâle de l'espèce humaine qui vient m'expliquer qu'il a un gros cerveau, que c'est parce qu'il mange de la viande, ou qui se pousse du col au-dessus des autres espèces, je lui conseille de numéroter ses abattis, s'il veut les retrouver au paradis des différents dieux qu'il a créé à son image, tellement il se trouve beau et intelligent. Escroc.

Il semble qu'un petit mouvement se dessine de joggeurs et promeneur-euses, munis de sacs poubelles et de bâtons préhensiles, qui ramassent les déchets sur leur passage. Des associations aussi ; moi je vois surtout des femmes, main droite gantée d'un sac plastique, ramassant les bouteilles pour les mettre dans la poubelle la plus proche, quand elle n'est pas éventrée, répandue par des imbéciles alcoolisés et parasites. La recommandation de mes parents "on doit laisser l'endroit aussi propre en sortant qu'on l'a trouvé en entrant" n'a même plus cours, puisque tous les espaces de nature sont sales et vandalisés par la proliférante et irresponsable espèce humaine, qui pourtant étrangement, ne se pose jamais la question de l'avenir de sa descendance à qui elle laissera, si les comportements ne changent pas, un dépotoir en guise de ressources où puiser. 

7 commentaires:

  1. L'uritrottoir c'est tellement une mesure discriminatoire qu'elle est inenvisageable en Allemagne.
    Le code civil stipule (extrait de l'article 5) "aucune personne ne peut être avantagée en raison de son sexe".

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  2. Bon zut je me suis encore gourationnée : c'était l'article 3 ! L'article 5 cause de la liberté d'expression.

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    1. Je pense qu'en France, si on (la société et les femmes) était moins timorées en face de la suprématie masculine, ce genre d'engin ne pourrait pas exister non plus. Le fait est qu'il est interdit d'uriner en public. Depuis qu'on verbalise sérieusement les propriétaires de chiens à crottes non ramassées, les crottes de chiens sont devenues rares. On peut faire pareil avec les mecs, leurs bites à l'air et leurs canettes de bière partout. C'est une question de volonté politique.

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    2. Urinoirs féminins, pour les anglophones (l'article correspondant en français n'existe pas encore) :
      https://en.wikipedia.org/wiki/Female_urinal

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    3. Je ne vois pas trop le rapport : les femmes ne se livrent pas à l'incivilité qui consiste à pisser dans la rue. Mais tout ce qui améliore notre confort est bon à prendre.

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  3. Je suis o' combien d'accord avec ce texte. Et dans le cercle de famille, qui laisse trainer ses godasses, ses chaussettes partout, ses blousons sur les chaises etc, qui ne lève pas le balai mais adore les engins qui percent et ratiboisent, qui tient en grand mépris le soin aux lieux d'aisance. Oui, les mêmes !

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    1. Le travail bénévole des femmes leur est dû de droit divin. c'est dans tous les livres d'anthropologie et d'analyse politique que je lis. Le dernier en date : Point zéro, propagation de la révolution de Silvia Federici, marxiste. On peut pas lutter :(

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